Avant-Propos :

En découvrant récemment la liste des personnes du monde musical décédées en 2011, mes yeux se sont arrêtés sur le nom de Alex Steinwess. Inconnu du grand public, celui qui était alors directeur artistique chez Columbia Records, fut le premier au début des années 40 à avoir l’idée d’habiller les 78 tours de l’époque d’une pochette illustrée. Cette dernière, commercialement plus attractive que les simples enveloppes de papier brun qui recouvraient jusqu’alors les disques de gomme laqué, va révolutionner l’industrie discographique qui ne connaîtra un véritable essor cependant qu’à la suite des avancées technologiques suivantes (amplification des tourne-disques, nouvelles méthodes de gravure, apparition des premiers disques en vinyle et des nouvelles vitesses de rotation...).
Ce bref hommage à ce graphiste/designer inventif montre les premiers liens noués entre contenant et contenu d’une oeuvre musicale. Et inutile de vous préciser que le courant progressif est l’un de ceux, par sa créativité graphique, qui bénéficie le plus du génie de cet américain, décédé donc l’an dernier dans le plus grand anonymat...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

AVRIL 2012

Jusqu'au 11 mai 2012 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

3 CD à 13 € pièce !!! 

DREAM THE ELECTRIC SLEEP : «Lost And Gone Forever»

LOCANDA DELLE FATE : «The Missing Fireflies»

PROFUSION : «RewoTower»


La nouvelle Sélection de Nouveautés (Avril 2012)...

DIMENSION ACT : "Manifestation Of Progress" 15 €

DREAM THE ELECTRIC SLEEP : "Lost And Gone Forever" (digipack) 13 €

FLYING COLORS : "Flying Colors" (digipack) 18 €

GAZPACHO : "March Of Ghosts" (digibook) 18 €

GRANTURISMO VELOCHE : "Di Carne, Di Anima" 17 €

INNER EAR BRIGADE : "Rainbro" 16 €

INVERTIGO : "Veritas" (digipack) 16 €

IO EARTH : "Moments" (digipack) 17 €

IT BITES : "Map Of The Past" 18 €

KOTEBEL : "Concerto For Piano And Electric Ensemble" (CD+DVD) 24 €

KSIZ : "Nerve Of War" 17 €

LABIRINTO DI SPECCHI : "Hanblecheya" 17 €

LOCANDA DELLE FATE : "The Missing Fireflies" 13 €

MOOGG : "Le Ore I Giorni..." 17 €

MOON SAFARI : "The Gettysburg Address" (2 CD) 16 €

MUSICA FICTA : "A Child And A Well" 16 €

PROFUSION : "RewoTower" (digipack) 13 €

RAK : "The Book Of Flight" (digipack) 17 €

RPWL : "Beyond Man And Time" 17 €

STEVE THORNE : "Crimes And Reasons" (digipack) 16 €

XII ALFONSO : "Charles Darwin" (digipack 3CD) 25 €


DIMENSION ACT : "Manifestation Of Progress" (54:52) 15 €


Bon nombre d’amateurs de prog symphonique aiment bien se faire bouger les oreilles de temps à autres par un bon groupe de hard-prog. A condition bien sûr que le talent soit au rendez-vous et la dimension ‘progressive’ dominante. Dimension Act, originaire de Norvège, répond à ces 2 critères. Grâce d’abord à des solos ébouriffants (de claviers notamment), et ensuite à une ambition instrumentale conséquente, que permet la durée des 4 compositions (5, 10, 8 et 31 minutes) de ce premier opus. Manifestation of Progress n’oublie jamais de soigner les mélodies de son propos ambitieux, ce qui finit d’en faire une oeuvre tout à fait recommandable.


DREAM THE ELECTRIC SLEEP : "Lost And Gone Forever" (digipack) (76:42) 13 €


Formé en 2009, ce jeune groupe américain offre un premier album autoproduit d’une grande maîtrise. Dans leur rock énergique, fusionnent des ambiances à la Pink Floyd, Marillion, Pain Of Salvation, It Bites, Oceansize et Radiohead, pour un résultat dynamique et diablement séduisant. Les musiciens, guitaristes ou section rythmique, s’en donnent à cœur joie, et le chanteur est de la trempe des plus grands. De plus, pour un début, les influences sont parfaitement digérées, offrant la possibilité à Lost And Gone Forever de satisfaire un grand nombre d’auditeurs. Dream The Electric Sleep embrasse les différentes décennies du prog, sans privilégier l’une par rapport aux autres, et offre un album séduisant, ambitieux et abouti.


