Avant-Propos :

P as de laïus ce mois-ci sur la pléthore des albums progressifs sortis ces derrières semaines, car il semble que ce phénomène, que l’on a tendance naturellement à considérer comme exceptionnel, soit en fait d’une grande banalité. Les artistes de notre mouvement ne sont bien sûr pas logés à la même enseigne, non pas en terme d’inspiration et de capacité à publier leur musique (on le constate tous les jours avec ces nouveautés incessantes), mais au regard de ce qu’ils retirent de cette publication. Il n’est bien sûr pas possible de mettre au même niveau des musiciens comme, par exemple, Steven Wilson ou Arild Brøter (Monsieur Pymlico), dont les notoriétés respectives sont aujourd’hui aux antipodes. Et pourtant, chacun à leur façon et avec des moyens pécuniaires différents bien sûr, ils proposent des albums de tout premier ordre qui, à leur manière également, pourraient bien marquer durablement les esprits. Notre courant a certes connu un âge d’or il y a quarante ans et une renaissance au début des années 90, en plus du renouveau néo-prog des eighties bien sûr (même si celui-ci a été globalement circonscrit à l’Angleterre). Mais la période que nous vivons actuellement, artistiquement des plus fécondes et porteuse d’espoir quant à une reconnaissance élargie, pourrait bien s’avérer un nouveau repère essentiel de l’Histoire des musiques progressives. Auto persuasion ou pas, c’est en tout cas quelque chose dont on n’aurait même pas pu imaginer la possibilité il y a peu...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

AVRIL 2013

Jusqu'au 30 avril 2013 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

3 CD à 13 € pièce !!! 

THE AURORA PROJECT : «Selling The Agression»

MAZE OF TIME : «Masquerade Show»

PYMLICO : «Directions»


La nouvelle Sélection de Nouveautés (Avril 2013)...

AMPLIFIER : "Echo Street" (digibook) 18 €

THE AURORA PROJECT : "Selling Agression" 13 €

BIG BIG TRAIN : "English Electric Part 2" (digipack) 17 €

BROTHER APE : "Force Majeure" (digipack) 17 €

COSMOGRAF : "The Man Left In Space" 17 €

THE GREEN VIOLONIST : "More Thrill & Never Ending Blessing" 17 €

HENRY FOOL : "Men Singing" (digisleeve) 18 €

HUMAN FACTOR : "4 Hm.f" 17€

IL GIARDINO ONIRICO : "Perigeo" 17 €

IKWC : "Before We Disappear" (digipack) 17 €

LE PORTE NON APERTE : "Golem" 17 €

LONG DISTANCE CALLING : "The Flood Inside" (Edition Limitée) 21 €

MAZE OF TIME : "Masquerade Show" 13 €

NEAL MORSE : "LIve Momentum" (3CD+2DVD) 35 €

OBLIVION SUN : "The High Places" 17 €

OXHUITZA : "Oxhuitza" (papersleeve) 19 €

PTF : "Percept From..." 17 €

THE PROG COLLECTIVE  : "The Prog Collective" 17 €

PYMLICO : "Directions" 13 €

MOTOI SAKURABA : "What’s Up ?" 17 €

SETNA : "Guérison" 17 €

SPOCK'S BEARD : "Brief Nocturnes..." (Edition Limitée 2 CD) 23 €

THIEVES' KITCHEN : "One For Sorrow..." (digipack) 17 €

STEVEN WILSON : "The Raven..." 18 €

ZENIT : "The Chandrasekhar Limit" 17 €


AMPLIFIER : "Echo Street" (digibook) (60:46) 18 €


Le groupe britannique en est déjà à son quatrième album, et ce nouveau disque surprendra peut-être un peu ceux qui sont accoutumés à son post rock alternatif. La musique se fait ici moins rugueuse, plus aérienne, plus accessible en quelque sorte, ce qui permettra certainement à Amplifier de révéler au plus grand nombre plus clairement ses hautes qualités. Echo Street, en terme de mise en son et d’ambiances, est au final un pur régal pour les amateurs d’atmosphères mouvantes, susceptibles de passer du calme absolu à des séquences gorgées de tension. La signature de Amplifier chez Kscope, label de Steven Wilson et Anathema notamment, explique sans doute cela... A déguster sans modération.


