Avant-Propos :

Prenez l’édito de la précédente Sélection, et reproduisez le ici, ça fonctionnera parfaitement. Tout ce qui y a été dit quant à l’exceptionnelle créativité actuelle du progressif italien peut en effet être repris au mot près. Cette mise en exergue, une nouvelle fois légitimée au regard des formidables sorties issues de cette partie du monde, finirait presque par susciter un sentiment de jalousie de la part des autres nations. Il faut dire qu’entre les superbes confirmations (La Conscienza Di Zeno), les retours improbables (Submarine Silence et ses 12 ans de silence), les heureuses surprises (Camelias Garden ou Tugs), on a de quoi ne plus savoir où donner de la tête. Et ce n’est pas tout, car l’un des meilleurs albums de ces dernières années (toutes origines confondues et en toute subjectivité bien sûr) est au programme de cette Sélection estivale. Son nom, Not A Good Sign. Pas un bon signe ?! Pour les détracteurs (de moins en moins nombreux , fort heureusement) de notre musique favorite tout au plus, car le premier album de cette formation milanaise s’avère une formidable publicité pour l’universalité du progressif contemporain, celui qui ménage à la fois ses racines et sa soif atavique d’aller de l’avant...

Bonne lecture et bon été à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Eté 2013

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

THE ADDICTION DREAM : "Essence"

JESETER : "Promena"

JUPITER SOCIETY : "From Endangered To Extinct"

 


Sélection de Nouveautés (Eté 2013)...

THE ADDICTION DREAM : "Essence" (cardbox) 13 €

ALMS : "Beyond" 17 €

ARCHANGELICA : "Like A Drug" 17 €

ART DECO : "Syvään Uneen" (digipack) 17 €

JEAN-PASCAL BOFFO : "Le Chant Des Fleurs" (digipack) 18 €

CAMELIAS GARDEN : "You Have A Chance" 17 €

LA COSCIENZA DI ZENO : "Sensitivita" 17 €

DAYS BETWEEN STATION : "In Extremis" (digipack) 17 €

HOSTSONATEN : "The Rime... Alive In Theatre" (DVD+CD) (papersleeve) 30 €

JESETER : "Promena" (digipack) 13 €

JUPITER SOCIETY : "From Endangered To Extinct" (digipack) 13 €

LEAFBLADE : "The Kiss Of Spirit And Flesh" 18 €

LEPROUS : "Coal" (digibook) 18 €

LITTLE ATLAS : "Automatic Day" 17 €

LIZARD : "Master & M" 17 €

LOBATE SCARP : "Time And Space" (digipack) 17 €

MR SO & SO : "Truths, Lies & Half Lies" (digipack) 17 €

NEMRUD : "Ritual" 17 €

NEW TROLLS : "Concerto Grosso n°3" (digipack) 18 €

NOSOUND : "Afterthoughts" (digibook) 18 €

NOT A GOOD SIGN : "Not A Good Sign" 17 €

POOR GENETIC MATERIAL : "A Day In June" 17 €

BRUCE SOORD & JONAS RENKSE : "Wisdom Of Crowds" (digipack) 18 €

SOUND OF CONTACT : "Dimensionaut" (digipack) 18 €

SUBMARINE SILENCE : "There's Something..." 18 €

THE TANGENT : "Le Sacre Du Travail" (Ed. Limitée) 18 €

TUGS : "Europa Minor" (papersleeve) 19 €

VIENNA CIRCLE : "Silhouette Moon" (DVD+CD) 20 €

WILLOWGLASS : "The Dream Harbour" 17 €

 


THE ADDICTION DREAM : "Essence" (49:08) (cardbox) 13 €


Originaire de Portland aux Etats-Unis, The Addiction Dream a publié ce premier album l’an dernier, sans que nos radars l’aient repéré à l’époque. Selon la formule consacrée, il aurait été bien dommage de passer à côté d’une telle splendeur. Essence, inspiré en partie du célèbre roman de Patrick Suskind (“Le Parfum”), est en effet un disque d’une très grande finesse formelle, gorgé de détails et d’arrangements plus subtils les uns que les autres, d’un chant envoutant et d’une section rythmique aérienne en diable. Voici donc bien une oeuvre magnifique qui, sur les traces des meilleurs Radiohead et Talk Talk, mais aussi de Pink Floyd, de Gazpacho ou de Echolyn, propose une musique remarquable d’une profonde légèreté (si, c’est possible !!). Les 9 compositions (de 4 à 7 minutes) de Essence offrent ainsi une musique mélancolique, intemporelle et constamment inspirée...