FLYING COLORS : "Flying Colors" (59:36) (digipack) 18 €


Attention, voilà un nouveau super-groupe à ne pas manquer ! Flying Colors est en effet la réunion de plusieurs talents américains, et pas des moindres : Neal Morse aux claviers et au chant, Steve Morse à la guitare, Dave Larue à la basse, Mike Portnoy à la batterie et Casey McPherson au chant. Leur premier album respire la fraîcheur et la joie de jouer ensemble, véritable patchwork musical. La plupart des morceaux sont relativement calibrés, mais mêlent diverses influences, de Supertramp au bon vieux hard-rock des années 70 en passant par Muse ou Jeff Beck, tirant leur force de mélodies imparables et d’arrangements délicatement polis. Le dernier titre, plus ambitieux du haut de ses douze minutes, semble quant à lui tout droit sorti d’un disque studio de Neal Morse. Une réalisation hautement professionnelle qui ne pourra que vous donner la pêche !


GAZPACHO : "March Of Ghosts" (digibook) (48:07) 18 €


Que de chemin parcouru par Gazpacho depuis ses débuts dans le sillage de Marillion il y a dix ans ! Ce septième album du groupe norvégien - le second publié par Kscope - témoigne d’une parfaite intériorisation des normes de production et de sonorisation très glacées, presque cliniques qui caractérisent la pop prog actuelle - à ceci près qu’à la différence de Porcupine Tree, Gazpacho ne s’encombre guère de béquilles metal pour maximiser les émotions suscitées par la grande richesse mélodique de sa musique. Nul besoin en effet de céder à toutes les sirènes de la mode lorsque l’on compte dans ses rangs un chanteur de la trempe de Jan-Henrik Ohme. C’est en effet sur le talent vocal exceptionnel de ce dernier que repose en grande partie la réussite de March of Ghosts, album concept à peine déguisé, présenté comme une promenade nocturne où se succèdent les récits de fantômes plus ou moins glorieux. Ce canevas littéraire est le prétexte idéal à une grande dérive mélancolique que quelques accents celtiques (sur “Mary Celeste” en particulier) ou vaguement tribaux (les percussions de “Golem”) viennent opportunément pondérer. A l’arrivée, et en dépit d’options esthétiques un peu étroites, March of Ghosts se présente comme l’œuvre d’un groupe au sommet de son art et qui n’a évidemment plus rien à envier à Blackfield, Coldplay, Keane ou au Marillion le plus frontalement pop. Superbe !


GRANTURISMO VELOCHE : "Di Carne, Di Anima" (45:44) 17 €


Sorti l’an dernier et passé quelque peu inaperçu, le premier album de ces italiens a depuis colonisé les différents médias progressifs pour faire entendre son grand talent. Les chroniques le concernant étant toutes élogieuses, il était plus que temps de vous présenter Di Carne, Di Anima. Progressif italien qui surfe sur le baroque et le symphonisme chers aux anciens, la musique de ce premier opus est en effet un enchantement tant elle fait preuve de fraîcheur, de raffinement et d’inventivité. Entre Banco et PFM, vous l’aurez compris, mais avec une touche de modernité (ou d’intemporalité, c’est selon), Granturismo Veloche est une formation au formidable charisme, qui n’en fait jamais trop et s’élance dans la création d’un progressif qu’elle maîtrise parfaitement ! Bravo !

   

 

INNER EAR BRIGADE : "Rainbro" (52:36) 16 €


Inner Ear Brigade est un groupe californien d’une dizaine de musiciens, qui déploie un arsenal jazzy à la fois très joyeux et attachant. Le chant féminin est d’une grande suavité, tout en étant très travaillé, et l’accompagnement instrumental se déploie comme une évidence. Cuivres, vibraphone, claviers analogiques, section rythmique s’harmonisent avec beaucoup d’à-propos, ressuscitant tout un pan du jazz-rock le plus mélodique des années 70, sans aucun travers démonstratif et au contraire porté par une grande fluidité mélodique. Une très agréable surprise, tant Rainbro s’avère accessible, intense et classieux ! Le label italien Altrock a décidemment un goût très sûr !


