Avant-Propos :

 

Chaque année, on le répète : le prog ne semble pas disposé à prendre de vacances, pas plus que les musiciens qui le font vivre d’ailleurs !!! Ce ne sont pas les concerts qui occupent ces derniers, les événements scéniques faisant désormais partie d’une grande chimère nostalgique, mais le travail de composition et d’enregistrement. La marge, pour ne pas dire la marginalité, ne semble plus être un lieu d’exclusion mais bel et bien le symbole d’une nouvelle forme de liberté artistique. Les artistes de notre mouvement, confrontés à une viabilité commerciale des plus réduites, l’ont bien compris et s’attachent désormais à créer sans contrainte ni compromis ou compromission. Alors bien sûr, cette “nouvelle” forme d’autogestion n’est pas garante d’une création pure et absolue, enfin débarrassée des scories de l’”argent-roi”, loin s’en faut. Car trop souvent, l’absence d’encadrement et de conseil extérieurs accompagne le travail “solitaire” des groupes, rendant cette liberté “dangereuse” et source d’excès. Combien d’albums, au potentiel pourtant énorme, n’ont pas réussi à sortir du lot à cause de petits défauts, rédhibitoires pour certains en ces temps difficiles de crise du marché du disque, alors qu’il semblait au final assez simple de les éviter... Quoi qu’il en soit, cette indépendance créative débouche très souvent sur des oeuvres magnifiques qui donnent clairement l’impression à leurs auditeurs d’être des privilégiés. Oui, nous sommes des privilégiés !

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

AOÛT 2009

Jusqu'au 10 septembre 2009 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

2 CD à 13 € pièce !!! 

PHIDEAUX : «Number Seven»

ELF PROJECT : «Mirage»

 


La dernière Sélection de Nouveautés (Août 2009)...

LEE ABRAHAM : "Black & White" 17 €

ADVENTURE : "Beacon Of Light" 17 €

BLANK MANUSKRIPT : "Tales From An Island" 17 €

BLIND EGO : "Numb" 18 €

THE BUTTERFLY EFFECT : "Final Conversation Of Kings" 18 €

ELF PROJECT : "Mirage" 13 €

EUREKA : "Shackleton’s Voyage" 18 €

THE FUTURE KINGS OF ENGLAND : "The Viewing Point" 17 €

HADDAD : "Eros E Thanatos" (2 CD - digipack) 23 €

HOUR OF THE SHIPWRECK : "The Hour Is Upon Us" 17 €

ILLUMION : "Hunting For Significance" 17 €

KOSMOS : "Vieraan Taivaan Alla" 17 €

LAZULI : "Réponse Incongrue A L’inéluctable" 18 €

LONG DISTANCE CALLING : "Avoid The Light" 18 €

MANGROVE : "Beyond Reality" 17 €

MIDAS : "Beyond The Clear Air" (1988) 17 €

MIDAS : "Twenty-Fifth Anniversary Concert And Early Rare Tracks" (1983-2008) 17 €

PHIDEAUX : "Number Seven" 13 €

RIVERSIDE : "Anno Domini High Definition" (CD+DVD) (Ed. Limitée) 20 €

ROSA LUXEMBURG : "Chapitres I & II" 17 €

SYZYGY : "Realms Of Eternity" 17 €

TWELFTH NIGHT : "Smiling At Grief - The Definitive Edition" (2CD) 20 €

VECTEUR K : "La Peur Du Désert" 17 €


LEE ABRAHAM : "Black & White" (60:19) 17 €


On ne sait pas vraiment si cela est une relation de cause à effet, mais depuis la publication de son troisième album solo au début de l’été, Lee Abraham n’est plus le bassiste de Galahad. Le groupe anglais, à travers un bref communiqué, l’a annoncé récemment sans donner vraiment de raison à ce départ, tout en souhaitant néanmoins bonne chance aux activités désormais solitaires de son ancien membre. Tout cela semble heureusement très anecdotique au regard du contenu de ce magnifique Black & White, jouissant d’une écriture et d’arrangements soignés, d’une production sans faille (Karl Groom aux manettes) et du concours d’une multitude d’invités (Gary Chandler de Jadis, Jem Godfrey de Frost, Steve Thorne, John Mitchell et bien d’autres...). Entre progressif symphonico-seventies et néo-progressif ambitieux, les 6 compositions (2,6, 8, 5, 14 et 17 minutes) de Black & White font preuve d’une constante inspiration, d’un savant mélange entre énergie et fluidité, ainsi que d’un probant équilibre entre parties chantées (très réussies car existant par elles-mêmes) et développements instrumentaux. Que dire de plus !?!...