ALMS : "Beyond" (42:30) 17 €


Projet du multi-instrumentiste espagnol Aitor Lucena, Alms propose son premier album, construit autour de 3 longues compositions (14 minutes chacune) illustrant la vie d’autant de personnages mythologiques : Hypnos, Thanatos et Caronte. Beyond, œuvre entièrement instrumentale, est d’une grande richesse formelle et évoque la créativité du Mike Oldfield des années 70, mais avec une dimension baroque bien plus affirmée et typique des pays du Sud de l’Europe, l’Espagne bien sûr mais (bizarrement) plus encore l’Italie. Belle surprise au final, que cet album prometteur qui annonce des lendemains qui chantent !!


ARCHANGELICA : "Like A Drug" (48:01) 17 €


La Pologne “progressive” possède une identité sonore telle, que l’on reconnaît immédiatement la plupart des groupes issus de cette région du monde. Archangelica ne déroge pas à la règle, et son premier album confirme d’entrée ce constat. Sorte de Riverside plus accessible, cette nouvelle formation (qui existe néanmoins depuis près de 10 ans) développe des ambiances aériennes, dans un format plutôt court et chanté (voix féminine et masculine), mais terriblement séduisantes. Progressif atmosphérique, dominé par les guitares (tout autant acoustiques qu’électriques), Like A Drug porte bien son nom finalement en rendant notre esprit uniquement perméable aux émotions positives...


ART DECO : "Syvään Uneen" (49:04) (digipack) 17 €


Premier album de cette formation finlandaise qui, autour d’un délicat chant féminin, développe un univers très personnel fait de divers éléments qui s’imbriquent en un tout harmonieux. A la manière du Echolyn le plus récent, mais dans un contexte plus franchement scandinave, Art Deco fait vibrer sa musique au rythme de son inspiration, que celle-ci le conduise sur des terres pop, rock, folk ou plus franchement progressives. Syvään Uneen et ses 8 compositions (de 3 à 13 minutes) offrent au final une probante fusion de styles, que l’on qualifie habituellement de “crossover prog” mais que l’on définira plus simplement ici comme de la bonne musique accessible et sophistiquée...


JEAN-PASCAL BOFFO : "Le Chant Des Fleurs" (57:59) (digipack) 18 €


Six ans après La Boite A Musique, Jean-Pascal Boffo refait parler de lui, pour un dixième album, dont le contenu musical est implicitement révélé dans son titre. Le Chant Des Fleurs, serti dans un superbe digipack, est en effet un splendide album qui joue sur la beauté des mélodies et des ambiances, tour à tour orchestrales et symphoniques, dans un contexte acoustique ou électrique. Musique et parties chantées (parfois sous forme de vocalises) s’imbriquent de belle manière, soutenues par une large palette instrumentale (violon, flûte, piano, harpe, contrebasse et autres saxophone) opérant une séduction durable sous forme de 14 courtes compositions (de 3 à 6 minutes), raffinées et suaves... Sans oublier le jeu de guitare subtil du maître de cérémonie !


CAMELIAS GARDEN : "You Have A Chance" (49:35) 17 €


Encore une nouvelle formation en provenance d’Italie, une formation constituée de jeunes musiciens qui ont visiblement biberonné au PFM de la première moitiés des années 70. Avec une touche folk plus marquée cependant, qui se traduit notamment par des passages de 12 cordes assez sublimes et l’utilisation d’une large palette d’instruments (violon, basson, flûte, violoncelle...). Le travail sur les voix (le chant est en anglais) est lui aussi des plus probants, et comme les 10 compositions (de 3 à 9 minutes) de You Have A Chance n’hésitent pas à s’élancer régulièrement dans de superbes solos à même de contenter nos plus bas instincts progressifs, le verdict est facile à délivrer. Camelias Garden est une formation d’ores et déjà d’une grande maturité, au discours émouvant et parfaitement mis en son. Que demander de plus !?