INVERTIGO : "Veritas" (digipack) (70:09) 16 €


Le groupe allemand Invertigo s’était fait remarquer en 2010 avec la parution de son premier album, Next Stop Vertigo, un disque de néo-prog assez insolent de talent et ébouriffant de fraîcheur. Veritas privilégie une fois encore des compositions relativement étendues, de 7 à 21 minutes, au sein desquelles les séquences instrumentales ont la part belle. Le chant est pour sa part plus assuré et convaincant, avec en prime la participation d’une chanteuse. Doté d’une production encore plus éclatante, ce nouvel opus saura, à la manière du Sceneries de Sylvan, séduire tous les amateurs de prog, bien au delà du néo, du fait notamment de la diversité privilégiée par Invertigo. Une superbe confirmation !


IO EARTH : "Moments" (digipack) (62:08) 17 €


Après un premier double CD sorti en 2009 mais relativement passé inaperçu chez nous, le deuxième album du groupe anglais IO Earth devrait enfin permettre à cette talentueuse formation de se faire (re)connaitre ! Moments est en effet un formidable melting-pot d’influences qui regorge de moments (sic) de bravoure ou d’intimisme poignant, le tout parsemé de cultures world, de pop-électro, de chœurs religieux et on en passe. Loin d’être un fourre-tout iconoclaste, l’album fait preuve au contraire d’une grande cohérence et ravira tous ceux qui aiment être surpris dans leurs habitudes, même si la dominante rock symphonique s’offre la part du lion. Excellente surprise !


IT BITES : "Map Of The Past" (52:32) 18 €


Acte 2 du retour d’It Bites dans le monde du rock, Map Of The Past reprend les ingrédients de son prédécesseur (à savoir un rock dynamique, gorgé de guitare fluide au possible et mâtiné de sonorités de claviers très années 80) sans toutefois y apporter une petite dose d’originalité ou de folie qui aurait dû le hisser un peu plus haut dans nos suffrages. Pas vraiment de déception à craindre tant chaque chanson parait ciselée dans une veine accessible bien typique du groupe, mais It Bites ne force pas son potentiel progressif pour demeurer peut-être un peu trop sagement dans un univers rock mélodique plaisant mais un poil convenu.


KOTEBEL : "Concerto For Piano And Electric Ensemble" (67:13/DVD) 24 €


Ne vous fiez pas trop au titre un brin pompeux du sixième album de cette formation ibérique, et laissez vous plutôt emporter par ce flot de musique (entièrement instrumentale) dense, riche, et passionnant de bout en bout. Cultures classique et rock se télescopent et se fondent pour un résultat véritablement époustouflant (serait-ce l’annonce du retour d’Anglagard en 2012 qui pousse les uns et les autres à se dépasser ?), sans la crainte d’avoir affaire à un de ces albums plus ou moins bancal entre musique classique et rock (puisque d’orchestre il n’y a pas !). Ce concerto (plus de 40 minutes) et les autres pièces qui l’accompagnent n’ont pas fini de tourner sur nos platines avant de révéler toutes leurs saveurs. Brillant !


KSIZ : "Nerve Of War" (54:57) 18 €


Ksiz est un duo de musiciens français dont Big Bang avait rendu compte du premier album, alors autoproduit. Désormais accueillis chez Musea, le guitariste Mathieu Spaeter et le batteur Jimmy Pallagrosi ont fait progresser leur style, qui tutoie à présent les plus grands, non seulement techniquement, mais également mélodiquement. Totalement instrumental, Nerve Of War, à l’égal du récent disque de PY Marani, s’est attiré la collaboration de pointures internationales, Derek Sherinian et Tom Kennedy en particulier. Quant aux compositions, elles déploient toute la richesse d’une fusion ambitieuse et fouillée, culminant dans la suite de vingt minutes éponyme. La confirmation éclatante d’un talent bien français !