THE AURORA PROJECT : "Selling The Agression" (digipack) (43:35) 13 €


Pour leur troisième album, les Néerlandais ont décidé de nous proposer la quintessence de leur néo-progressif, tout à la fois mélodique et nerveux. Enrobé dans une production moderne et classieuse, Selling The Agression évoque des formations comme Riverside, Sylvan (davantage celui de Posthumous Silence que de Sceneries, vous vous en doutez), Porcupine Tree ou même parfois Shakary, notamment au niveau des superbes parties chantées de Dennis Binnekade. Selling The Agression montre un groupe qui, ayant abordé le progressif par sa face métal, se rapproche désormais de plus en plus du coeur de notre courant musical. Personne ne se plaindra de ce parcours bien sûr, au regard du talent indéniable de The Aurora Project.


BIG BIG TRAIN : "English Electric Part 2" (57:38) 17 €



Après une première partie sortie l’an dernier, un des groupes de néo-prog parmi les plus talentueux du moment nous propose enfin la suite d’un album unanimement salué par la critique. Pas de changements notables au programme, mais une écriture qui demeure toujours extrêmement soignée, touchante, avec sur plusieurs morceaux un surcroît de richesse instrumentale, qui ajoute à l’épaisseur mélodique de l’ensemble, ainsi qu’un esprit folk qui plane de manière occasionnelle. English Electric Part 2 apparaît ainsi très vite plus substantiel que son prédécesseur (plus d’ambition instrumental et de joliesse mélodique), et démontre également combien David Longdon est un excellent chanteur. Il semble important de le préciser, car il est l’un des atouts essentiel du groupe anglais. Vous cherchez une définition de la beauté en musique ? Ecoutez Big Big Train.


BROTHER APE : "Force Majeure" (digipack) (53:33) 17 €


Même si le titre de ce sixième album évoquera pour certains le nom d’un des disques “majeurs” de Tangerine Dream, la musique proposée par les Suédois de Brother Ape n’est pas exactement identique à celle du groupe allemand. La rythmique est ici particulièrement élaborée, complexe, et les autres instrumentistes ne sont pas en reste, délivrant une mixture symphonique toujours teintée d’un esprit fusion. Toutefois, Force Majeure renoue particulièrement avec la brillance mélodique de Turbulence (2009), ce qu’avait un peu perdu A Rare Moment Of Insight en 2010. Grâce certainement aussi à une ambition instrumentale renouvelée et une dimension chantée plus apaisée, bucolique même, ce sixième album (en à peine 8 ans) permet à Brother Ape de trouver un probant équilibre. De quoi permettre à ce groupe suédois de devenir une sorte de chaînon manquant dans la généalogie du prog. L’album de la maturité, comme on dit...


COSMOGRAF : "The Man Left In Space" (55:39) 17 €


On parle souvent de solidarité, ou de connivence, entre les musiciens (anglais particulièrement), et ce n’est assurément pas un vain mot au regard des collaborations qui fleurissent actuellement. Le multi-instrumentiste Robin Armstrong avait déjà invité bon nombre de ses collègues sur son premier opus paru en 2011, et il fait de même ici puisque l’on trouve au générique de The Man Left In Space les noms (entre autres) de Greg Spawton (Big Big Train), Lee Abraham, Nick D’Virgilio, Dave Meros, Luke Machin (The Tangent) et Steve Dunn (Also Eden). Cosmograf développe ici un néo-progressif atmosphérique, très chaleureux et inspiré du Floyd, mais serti de temps à autres de parties plus musclées. The Man Left In Space n’est donc pas le simple reflet de When Age Has Done Its Duty, mais lui offre un prolongement plus moderne, sans jamais renier la personnalité de son auteur. La confirmation d’un grand talent !

   

 

THE GREEN VIOLONIST : "More Thrill & Never Ending Blessing" (45:23) 17 €


Menée par Vincent Dufresne, The Green Violonist est une jeune formation belge, dont le nom est inspiré d’une toile de Marc Chagall. More Thrill & Never Ending Blessing, composé de 7 compositions (de 3 à 13 minutes) et qui ne comporte bizarrement aucune note de violon, est un album accessible et délicieux, mené par le chant très expressif du maître de cérémonie. Dufresne possède en effet un talent vocal assez exceptionnel, ce qui lui permet de rendre très attractif son néo-progressif mélodique, épuré et raffiné. La mise en son est parfaite et les ambiances émouvantes pour cet album qui parvient, malgré une ambition instrumentale limitée, à marquer durablement l’esprit de ses auditeurs...