LA COSCIENZA DI ZENO : "Sensitivita" (55:28) 17 €


Contrairement à Not A Good Sign (voir plus loin dans cette Sélection), La Coscienza Di Zeno ne laisse aucun doute quant à son origine géographique. Le chant en italien, et typique de la versatilité et de l’éloquence locales, n’est certes pas étranger à ce constat, mais la musique contenue dans ce second opus est la plus probante des confirmations. Sensitivita, à la manière de son prédécesseur qui avait éclairé un talent indéniable, démontre très vite que ces promesses n’étaient pas vaines et que l’avenir était donc bien radieux. Que de qualités à recenser au sein de ce progressif symphonique aérien et élégant : une prestation vocale incroyable et de sublimes arrangements qui finissent de faire de La Coscienza Di Zeno l’une des meilleures formations italiennes actuelles, en tout cas parmi celles qui porte l’héritage de leurs aînés avec talent et fierté...


DAYS BETWEEN STATIONS : "In Extremis" (digipack) (69:33) 17 €


Si In Extremis est déjà le second album du duo fondateur méconnu de Days Between Stations, Oscar Fuentes Bills et Sepand Samzadeh, il risque fort d’attirer un large public progressif. Les collaborations sont en effet prestigieuses : Billy Sherwood à la production, au chant et à la batterie; Tony Levin à la basse; le regretté Peter Banks à la guitare; Rick Wakeman pour un solo de claviers d’anthologie. Sans oublier une pochette réalisée par Paul Whitehead. Mais l’album est également fort substantiel en ce qui concerne les compositions : le Yes le plus direct pour les quelques parties chantées (la nouveauté par rapport au premier opus), mais surtout Pink Floyd et des touches Space-post-rock pour la composante instrumentale, sont de la partie. Days Between Stations ne s’arrête pas à ces influences, réussissant au contraire à mêler tout un patrimoine au sein d’une musique chaleureuse et passionnante. Superbe !!


HOSTSONATEN : "The Rime... : Alive In Theatre" (papersleeve)) (65 mn) 30 €


Fabio Zuffanti n’est pas seulement un musicien de talent et un producteur avisé, il est aussi un homme d’affaires malin. Il a en effet bien compris que l’occupation du terrain médiatique, fut-ce à l’échelle du progressif, est primordiale si l’on veut porter sa musique vers un maximum de reconnaissance. Cette version Live (auditive et visuelle) de The Rime Of The Ancient Mariner (paru l’an dernier) en est la preuve, même s’il convient de reconnaître que Zuffanti avait clairement annoncé dès le départ que son but était à terme de proposer une version scénique de son adaptation du célèbre poème de Samuel Taylor Coleridge. Spectacle total, à base d’éléments visuels et de danse, The Rime Of The Ancient Mariner : Alive In Theatre, par sa superbe mise en valeur de l’univers de son auteur, vient compléter l’album studio de très belle manière et ne s’avère pas un simple doublon live. Au final, on trouvera non seulement de nombreux nouveaux arrangements, mais aussi une pièce inédite sous forme d’interlude... De quoi trouver, si besoin était, une bonne raison de jeter une oreille et un œil sur ce nouvel épisode des aventures de Mister Zuffanti !


JESETER : "Promena" (47:44) 13 €


Jeseter est une jeune formation tchèque, auteur d’un premier album en 2007 qui voit son successeur nous parvenir aujourd’hui, auréolé d’une belle réputation. Les premières chroniques lues ici et là démontrent en effet que notre microcosme semble séduit par ce Promena, malgré (ou grâce à) son chant en tchèque. Les amateurs de prog sont par définition des gens ouverts d’esprit, mais il est toujours assez surprenant pour nos oreilles férues d’anglomanie de découvrir une langue “éxotique”... Musicalement, l’orthodoxie est plus grande, et Promena, constitué de 5 morceaux (20, 6, 9, 4 et 8 minutes) dont les 2 derniers sont en fait des bonus, développe un superbe progressif symphonique qui doit pas mal à Camel (mais aussi parfois à quelques groupes polonais comme Millenium ou Moonrise) et dont les dialogues guitare/claviers dominent allègrement les débats. Un album à découvrir.


