Avant-Propos :

Heaven & Earth, le nouvel opus studio de Yes, est sans aucun doute la sortie événement de cet été. Deux ans seulement après Fly From Here, le vétéran du rock progressif donne ainsi l’impression d’avoir retrouvé une partie de sa flamme d’antan, après une longue traversée du studio désert. Pour autant, mettons tout de suite les pendules à l’heure : cet album n’a que peu à voir avec les fastes d’antan, et rien ou presque avec les Close To The Edge ou autres Relayer. Ceci étant posé, le disque n’est peut-être pas le naufrage que beaucoup décrivent, et ne s’avère finalement pas si éloigné que cela d’un Tormato, qui avait certes déjà été une sacrée déconvenue à l’époque pour les fans de Yes. Bon, évidemment, même si l’on se prend à l’apprécier davantage au fil des écoutes, Heaven & Earth montre à tout point de vue que ses auteurs sont plus proches de la fin que du début. Et il ne s’agit pas de stigmatiser le nouveau chanteur, Jon Davison, le même qui officiait encore il y a peu chez Glass Hammer et qui fait preuve ici d’un investissement passionné. Non content de délivrer une prestation qui évoque de manière troublante le Jon Anderson d’autrefois, il s’est profondément impliqué dans l’écriture des huit nouveaux morceaux. Le résultat peut être divisé en deux ensembles : les titres les plus courts, des chansons agréables, mais que l’on peut trouver un brin trop sages; et surtout, les deux compositions qui ouvrent et ferment ce nouveal album studio. Frôlant la dizaine de minutes chacune, elles arborent davantage d’atours chatoyants et de réjouissances lyriques, se rapprochant même de l’esprit des Keys To Ascension.
On le voit, émettre un avis mesuré et objectif sur Heaven & Earth, au regard de la passion qui entoure le groupe anglais, n’est pas simple. Faut-il condamner Yes de nous proposer un album plus que moyen ou au contraire se réjouir de le voir encore prendre le risque de se faire éreinter par la critique alors qu’il pourrait se contenter de gérer son patrimoine. A plus de soixante ans bien tassés pour la majorité de ses membres, et même si on souhaiterait tous les voir faire preuve de davantage d’ambition, n’est-il pas somme toute plaisant d’entendre Yes jouer autre chose que ses éternels classiques... Tout cela pour dire que les plus téméraires d’entre vous peuvent commander Heaven & Earth, même si nous ne l’avons pas inclus dans ces pages...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Ete 2014

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

THE D PROJECT : "Making Sense"

EYE : "Second Sight"

INNER DRIVE : "Oasis"

 


Sélection de Nouveautés (Ete 2014)...

ABEL GANZ : "Abel Ganz" (digipack) 17 €

ANUBIS : "Hitchinking To Byzantium" (digipack) 17 €

TIM BOWNESS : "Abandoned Dancehall Dreams" (Edition Limitée) 21 €

COSMOGRAF : "Capacitor" 17 €

DECAMERON : "10 Days In 100 Novellas - Part 2" (coffret 4CD) 40 €

THE D PROJECT : "Making Sense" (digipack) 13 €

EYE : "Second Sight" (cardbox) 13 €

FUCHS : "The Unity Of Two" 17 €

STEVE HACKETT : "Genesis Revisited : Live At The Royal Albert Hall" (2CD+DVD) 30 €