ADVENTURE : "Beacon Of Light" (72:45) 17 €


Nouvelle recrue du label suédois Progress Records, Adventure ne devrait pas trop compliquer la tâche des différents chroniqueurs du microcosme progressif. Beacon Of Light apparaît en effet assez facile à décrire et devrait donc très rapidement trouver son public. Ciblée, la musique de Adventure l’est assurément, mais elle s’avère tout autant plaisante et convaincante. Entre Galleon, ELP, Uriah Heep et (surtout) Magic Pie, cette jeune formation scandinave développe un progressif symphonique qui se veut parfois pompier, ‘seventies’ et rugueux. A la manière de Black Bonzo parfois, mais avec une plus forte présence des parties de claviers, Adventure développe son propos sans complexe aucun, faisant même preuve de culot pour nous asséner ses longues envolées, avant tout instrumentales mais secondées par un chant tout à fait probant. Bravo !


BLANK MANUSKRIPT : "Tales From An Island " (43:46) 17 €


Groupe autrichien (origine assez rare pour être soulignée), Blank Manuskript offre un progressif pleinement accessible mais ne se laissant pas facilement circonscrire. Il faut dire que les influences recensées sur ce Tales From An Island - Impressions From Rapa Nui (Rapa Nui étant le terme maori pour désigner l’Ile de Paques) sont larges et versatiles. On passe de Mike Oldfield à Pink Floyd (certaines ambiances et bruitages), en passant par Supertramp (ce côté entraînant et mélodique) et Novalis (le symphonisme nostalgique), pour finalement aboutir à Anyone’s Daughter, groupe auquel on pense le plus souvent au cours des 8 présentes compositions (de 2 à 12 minutes) du fait notamment de la jovialité des dialogues claviers/guitares. Et force est de constater que Blank Manuskript fait preuve d’un grand talent pour aboutir à un résultat cohérent, captivant de fait ses auditeurs jusqu’au terme des 3 quarts d’heure de ce superbe Tales From An Island...


BLIND EGO : "Numb" (68:40) 18 €


Deux ans après Mirror, Kalle Wallner publie le second volet de ses aventures en dehors de son groupe habituel, RPWL. Toujours sous le nom de Blind Ego, le guitariste allemand a quelque peu fait évoluer son néo-progressif vers une musique aux rythmes plus lourds et à l’architecture sonore plus ramassée, générant une tension globalement bien plus présente aujourd’hui. La production fait preuve d’une grande efficacité, les mélodies sont toujours aussi soignées, les instrumentistes (Wallner en tête, mais aussi Igor Cavalera, batteur de Sepultura, invité sur un titre) au sommet de leur art, mais Numb s’avère bien trop typé pour faire preuve d’un consensus aussi large que son devancier et plus encore que les opus de RPWL. Les amateurs de progressif musclé, se basant sur les acrobaties guitaristiques devraient néanmoins se régaler...

   

 

THE BUTTERFLY EFFECT : "Final Conversation Of Kings" (42:02) 18 €


Encore assez peu connu de ce côté-ci du globe, ce groupe australien en est pourtant à son troisième album. Une fois n’est pas coutume, la musique découverte ici n’est pas franchement progressive, ni métal, ni avant-gardiste, ni symphonique, mais s’inscrit plutôt dans un courant rock sophistiqué à la Amplifier (en plus accessible) avec quelques touches inattendues (de la trompette). Le tout est très bien interprété et produit et vous donnera une bonne pêche pour la journée... A défaut de musique plus ambitieuse, voilà un album accessible et immédiat