 

 

JUPITER SOCIETY : "From Endangered To Extinct" (55:56) 13 €


Carl Westholm, la moitié de Carptree, est de retour avec son projet de science-fiction Jupiter Society pour un troisième album qui se démarque de ses prédécesseurs par une noirceur et une violence accrues. Récit des dernières heures de l’Humanité, From Endangered To Extinct impose en 6 longues compositions un univers métal symphonique lourd et (vraiment) très sombre qui risque d’en surprendre plus d’un et d’en mettre mal à l’aise bien d’autres ! La musique est toujours aussi touffue et impeccablement exécutée (par une ribambelle de chanteurs et musiciens venus d’Opeth, Soilwork, Candlemass ou Evergrey - c’est dire si ça ne rigole pas...), à la limite de l’étouffement. Une oeuvre au noir qui chamboule les habitudes progressives plus commodément lumineuses...


LEAFBLADE : "The Kiss Of Spirit And Flesh" (53:46) 18 €


Leafblade est en quelque sorte le frère de l’ombre d’Anathema. Le groupe a en effet été formé il y a dix ans par Sean Jude (chant, guitare) et Daniel Cavanagh (chant, guitare, claviers), également producteur de ce nouveau disque; le duo est complété ici par Kevin Murphy (basse) et par celui qui est aussi désormais le batteur d’Anathema, Daniel Cardosa. La musique est ici lumineuse, dispensatrice d’une grande sérénité, et l’ensemble fait la part belle à des parties vocales extrêmement mélodiques, mises en valeur par des orchestrations léchées et quelques poussées de fièvre plus électriques. Les huit titres sont aussi réussis les uns que les autres, garants d’un post-rock très personnalisé, mais il convient de faire une place particulière au conclusif «Portrait», dont la complexité n’a d’égale que l’harmonie.


LEPROUS : "Coal" (digibook) (55:54) 18 €


Les Norvégiens fantasques de Leprous sont de retour, pour ce qui est peut-être leur album le plus abordable par les oreilles réticentes à leur ancrage dans le métal. Il faut dire que la grande star de ce disque n’est autre que le chanteur Einar Soldberg, de la trempe d’un Daniel Gildenlöw. Non content de déployer une large palette d’interprétations vocales, il est servi par une inspiration mélodique et lyrique d’une remarquable constance et d’une intensité époustouflante. Instrumentalement, les styles sont moins variés, mais toujours exécutés avec brio et mis au service d’un propos définitivement plus homogène. Brillant.


LITTLE ATLAS : "Automatic Day" (73:20) 17 €


Changement de label pour Little Atlas, et changement de standing certainement. Ce quatrième album délaisse ici clairement l’influence Kansas/Spock’s Beard qui prévalait par le passé, au profit d’une volonté de déplacer son centre de gravité vers la... Scandinavie. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le progressif de Automatic Day, tout en gagnant de la subtance et de la profondeur, s’est quelque peu assombri et flirte aisni parfois avec des groupes comme Anekdoten (surtout), Landberk, voire Anglagard. Cette mutation, de prime abord surprenante, a de quoi ravir au final tant Little Atlas semble s’épanouir pleinement dans ce nouveau territoire de jeu. C’est une tarte à la crème certes, mais impossible de ne pas faire de Automatic Day l’album de la maturité pour Little Atlas !!!


LIZARD : "Master & M" (52:01) 17 €


7 ans de silence, et un retour en grande pompe pour ce groupe que l’on a par le passé souvent appelé “le King Crimson polonais”. De manière un peu abusive forcément, comme à chaque fois que l’on utilise des raccourcis pour tenter d’aller à l’essentiel, même si le patronyme du groupe ne trompera personne. Master & M, constitué de 5 longues compositions (14, 10, 7, 7 et 13 minutes), confirme en tout cas que la musique de Lizard n’est pas facile à cerner, et c’est tant mieux. Nous voici confrontés à un progressif protéiforme, ambitieux, souvent intense et sombre car vibrant aux rythmes de séquences basées sur des riffs efficaces. En ce sens, le lien avec King Crimson (tout autant celui de Red que de Discipline ou The Power To Believe) s’impose une nouvelle fois, mais il est évident à l’écoute de cet album que Lizard a cherché à s’extirper le plus possible des climats crimsonniens au profit d’une esthétique plus personnelle. Le résultat est brillant au final, hypnotique même le plus souvent, au point qu’il est bien difficile de s’arracher au progressif ténébreux de Lizard !!


