Avant-Propos :

Un copain regrettait récemment, au cours d’une de nos discussions habituelles et passionnées, que (selon lui) de moins en moins de groupes cherchaient à honorer la décennie sacrée du courant progressif, les années 70... Après moult arguments (et parfois une certaine dose de mauvaise foi partagée), nous en sommes arrivés à une conclusion évidente : si les formations des ‘seventies’ développaient logiquement une musique... ‘seventies’, les formations actuelles s’avèrent pour leur part sous l’influence de presque 40 ans d’Histoire progressive. Tout est dit. Les musiciens qui donnent vie aujourd’hui à notre musique favorite seront, à nouveau logiquement, imprégnés de bien plus de courants et d’influences que leurs confrères des années 70. Forcément, les musiques progressives, au delà de leur appellation, sont de moins en moins identifiables, plus exactement réductibles à une définition précise, définitive et partagée par tous... Alors, oui, les formations actuelles pratiquent moins les ‘seventies’ actuellement, et c’est simplement une évolution ‘statistique’ même si l’âge d’or de notre courant demeure une référence pour la plupart des formations en question...
Pour revenir à la présente Sélection de Nouveautés, la première de 2008, vous constatez bien sûr qu’elle ne voit le jour qu’en février. La faute à un début d’année, exceptionnel au regard de ses prédécesseurs car peu fécond en nouveautés. Plusieurs semaines ont donc passé, sans que le courant progressif ne connaisse son habituel et frénétique rythme de nouveautés. Heureusement, en quelques jours, les habitudes, temporairement égarées, ont repris le dessus et nous permettent de découvrir une Sélection particulièrement riche et variée, contenant de nombreuses pépites musicales, tout autant espérées pour certaines formations qu’inattendues pour d’autres. A croire que février veuille faire oublier au plus vite le calme inattendu du mois de janvier...

Bonne lecture et bonne année à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)

P.S. : Vous pouvez désormais recevoir nos Sélections de Nouveautés par mail, au format Pdf. Que toutes les personnes intéressées nous contactent à l’adresse suivante : vpc@cosmosmusic.fr


Promotion Février 2008

 

2 CD à 14 € pièce !!! 

FISH : "13th Star "

COMBINATION HEAD : "Progress ? "

 


Sélection de Nouveautés - Février 2008

 