ELF PROJECT : "Mirage" (42:14) 13 €


Aux Etats-Unis, il y a désormais 2 labels prédominants : Progrock Records d’un côté et 10T Records de l’autre. Si le premier se veut davantage porté sur un progressif moderne et accessible, le second accueille plutôt des formations qui vivent parfois encore beaucoup dans les années 70. Elf Project, qui propose ici son troisième opus, répond globalement à ces critères, offrant des compositions (10, de 2 à 10 minutes) aux multiples influences (avant tout “seventies” donc) parfaitement digérées. Aux séquences acoustiques, ciselées avec grand talent, s’ajoutent de nombreuses envolées, soit davantage énergiques et rugueuses (sur la première partie de l’album où Yes et Rush sont parfois évoqués) soit pastorales et aériennes avec notamment une reprise du “Norwegian Wood” des Beatles et des titres aux ambiances bucoliques. Mirage ne se résume pas facilement (on peut ainsi citer également par exemple Pye Fyte, Jade Warrior, The Moody Blues et Pink Floyd), mais se déguste dans sa globalité avec avidité, faisant de Elf Project une nouvelle formation accessible et profonde à la fois...


EUREKA : "Shackleton’s Voyage" (51:12) 18 €

Eureka
«Shackleton’s Voyage»
(51:12) 18 €
Frank Bossert, le musicien allemand à l’origine du projet Eureka, s’est pour cet album concept, dédié à un explorateur du pôle nord, entouré de quelques pointures connues du milieu : Troy Donockley, Billy Sherwood et Yogi Lang sont ainsi de la partie, pour un disque qui saura satisfaire tous les nostalgiques du grand Oldfield. L’ensemble est principalement instrumental, et les atmosphères mises en œuvre respirent la pureté en touchant droit au cœur (ah, ces soli de guitare !). On navigue parfois davantage du côté d’un Vangelis, mais toujours guidé par une inspiration sans faille. Une très agréable surprise !


THE FUTURE KINGS OF ENGLAND : "The Viewing Point" (44:08) 17 €


Le constat est séduisant, et bien moins logique qu’il n’y parait : les formations actuelles ont souvent tendance à se bonifier avec le temps... Le fait certainement qu’elles publient souvent trop vite leur premier opus, mais aussi que la pression commerciale n’est que très faible donc aucunement asservissante. The Viewing Point, troisième opus de ces chers anglais, apparaît dès ses premières mesures comme un superbe opus de post-rock progressif aux forts accents ‘seventies’. Entre les ambiances suaves à la Floyd (quelques interludes acoustiques se font entendre ici ou là), les développements symphoniques (les claviers, vintage en diable, évoquent parfois le meilleur Tony Banks) et les envolées plus mordantes et modernes (on pense alors aux Porcupine Tree le plus aérien), The Viewing Point décline, en 6 compositions (7, 7, 1, 13, 3 et 12 minutes) totalement instrumentales, une musique majestueuse, émouvante et intense, à l’écart des modes actuelles et plus proches que jamais des canons progressifs. Magnifique !


HADDAD : "Eros E Thanatos" (47:32/45:44) 23 €


Formation brésilienne existant depuis une quinzaine d’années, Haddad publie aujourd’hui son 7ème album, indéniablement le meilleur à ce jour. S’inspirant des ténors anglais des années 70 et 80 (Camel, Genesis, IQ et Marillion en tête), Haddad n’en oublie pas pour autant ses racines latines pour offrir un progressif symphonique assez typique de l’Amérique du Sud. Gorgé de guitares lyriques, de mélodies soignées, d’une écriture sophistiquée, de claviers enveloppants, Eros E Thanatos offre en quelque sorte la quintessence de l’art progressif de son auteur. Ajoutez à ces ingrédients une palette sonore élargie (grâce à l’apport de la viole de gambe, de la flûte et du violon) et l’alternance de morceaux immédiatement accessibles et de longues pièces plus alambiquées, et vous ferez de Eros E Thanatos un excellent candidat au titre de meilleur album de ces derniers mois en provenance de cette partie du monde...