ILUVATAR : "From The Silence" 17 €

INNER DRIVE : "Oasis" 13 €

JPL : "MMXIV" 17 €

KNIFEWORLD : "The Unravelling" (digipack) 18 €

LAQUESIS : "Laquesis" 17 €

LATTE E MIELE : "Passio Secundum Mattheum - The Complete Work" 17 €

LOGOS : "L’Enigma Della Vita" 17 €

MINOR GIANT : "On The Road" 17 €

MOSTLY AUTUMN : "Dressed In Voices" 19 €

MOTIS : "Josquin Messonnier" 18 €

ROBERT REED : "Sanctuary" (CD+DVD) 21 €

SECRET TALES : "L’Antico Regno" 17 €

AGNIESZKA SWITA : "Sleepless" 17 €

TNNE : "The Clock That Went Backwards" (digipack) 17 €

TOM MOTO : "Allob Allen" (digipack) 17 €

TRAUMHAUS : "Ausgeliefert" (digipack) 17 €

TRAUMHAUS : "Die Andere Seite" (digipack) 17 €

UNDER LINDEN : "Espacios Intermedios" (digipack) 17 €

VICTOR PERIANO'S KINGDOM COME : "Journey In Time" 18 €

XANADU : "Follow The Instinct" 18 €

 


ABEL GANZ : "Abel Ganz" (digipack) (75:44) 17 €


La nouvelle mouture d’Abel Ganz, groupe issu en droite ligne de l’âge d’or du néo-prog, avait déjà livré en 2008 un petit bijou avec Shooting Albatros. Ce nouveau disque éponyme est de la même eau, pour notre plus grand plaisir. Pas de musique prévisible ici, tout au contraire, la formation nous convie à un voyage diversifiant les ambiances et démultipliant les arrangements. Voisinent ainsi côte à côte des sonorités folk, des claviers symphoniques, des guitares plus américaines, le résultat, extrêmement bien produit, étant d’une richesse certaine. Les voix sont chaleureuses, à l’image des thèmes explorés, et les soixante-treize minutes de l’album promettent de longues et passionnantes écoutes. Le dépaysement est assuré !


ANUBIS : "Hitchiking To Byzantium" (digipack) (77:38) 17 €


Formation australienne grandement remarquée pour ses deux précédents albums, Anubis sort un nouvel opus toujours superbement illustré, et qui est sans doute leur plus original à ce jour. Leur néo prog confirme toute sa superbe, avec un chant impérial, une guitare lyrique à souhait, des claviers très présents sans être envahissants, et des ambiances à la fois positives et profondément mélancoliques. Il y a beaucoup de souffle dans cette musique, beaucoup d’énergie symphonique, et comme pour nombre d’autres formations, la figure tutélaire de Pink Floyd est capitale, même si elle est loin de résumer une musique assurément fort large dans sa gourmandise.


TIM BOWNESS : "Abandoned Dancehall Dreams" (Edition Limitée) (44:09/34:35) 21 €


Initialement envisagé comme le nouvel album No-Man, avant que Steven Wilson, monopolisé par sa carrière solo, ne se désinvestisse du projet, ce second album solo de Tim Bowness est sans conteste l’une des plus grandes réussites de la longue carrière du chanteur de No-Man. Entouré des membres du No-Man Live Band, de quelques habitués de la galaxie No-Man (Pat Mastelotto, Colin Edwin) et de l’orchestre de chambre The Hilliard Ensemble, et mixé malgré tout par maître Wilson, Abandonned Dancehall Dreams est un concept-album riche en émotions où le crooner de Norwich explore les souvenirs attendris ou douloureux des habitués d’un dancing britannique aujourd’hui désaffecté. Moins atmosphérique que Schoolyard Ghosts (le dernier album en date de No-Man) et plus unitaire que My Hotel Year (le premier album solo de Bowness, publié en 2004), Abandonned Dancehall Dreams n’est jamais avare de mélodies tristes et poignantes, rehaussées de séquences instrumentales hautes en couleur où dominent les violons de Steve Bingham et Anne Phoebe. Paradoxalement, c’est débarrassé de l’étiquette No-Man que Tim Bowness parvient enfin à nous livrer son joyau de pop-prog mélancolique. Un album essentiel et qui devrait faire date.