ACCORDO DEI CONTRARI : "Kinesis" 17 €

AYREON : "01011001" (Edition Limitée) 33 €

Christian BRENDEL & ZOMB : "Le Peuple Des Songes" 15 €

The NEIL CAMPBELL COLLECTIVE : "Particle Theory" 17 €

Jorge CAMPOS : "La Ausencia De Lo Sagrado" (2003) 15 €

Jorge CAMPOS : "Machi" (2000) 15 €

The NEIL CAMPBELL COLLECTIVE : "Particle Theory" 18 €

COMBINATION HEAD : "Progress ?" 14 €

DAWN : "Loneliness" 16 €

DAYS BETWEEN STATIONS : "Days Between Stations" 16 €

Christian DECAMPS & FILS : "3° Etoile A Gauche" 15 €

DISCORDIA : "Utopia Perfection" 18 €

ELFFERICH FOUR : "Eccentricity" 15 €

FISH : "13th Star" 14 €

GARGANTUA : "Kotegarda" 18 €

HANNAH : "A Life In Rock Minor" 16 €

IZZ : "Live At NEARfest" 16 €

Sean MALONE : "Cortland" 18 €

MANNING : "Songs From The Bilston House" 17 €

MINDFIELDS : "One" 16 €

MIZUKAGAMI : "Yukage" 15 €

PORCUPINE TREE : "Nil Recurring" 17 €

QUIKION : "Kaprico" 15 €

SENSE : "Going Home " 16 €

VERSUS X : "Primordial Ocean" 16 €


ACCORDO DEI CONTRARI : "Kinesis" (44:38) 17 €


Fondé en 2001 et publiant aujourd’hui (même si l’album a en fait été enregistré en 2006) son premier opus, Accordo Dei Contrari oeuvre dans un style musical proche de celui d’une formation comme DFA. Vous l’aurez compris, Progressif et fusion symphonique font ici très bon ménage et nous emmènent au coeur de 6 compositions instrumentales (de 6 à 9 minutes) au fort accent ‘seventies’. Si la guitare domine les débats, les claviers multiples et le violon apportent des couleurs chatoyantes qui font au final de Kinesis une magnifique toile sonore. Et quelques ombres célèbres (Mahavishnu Orchestra, Area ou Deus Ex Machina) planent parfois au dessus de ce savoureux opus, force est de constater que cela n’enlève rien au grand talent de Accordo Dei Contrari. Les amateurs du genre vont se régaler...


AYREON : "01011001" (Edition Limitée) (50:13/52:02) 33 €

Il aura fallu attendre quatre longues années (avec l’interlude Stream of Passion, tout de même) pour voir arriver la nouvelle œuvre d’Arjen Anthony Lucassen sous le patronyme d’Ayreon. Ce double album, au packaging superbe -coffret grand format, copieux livret et DVD bonus-, tient toutes ses promesses. Outre la recette musicale miracle du surdoué hollandais, claviers planants, riffs imparables et soli lyriques, on trouve sur cet opéra rock de science-fiction un casting de rêve : Jorn Lande, Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation), Anneke van Giersbergen (ex The Gathering), Thomas Englund (Evergrey), Bob Catley (Magnum), Xavier Phideaux, Floor Jansen (After Forever), Liselotte Hegt (Dial), etc... Tout ce beau monde réalise des prestations superbes et intenses, au service de mélodies captivantes et prenantes. Sans oublier quelques invités qui viennent chacun poser un solo, Michael Romeo (Symphony X) à la guitare et Derek Sherinian ainsi que Tomas Bodin aux claviers. Avec en prime des bonus exhaustifs sur la réalisation du double album, voilà une sortie majeure de ce début d’année à ne surtout pas laisser passer.

PS : l’édition ‘normale’ 2CD est également disponible, au prix de 23 €...


Christian BRENDEL & ZOMB : "Le Peuple Des Songes" (65:26) 15 €


Le nouvel opus du groupe français Zomb (auparavant appelé La Zombie et Ses Bizons) a connu en fait deux existences successives. La première sous une forme totalement instrumentale et qui ne vit jamais vraiment le jour officiellement, faute de distributeur sérieux. La seconde émane de la rencontre (lors d’un concert) de Zomb avec le comédien et conteur Christian Brendel qui, emballé par la musique du groupe, lui proposa d’offrir un contenu littéraire à sa musique jusqu’alors totalement instrumentale. Et le résultat vaut vraiment le détours, tant la musique de Le Peuple Des Songes porte en elle une dramaturgie que les textes (plus souvent récités que chantés) de Brendel soutiennent avec brio. Le tout ressemble au final à ce que pourrait donner le mariage entre King Crimson et Pierre Moerlen’s Gong, Zomb oeuvrant souvent au sein d’ambiances sombres et tendues qui s’élèvent soudainement vers des cieux plus accueillants. Contrastes et sophistication sont ainsi les 2 mamelles de Le Peuple Des Songes qui, au delà d’un abord parfois un peu difficile, vous permettra de découvrir des contrées musicales luxuriantes et profondes...


The NEIL CAMPBELL COLLECTIVE : "Particle Theory" (42:01) 17 €


Si vous cherchez un album “progressif”, dans l’une des acceptions premières du terme, foncez sur ce Particle Theory. Il est vrai que le nouvel opus de Neil Campbell et de son “collectif” s’impose rapidement comme une excellente surprise, à mille lieues d’une musique par trop cérébrale que l’on pouvait craindre a priori vu l’intitulé et le visuel du projet (ah, les préjugés que l’on peut avoir...). Neil Campbell, leader-compositeur de l’album, offre de délicieux morceaux (8, de 3 à 8 minutes) classisants et atmosphériques, dominés par le piano, la guitare (classique, électrique ou acoustique) et le violoncelle et qui développent un propos riche et fécond en rebondissements. Ayant un sens affûté de la mélodie et du mélange des genres, Neil Campbell et ses acolytes donnent donc vie à un progressif soyeux et profond, parfois chanté mais la plupart du temps instrumental, qui impressionne d’entrée et ne cesse de le faire au fil des écoutes. Superbe.


