Avant-Propos :

Plutôt que de vous parler une nouvelle fois de la richesse de cette nouvelle Sélection de Nouveautés, même si c’est encore et toujours une réalité, il m’a semblé opportun de vous parler de Patrick Roy. Pas l’animateur télé, décédé en 1993 d’un cancer, mais son homonyme, le député du Nord qui se bat lui aussi contre un cancer et qui, lors de son retour à l’Assemblée Nationale le 15 mars dernier, a une nouvelle fois défendu le “rock metal” (et ses ramifications progressives donc), “injustement méprisé par les médias et le service public”. Entendre les noms d’Opeth, Dream Theater, Adagio, Therion ou autres Stratovarius, résonner dans une telle enceinte, devant un parterre de personnes ne connaissant certainement aucun de ces groupes, a quelque chose de surréaliste. Mais, au delà de cette intervention, sincère sans aucun doute, Patrick Roy a interpellé le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, sur la diversité musicale en France : “Monsieur le Ministre, vous le savez, il y encore beaucoup de chemin à faire pour que chaque style musical soit respecté.” Profession de foi certes évidente mais tellement emblématique de la lutte que chaque fan de musiques progressives mène depuis les premières heures de sa passion pour la rendre contagieuse...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

MARS-AVRIL 2011

Jusqu'au 30 avril 2011 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

2 CD à 13 € pièce !!! 

BOLUS : «Delayed Reaction»

THE WATCH : «Timeless»


La nouvelle Sélection de Nouveautés (MARS-AVRIL 2011)...

AGALLOCH : "Marrow Of The Spiri" 15 €

AWENSON : "Wizard" 17 €

BEARDFISH : "Mammoth" (Ed. Lim.) (CD+DVD) 23 €

BLACKFIELD : "Welcome To My DNA" 18 €

BOLUS : "Delayed Reaction" (digipack) 13 €

THE D PROJECT : "Big Face" 17 €

GAZPACHO : "Missa Atropos" (digipack) 17 €

HOSTSONATEN : "Summereve" (papersleeve) 19 €

INTROVISION : "08:36:59" 17 €

JACK DUPON : "Démon Hardi" (digipack) 17 €

JOLLY : "The Audio Guide To Happiness (Part 1)" (Ed. Lim.) 18 €

LONG DISTANCE CALLING : "Long DIstance..." (Ed. Lim.) (2 CD) 23 €

MAJESTIC : "Ataraxia" (papersleeve) 17 €

MON : "Sikfor Harenstrüp In 326 Øllegårt" (digipack) 17 €

NEMRUD : "Journey Of The Shaman" 17 €

PANDORA : "Sempre E Ovunque Oltre Il Sogno" (papersleeve) 19 €

PÄR LINDH PROJECT : "Time Mirror" (digipack) 17 €

THIERRY PAYSSAN : "Dans La Maison Vide" 17 €

SHADES OF DAWN : "Graffity’s Rainbow" 17 €

SYNDONE : "Melapesante" 17 €

TRANSPERCEPTION : "Colour Green" 17 €

TRAUMPFAD : "Aufbruch" (digipack) 17 €

THE WATCH : "Timeless" 13 €

 


AGALLOCH : "Marrow Of The Spirit" (65:33) 15 €


Cela fait maintenant de nombreuses années que cette formation américaine flirte avec le courant progressif, et il nous a semblé opportun de vous en parler, si les présentations n’avaient bien sûr pas déjà été faites. Marrow Of The Spirit, quatrième opus du groupe originaire de l’Oregon, poursuit l’exploration de son post-rock metallique, tout à la fois rugueux et ambitieux (6 morceaux : 4, 12, 12, 17, 9 et 10 minutes), et lui offre régulièrement de forts probants chemins de traverse sous la forme d’expérimentations sonores et d’accalmies trompeuses comme un vent glacial soufflant sur une étendue neigeuse et sous un ciel d’un bleu intense. Intense, le mot est lâché... A découvrir, ou pas, mais intensément !