 


LABIRINTO DI SPECCHI : "Hanblecheya" (69:08) 17 €


Du post-rock à la sauce italienne, ça vous tente !? Bien sûr, la musique découverte ici n’est pas vraiment représentative d’un post-rock ‘classique’, car Labirinto Di Specchi y a ajouté bon nombre d’ingrédients qui lui confèrent des couleurs inédites. Hanblecheya est au final une œuvre pychedélico-atmospherico-symphonique, dans la grande tradition des musiques visuelles et cinématographiques que l’Italie a engendrées dans les années 70 (Goblin). Néanmoins, qui dit post-rock dit volonté de ne pas s’émanciper de l’époque dans laquelle l’art est exercé et au contraire de la relier le plus naturellement possible au passé. Labirinto Di Specchi y parvient parfaitement et marrie piano et guitare de la plus belle des façons à la manière d’un Frames. Une belle réussite !


LOCANDA DELLE FATE : "The Missing Fireflies" (36:01) 13 €


C’est peu dire que le retour du légendaire groupe italien Locanda Delle Fate en 1999 avec Homo Homini Lupus, avait déçu tous ceux qui attendaient une suite digne du merveilleux Forse Le Lucciole Non Si Amano Più. Il faut croire que l’importance du chanteur Leonardo Sasso, alors absent, s’avérait beaucoup plus cruciale qu’on ne le pensait, car la nouvelle réunion à laquelle il participe cette fois parvient à ranimer l’espoir. Certes, les 3 morceaux issus d’un concert de 1977 ne valent guère mieux sur le plan sonore que ceux du live sorti en 1993, mais les 4 titres enregistrés récemment en studio sont du meilleur tonneau. Une nouvelle version du “tube”, “Non Chiudere A Chiave Le Stelle” a pour principal intérêt de présenter Sasso seul au chant. Au moins 2 des trois autres titres studio ne sont pas non plus franchement inédits puisqu’ils furent joués en concert, mais pour l’un, le superbe “Crescendo” (8:51), nous n’en avions aucune trace; quant à la version live de l’autre, “La Giostra” (ici 7:27), elle ne laissait pas soupçonner une telle splendeur. Introduit par un court piano solo (“Sequenza Circolare” (2:41)), ce morceau prend ici des allures d’hymne et justifie à lui seul l’acquisition de cette sorte d’EP de renaissance. Le groupe est en tournée actuellement et sera le 20 avril prochain à l’affiche de la nuit du prog Italien “La Notte Del Prog Italiano”) à Milan avec Maxophone autre revenant auteur d’un unique album mythique en 1975 !.


 

MOOGG : "Le Ore I Giorni Gli Anni" (53:57) 17 €


Si Le Ore I Giorni Gli Anni est leur premier album studio (une démo confidentielle fut publiée en 2007), les quatre musiciens de Moogg n’en sont pas pour autant à leur coup d’essai, ayant écumé les scènes de plusieurs festivals italiens de musique expérimentale au cours de la décennie précédente en s’appropriant notamment les répertoires de Soft Machine, Weather Report ou PFM. C’est donc un quartet particulièrement mature, rodé aux répétions, concerts et autres séances d’improvisation collective qui s’illustre dans ces cinquante minutes de jazz-prog incandescent où les clins d’oeils appuyés aux univers du Caravan de l’époque For Girls... (pour les riffs rock terriblement efficaces) et du Soft Machine post Robert Wyatt (pour la faveur accordée aux solis fiévreux de piano électrique) relèvent un niveau d’inspiration mélodique déjà peu commun en terres de jazz-rock. Quelques lignes vocales irréprochables essaimées à la manière d’Hatfield & the North, un constant et jubilatoire à-propos soliste (même lorsque qu’il s’agit de mettre en valeur les talents du bassiste Gianluca Avanzati) et une production limpide à la hauteur de la richesse rythmique et timbrale d’une telle musique, voilà qui devrait faire palpiter le coeur de bien des amateurs de la scène de Canterbury et de l’âge d’or du jazz-rock américain de la première moitié des années 70. Superbe entrée en matière !