LOBATE SCARP : "Time And Space" (digipack) (56:16) 17 €


Présenté comme “a progressive space-opera rock odyssey” par le groupe lui-même, Time And Space donne rapidement raison à son auteur. A l’origine de Lobate Scarp, le musicien Adam Sears, chanteur-claviériste de son état, qui aura eu besoin de 5 ans et du concours de plus de 50 musiciens pour donner vie à ce premier album. Au programme de Time And Space, on trouve donc un progressif épique, assez typiquement américain d’ailleurs, fait de structures ambitieuses et échevelées comme de séquences plus accessibles et immédiates (à la manière de Kansas ou de Neal Morse par exemple, deux des influences majeures du groupe). L’inspiration constante, les prises de risques (ce côté opera-prog funcky), la large palette sonore et la personnalité charismatique de Adam Sears (un gars à connaître, vraiment, tant sa passion est communicative !!) permettent à Time And Space d’être à la hauteur des promesses et du cahier des charges annoncés par Lobate Scarp au départ. Jouissif !


 

MR SO & SO : "Truths..." (66:04) 17 €


Comme beaucoup de groupes progressifs, Mr So & So a connu une existence quelque peu erratique, faite d’arrêts et de nouveaux départs... Depuis 2009 et la sortie de Sugarstealer (également disponible au prix de 17 euros), la formation anglaise a quelque peu délaissé son néo-progressif des plus typiques au profit d’une musique plus directe, mais aussi plus mure et nettement mieux mise en forme. Les compositions, un peu plus courtes que par le passé (11, de 3 à 10 minutes), se rapprochent parfois de certains groupes qui marrient prog et pop, comme Panic Room par exemple. Le fait que le chant soit ici (en partie) occupée par une femme (Charlotte Evans) et que la brillance mélodique soit une priorité (au détriment parfois d’une plus grande ambition) n’est certes pas étranger à cette comparaison. Truths, Lies & Half Lies est au final un album classieux et sans fausse note, au moins pour ceux à qui il s’adresse, les amateurs d’un néo-progressif policé et efficace.


NEMRUD : "Ritual" (38:54) 17 €


Ce groupe, que l’on a parfois appelé le “Eloy turc”, refait parler de lui trois ans après son premier opus. Le fait que le leader de Nemrud, Mert Gocay, soit un ami personnel de Frank Bornemann est certainement une bonne explication à cette comparaison, mais pas seulement. Avec Ritual, on reste ainsi dans les mêmes eaux progressives, celles d’un symphonisme assez spatial et illustré de motifs psychédéliques. Les 4 nouvelles compositions (10, 8, 2 et 18 minutes), se situant toujours entre Pink Floyd, Camel ou Eloy, font parfois preuve d’une énergie inédite, comme si elles illustraient en filigrane les actuelles manifestations stambouliotes. Ritual révèle en tout cas une claire maturation de la part de son auteur, offrant une musique plus cohérente et mieux mise en son, qui fait de Nemrud (avec Jeseter) un solide candidat au titre de groupe le plus ‘exotique’ de la présente Sélections de Nouveautés...


NEW TROLLS : "Concerto Grosso N°3" (digipacj) (59:48) 18 €


Pas facile de s’y retrouver en examinant la pléthorique discographie de New Trolls (figure du progressif italien des années 70) et de ses différentes incarnations. La Leggenda New Trolls (dénomination exacte mentionnée sur le CD) réunit plusieurs membres historiques du groupe ainsi que le célèbre auteur de musiques de film, Luis Bacalov, compositeur d’ailleurs de 5 des 13 présentes compositions (de 2 à 6 minutes). Tout ce petit monde se voit accompagné par un orchestre classique, pour clore la trilogie entamée en 1971 avec le célèbre Concerto Grosso Per I New Trolls. Mélange de musique symphonique et baroque et de pop songs, Concerto Grosso n°3 illustre finalement bien, grâce à ce mariage de styles assez surprenant, pourquoi les groupes progressifs italiens bénéficient souvent d’une large notoriété dans leur pays. Un album léger et attachant...