AWENSON : "Wizard" (71:20) 17 €


Alors que les musiques électroniques dans leur acceptation la plus créative ont retrouvé depuis une quinzaine d’années une belle vitalité, la France, jusqu’alors, restait nettement à la traîne bien qu’elle fut partie prenante du mouvement à son apogée à la fin des années 70. Parmi de trop rares exceptions, Joël Bernard avait déjà avec Shadows, un premier album en 2005 sous le nom d’Awen, clairement montré la voie. Aujourd’hui rebaptisé Awenson, il enfonce le clou de façon plus magistrale encore. Wizard est en effet une totale réussite à l’image des plus belles œuvres de l’ère analogique. C’est par un usage totalement décomplexé de cette technologie instrumentale toujours aussi féconde qu’il y parvient. Aussi, faute de références plus fournies, beaucoup n’y verront là qu’une forte proximité avec les meilleurs travaux de Jean-Michel Jarre, Tangerine Dream et surtout Klaus Schulze, ce qui en soi, est déjà une prouesse. Mais en fait, si ces influences sont effectivement assumées, la perfection d’un travail colossal débouche pour une oreille exercée sur une écriture expressive qui recèle ses propres particularités. La luxuriance des textures sonores et des ambiances générées tout au long de ces 2 longues pièces (30 et 41 minutes !!!) offrira, en tout cas, même pour le profane, un support idéal et perpétuel vers de somptueux voyages. Si pour certains il est un peu tôt pour parler de chef-d’œuvre et pour d’autres plutôt trop tard, un minimum d’objectivité suffira, sans forcement être expert, pour se rendre compte que Wizard constitue d’ores et déjà une pièce majeure qui à elle seule remet en selle notre pays au sein d’un vaste mouvement de réappropriation technologique et stylistique


BEARDFISH : "Mammoth" (Ed. Lim.) (CD+DVD) (52:13/104mn) 23 €


D’album en album (6 depuis 2003), Beardfish s’impose comme l’une des meilleures formations progressives actuelles. Doté d’instrumentistes hors pair, d’un chanteur exceptionnel et surtout d’une incroyable capacité à rendre lumineuses des compositions complexes, ce groupe suédois plait tout autant aux maquisards des années 70 qu’aux adeptes d’un progressif installé dans son époque. Mammoth bénéficie d’une superbe production et offre une musique remarquable qui revisite avec brio les différentes époques et sous-genres du courant progressif. Au programme donc : 7 compositions (de 2 à 15 minutes) ébouriffantes qui remettent vos idées en place et dépassent très largement le simple cadre de la tradition progressive scandinave !
L’édition limitée est présentée en un magnifique format digibook, avec un DVD bonus. Au programme, quelques titres Live et un documentaire vidéo de 45 minutes sur le making of de l’album. Que du bon


BLACKFIELD : "Welcome To My DNA" (36:55) 18 €


On pensait le duo anglo-israëlien Steven Wilson / Aviv Geffen remisé aux oubliettes et voici que déboule en ce début 2011 un troisième album toujours trop court mais rempli de chansons pop savoureuses et qui ne demandent qu’à s’imprimer durablement dans vos esprits. Le duo continue d’œuvrer dans un registre pop très nostalgique (mais qui n’oublie pas de s’énerver à plusieurs reprises) et le résultat est encore une fois bluffant de maîtrise. Dans le cas de Blackfield, ce n’est décidément pas la longueur qui compte...


BOLUS : "Delayed Reaction" (digipack) (70:08) 13 €


Pas facile de situer l’origine géographique de Bolus à l’écoute de ce nouvel album-studio, le deuxième de sa carrière entamée en 2003. On pencherait assez naturellement vers les Pays-Bas, au regard du neo-progressif découvert, à la croisée de ceux de Mangrove, de Sky Architect ou de Flamborough Head. Et pourtant Bolus est un groupe canadien, comme quoi il convient de se méfier de tous les a priori, quels qu’ils soient... Delayed Reaction, bien que son auteur nous vienne de Toronto, s’avère donc une œuvre éminemment européenne, tant dans son approche que dans sa réalisation sonore, et les 11 présentes compositions (de 2 à 8 minutes) de se départissent jamais d’une intense recherche mélodique. La recette est éprouvée et maîtrisée sur le bout des doigts et Bolus l’agrémente au gré de ses inspirations et envies. A découvrir !!