HENRY FOOL : "Men Singing" (digisleeve) (40:26) 18 €



Douze ans après un premier opus, aujourd’hui quelque peu oublié (la faute à l’actualité galopante plus qu’à son contenu), Henry Fool (nom tiré du film éponyme de Hal Hartley) reprend du service, toujours emmené par Tim Bowness (guitares) et Stephen Bennett (claviers) ainsi que plusieurs autres musiciens (dont le fameux Phil Manzanera), et nous propose un progressif atmosphérique racé, intelligent et terriblement attractif. Parfois porteur d’envolées post-rock, jazzy ou planantes, les 4 ambitieuses compositions (14, 7, 6 et 13 minutes) de Men Singing offrent des paysages sublimes et constamment générateurs d’émotions. La grande classe !

PS : quelques exemplaires du premier album éponyme de Henry Fool sont également disponibles au prix de 17 €.


HUMAN FACTOR : "4 Hm.f" (51:50) 17 €


Pas si courant de découvrir des formations russes de nos jours. Pourtant, la découverte simultanée de Human Factor et de IWKC (voir ci-dessous) démontre que ce pays abrite de petites merveilles. Attention, avec Human Factor, nous sommes confrontés à un post-rock intelligent et particulièrement mouvant. 4 Hm.f, soutenus par des claviers omniprésents et porté par des mélodies fortes, offrent des développements totalement instrumentaux et parfaitement aérés. Gage bien sûr d’un intérêt sans cesse renouvelé pour l’auditeur, mais aussi de sacrées secousses émotionnelles. A ne pas rater bien sûr !!!


IL GIARDINO ONIRICO : "Perigeo" (51:48) 17 €


Ah, l’Italie !!! Entre les anciennes formations qui retrouvent une seconde jeunesse et les nouvelles qui sortent de nulle part, ce pays est une sorte d’Eldorado pour tous les mélomanes progressifs. Perigeo, premier album de Il Giardino Onirico, offre un propos entièrement instrumental qui n’hésite pas à passer en revue toutes les décennies et les genres associés à notre mouvement musical. Le résultat ? Cinq longues compositions (10 minutes en moyenne) qui passent du symphonisme le plus pur à des séquences endiablées, à la manière de Areknames ou de The Wicked Minds mais avec un passéisme beaucoup moins marqué et un chant féminin de toute beauté. Impossible à décrire, Perigeo se doit de toute manière d’être écouté au plus vite, alors silence...


IWKC : "Before We Disappear" (54:34) 17 €


A contrario de son compatriote Human Factor, IWKC (acronyme de I Will Kill Chita) développe un post rock moins virevoltant, donc plus classisant et axé sur les ambiances polaires comme la pochette de l’album peut le suggérer. Before We Disappear, constitué de 7 compositions (de 3 à 20 minutes), ne se contente pas pour autant de laisser le temps s’écouler mais propose des mélodies aux teintes “pastel”, et dont la beauté se révèle au fil des écoutes. Si guitares et claviers dominent les débats, la présence d’une riche instrumentation (violons, violoncelle, tuba, trompette, trombone, etc.) permet donc à la musique de IWKC de prendre une tournure parfois plus symphonique. A découvrir donc sans attendre.


LE PORTE NON APERTE : "Golem" (61:03) 17 €


Plus encore que Il Giardino Onirico, Le Porte Non Aperte est un groupe tourné vers les années 70 et propose un progressif ‘retro’ qui, outre les ténors italiens du genre (Banco en tête), évoque des formations comme Il Balleto Di Bronzo, Alphataurus et surtout Biglietto Per l’Inferno. Golem, oeuvre conceptuelle et ambitieuse, offre une musique dense et complexe, dans la grande tradition du genre mais avec une lisibilité qui se développe au fil de l’album. Punchy et élaboré, le progressif de Le Porte Non Aperte se pare de claviers vintage, de riffs de guitare et d’une flûte incandescente. De quoi tenter bon nombre d’entre vous de découvrir Golem...

 


 

LONG DISTANCE CALLING : "The Flood Inside" (Edition Limitée) (59:23) 21 €


Le quatrième opus des Allemands de Long Distance Calling poursuit l’exploration d’un post-rock progressif éminemment visuel, qui trouve ici un équilibre particulièrement probant entre chant (un peu plus présent que d’habitude, avec la participation de plusieurs invités dont Vincent Cavanagh de Anathema) et joutes instrumentales. The Flood Inside, comme tout bon post-rock (car il ne l’est pas toujours), alterne envolées épiques et développement d’atmosphères envoûtantes, pour offrir un voyage auditif en forme de montagnes russes émotionnelles. Long Distance Calling, avec ce kaléidoscope de séquences et d’émotions, confirme qu’il fait bien partie des meilleures formations du genre. Un genre parfois délaissé par les amateurs de progressif (‘seventies’ notamment), mais qui mérite d’être enfin apprécié à sa juste valeur. Si ce n’est déjà fait, tentez l’expérience.