Jorge CAMPOS : "La Ausencia De Lo Sagrado" (2003) (59:09) 15 €

Jorge CAMPOS : "Machi" (2000) (75:15) 15 €


Bassiste chilien notoire, ayant joué avec quelques artistes réputés (Sting et Peter Gabriel par exemple) et parcourant actuellement le monde avec son “Project” (où il partage la vedette avec bon nombre d’amis), Jorge Campos voit logiquement réédités ses 2 plus récents albums solos, supports de ses prestations scéniques. Au programme de Machi, une musique etnico-expérimentale gorgé de toutes sortes de sonorités de basses, tandis que La Ausencia De Lo Sagrado s’ébroue davantage dans un contexte jazz-rock fusion avec même des chansons, conférant à ce second CD un caractère plus accessible et somme toute plus varié et captivant. Jorge Campos délivre donc une musique progressive intègre et intransigeante qui s’adresse bien sûr en priorité aux fans de paysages sonores denses et complexes.


COMBINATION HEAD : "Progress ?" (44:22) 14 €


Déjà le deuxième album pour cette formation anglaise mené par le claviériste Paul Birchall, moins d’un an après leur remarqué premier opus éponyme. Et déjà un changement conséquent avec l’apparition du chant sur quelques morceaux. Du coup, la musique du groupe navigue désormais entre deux eaux: un progressif instrumental symphonique toujours situé entre ELP et Camel, et un côté “chanson” presque FM (la voix possède curieusement un feeling très américain!) qui aère et permet au groupe de ne pas s’enfermer dans un style trop limité. Progress ? mérite donc bien son titre et on peut sans crainte lui retirer son point d’interrogation.


DAWN : "Loneliness" (50:34) 16 €


Cela fait déjà pas mal de temps que l’on entend parler (en bien) de Dawn, jeune formation suisse ayant arpenté les scènes des festivals Progsol et Montreux Prog Nights de l’autre côté des Alpes. Avec la parution de Loneliness, il est enfin possible pour le plus grand nombre de juger du potentiel de ce groupe helvétique. Au regard de sa musique, Dawn pourrait très vite apparaître comme le “The Watch suisse”. Vous l’avez compris, Genesis est l’influence majeure et commune à ces 2 formations, notamment au niveau des claviers particulièrement ‘banksiens’ qui arpentent les 6 compositions (5, 8, 11, 4, 18 et 4 minutes) de Loneliness avec emphase et délectation. Dawn ne pousse cependant pas la comparaison avec Genesis aussi loin que son confrère italien, et propose globalement un progressif plus personnel et somme toute davantage instrumental. Porteur d’un symphonisme subtil, c’est-à-dire tour à tour soyeux et recherché, ce premier album est une franche réussite qui, au delà de l’annonce d’un avenir radieux, s’avère d’ores et déjà un présent éclatant de plénitude !