HOUR OF THE SHIPWRECK : "The Hour Is Upon Us" (45:20) 17 €


L’appellation post-rock est déjà un fourre-tout commode pour ranger nombre de formations dont on ne sait trop si elles se réclament du progressif, du rock indépendant, ou de toute autre chose... Difficile dans ces conditions de toucher dans le mille à chaque fois, mais avec Hour of the Shipwreck, le résultat est plutôt satisfaisant. Ce groupe américain mélange en effet des éléments planants, acoustiques et rock dans une atmosphère souvent assez sombre qui sied bien à l’appellation mentionnée plus haut, illustration d’une forme de désespoir auquel on ne peut rien mais avec lequel il faut bien continuer à vivre. Tout un programme, n’est-ce pas ?


 

 

ILLUMION : "Hunting For Significance" (58:36) 17 €


Tiens, une formation néerlandaise qui publie son premier opus sur un label suédois, bizarre... Surprenant en effet cette union, car Illumion ressemble guère aux formations que l’on retrouve habituellement chez Progress Records. Hunting For Significance développe un progressif symphonique aux arrangements parfois gothico-heavy, ce qui en fait un opus évoquant tout autant Magenta, The Gathering que Stream Of Passion. Les ambiances, tendues ou lumineuses, sont des plus convaincantes et font des 11 présentes compositions de franches réussites où le chant féminin (Esther Ladiges qui a oeuvré sur des albums de Ixion et de Ayreon) fait merveille. Notons d’ailleurs pour finir que Illumion est mené avec brio par Eveline van Kampen (guitare/composition) qui s’est entouré de musiciens de S.O.T.E. et d’une claviériste... Girl power !!!


KOSMOS : "Vieraan Taivaan Alla" (40:35) 17 €

Kosmos
«Vieraan Taivaan Alla»
(40:35) 17 €
Les surprises ne cesseront donc jamais d’embellir ces listes de nouveautés. A priori cette autoproduction (en dépit de son patronyme attirant...) n’a rien de bien folichon, mais passée la première écoute on se rend compte que ces finlandais opèrent un mélange plein d’intérêt entre progressif 70’s (ah ces nappes de mellotron, ces parties rock touffues) et des éléments folks plus typiquement scandinaves (le chant féminin - la vocaliste qui officiait sur le premier opus de Viima, les mélodies joyeuses), pour aboutir finalement à un opus qu’on a envie de se repasser le plus souvent possible (et sa durée des plus digestes encourage à le faire). Finland : 12 points !


LAZULI : "Réponse Incongrue A L’inéluctable" (47:30) 18 €


Le nouvel album de Lazuli est enfin sorti ! Deux ans après En Avant Doute, le groupe gardois retrouve le chemin de l’autoproduction en nous proposant (sous forme de digipack) ce très réussi Réponse Incongrue A L’inéluctable. Confirmant tout le bien que l’on pensait de lui, Lazuli pousse encore plus loin ses recettes passées (ambiances sombres et électriques, chant habité et envoûtant, textes soignés, instrumentation originale, mélange d’ambition progressive et d’évidence “rock”...) pour les amener à élaborer une musique intense, profonde et évidente. Résultat : un progressif atypique (pour un groupe qui l’est tout autant), inimitable et franchement enthousiasmant !!! A noter la présence de Jean-Pascal Boffo sur un des 6 (de 3 à 11 minutes) titres de Réponse Incongrue A L’inéluctable...


LONG DISTANCE CALLING : "Avoid The Light" (54:53) 18 €


Après Leech et God Is An Astronaut il y a quelques mois, c’est au tour de The Future Kings of England et donc de Long Distance Calling de porter aujourd’hui haut et fort les couleurs du post rock progressif. Ce groupe allemand, auteur ici de son deuxième album, développe donc une musique dans la pleine orthodoxie du genre qu’il s’est choisi, dopant les 6 présentes compositions (12, 7, 8, 10, 8 et 9 minutes) d’ambiances mélancoliques et d’envolées rugueuses, le tout avec un sens mélodique particulièrement soigné. Avoid The Light s’inscrit donc parfaitement dans la frange supérieure des œuvres issues de ce style si particulier, mais porteur d’une force évocatrice assez incroyable et source d’intenses voyages intérieurs. Une grande réussite !