COSMOGRAF : "Capacitor" (52:06) 17 €


Déjà le quatrième album pour le projet mené par l’anglais Robin Armstrong, chanteur et multi-instrumentiste qui s’est ici attiré la collaboration de plusieurs pointures du milieu progressif, parmi lesquels Nick D’Virgilio, Nick Beggs et Andy Tillison. Capacitor, constitué de sept compositions allant de six à neuf minutes, est une splendide déclaration d’amour à un des maîtres de notre genre de prédilection, Pink Floyd. Que ce soit par des ballades atmosphériques pleines de profondeur, ou des titres plus denses et alambiqués, Cosmograf parvient à toujours maintenir intact l’attention de l’auditeur, la production étant à la fois rétro et éminemment contemporaine (l’utilisation de nombreux samples). C’est un rude concurrent d’Anathema et de Porcupine Tree avec qui nous devons désormais compter !

 


DECAMERON : "10 Days In 100 Novellas - Part 2" (coffret 4CD) (61/66/72/77) 40 €

 


Les projets démesurés de Colossus sont de retour ! En 2011, nous avions déjà eu droit à la première partie de l’adaptation du Décaméron de Boccace, ensemble de cent nouvelles écrites au XIVe siècle. Certaines sont directement adaptées, d’autres rassemblées, le tout formant un ensemble de trente-cinq titres, souvent compris entre cinq et dix minutes, répartis sur quatre CD ! Pour les interpréter, pléthore d’artistes, parmi lesquels on citera seulement Nexus, Willowglass, The Samurai Of Prog, La Théorie des Cordes, D’Accord ou Unitopia dans sa dernière réalisation avant dissolution (pour une suite de vingt minutes, excusez du peu !). L’objet lui-même est pourvu d’un épais livret et d’une pochette élaborée par Ed Unitsky. Une véritable boîte aux trésors !


THE D PROJECT : "Making Sense" (digipack) (45:56) 13 €


Quatrième album pour The D Project, mené par Stéphane Desbiens qui fut guitariste de Sense et participa à bon nombre d’opus (de Ere G, Qwaarn, Red Sand par exemple). Making Sense comporte une nouvelle fois sa brochette d’invités (Sean Filkins et Claude Leonetti par exemple, ou encore le claviériste de Nemo Guillaume Fontaine, sans oublier un saxophoniste, un flûtiste, une violoniste et une violoncelliste) et montre un groupe maîtrisant désormais parfaitement son art et son influence principale, Pink Floyd. On pense bien sûr parfois au célèbre groupe anglais, mais plus que jamais The D Project a digéré cette source inspiratrice pour donner naissance à une musique des plus cohérentes qui dévoile sa substance et sa singularité au fil des écoutes. Les 8 compositions (de 3 à 9 minutes), soutenues par une production de haut standing, évoquent ainsi au final tout autant le Pink Floyd de The Division Bell ou A Momentary Lapse Of Reason que le Marillion de Season’s End ou This Strange Engine, ou bien encore feu Unitopia. A découvrir !

 


EYE : "Second Sight" (cardbox) (44:53) 13 €


Le second opus de Eye, formation originaire de l’Ohio, est une petite bombe de psyché prog spatial, qui renvoie par son esthétique typiquement seventies à des groupes comme Pink Floyd, Astra, Twelfth Night (le premier album), voire King Crimson. Vous l’aurez aisément compris, Eye est le cousin américain de Spleen Arcana, même si le premier s’avère aujourd’hui au somment de son art, quand le second (et il ne s’agit pas ici de manquer de respect au talent évident de Julien Gaullier) est encore en phase de maturation. Second Sight est construit autour de 5 compositions (21, 3, 12, 3 et 5 minutes) et se nourrit d’ambiances envoûtantes, pour nous faire partager son trip musical, très peu chanté et gorgé d’un mellotron dégoulinant de perfection. Mais la force de Eye est justement de ne jamais se laisser enfermer dans une quelconque impasse formelle, et permet à sa musique de se mouvoir avec autant d’assurance et de classe au sein des séquences enfiévrées que plus aériennes. Superbe découverte, sertie malheureusement dans une cardbox un peu minimaliste qui ne rend pas justice à la puissance de cette grande oeuvre musicale.