DAYS BETWEEN STATIONS : "Days Between Stations" (56:19) 16 €


Il est des musiques qui vous “tombent” dessus et qui ne vous lâchent plus... Celle de cette jeune formation américaine vit à mes côté depuis 3 semaines, au moment où j’ai posé Days Between Stations dans ma platine pour la première fois. Il faut dire que cet opus possède des qualités assez incroyables qui font d’ailleurs que certains présentent Days Between Stations comme “le nouveau Pink Floyd”. Attention bien sûr à ce genre de formules réductrices, qui font souvent bien de plus de mal que de bien aux groupes auxquels elles s’appliquent... Dans le cas qui nous intéresse, le lien entre Days Between Stations et Gilmour & Cie (époque Meddle, Dark Side... et Wish...) est indéniable, mais le premier oeuvre dans un contexte bien plus moderne. Sorte de ‘post prog’, nourri avant tout de classicisme et parfois de tentatives avant-gardistes (ambiant, devrais-je dire), la musique découverte ici s’avère totalement instrumentale (7 titres, de 2 à 22 minutes) et d’une beauté mélodique incroyable, source d’onirisme et de voyages stupéfiants (aucun jeu de mot n’est à rechercher ici...). Fan d’aventures musicales symphoniques et spatiales, foncez sur ce petit chef-d’oeuvre, gorgé de solos en tout genre, d’ambiances spectrales ou étincelantes. Allez, j’arrête là, j’en ai déjà trop dit... Mon coup de coeur de ce début d’année !


Christian DECAMPS & FILS : "3° Etoile A GAuche" (1997) (72:08) 15 €


Faut-il encore présenter Christian Décamps ? Le leader du plus mythique des groupes progressifs français, temporairement dissous après une tournée d’adieux (du moins, le croyait-on à l’époque) triomphale en 1995, avait alors repris en solo le flambeau d’une chanson française de qualité. Initialement composé pour Ange, Troisième Etoile A Gauche (aujourd’hui réédité par Muséa), gorgé de textes tour à tour engagés et paillards se mariant parfaitement avec un contenu musical nanti de superbes envolées instrumentales, marquait ainsi un retour inespéré à la formule du concept-album qui avait fait les beaux jours du groupe de Belfort dans le passé. Une franche réussite au final, annonciatrice des succès futurs du Ange ressuscité, dont bien sûr le récent Souffleurs De Vers...


DISCORDIA : "Utopia Perfection" (43:56) 18 €


Cette formation finlandaise, composée de six membres, apporte une belle bouffée d’air frais sur l’univers progressif avec ce premier album. Les influences s’y télescopent, parfaitement digérées, et maniées avec beaucoup d’aisance. L’aspect vocal, prédominant, est une des grandes forces de Discordia, avec pas moins de deux chanteuses et un chanteur : les chœurs, fort denses et nombreux, possèdent la richesse d’un Queen. Musicalement, on pense aussi bien à Yes qu’à Marillion ou ACT, et même à un folk très présent en particulier par divers instruments. Le résultat ? Une musique qui coule de source, positive et mélodique.


 

 

ELFFERICH FOUR : "Eccentricity" (40:55) 15 €


-Ce trio, publié par la division Greatwinds de Musea, propose sur ce disque une mixture instrumentale très rock. Uniquement composée d’une basse, d’une batterie et d’une guitare électrique, la musique d’Elfferich Four peut évoquer aussi bien King Crimson que Rush, mais par bribes seulement, dans la mesure où les trois musiciens réussissent à délivrer des compositions personnelles et somme toute plus jazzy ou influencées aussi par la musique classique (celle de Bartok en tête). Au final, une fusion soft et parfaitement digeste, qui devrait combler les amateurs du genre.


FISH : "13th Star" (55:30) 14 €


Après l’excellent double live Communion, l’ex chanteur de Marillion semble être dans une phase ascendante, ce que confirme le contenu de son nouvel album studio, le huitième depuis l’excellent Vigil In The Wilderness Of Mirror. Tout comme ce dernier, 13th Star est illustré par Mark Wilkinson, et on se retrouve avec une des plus belles réussites de la carrière solo du chanteur, aux côtés de Sunsets On Empire et Raingods With Zippos. La production y est parfaite, solide et moderne, avec diverses sonorités électro qui font parfois songer à The Gathering ! Fish y interprète, de manière très expressive et sincère, dix chansons de caractère, souvent assez sombres, mais qui savent se faire lumineuses, d’autant qu’il utilise sa voix plus dans les graves que dans des aigues qui appartiennent de plus en plus à sa jeunesse. Entouré de musiciens aguerris, et servi par des arrangements à la fois variés et pertinents, dont de très réussis soli de guitare, Fish confirme de bien belle manière qu’il a encore des choses à nous dire.