   

 

D PROJECT : "Big Face" (50:56) 17 €


Petit à petit, Stéphane Desbiens bâtit une oeuvre, et nul doute que cette troisième pierre solidifie définitivement l’édifice en construction. Il faut dire que Big Face bénéficie, outre du talent de compositeur et d’instrumentiste (quel guitariste !) du maître de cérémonie, de l’apport de plusieurs invités prestigieux, comme Tony Levin, Claire Vezina (qui chante sur le seul titre en français), Lalle Larsson ou Bartek Kossowicz (chanteur de Quidam). The D Project mêle, au sein de son propos bariolé, grandes envolées symphoniques, éructations ‘rock’ et accalmies acoustiques, et la réussite finale est plus que jamais au rendez-vous. Grâce avant tout à un sens mélodique jamais pris en défaut et à un foisonnement d’ambiances, dirigeant toutes ce Big Face vers un profond bonheur auditif !


GAZPACHO : "Missa Atropos" (digipack) (59:01) 17 €


Missa Atropos, qui aura mis plus de 6 mois avant de bénéficier d’une distribution digne de ce nom, est un concept album centré sur un personnage qui écrit, isolé dans un phare, une messe sombre en l’honneur d’une des trois Moires (déesses grecques de la destinée), la redoutable Atropos, celle qui coupe le fil de la vie. Mais c’est avant tout une sombre histoire de solitude et de souffrance mentale. Une réflexion misanthropique sur la vie humaine. Et la couleur musicale, plus sombre que d’habitude, s’en ressent. Sonorités irréelles, production à la fois subtile et puissante, chant et interprétation habitées, on a l’impression, une fois de plus, que Gazpacho crée la B.O. d’un film imaginaire dont les images se forment dans nos esprits, inspirées par le thème et la musique. A part quelques brefs interludes atmosphériques, Missa Atropos, qui se fait l’écho d’un désespoir palpable, est paradoxalement plus fascinants et accrocheurs que jamais, avec des mélodies déroutantes de beauté. Ce sixième album est ainsi l’œuvre la plus ambitieuse et aboutie de Gazpacho. Mais aussi la plus personnelle car les brumes de ses inspirateurs (Marillion, Porcupine Tree, Talk Talk) se sont en grande partie dissipées, ce qui permet de penser que ce superbe Missa Atropos n’a plus rien à envier à personne.


HOSTSONATEN : "Summereve" (papersleeve) (44:02) 19 €


Et Fabio Zuffanti de conclure son cycle des saisons par une nouvelle œuvre splendide toute entière dédiée à la grâce du rock progressif symphonique le plus beau qui soit. Instrumentation pléthorique, lyrisme exacerbé, escapades vers des horizons classisants ou jazzy, les recettes appliquées aux 3 volumes précédents se retrouvent encore une fois pour le plus grand plaisir des mélomanes nostalgiques des glorieuses années 70. Respirez à fond et prenez une grosse bouffée de bonheur pur !


INTROVISION : "08:36:59" (77:29) 17 €


Le progressif est partout, certes de manière assez confidentielle, mais partout ! Pour preuve, Introvision, originaire du Costa Rica et qui publie aujourd’hui, après 7 années d’existence, son premier opus constitué de 8 compositions (de 5 à 17 minutes). 08:36:59 est une oeuvre sophistiquée et envoûtante qui évoque Riverside, car le propos (teinté de metal et de prog symphonique) de ces 2 groupes possède les mêmes atouts, à savoir un grand professionnalisme et un sens mélodique affiné... Ajoutez à cela une délicatesse propre aux formations de cette partie du monde et certaines séquences plus techniques à la Gordian Knot, et vous obtenez un album de tout premier ordre. Bravo !