 


 

MOON SAFARI : "The Gettysburg Address" (48:14/50:30) (2 CD) 16 €

Les disques live présentent par essence de très lourds handicaps. En effet, en plus de la redondance de morceaux déjà publiés, ils souffrent dans la plupart des cas d’un son déficient et d’arrangements d’autant plus appauvris que les musiciens se sont montrés performants sur ce plan en studio. De ce point de vue, Moon Safari aurait pu craindre l’exercice. Formation majeure du mouvement progressif dès son deuxième album, [Blomljud] en 2008, celle-ci fait notamment valoir entre autres particularités une prodigieuse mise en place vocale qu’on serait tenté de croire facilitée par d’expertes manipulations technologiques. Ceux qui ont eu la chance de voir les Suédois en concert savent déjà que leurs réalisations ne sont d’aucune façon de simples produits de laboratoire. Quant aux autres, ce formidable témoignage de leur passage au Rosfest de Gettysburg pourra facilement les convaincre. L’ingénieur du son fait certes des prouesses en parvenant à bien détacher le rendu de chaque voix et de chaque instrument, mais on retient surtout ici ce qui fait l’intérêt d’un bon live sans l’appui de l’image : une interprétation alternative qui apporte un éclairage pertinent aux compositions originales. Moins précieuses pour la plupart, celles-ci trouvent dans un contexte de salle surchauffée, un dynamisme instrumental qui profite idéalement aux titres du dernier album Lover’s End. Mais la sophistication vocale n’est pas pour autant reniée, pour preuve, elle bénéficie, à contrario, au seul morceau retenu du tout premier opus. Une belle performance qui confirme l’époustouflant talent de Moon Safari.


MUSICA FICTA : "A Child And A Well" (45:07) 16 €


Musica Ficta est un nouveau groupe en provenance d’Israël, composé de six musiciens ayant déjà fait leurs armes. Toutefois, loin de se contenter d’insuffler des influences traditionnelles à leur musique, ils plongent leur inspiration au cœur de la campagne britannique des années 70, vers des formations comme Jethro Tull ou Genesis, voire ELP, en particulier. Le chant féminin, en hébreux et assez marqué par le classique, finira de singulariser le propos de A Child And A Well, qui forme malgré tout un syncrétisme musical tout à fait original et séduisant.


 

PROFUSION : "RewoTower" (55:06) (digipack) 13 €

Profusion est un groupe italien dont l’origine remonte déjà à une dizaine d’années. RewoTower, leur second album après One Piece Puzzle en 2006, enregistré initialement en 2010, se voit offrir une seconde chance grâce au label Progrock. Il faut dire que l’opus le mérite, car il s’agit d’un étonnant mélange de neo-prog solide (parfois heavy) et de mélodies aux accents plus pop, mâtinés de séquences acoustiques relevant du tango ! Le voyage ne s’arrête pas là, puisqu’on peut également ressentir de nettes ambiances orientales, sans oublier les traditionnels soli, avec un claviériste d’exception, tout comme le chanteur, impérial. Quelle découverte !


 

RAK : "The Book Of Flight" (digipack) (64:20) 17 €


Dés la première écoute qu’on lui accorde, le second opus de ce groupe suisse (emmené par l’ancien claviériste de Thonk, Marc Grassi) démontre des qualités assez incroyables. Une écriture soignée, des thèmes mémorables, des claviers en veux-tu en voilà, des montées et des descentes instrumentales à faire passer les montagnes russes de Blackpool pour un toboggan de jardin d’enfants... La pochette de Mark Wilkinson nous avait certes mis dans d’excellentes dispositions avant de découvrir le contenu de The Book Of Flight - Lepidoptera II, mais force est de constater que ce dernier entérine très vite ces a priori positifs. A la manière du dernier album de DeeExpus ou de ceux de TransAtlantic, RAK ose mettre à mal nos certitudes d’auditeur en nous prenant à contre pied. La tentation du beau geste, gratuit et artistique, celui qui conduit aux plus grands bonheurs assurément...