FUCHS : "The Unity Of Two" (74:52) 17 €


Hans-Jürgen Fuchs
, mari de Ines (bien connue pour avoir publié sous son seul prénom 4 albums entre 1994 et 2002 et que l’on retrouve d’ailleurs ici), publie aujourd’hui son second album, 2 ans après Leaving Home. Dans la lignée de ce que propose actuellement Cosmograf, Fuchs est l’auteur d’un rock progressif conceptuel (inspiré par Hermann Hesse) des plus floydiens qui, s’il démarre un peu mollement, prend de l’ampleur au fil de son développement pour atteindre un niveau assez incroyable. Dans l’esprit également du The River de Marco De Angelis, mais avec une ambition et un souffle bien supérieurs, The Unity Of Two est une nouvelle preuve que l’on peut faire du “neuf” avec du “vieux”, sans trahison ni manque de respect...


STEVE HACKETT : "Genesis Revisited : Live At The Royal Albert Hall" (2CD+DVD) 30 €


Pour ceux qui suivent attentivement la carrière de l’ancien guitariste de Genesis, qui se consacre depuis plusieurs années à rendre hommage au répertoire de son mythique groupe, la sortie d’un nouveau coffret CD/DVD, un an seulement après celle du Live At Hammersmith, a de quoi surprendre, tant les sélections de titres présentent de points communs. Oui, mais voilà : les différences et les nouveautés sont suffisamment importantes pour intéresser tout nostalgique de Genesis (n’est-ce pas d’ailleurs le lot commun de tout progmaniac ?). Certains morceaux sont ici ajoutés, et non des moindres («The Fountain Of Salmacis», «The Return Of The Giant Hogweed», «Ripples»...), tandis que de nouveaux invités se joignent à la fête. Parmi eux, Roine Stolt et surtout Ray Wilson, qui incarne avec conviction «Carpet Crawlers». Le concert est en outre d’une telle perfection, aussi bien visuelle que sonore, que ce bel objet est une acquisition pratiquement indispensable.


ILUVATAR : "From The Silence" (55:02) 17 €


Pour les plus jeunes amateurs de prog (pas les plus nombreux, convenons-en), le nom d’Iluvatar ne doit guère éveiller de souvenirs. Pour les plus de trente ans, par contre, il en est tout autrement. A l’instar de Spock’s Beard, Anglagard et autres Flower Kings, le quintette américain est en effet devenu l’un des symboles du renouveau progressif qui fut loin d’être évident à l’époque. Iluvatar livra ainsi au cours des années 1990 trois albums studio qui firent date. Silencieux depuis quinze ans, Iluvatar fait cette année son improbable retour. Le contexte ayant profondément changé, le risque était grand pour le groupe de livrer une musique datée et déjà dépassée. Fort heureusement, il n’en est rien. Avec une formation inchangée, Iluvatar donne naissance à onze nouvelles compositions qui célèbrent un néo-prog intense et chatoyant, qui a su faire sien des sonorités plus contemporaines, mais en les mettant au service de mélodies puissantes. Un bain de jouvence qui n’a rien de la nostalgie béate.

 


 

 

INNER DRIVE : "Oasis" (47:32) 13 €


Bâtie initialement comme un trio (claviers-basse-batterie) à la ELP, cette formation russe, qui existe depuis 2006, a au fil du temps élargi sa palette instrumentale, lui adjoignant ainsi de la guitare, du violon et de la flûte. Ce premier opus, constitué de 10 compositions (de 2 à 6 minutes) entièrement instrumentales, s’avèrent néanmoins dominé par les claviers (avec notamment quelques très belles parties de piano) de Sergey Bolotov, mais la richesse thématique est telle que ce délicieux Oasis butine des fleurs aussi différentes que Camel, Happy The Man, Jean-Luc Ponty ou King Crimson, pour donner vie à une fusion progressive soyeuse, classisante ou plus tourmentée quand le ciel symphonique se voile. Superbe !