JACK DUPON : "Démon Hardi" (digipack) (61:53) 17 €


Inutile de tergiverser, les progrès accomplis par cette jeune formation française depuis son premier opus (2003) sont époustouflants. Dès les premières mesures de Démon Hardi, on sent, non seulement ces progrès mais surtout que les musiciens de Jack Dupon ont quelque chose à dire. Quand un groupe a choisi une musique ambitieuse et complexe comme moyen d’expression, la différence se joue sur sa capacité à la rendre intelligible et accessible au plus grand nombre. Proposant donc une sorte de RIO lumineux, Jack Dupon ne manque pas de temps à autres d’évoquer de grands noms, comme King Crimson, Gong ou le Frank Zappa le plus progressif, mais ne se résume jamais à de telles comparaisons. Doté d’une production de grande classe, Démon Hardi s’avère un diable somme tout assez angélique...


JOLLY : "The Audio Guide To Happiness (Part 1)" (Ed. Lim.) (46:06) 18 €


Alors que l’on voit des groupes comme Pallas ou Spock’s Beard quitter InsideOut, voilà que le peu connu Jolly intègre le label allemand. Bizarre en effet, mais la découverte du second opus de ce quatuor new-yorkais permet de comprendre la raison de cette délocalisation. Très professionnelle et déversée avec dynamisme et conviction, la musique de The Audio Guide To Happiness (Part I) s’est durcie par rapport à celle de son devancier (sorti il y a 2 ans chez Progrock Records). Nettement moins neo-progressif, assez chanté au final mais servi par des thèmes soignés, le propos de Jolly est indéniablement plus immédiat que par le passé et flirte souvent, à base d’approches FM, avec un hard-prog à la Dream Theater ou Tool.


LONG DISTANCE CALLING : "Long Distance Calling" (Ed. Lim.) (2 CD) (56:05/51:10) 23 €


Un titre éponyme pour un 3ème album, voilà qui n’est pas très cohérent, même si Long Distance Calling n’est pas le premier à agir de la sorte. Ce groupe allemand, un peu à la manière de son compatriote Frames, fait du prog sans le savoir, ou sans vouloir le savoir. La nuance n’échappera à personne, mais seul le résultat compte au final et ce Long Distance Calling arbore les couleurs d’un post-rock (presque) instrumental de grande qualité, plus rugueux et cosmique que sur le précédent opus peut-être, mais nourri d’ambiances travaillées et d’une probante recherche sonore. Album puissant et émouvant, Long Distance Calling maintient son auteur dans le peloton de têtes des formations du genre.


PS : Le CD bonus est un CD live, enregistré l’an dernier au Roadburn Festival...


MAJESTIC : "Ataraxia" (papersleeve) (78:17) 17 €


Tant que les groupes progressifs offriront des oeuvres de qualité croissante au fil de leur discographie, il se trouvera des mélomanes pour les soutenir avec acharnement. Majestic, sous la férule de son mentor Jeff Hamel, poursuit donc son exploration d’un progressif symphonique sophistiqué, où les instrumentistes et la chanteuse Jessica Rasche font merveille et où les compositions (11, de 4 à 14 minutes) mélodiques bénéficient d’une superbe production. La capacité de Majestic à changer de registre sans perdre une once d’efficacité et d’inspiration, permet à Ataraxia de captiver l’auditeur de bout en bout et de rendre chaque nouvelle écoute plus captivante que la précédente. Du prog comme on l’adore, tout simplement...


 

MON : "Sikfor Harenstrüp In 326 Øllegårt" (digipack) (66:48) 17 €


Contrairement aux apparences et au titre de ce premier album, Mon n’est pas originaire de Scandinavie. Non, ce groupe est français, Messieurs, Dames !!! Sikfor... offre un passionnant post-rock, à l’image de celui de Kwoon, mais dans une veine plus rugueuse, plus rock, plus terrienne en quelque sorte. Mon développe donc de longues épopées instrumentales, hypnotiques, orchestrales et chatoyantes, qui irradient d’ondes positives l’âme de ses auditeurs et qui reposent sur les guitares et des arrangements de cordes superbes. Godspeed... ou God Is An Astronaut ne sont pas très loin de l’univers musical découvert ici, mais la forte personnalité de Mon n’est certainement pas à sous-estimer... Pour finir, sachez que le digipack proposé ici est une édition limitée de 500 exemplaires fabriquée (sauf le CD bien sûr) à la main par les soins du groupe. Quel talent !