 

MAZE OF TIME : "Masquerade Show" (51:46) 13 €

 


Cinq ans se sont écoulés depuis Lullaby For Heroes, et Maze Of Time lui offre aujourd’hui enfin un successeur. Pas de révolution à craindre ou espérer concernant cet album, qui est le troisième du groupe de Stockholm, puisqu’on y retrouve un délicat néo progressif, dominé par la guitare de Robert I Edman et au souci clairement mélodique. A la manière de Like Wendy, Maze Of Time tisse des ambiances symphoniques, sans virtuosité excessive mais avec un savoir-faire certain qui permet à Masquerade Show et ses 10 compositions (de 1 à 10 minutes) de charmer l’auditeur avide de mélodies belles et efficaces. De temps à autres, un album rafraîchissant comme celui-ci fait vraiment du bien !!


 

 

NEAL MORSE : "Live Momentum" (3CD+2DVD) 35 €



Que tous ceux qui ne craignent pas l’indigestion de Neal Morse se fassent connaître, car voilà encore une sortie d’envergure du prêcheur du progressif symphonique ! Témoignage de la tournée réalisée dans la foulée de son dernier album studio, Momentum, ce coffret se compose de deux DVD et trois CD, permettant d’apprécier un groupe pléthorique et véritablement habité. La sélection des titres reprend tous les morceaux du dernier opus, complétés par des extraits de ses nombreux autres disques (des suites hybrides de Testimony ou Question Mark) ainsi que quelques clins d’œil à Spock’s Beard (la poignante ballade «The Distance To The Sun»). Magnifique, tout simplement; la carte de visite idéale de ce pape du prog qu’est Neal Morse !

 


 

OBLIVION SUN : "The High Places" (41:47) 17 €


Après cinq ans de silence pour raison de grave maladie de Stanley Whitaker, le groupe fondé avec ce dernier avec son ancien acolyte de Happy The Man, Frank Wyatt, nous revient avec ce second opus qui porte le titre de la suite de 20 minutes composée initialement il y a 10 ans par ce dernier pour le HTM reformé. Celle-ci pourra surprendre par la présence beaucoup plus forte du chant, mais on retrouve avec plaisir la patte mélodique et harmonique si particulière de ce dernier. Pour compenser, la première moitié de l’album est presque exclusivement instrumentale, et si l’on regrette parfois le départ de Bill Plummer, digne émule de Kit Watkins sur le premier album, la verve guitaristique de Whitaker et le relief des compositions à tiroirs sont les garants de notre plaisir auditif.


OXHUITZA : "Oxhuitza" (papersleeve) (36:54) 19 €


Oxhuitza est une formation italienne formée en 2011 par le guitariste Luca Bassignani, accompagné ici de plusieurs amis parmi lesquels on recense deux claviéristes, mais aucun chanteur. Oxhuitza (et ses 6 morceaux, allant de 5 à 9 minutes) est donc une oeuvre totalement instrumentale, dont les dialogues guitare/claviers rythment les débats de fort belle manière. Le progressif de Oxhuitza, assez dynamique globalement mais porteur régulièrement d’ambiances plus rêveuses, passe de séquences purement symphoniques à des parties bien plus techniques et typiquement seventies. Oxhuitza fait preuve d’une grande sophistication et d’une haute technicité (qui le conduit parfois sur les terres d’une fusion symphonique), et fait de ses 36 courtes minutes un concentré de progressif vintage du meilleur cru...


 

PTF : "Percept From..." (70:38) 17 €


Alors qu’on annonce KBB à l’affiche du prochain festival Crescendo, c’est un de ses proches parents stylistiques qui se présente ici à nous. Non seulement Ptf est japonais, mais son progressif instrumental est également mené par les interventions d’un violon volubile. Mais sur Percept From..., ce sont les claviers (avec notamment un piano virevoltant) qui accompagnent le violon, ce qui rapproche au final Ptf également de formations comme Midas, Outer Limits et Asturias. Les adeptes de ce genre de progressif symphonique, parfois classisant ou proche de la fusion, seront ravis d’apprendre l’arrivée d’un nouveau groupe japonais (Percept From... est le premier opus de Ptf) très talentueux.