JPL : "MMXIV" (59:57) 17 €


JPL, c’est Jean-Pierre Louveton, un artiste dont l’inspiration semble ne jamais se tarir. Outre sa carrière avec Nemo, et son groupe international, Wolfspring, il trouve en effet le temps de concocter des albums en solo. Le dernier, Retrospections volume 1, remontait déjà à 2008. MMXIV s’avère assez différent, plus axé sur le chant, tantôt en français, tantôt en anglais. Il bénéficie également de la participation de quelques invités, parmi lesquels Dominique Leonetti, le chanteur de Lazuli. Musicalement, le rock aux accents prog qui défile incorpore davantage de sonorités électro, et s’avère d’une redoutable efficacité mélodique, avec cette guitare lyrique dont Jean-Pierre Louveton a le secret. Elle illumine d’ailleurs largement la composition éponyme de MMXIV, longue de douze minutes... Bien que solo, cet album a tout du grand !

 


KNIFEWORLD : "The Unravelling" (digipack) (45:20) 18 €


Nouvelle signature d’InsideOut, Knifeworld est un projet pour le moins singulier. Elaboré par Kavus Torabi, qui fit un bout de chemin avec Cardiacs et Gong, il s’agit d’une formation large, comprenant, outre les traditionnels batteur, bassiste et clavier, plusieurs instrumentistes plus originaux (un basson, deux saxophones). La musique délivrée demande du temps pour être apprivoisée, et si l’on devait à toute force identifier une filiation, ce serait l’école de Canterbury qui viendrait le plus facilement à l’esprit. Le chant, à la fois masculin et féminin, est riche, mais parfois proche de la dissonance, et l’instrumentation fait se côtoyer comme à plaisir psychédélisme, jazz et même quelques touches de fièvre plus hard. Une découverte exigeante, mais qui promet un voyage dépaysant en terre progressive.


LAQUESIS : "Laquesis" (55:49) 17 €


Il aura fallu que plusieurs personnes nous alertent sur les hautes aptitudes de cette nouvelle (enfin, façon de parler puisqu’elle existe depuis plus de 10 ans) formation argentine pour qu’on se décide enfin à vous la proposer dans ces pages. Le premier opus de Laquesis, digne héritier de Pablo El Enterrador et cousin de Nexus (avec lequel il a pas mal de points communs), fait en effet une entrée fracassante dans notre microcosme. Son progressif, tout à la fois néo, symphonique, fusion et seventies, s’avère avant tout instrumental (seuls 2 morceaux sur les 9 comportent du chant) et parfaitement en place. Non seulement les pièces sont soignées mélodiquement, mais elles jouissent du soutien d’une solide section rythmique et de brillants solistes. Laquesis s’avère donc bien à la hauteur des recommandations entendues, et s’adresse vraiment, par son universalité et sa parfaite maîtrise, à l’ensemble des amateurs de progressif.

 


LATTE E MIELE : "Passio Secundum Mattheum - The Complete Work" (59:16) 17 €


Reformé depuis 2008 et auteur l’année suivante du très beau Marco Polo : Sogni e Viaggi en guise de concrétisation de ce retour, Latte E Miele a décidé aujourd’hui d’offrir une seconde jeunesse à son magnum opus de 1972, Passio Secundum Mattheum. Ce dernier, premier album d’une courte discographie (3 albums dans les années 70 avant la renaissance évoquée plus haut), est l’un des classiques du progressif italien mais ne jouit certainement pas de la même aura que les œuvres principales de PFM, Banco ou Le Orme, manque de notoriété oblige... Comme son titre l’indique, cette nouvelle version n’est pas une simple réédition, mais bel et bien une relecture, puisque Latte E Miele a réenregistré les morceaux originaux en y ajoutant de nouveaux arrangements et de nouvelles séquences, auxquelles participent notamment quelques narrateurs de renoms (issus de certains groupes italiens des années 70, comme Jumbo, Osanna, New Trolls, Picchio dal Pozzo...). Logiquement porté par une qualité sonore que la première version ne possède pas, Passio Secundum Mattheum - The Complete Work plaira tout autant à ceux qui connaissent ce superbe album qu’à ceux qui le découvriront ici, dénué des stigmates du passé...