NEMRUD : "Journey Of The Shaman" (45:09) 17 €


Après avoir visité le Costa Rica, l’heure est venue de se tourner vers la Turquie, pays d’origine de Nemrud, dont le leader est un ami proche de Frank Bornemann. Lien de cause à effet peut-être, toujours est-il que Journey Of The Shaman offre un progressif fortement inspiré de celui de Eloy. Scindé en 3 parties (16, 12 et 17 minutes), ce premier album, majoritairement instrumental et gorgé d’ambiances planantes et de guitare lyrique, reprend en effet à son compte le progressif cosmico-symphonique des Allemands (celui de Ocean particulièrement) pour en proposer une version moderne et tout aussi suggestive et captivante !! Une nouvelle excellente découverte...


 

PANDORA : "Sempre E Ovunque Oltre Il Sogno" (papersleeve) (61:57) 19 €


On peut aimer le progressif qui “cherche à repousser les limites des formes musicales existantes” cher à Steve Hackett, mais on peut tout aussi bien aimer celui qui tente de retrouver l’état de grâce du début des années 70. Après tout, y a-t-il du mal à se faire du bien ? C’est ce que doivent penser les musiciens de Pandora, énième groupe italien ô combien talentueux qui sort très largement du lot avec son deuxième album. Gorgé de claviers vintage, d’une voix italienne typiquement “rauque” et d’un pompiérisme dévastateur, Sempre E Ovunque Oltre Il Sogno aurait pu sortir en 1972/73 et il ferait aujourd’hui partie des classiques incontournables du prog symphonique transalpin. Rien que ça !


 

PÄR LINDH PROJECT : "Time Mirror" (digipack) (41:48) 17 €


Près de 10 ans après son dernier opus studio, Pär Lindh et son project (prenant ici le nom de l’excellent William Kopecky à la basse, de Al Lewis au chant sur 3 des 4 titres et de plusieurs batteurs) reprend du service pour un album réussi mais sans réelles surprises il faut l’avouer. Le claviériste suédois a ainsi repris les choses où il les avait laissées en 2001, c’est-à-dire en pleine déclamation de son amour à Keith Emerson et ELP... La musique entendue sur Time Mirror n’omet pas cependant de faire preuve de modernité, dans certaines séquences plus musclées par exemple, mais s’adresse bien sûr aux amateurs d’une époque musicale de totale liberté et aux amoureux de dentelles synthétiques et d’éructations plus terriennes. Vous nous aviez manqué Monsieur Lindh !!!!


THIERRY PAYSSAN : "Dans La Maison Vide" (52:41) 17 €


A l’instar de son frère guitariste Jean-Luc en 2006 (le bel album Pierrots & Arlequins), c’est donc au tour du claviériste Thierry Payssan (moitié gémellaire de Minimum Vital) de proposer un album solo entièrement réalisé et interprété par ses soins. On ne dira jamais assez combien ces artistes à la modestie légendaire sont pétris de talents, et Dans La Maison Vide vient une fois encore le démontrer. Armé de ses nombreux claviers (piano superbe en tête) mais aussi de percussions (plus quelques bribes de chant, bruitages et voix rapportées), Thierry Payssan nous invite à un voyage immobile teinté de nostalgie qui touche durablement par sa beauté, sa consistance et l’interprétation sans faille du musicien. Très belle réussite !


SHADES OF DAWN : "Graffity’s Rainbow" (64:39) 17 €


On se désole parfois de voir des groupes passer dans le ciel progressif comme des comètes sans lendemain. Alors, quand on constate l’application de Shades Of Dawn, malgré une notoriété toute relative, à nous proposer des albums sur la durée (le 3ème seulement en près de 20 ans d’existence néanmoins), le plaisir est immédiat. Et si la progression est effective au fil du temps, au point de faire de ce Graffity’s Rainbow une excellente surprise, le plaisir devient bonheur. Shades Of Dawn, formation allemande de Düsseldorf, offre donc ici une musique symphonique d’excellente facture, c’est-à-dire mélodique, lumineuse et ambitieuse. Au programme, 4 compositions (25, 11, 15 et 13 minutes) qui délivrent un progressif se situant entre Eloy (tout autant celui d’Ocean que de Colours), Marillion et Camel et se parant parfois d’éléments classisants. Grande réussite !