 

THE PROG COLLECTIVE : "The Prog Collective" (56:15) 17 €


Billy Sherwood, ancien membre de Yes dans les années 1990, s’est surtout fait connaître par la suite pour ses collaborations avec de grands noms de la scène prog, soit dans certaines de leurs réalisations solo (le dernier album de John Wetton par exemple), soit à travers des tribute (à Pink Floyd en particulier). Cette fois, il a décidé de composer lui-même sept morceaux (de 7 à 9 minutes) en hommage au patrimoine du rock progressif, et pour les interpréter, il a réuni un beau panel de musiciens : John Wetton, Chris Squire, Jerry Goodman, Tony Levin, Steve Hillage, Rick Wakeman, Gary Green, Annie Haslam ou le regretté Peter Banks. L’ensemble est relativement varié, avec certains moments proprement jubilatoires.

 


 

PYMLICO : "Directions" (56:11) 13 €


Superbe découverte que cet artiste norvégien, Arild Broter, ancien batteur du groupe Lucifer Was qui a choisi le patronyme Pymlico pour ses activités solitaires. Solitaire quant à la composition bien sûr, car Directions (second opus de Broter) est interprété par une multitude de musiciens, dont 3 guitaristes, 2 claviéristes, un saxophoniste et une flûtiste... Totalement instrumentales, les 6 présentes compositions (de 5 à 18 minutes) oeuvrent au cœur d’un progressif vivant et enthousiasmant, plutôt seventies dans son élaboration mais bénéficiant d’une superbe mise en son. On pense parfois à Camel, à Genesis, aux Flower Kings des débuts ou au Kaipa des années 70 (pour la dimension plus bucolique), mais Pymlico fait preuve de beaucoup de personnalité au final, donc ces comparaisons sont bien sûr à relativiser. Mélodique, inventive, à l’écriture variée et sans fausse note, ce Directions va permettre à coup sûr d’attirer tous les regards vers Pymlico. A ne pas rater !

PS : quelques exemplaires du premier album de Pymlico, Inspirations, sont également disponibles au prix de 13 €.

 


MOTOI SAKURABA : "What's Up ? " (62:53) 17 €


Un des meilleurs claviéristes de sa génération, le japonais Motoi Sakuraba, ancien leader du groupe Deja Vu, se rappelle à notre bon souvenir avec la parution d’un nouveau disque. Bien que rares, les sorties de l’artiste sont souvent de purs joyaux, et What’s Up ?, plus proche de Gikyokuonsou (1990) que du purement symphonique Beyond The Beyond (1996), est une franche réussite. Le propos est toujours instrumental, et les quatorze pistes (de 1 à 7 minutes) sont d’une beauté mélodique rayonnante, alternant les moments plus méditatifs, contemplatifs, et les séquences littéralement explosives. Un régal de rock progressif symphonique, somme toute assez typiquement japonais.

 


 

 

SETNA : "Guérison" (56:55) 17 €


Le groupe normand du batteur-compositeur Nicolas Candé peaufine son art avec un perfectionnisme qui explique et justifie notre longue attente depuis le superbe Cycle I, paru en 2007. Entre-temps, on avait pu heureusement se délecter du projet parallèle Xing Sa, trio dévolu aux compositions du claviériste Nicolas Goulay. Pour le second opus de Setna, ce dernier n’est plus crédité que comme invité, mais deux préposés aux claviers dans le groupe plus la participation de Benoît Widemann au Minimoog, Setna réserve un vrai régal aux amateurs de touches blanches et noires ! Quant à la musique, elle reste ce subtil et délicieux mélange de puissance zeuhl et de subtilités canterburiennes, décliné en trois suites à épisodes de 10, 26 et 15 minutes. Avec toujours cet art d’orchestrer des montées en puissance irrésistibles émaillées de moments de recueillement. A noter que les parties vocales sont assurées, avec le talent déjà constaté chez Xing Sa et dans son propre groupe Néom, par Yannick Duchène. Un album remarquable, susceptible de réunir amateurs des styles sus-cités et de prog plus “mainstream”, car nulle aridité avant-gardiste ne vient tempérer l’accessibilité du propos, qui demeure constamment mélodieux et agréable à l’oreille. Incontournable !