LOGOS : "L’Enigma Della Vita" (75:57 ) 17 €


Parmi les grandes et belles surprises de cette Sélection de Nouveautés, tout au moins parmi les formations inconnues ou fort peu connues, il y a donc Laquesis, mais aussi ce fabuleux Logos. Bien que ce soit déjà le troisième album de ce quatuor italien (les deux premiers datent de 1999 et 2001), L’Enigma Della Vita risque bel et bien d’être le premier à être découvert concrètement par les mélomanes progressifs. Peu d’entre eux, j’imagine, avaient en effet eu l’occasion de poser une oreille sur la musique de Logos. Ce nouvel opus, qui est donc à considérer comme une renaissance pour son auteur, représente tout ce dont un fan de prog italien peut rêver : du symphonisme purement seventies, des envolées psyché-prog du meilleur effet et des parties de claviers à faire rougir certains ténors du space-rock allemand. Au final, ce mélange ne manquera pas à la musique de Logos d’évoquer parfois le mythique et unique opus de Il Trono Dei Ricordi ou le meilleur Eloy, même si Logos ne peut renier sa filiation avec les maîtres italiens du genre que sont Le Orme, Banco et PFM. Superbe !!

 


 

MINOR GIANT : "On The Road" (53:54) 17 €


Voici le genre d’album qu’il ne viendra à l’idée à personne de qualifier de “révolutionnaire”, mais qui recevra les suffrages de la plupart des gens qui poseront une oreille dessus. Minor Giant, qui étrenne ici sa discographie, offre ici un progressif symphonique jouissif par ses longues digressions instrumentales et ses méodies entraînantes. Proche de Knight Area par l’importance du rôle joué par les claviers, mais aussi de Pendragon et de Frost par son esthétisme typiquement anglais, On The Road et ses 6 probantes compositions (12, 10, 4, 6, 5 et 15 minutes) forment un ensemble d’une grande homogénéité qui, s’il s’adresse en priorité aux amateurs de néo-progressif, ne manquera pas de fédérer bien plus largement. On The Road, ou quand professionnalisme et talent mélodique s’unissent simplement et efficacement...


MOSTLY AUTUMN : "Dressed In Voices" (63:20) 19 €


Mostly Autumn propose déjà son troisième album avec Olivia Sparnenn, après Go Well Diamond Heart et The Ghost Moon Orchestra. Pas d’inquiétude, tout au long des douze nouvelles compositions (deux autres sont inférieures à la demi minute), on retrouve les ambiances typiques du groupe, mélancoliques, brumeuses et touchantes. Certes, les nostalgiques des fresques les plus épiques pourront regretter que la plupart des titres demeurent relativement calibrés, mais le savoir-faire est incontestablement au rendez-vous, et Bryan Josh sait toujours trousser des soli intenses avec sa six cordes. Surtout, quelques morceaux, tel «First Day At School», prennent davantage leur temps et réservent de splendides séquences instrumentales, au symphonisme exacerbé.