GARGANTUA : "Kotegarda" (43:36) 18 €


Voici le genre d’album, le second de son auteur, que nous aimons vous présenter, bien que son potentiel commercial ne soit pas bien important. Mais le talent ne se mesure pas en CD vendus, nous le savons bien, notamment nous fans de prog ! la musique de Kotegarda est difficilement identifiable, ou en tout cas réductible à une seule formation capable de vous éclairer pleinement. Entre prog (King Crimson), musiques nouvelles (Present, Univers Zero), fusion et velléités avant-gardistes, Kotegarda exprime tout le talent de son auteur, qu’il convient de découvrir au fil d’écoutes pas toujours aisées mais constamment fascinantes. Vous l’aurez compris, Gargantua se destine avant tout aux plus curieux d’entre nous...


HANNAH : "A Life In Rock Minor" (50:12) 16 €


Premier album pour cette jeune formation espagnole, que d’aucuns (en un raccourci réducteur mais tentant...) présentent comme le “Spock’s Beard ibère”. Comparaison sans nul doute émise du fait de la volonté des 2 groupes de développer un progressif tout à la fois dynamique, truffé de breaks, symphonique et moderne (quelques séquences electro-pop, bien dans l’air du temps, sans nul doute...). Au final, A Life In Rock Minor (chanté en anglais) exploite le filon avec talent et efficacité, l’enthousiasme et la générosité des musiciens (solistes inspirés et section rythmique solide) suintant de chacune de leurs interventions. Hannah nous présente donc une délicieuse carte de visite musicale, plus que prometteuse et qui annonce des lendemains qui chantent... C’est tout le mal qu’on souhaite à cette formation sans complexe !


IZZ : "Live At NEARfest" (61:50) 16 €


A chaque fois que l’on découvre un album Live, il est primordial de savoir s’il apporte vraiment quelque chose. Soit en terme d’arrangements et/ou d’interprétation, mais aussi au niveau du choix des morceaux. Dans le cas de Izz, la réponse est indéniablement positive. Enregistré lors de l’édition 2007 du célèbre festival américain, Live At NEARfest offre bel et bien un somptueux panorama de la carrière de Izz (4 albums au compteur, honorant un prog US typique, tout à la fois ‘seventies’, moderne et accrocheur), mis de plus en relief par des musiciens au sommet de leur forme. Alors, franchement, voici non seulement un parfait ‘best of’ (pour les retardataires) mais aussi une revisitation réussie (le changement dans la continuité) des meilleurs titres du répertoire du groupe.


Sean MALONE : "Cortland" (44:41) 18 €


Sean Malone, le bassiste membre de Cynic et âme du projet Gordian Knot, avait fait paraître en 1996 un album solo qui est désormais réédité, avec un joli packaging et un morceau en bonus. L’ensemble, totalement instrumental, risque de surprendre par un côté jazzy, jazz rock, et même assez syncrétique, à l’image du récent disque de Dave Kulju. La présence d’invités prestigieux (Trey Gunn, Reeves Gabrel, le guitariste de Bowie sur Outside) apporte un plus à un album plaisant de bout en bout. Une autre facette de ce musicien talentueux.


 

MANNING : "Songs From Bilston House" (67:14) 17 €


Guy Manning a la bougeotte et change de labels comme d’autres de chemises. Après Cyclops et Progrock Records, c’est donc sur le label anglais F2 Records que l’on découvre aujourd’hui le 9ème opus du bonhomme, entouré ici une fois de plus d’une multitude d’invités. Songs From The Bilston House frappe d’entrée les esprits par la fluidité dont son contenu (9 titres, de 6 à 11 minutes) fait preuve. Très vite, cet opus apparaît d’ailleurs comme le meilleur de son auteur, tant au niveau de l’écriture que de la mise en son de la musique. Progressif ‘seventies’, aux indéniables accents folk, le propos de Songs From The Bilston House évoque régulièrement quelques formations réputées (Caravan, Genesis, Camel, Jethro Tull, etc.) mais impressionne fortement par la science mélodique et harmonique de son auteur. Manning, un groupe (artiste) qui compte et qu’il devient urgent (aujourd’hui, plus qu’hier encore) de découvrir !!!!