MANGROVE : "Beyond Reality" (67:40) 17 €


La patience est parfois source de bonne surprises ! Alors que Mangrove s’acheminait (après 2 albums) vers une carrière quelque peu tranquille, n’étant pas vraiment programmé pour bouleverser l’histoire de notre mouvement, voici que Beyond Reality apparaît en cet été 2009 comme une superbe déflagration dans le ciel progressif. Bien moins néo que ses prédécesseurs, ce nouvel opus s’invite sur les terres symphonico-seventies et évoque, tout au long de ses 6 compositions (14, 18, 4, 7, 9 et 15 minutes), des groupes comme Knight Area, Genesis ou Finch. Quelle surprise de découvrir Mangrove à un tel niveau !! Tant au niveau du chant (voix et mélodies vocales sont particulièrement soignées) que des longues parties instrumentales, gorgées de solos et de rebondissements thématiques, Beyond Reality réalise un sans-faute incroyable, plaçant son auteur au sommet des formations bataves actuelles !!! Superbe !


MIDAS : "Beyond The Clear Air" (1988) (56:05) 17 €

MIDAS : "Twenty-Fifth Anniversary Concert..." (1983-2008) (67:35) 17 €


Cette formation est sans nul doute l’une des plus talentueuses du mouvement japonais, du moins sur ce Beyond The Clear Air, premier opus d’une discographie bien moins intéressante par la suite et qui est bel et bien le “chef-d’œuvre” glorifié un peu partout... Ses longs développements orchestraux et symphoniques, nourris des ébats du violon et des claviers (on note l’absence de guitare), sont bouleversants et irrésistibles. Seul les rares apparitions du chant, comme toujours chez les Japonais un peu surprenant, peuvent parfois venir freiner cette dynamique exceptionnelle... Beyond The Clear Air, dont la présente réédition est donc totalement indispensable, sort conjointement à Twenty-Fifth Anniversary Concert And Early Rare Tracks qui compile, comme son nom l’indique, un concert de 2008 (joué en octobre dernier à Osaka et célébrant avec pertinence le quart de siècle de Midas) ainsi que quatre titres inédits enregistrés entre 1983 et 1987. Vraiment intéressant au final, même si Beyond The Clear Air doit rester votre priorité...


 

PHIDEAUX : "Number Seven" (62:48) 13 €


Plus peut-être que pour IQ ou Pendragon, la sortie d’un nouvel album de Phideaux suscite des réactions des plus passionnées. La prime à la “jeunesse” certainement... Bon, dans le cas de Number Seven, il faut avouer que la réussite est totale, faisant de Phideaux l’une des figures de proue du courant progressif actuel. Voici une oeuvre consensuelle (moderne et soucieuse des traditions) qui, par rapport à ses devancières néanmoins (y compris Doomsday Afternoon), affiche des teintes musicales plus typiquement progressives (la plus forte présence des claviers peut-être...). Le groupe américain possède à présent un savoir-faire incroyable pour nous concocter des mélodies imparables mises au service de structures élaborées avec soin et rehaussées de solos renversants et de séquences acoustiques et/ou classisantes (piano, violon...) pleine de grâce. Number Seven, scindée en 3 longues parties, s’apparente ainsi à une symphonie progressive, dont les niveaux de lecture et de découverte sont multiples et inattendus. Et si le terme de chef-d’oeuvre cessait ici d’être galvaudé !?!...


RIVERSIDE : "Anno Domini High Definition" (44:44+DVD) 20 €


Mine de rien, Riverside est devenu en quelques années et déjà 4 albums studio un incontournable de la scène progressive tendance musclée. Ce nouvel opus ne déroge pas à la haute qualité des oeuvres précédentes, même si l’accent est davantage mis cette fois sur la face la plus rock du groupe polonais, laissant un peu de côté l’emphase symphonique (et encore plus l’aspect chanson acoustique). Avec sa durée très raisonnable et 5 morceaux seulement, Anno Domini High Definition permet à Riverside d’à nouveau explorer en musique le comportement humain dans toute sa diversité : avec rage, beauté, peur, doute, etc. Un excellent album de plus à leur actif.