 


MOTIS : "Josquin Messonnier" (48:53) 18 €


Quatre années ont passé depuis Ripaille, précédent opus de Motis, groupe du franc comtois Emmanuel Tissot. Josquin Messonnier, qui narre les aventures d’un enfant au Moyen-âge, est un bel album de prog folk (médiéval ? certes et logique, mais de plus en plus progressif !) qui renvoie à Malicorne et à Gryphon. Motis démontre ici ses progrès et change clairement de statut. Dommage que la pochette un peu terne ne soit pas au diapason de cette indéniable progression qui s’entend de la première à la dernière seconde de ce délicieux Josquin Messonnier...


ROBERT REED : "Sanctuary" (digipack) (38:54+DVD) 21 €


Fan de longue date de Mike Oldfield, Robert Reed rêvait depuis toujours de réaliser une oeuvre musicale sur le modèle de son glorieux aîné. C’est désormais chose faite avec ce Sanctuary et ses 2 longues pièces instrumentales (mis à part quelques vocalises sans paroles) sur lesquelles le leader de Magenta joue de tous les instruments : claviers, guitares, flutes, percussions et tubular bells ! Robert Reed s’emploie à revisiter l’univers de son compatriote à l’époque d’Ommadawn et autres Incantations, un peu comme si on venait de redécouvrir des pièces inédites du compositeur anglais. Un “hommage” très réussi.


SECRET TALES : "L’Antico Regno" (48:52) 17 €


Le premier album des ces italiens est intéressant à double titre. Non seulement il est porteur de délicieuses ambiances folk progressif parfois sombre (label Black Widow oblige...), mais il ne s’enferme jamais dans une structure engoncée, qui pourrait paralyser et affadir son propos. L’Antico Regno se pare ainsi d’une architecture mouvante et captivante, mise en valeur également par un chant féminin envoûtant. Sombre, symphonique, brûlante, aux velléités parfois médiévales, la musique de Secret Tales n’hésite pas à surprendre, tout en restant accessible et typiquement italienne. Très belle entrée en matière.


AGNIESZKA WITA : "Sleepless" (49:52) 17 €


Agnieszka Swita, chanteuse polonaise, s’est fait connaître du milieu progressif grâce à sa participation aux récents projets de Clive Nolan, à la frontière entre opéra-rock et comédie musicale, She et Alchemy. Cette fois, elle a décidé de réaliser un premier album en solo, album sur lequel on retrouve tout de même Clive Nolan aux claviers et aux chœurs. Les dix titres, léchés, célèbrent une pop aux atours progressifs et symphonique, dont se détache surtout la voix superbe d’Agnieszka Swita. Les mélodies qu’elles portent font généralement mouche, tantôt emphatiques, tantôt plus touchantes, atteignant un véritable point d’orgue dans la composition éponyme écrite par Clive Nolan, la plus ambitieuse de toutes.

 


TNNE : "The Clock That Went Backwards" (digipack) (56:13) 17 €


Depuis sa séparation il y a 3 ans, on croyait No Name (groupe luxembourgeois ayant enfanté 4 albums entre 1993 et 2006) définitivement enterré. Cependant, deux de ses membres (le chanteur Patrick Kiefer et le claviériste Alex Tukivina) ont décidé de remonter un groupe, à la philosophie musicale très proche de celle de son devancier. Pour preuve, le choix du nom : The No Name Experience. Nul surprise au niveau musical à attendre ici, The Clock That Went Backwards se situe dans la droite lignée des albums de No Name, c’est-à-dire au cœur d’un néo-progressif efficace et symphonique qui évoque celui de formations comme Clepsydra et du IQ le plus lumineux (pas celui de The Road Of Bones donc...). Rien de révolutionnaire ici, on s’en doute, mais un enthousiasme communicatif. A coups notamment de mélodies efficaces et d’envolées de claviers typiquement années 80, qui flattent certes le côté le plus pavlovien du fan de néo-progressif mais celui n’a bien sûr aucune raison de s’en plaindre...