NOSOUND : "Afterthoughts" (51:47) (digibook) 18 €


Le Label KScope a décidément une actualité chargée, et nombre d’atouts pour s’imposer comme une référence du rock progressif contemporain. A côté du premier opus de Bruce Soord et Jonas Renkse, le nouvel album de Nosound, quatrième pour ce combo italien, est une perle dans le genre dépressif mélancolique, laissant toujours s’insinuer des rayons solaires à travers des séquences instrumentales de toute beauté. Chris Maitland apporte son jeu à la fois technique et fluide en tant qu’invité de luxe, et souligne avec délicatesse une musique aux atmosphères extrêmement travaillées, riche en cordes, d’une profonde et déchirante humanité, dans laquelle la voix de Giancarlo Erra se fond comme un caméléon. Un véritable petit bijou de post-rock, tout sauf superficiel et léger.


NOT A GOOD SIGN : "Not A Good Sign" (51:44) 17 €


Cele ne s’explique pas toujours avec la plus grande rationalité, mais certains albums frappent en plein coeur dès la première écoute. Not A Good Sign, nouveau projet de Paolo Botta et Francesco Zago (respectivement claviériste et guitariste de Yugen), donne un grand coup de jeune au progressif crimso-symphonqiue des années 70, en le matinant d’une claire et probante volonté d’aller de l’avant. Tout à la fois profond et accessible, ce premier album est une petite merveille qui, à la manière du dernier opus de Steven Wilson, parvient à séduire toutes (ou presque) les franges du public progressif. La raison : des mélodies travaillées, des instrumentistes haut de gamme, un parfait équilibre entre chant (en anglais et tenu par le vocaliste de La Conscienza Di Zeno) et parties intrumentales, des claviers multiformes et convulsifs et des morceaux parfaitement complémentaires. Oeuvre universelle par excellence, c’est-à-dire dépassant très largement les frontières italiennes, Not A Good Sign risque bien de marquer durablement les esprits !!!


POOR GENETIC MATERIAL : "A Day In June" (53:34) 17 €


On connait désormais bien les caractéristiques musicales de cette formation allemande : un chanteur de très haut niveau (l’anglais Philip Griffiths, fils de Martin, célèbre front-man de Beggars Opera et que l’on retrouve ici en duo avec son rejeton sur 3 titres), un progressif symphonique policé et globalement une élégance sonore qui flatte l’oreille à défaut de la surprendre. A Day In June est peut-être moins ambitieux que son devancier (le double album Island Noises), mais il s’avère aussi plus compact et cohérent, pour une écoute vraiment très agréable à base (entre autres) de mellotron, de flûte et de séquences vocales particulièrement probantes. Comme le suggère son titre, A Day In June se dégustera prioritairement à l’ombre d’une tonelle, un bon verre de votre boisson favorite à la main...


BRUCE SOORD & JONAS RENKSE : "Wisdom Of Crowds" (46:13) 18 €


Voilà une sortie pour le moins attendue : après le duo Steve Hogarth et Richard Barbéri, voici donc celui formé par le leader de The Pineapple Thief, Bruce Soord, et le chanteur de Katatonia. Loin d’un propos exclusivement planant, les deux hommes ont décidé de mêler des séquences plutôt explosives, lourdes, et des ambiances plus atmosphériques, aux nettes influences électro et post-rock. Car le fil rouge des neuf compositions de cet album semble bien être la surprise, tant l’auditeur navigue à travers des orages et des accalmies musicales successives, guidé par la voix profonde de Jonas Renkse et l’inspiration mélodique de Bruce Soord. Une sortie à ne pas manquer !


SOUND OF CONTACT : "Dimensionaut" (digipack) (71:01) 18 €


Sound Of Contact est le groupe formé par Dave Kerzner, ancien collaborateur du regretté Kevin Gilbert, et Simon Collins, fils de Phil Collins. Avec ce premier album basé sur un concept de science-fiction, ils s’efforcent de livrer un rock progressif résolument moderne, à la fois accrocheur et ambitieux. Et le résultat est impressionnant ! Doté d’une production rutilante, Dimensionaut aligne les morceaux de bravoure, avec de magnifiques séquences instrumentales dignes de Frost* ou Ayreon, mais aussi des chansons polies et mélodiquement attachantes, qui contrastent quelque peu avec l’ambition affichée par ailleurs... Au final, voici une première œuvre, certes inégale, mais marquante car par moments assez exceptionnelle.