 

 

SPOCK'S BEARD : "Brief Nocturnes..." (Edition Limitée 2 CD) (55:59/25:51) 23 €


La formule a tendance à devenir conventionnelle, mais elle est pourtant plus que jamais pertinente: voilà une des sorties majeures de ce début d’année 2013. Alors que l’on aurait pu croire Spock’s Beard affaibli par la perte de son batteur-chanteur, le trio restant a su rebondir pour accoucher d’un des meilleurs disques de sa carrière, pas moins ! Il faut dire que les deux nouvelles recrues, le batteur Jimmy Keegan et le chanteur Ted Leonard, se sont très bien intégrées à la dynamique collective, tandis que Neal Morse est venu prêter main forte au processus de composition. Le résultat est impressionnant de vitalité progressive et d’inspiration mélodique, culminant dans un titre de douze minutes en tous points remarquable. L’édition limitée de Brief Nocturnes And Dreamless Sleep contient un second CD avec quatre titres supplémentaires, de quoi prolonger le plaisir authentique qu’apporte un disque aussi frais que revigorant !

PS : L’édition simple CD de Brief Nocturnes... est également disponibleau prix de 18 €.


 

 

THIEVES' KITCHEN : "One For Sorrow... " (digipack) (57:18) 17 €


Depuis The Water Road en 2008, Thieves’ Kitchen a connu bon nombre de déboires qui l’ont conduit à reporter à plusieurs reprises la parution de One For Sorrow, Two For Joy. Ce dernier, enfin disponible, se révèle ainsi plus homogène (au niveau du son notamment) que son devancier, même s’il oeuvre une nouvelle fois dans un style symphonique, devenu désormais la marque de fabrique de son auteur. La guitare de Phil Mercy, parfois encore sinueuse, est à présent plus lyrique, tandis que les claviers de Thomas Johnson (ex Anglagard), par leur forte présence (ah, ce mellotron...), élaborent majoritairement le ‘son’ de Thieves’ Kitchen. Quant à la section rythmique, celle de Sanguine Hum (groupe au formidable potentiel et qui doit sortir très prochainement son nouvel album), elle permet à ce duo de solistes, aux quelques invités (dont Anna Holmgren à la flûte) et à la chanteuse Amy Darby de donner à ce One for Sorrow, Two for Joy une perfection formelle assez incroyable. Fluidité mélodique, atmosphères soyeuses ou plus sombres, grandioses envolées symphoniques et subtils tapis acoustiques, voici quelques unes des caractéristiques des 7 compositions (de 17 secondes, pour l’ouverture parlée, à 14 minutes) de ce magnifique album...


 

 

STEVEN WILSON : "The Raven.... " (54:46) 18 €


Steven Wilson a-t-il vraiment besoin que l’on présente son nouvel album studio ? Devenu la coqueluche de tout le public prog et une référence incontestable, il aligne les chefs d’œuvres en groupe, en duo ou en solo. The Raven That Refused To Sing, dont on avait pu découvrir «Luminol» sur son récent DVD, ne fait pas exception à la règle. Entouré de musiciens exceptionnels -Adam Holzman, Guthrie Govan, Nick Beggs, Theo Travis et l’étourdissant batteur Marco Minnemann-, et bénéficiant du savoir-faire d’ingénieur du son d’Alan Parsons, il nous propose six compositions qui rendent hommage à un large pan de l’histoire du rock progressif des années 1970. On pense bien sûr à King Crimson, Genesis, Jethro Tull ou l’école de Canterbury, mais au-delà de ces références, le disque se suffit à lui-même, confirmant s’il en était besoin la brûlante actualité de l’esthétique progressive.


 

 

ZENIT : "The Chandrasekhar Limit" (68:50) 17 €


Pour tous ceux qui regrette la disparition de Clepsydra, Zenit est une réponse à leur tristesse. Mené par Andy Thommen, ancien bassiste du groupe suisse (dont on retrouve ici Ivo Bernasconi, qui en fut un temps le claviériste), Zenit crée un pont stylistique entre les deux formations, basant son propos sur un néo-progressif chatoyant, parfois acoustique et aérien, mais surtout parfaitement en place. Tant au niveau de la production que de l’interprétation, The Chandrasekhar Limit effectue un sans faute, délivrant ses 6 compositions (12, 3, 7, 17, 6 et 24 minutes) avec un rare professionnalisme. Très belle surprise que ce troisième album de Zenit, oeuvrant ici aux confluents de groupes comme Clepsydra ou Aragon...