TOM MOTO : "Allob Allen" (digipack) (62:22) 17 €


Tom Moto est une formation orginaire de Pise, auteur d’un premier opus en 2008 et réduit aujourd’hui à un trio basse, batterie et... trompette. Si le préposé à ce dernier instrument est aussi crédité aux claviers, c’est bel et bien la trompette qui mène les débats de cet avant-progressif, tour à tour atmosphérique et jazzy. Le travail rythmique est assez incroyable (mention particulière au bassiste) tout au long des 6 compositions (7, 16, 9, 11, 7 et 11 minutes) de Allob Allen, ce qui permet notamment à la musique (complexe mais rafraîchissante) de ne jamais se perdre et de tomber dans de stériles expérimentations. Une sacrée expérience !!

 


TRAUMHAUS : "Ausgeliefert" (digipack) (77:42) 17 €

TAAUMHAUS : "Die Andere Seite" (digipack) (77:58) 17 €


Suite au récent succès de Traumhaus avec Das Geheimnis, le label Progressive Promotion a décidé de rééditer en ce début d’été les deux premiers opus du groupe allemand. Ausgeliefert (qui date de 2001 et qui a changé ici de titre -éponyme initialement- et de pochette), et Die Andere Seite (sorti pour sa part en 2008) sont aujourd’hui présentés sous forme de digipack et dans des versions remasterisées comportant chacune deux titres bonus. Tous ceux qui ont découvert Traumhaus avec son dernier opus trouveront donc ici une belle occasion de parfaire leur connaissance de cette talentueuse formation néo-progressive, ayant la particularité de proposer du chant en allemand.


UNDER LINDEN : "Espacios Intermedios" (digipack) (55:03) 17 €


Avec Laquesis, l’autre excellente formation argentine du moment s’appelle Under Linden. Espacios Intermedios, second opus du groupe (le premier, éponyme, date de 2007), est une occasion toute trouvée pour découvrir son délicieux progressif symphonique instrumental. Avec ses dialogues guitares/violons ou claviers/violons, on ne manquera pas de penser quelquefois au UK du premier album, mais Camel, celui des années 70 en priorité, demeure l’une des principales influences de Under Linden. Au final, considérant ces informations, on peut également très bien voir Under Linden comme l’alter ego argentin de KBB. Pas faux...


VICTOR PERAINO'S KINGDOM COME : "Journey In Time" (58:37+DVD) 18 €


Suite à la réédition par Black Widow il y a 4 ans de son premier album, datant de 1975, Victor Peraino a décidé de reprendre du service et de proposer ce nouvel opus, quelque peu hybride puisqu’il comporte en effet d’anciens morceaux, deux reprises de vieux classiques américains (“Don’t Let Me Be Misunderstood” et “I Put a Spell On You”), une autre de “Time Captives” (issu de l’album Journey de Arthur Brown’s Kingdom Come -1973), et surtout 4 compositions totalement inédites. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui nous intéressent le plus, à double titre car elles prouvent que Victor Peraino (qui retrouve ici son vieil acolyte Arthur Brown au chant) n’a rien perdu de sa verve progressive spatio-psychédélique (à placer entre le Gong le plus solaire ou le Hawkwind le plus progressif), donc qu’il a encore des choses à dire après tant d’années de silence...Belles retrouvailles !


XANADU : "Follow The Instinct" (49:29) 17 €


Formée en 2008, Xanadu est une formation polonaise qui réussit parfaitement à unifier ses vélléités heavy prog à la Rush et son désir de proposer une musique mélodique et soignée. Follow The Instinct déploie des ambiances tour à tour dark ou lumineuses, dominées par la guitare et propulsées par le chant probant du nouveau venu, Krzysztof Borek, dont la voix évoque parfois celle de Les Dougan (de feu Aragon). On sera au final tenté de comparer Xanadu à Riverside, même si l’expérience de ce dernier est bien sûr plus étendue, mais cette comparaison au fil des écoutes s’avère de plus en plus pertinente, tant au niveau de la forme que du fond... Le cap du second album est donc franchi avec talent par Xanadu !!