SUBMARINE SILENCE : "There’s Something..." (51:44) 18 €


Autre étoile de la nébuleuse Roversi (Cristiano de son prénom, et accessoirement leader-claviériste de Moongarden), Submarine Silence est restée sans éclat durant plus de 12 ans, après la mise en orbite de son premier et éponyme album. Entouré de nombreux amis (dont le fidèle David Cremoni aux guitares, et aussi le batteur de Mangala Vallis Gigi Cavalli Cocchi et le chanteur Ricky Tonco), Roversi offre une délicieuse oeuvre symphonique qui, si elle renvoie parfois à Genesis, n’en demeure pas moins typiquement italienne. Offrant une musique très visuelle, parfois proche d’un progressif atmosphérique très classieux, There’s Something Very Strange In Her Little Room est constitué de 17 morceaux (de 1 à 10 minutes), dont la suite titre qui en comporte 13, et démontre une nouvelle fois combien le progressif transalpin est pluriel et surtout d’une richesse incroyable et sans fin...


THE TANGENT : "Le Sacre Du Travail" (73:09) (Ed. Limitée) 18 €


Sous un titre qui est un clin d’œil au Sacre du Printemps de Stravinsky, dont on fête cette année le centenaire, Andy Tillison propose une nouvelle œuvre de son groupe à géométrie variable, mais toujours composé de pointures : ici, ce sont Theo Travis, Gavin Harrison, Jonas Reingold et Jakko Jakszyk qui ont en particulier répondu présents. Le disque est un concept logiquement influencé par la musique classique contemporaine, mais qui emprunte également à bien des styles, confirmant que The Tangent est le défenseur d’un progressif très ouvert et dynamique. La pièce de résistance de Le Sacre du Travail est d’ailleurs une suite en cinq mouvements qui dépasse les soixante minutes ! Sans doute un des meilleurs albums de The Tangent, toutes périodes confondues.


TUGS : "Europa Minor" (75:51) (papersleeve) 19 €


On connaît l’Italie pour ses nombreux groupes de rock symphonique ou de rock prog bien barrés, mais découvrir une formation aux contours folkloriques prononcés est avouez-le bien plus rare ! Sans doute dû au concept de l’album (qui traite d’une vision différente de la notion d’Europe, à travers ses cultures, ses arts, etc.), Europa Minor nous fait ainsi voyager à travers des compositions qui mélangent allègrement rock celtique, musiques traditionnelles sud et est-européennes, le tout enrobé de touches jazzy ou classisantes et baigné dans le prog le plus contrasté. Doté d’une production organique et chaudement acoustique, chanté en italien et interprété par une dizaine de musiciens (ensemble rock classique mais aussi violon, flute, violoncelle, percussions), ce premier album d’un groupe pourtant très ancien (il est né en... 1978) est une découverte originale pour les amateurs soucieux de ne pas écouter toujours le même disque.


VIENNA CIRCLE : "Silhouette Moon» (49:04/DVD) 20 €


Pour être franc, le nom de Vienna Circle avait quelque peu disparu des radars progressifs ces dernières années sans que cela ne dérange vraiment qui que ce soit. Non pas que le premier album de ce groupe anglais ne fut pas prometteur, mais le rythme des nouveautés est telle qu’un album de plus de 6 mois a du mal à se faire entendre, alors imaginez pour White Clouds qui date pour sa part de 2008. Silhouette Moon est une superbe oeuvre symphonique qui évoque la pureté mélodique d’un album comme Sagan Om Ringen de Isuldurs Bane. Le néo progressif classique et appliqué du premier album a donc fait place à un propos d’une toute autre qualité, qui, pourtant aux antipodes du dernier opus de Steven Wilson, attire les même lounages de la part de la presse spécialisée britannique (le magazine Prog, pour faire court). Superbe surprise, proposée avec un DVD bonus de 70 minutes, essentiellement conscré au making-of de l’album)...


WILLOWGLASS : "The Dream Harbour" (50:32) 17 €


On l’aura attendu 5 ans, mais le nouvel album de Willowglass est la hauteur de cette attente. Toujours porteur d’une musique dénuée de chant, The Dream Harbour débute par une suite de 20 minutes qui nous plonge imédiatement au coeur du progressif classico-symphonique de Andrew Marshall, Mister Willowglass assisté ici de quelques invités (dont Steve Unruh au violon, à la guite et à la flûte). Et ce n’est que le début d’un déluge de somptueuses mélodies et ambiances typiques des années 70. La superbe pochette de The Dream Harbour est d’ailleurs à elle seule un formidable voyage dans le temps ! A ne pas rater