ROSA LUXEMBURG : "Chapitres I & II" (50:31) 17 €


Le progressif français a ceci de passionnant, c’est qu’il se trouve souvent là où on ne l’y attend pas... Rosa Luxemburg (nom inspiré d’une militante communiste et révolutionnaire allemande morte en 1919) offre un premier album, dont la pochette n’est assurément pas le meilleur argument de vente, mais dont le propos rattrape néanmoins très vite cette désolante “sobriété”... Comme son titre l’évoque, Chapitres I & II est scindée en 2 parties distinctes. La première consacrée à Rosa Luxemburg elle même se déguste d’une traite, à la manière d’une histoire dont on est avide de connaître le dénouement. La seconde, plus typiquement progressive de par l’ambition instrumentale dont elle fait preuve (superbes parties de guitare notamment), clôt de très belle manière ce Chapitres I & II qui, entre diverses influences (Marillion et Porcupine Tree dernière époque, mais aussi Dream Theater et même Arrakeen pour les parties vocales féminines et en français), s’avère une oeuvre originale, non figée dans un style propre et des plus agréables. A découvrir.


SYZYGY : "Realms Of Eternity" (77:10) 15 €


Qui a dit que dans le progressif, il fallait être patient... Attendu depuis plusieurs années, et sans que le groupe ne nous donne vraiment de nouvelles un tant soit peu fiables au cours de cette longue période, Realms Of Eternity voit enfin le jour... Il était temps, car on finissait par penser que ce groupe américain avait rendu l’âme. Heureusement, l’histoire est belle et ce nouvel opus est à la hauteur de nos attentes. Serti dans une production de grand talent et sonnant somme toute presque plus ‘british’ que ‘yankee’, Realms Of Eternity trouve un parfait équilibre entre ses magnifiques éruptions instrumentales, ses ambiances plus pastorales (typiquement anglaises), et ses passerelles vocales impeccables. Ambition, perfection formelle, écriture ciselée, technique irréprochable, telles sont les caractéristiques de ce superbe Realms Of Eternity, totale réussite et porte-drapeau actuel (avec Number Seven de Phideaux) du prog US...


TWELFTH NIGHT : "Smiling At Grief..." (70:05/76:41) 20 €


Après 12 années d’indisponibilité (MSI avait sorti en 1997 une première version), Smiling At Grief, première K7 demo de Twelfth Night sortie à l’origine en 1981, connaît aujourd’hui une troisième jeunesse, et ce avec un superbe visage qui va ravir les amateurs du groupe anglais. Outre les 13 titres originaux, cette réédition a l’énorme avantage de nous offrir 3 morceaux bonus et un second CD faisant état d’un concert enregistré le 10 décembre 1981 au Target Club de Reading, seule archive scénique connue du quatuor de l’époque (avec Geoff Mann au chant donc). L’objet comporte de plus une nouvelle pochette, des photos inédites du groupe et quelques notes biographiques écrites par le batteur Brian Devoil, permettant bel et bien à Smiling At Grief - The Definitive Edition d’être à la hauteur du formidable talent de Twelfth Night...


VECTEUR K : "La Peur Du Désert" (65:10) 17 €


Groupe originaire de Montréal, Vecteur K publie aujourd’hui son premier opus, sur le label Unicorn. A la manière de Jelly Fiche, Direction ou du mythique Harmonium, Vecteur K développe un progressif francophone (le chant est ici une nouvelle fois un élément essentiel de la personnalité du groupe), tout à la fois poétique et direct, qui offre un univers personnel entre chant éloquent et séquences acoustiques et électriques. Outre les groupes évoqués plus haut, c’est peut-être de Galaad (qui vient d’ailleurs d’annoncer sa reformation !!!) que Vecteur K se rapproche le plus, et avouez que la comparaison n’est pas des moins flatteuses pour nos amis canadiens. La Peur Du Désert, dans la grande tradition ‘angélique’ donc, a ainsi de quoi séduire bon nombre de mélomanes férus de “progressif à la française”, dans tout ce que cette expression a de positif...