 


RPWL : "Beyond Man And Tim" (75:47) 17 €


Enfin, le voilà l’album tant attendu par tous les fans de RPWL, après la légère déception que représentait pour eux The RPWL Experience. Mais Beyond Man And Time n’est pas seulement à même de combler le fan le plus exigeant. Il s’adresse à la frange la plus large du public progressif, voire au delà, tant la réussite est complète, sur le fond comme sur la forme. Porté par un thème métaphysique fascinant (un voyage initiatique au cours duquel sont mises en évidence l’ombre et la lumière de l’essence humaine, rien de moins), raconté et largement commenté d’une manière qui le rend nettement accessible, l’album déploie une palette musicale plus large que d’habitude, tout en restant hautement cohérente. Enveloppées de la douce voix nuageuse de Yogi Lang, qui n’a jamais aussi bien chanté, les compositions débordent d’ambition harmonique et de maîtrise mélodique, avec des sonorités inattendues de la part du groupe allemand (plusieurs solo d’orgue Hammond aussi endiablés que ceux de Rick Wakeman), un Kalle Wallner plus inventif et aventureux que jamais aux commandes de ses multiples guitares et effets, un soucis du détail vertigineux, un équilibre subtil entre titres à l’impact immédiat et irrésistible et morceaux plus complexes au charme insidieux, dominés par un e suite étourdissante de 16 minutes, le tout magnifié par une production irréprochable et complètement en phase avec son époque. Sans avoir radicalement changé de style, avec Beyond Man And Time, RPWL a su porter son talent et son art à son plus haut niveau. Tout simplement le meilleur album du groupe à ce jour.


STEVE THORNE : "Crimes And Reasons" (54:10) (digipack) 16 €


Après ses deux volets d’Emotional Creatures et son disque Into The Ether, le multi instrumentiste Steve Thorne revient sans changements notables dans sa formule. Ses compositions privilégient toujours une veine acoustico-électrique mélodique et accessible, avec suffisamment de raffinement dans les arrangements et de touches de luxuriance instrumentale pour titiller l’amateur de prog. On retrouve d’ailleurs, pour notre plus grand plaisir, à ses côtés des célébrités comme Tony Levin, Gary Chandler, Nick D’Virgilio, et même Martin Orford que Steve Thorne a réussi à sortir de sa retraite anticipée le temps d’interventions de flûte sur 2 titres. Crimes And Reasons, œuvre typiquement anglaise, offre des garanties certaines sur la capacité de son auteur à rendre sa musique tout autant accessible et mélodique que passionnante.

 


 

 

XII ALFONSO : "Charles Darwin " (60/60/60) (3 CD) 25 €


Après Claude Monet, c’est sur une autre figure tutélaire de la modernité, Charles Darwin, que les bordelais de XII Alfonso ont jeté leur dévolu pour produire leur nouvelle biographie musicale. Les dimensions de l’oeuvre sont gigantesques: 3 heures de musique réparties sur 3 CD insérés dans un copieux et somptueux digipack qui relate, avec force illustrations, les événements marquants de l’existence du père de la théorie de l’évolution. Eminemment romanesques, la vie et le legs scientifique révolutionnaire de Darwin sont narrés dans le style humaniste qui caractérise depuis toujours l’esthétique de XII Alfonso, creuset d’influences et de traditions culturelles puisées aux quatre coins du monde et qui trouvent leur cohérence dans l’habile synthèse “progressive”, d’essence olfieldo-camelienne, que les frères Claerhout appliquent à leurs partitions. Epicé par une quantité impressionnante d’invités prestigieux qui ne se contentent pas de faire de la figuration (John Helliwell, Maggie Reilly, Tim Renwick, John Hackett, Ton Scherpenzeel, Francis Dunnery, Terry Oldfield, Alistair Gordon, David Paton, Robin Boult ou encore Raphaël Ravenscroft) et par un arsenal instrumental tout aussi tentaculaire, Charles Darwin s’aborde comme un Himalaya progressif dont les auspices mélodiques sont suffisamment accueillantes pour ne décourager aucun mélomane. Plus proche des albums hétéroclites et très abordables que furent Odyssées et Claude Monet, vol.1 que des complexités harmoniques de Claude Monet, vol.2 et des tentations atmosphériques de Under, Charles Darwin est également l’album de XII Alfonso le plus “celtisant” et le plus convaincant du point de vue vocal depuis le coup de génie initial de The Lost Frontier. Nul doute qu’avec la publication d’un projet aussi hors-normes, XII Alfonso soit dors et déjà parvenu à créer l’événement progressif de ce printemps 2012. Et force est de reconnaître que les premières écoutes du contenu musical proprement dit ne dissipent guère cette impression qui promet d’être tenace.