 

SYNDONE : "Melapesante" (47:21) 17 €


Syndone est un revenant de la scène progressive italienne. Auteur de 2 albums en 1992 (Spleen) et 1993 (Inca), voilà le projet de Nico Comoglio remis sur pied en 2010 avec de nouveaux musiciens pour un troisième album qui a bien des qualités à faire valoir. Au premier rang de celles-ci on relèvera la grande variété d’inspiration : du prog symphonique bien sûr, mais aussi du jazz, de la pop et des moments plus arides, le tout chanté en italien pour la bonne forme. Melapesante se révèle ainsi un album touffu qui demandera de nombreuses écoutes avant de se révéler pleinement. Mais voilà qui n’est pas pour déplaire aux amateurs de progressif, n’est-ce pas ?


TRANSPERCEPTION : "Colour Green" (52:30) 17 €


Le nouveau chanteur de Eye 2 Eye, groupe français sur le point de publier son troisième album-studio, nous propose une oeuvre en solitaire, pour laquelle il s’est occupé de tout. Il faut dire que le bonhomme est particulièrement talentueux, non seulement derrière un micro mais avec toutes sortes d’instruments en main. Colour Green, publié sous le nom de Transperception, permet ainsi à Djam Zaidi, en vieux routier du rock, de se faire plaisir et de visiter des contrées musicales sans vraiment se soucier de la cohérence globale. Sorte de kaléidoscope progressif, davantage dans la démarche de son auteur que dans un sens stricto sensu, Colour Green ravira les amateurs de Pink Floyd (celui de The Final Cut en priorité), de world music intelligente et de fusion seventies. Vous le voyez, pas facile de toujours suivre Djam Zaidi dans son grand écart stylistique, mais la passion du bonhomme donne vraiment envie à l’auditeur d’intégrer l’univers artistique de ce musicien attachant.


TRAUMPFAD : "Aufbruch" (digipack) (69:07) 17 €


Les groupes allemands qui chantent dans leur langue natale ne sont pas nombreux, et pourtant, dans le cas de Anyone’s Daughter par exemple, la réussite peut être totale. Néanmoins, même si ce choix est une excellente décision de la part de Traumpfad, c’est bien sûr l’ensemble de son progressif qui permet à nos amis d’outre Rhin de faire l’événement. Aufbruch, second opus du groupe qui est produit par Yogi Lang, reprend à son compte le progressif symphonique typique de l’Allemagne des années 70 et lui offre un prolongement actuel du meilleur goût. Les amoureux de claviers en tout genre et des envolées tour à tour aériennes et terriennes trouveront ici un bonheur total, la faute également à un chanteur tout bonnement excellent qui emporte la musique vers des territoires chatoyants. Entre Anyone’s Daughter, le Eloy du tout début des années 80 et quelques intrusions du côté de Triumvirat, Traumpfad fait revivre, avec modernité, un progressif que l’on pensait oublié et qui a visiblement encore beaucoup de choses à dire !!!


THE WATCH : "Timeless" (digipack) (44:57) 13 €


Le premier contact, informatif, avec ce nouvel opus de The Watch est peu engageant : 7 morceaux inédits au programme, plus 3 reprises de Genesis (dont 2 du tristounet From Genesis To Revelation de 1969) pour un total de 45 minutes, voilà qui laisse songeur. Pourtant, jamais un album de The Watch n’a été aussi cohérent et abouti que celui-ci. En se plongeant au cœur des balbutiements progressifs de Genesis, The Watch s’est finalement (et paradoxalement !?) réapproprié son identité musicale. Timeless, qui porte bien son nom, délaisse ainsi les grandes envolées instrumentales (de toute façon, Genesis est imbattable dans ce domaine) pour se recentrer sur des ambiances symphoniques et intimistes, et donner vie à une musique délicieuse et intemporelle. Et cerise sur le gâteau, Simone Rossetti est totalement à son aise dans ce contexte intimiste et n’a jamais aussi bien chanté qu’ici... Un vrai bonheur !