MINDFIELDS : "One" (49:44) 16 €


Vous allez le lire partout, alors autant le dire nous aussi : la Pologne “progressive” connaît actuellement l’une des périodes les plus fastes de son Histoire. Après donc les sorties récentes de Riverside, Peter Pan, Osada Vida, Albion, Quidam et Satellite, celle de Mindfields risque de faire grand bruit ! Honorant un progressif symphonique comme on l’aime, à savoir garni de longues envolées instrumentales et de rebondissements thématiques, One impose très vite (et dans le meilleur sens du terme) son caractère consensuel. Difficile en effet de ne pas céder sous les assauts répétées de ces mélodies soyeuses, honorant un propos tour à tour ‘seventies’ et moderne que l’on pourrait comparer à ceux de formations comme Camel, Pendragon, Eloy ou Pink Floyd. Mindfields, tout au long des 8 compositions (11, 1, 10, 2, 8, 1, 11 et 5 minutes) qui structurent son premier opus, nous abreuve d’un charisme incroyable que les adeptes de ces longs solos de guitares et de claviers spatiaux identifieront immédiatement. Une merveille !


MIZUKAGAMI : "Yukage" (41:16) 15 €


Groupe originaire de Tokyo, Mizukagami offre avec ce disque un bien bel hommage aux grandes figures du progressif romantique des années 70 que sont Genesis et Camel. La chanteuse, qui officie dans sa langue nationale, est entourée d’arrangements de flûte et de claviers à l’ancienne, tandis que les soli de guitare savent se faire particulièrement lyriques, non sans ménager de temps à autre quelques moments plus rageurs, voire “crimsoniens”. Une valeur sûre du progressif japonais tendance symphonique.


PORCUPINE TREE : "Nil Recurring" (28:00) 17 €


Initialement sorti en édition limitée il y a quelques mois, la dernière livraison des anglais est maintenant largement distribuée, et c’est tant mieux. Mini-album composé de chutes de studio des sessions de l’excellent Fear Of A Blank Planet, retravaillées durant l’été 2007, Nil Recurring se situe donc naturellement dans sa lignée, mais avec une optique progressive peut être plus accentuée. Les quatre titres, dont un instrumental, plutôt longs (7 minutes en moyenne), honorent donc toujours un propos sombre et dépressif, traversé d’éclairs mélodiques lumineux, mais avec une qualité constante et un refus évident de la facilité. Comme toujours, la production et l’intérprétation sont au dessus de tout soupçon, et Robert Fripp est de nouveau présent en invité. Bref, une valeur sûre...


QUIKION : "Kaprico" (53:40) 15 €


Autre formation japonaise, autre genre : déjà auteur de deux albums, Quikion délivre une musique très imprégnée de folk, et pas spécifiquement nippon, le seul élément plus nationaliste résidant dans le chant. En dehors de ce dernier élément, la palette d’instruments utilisés est extrêmement large, et le caractère véritablement internationaliste de leur style s’accompagne d’un certain dépouillement mélodique, un minimalisme qui participe également de leur personnalité unique. A découvrir.


SENSE : "Going Home" (46:42) 16 €


Stéphane Desbiens, leader de Sense, avait ces dernières années été occupé par des projets parallèles, Red Sand ou Ere G. Il revient finalement avec un troisième album de son groupe sous le bras, trois ans après Out of Range. Et la qualité est largement au rendez-vous, au point que Going Home apparaît très vite comme le meilleur album du groupe à ce jour ! Amateurs de ce que Yes et Genesis savaient faire de mieux, Sense est fait pour vous. Avec beaucoup d’assurance, les cinq musiciens actualisent l’héritage de ces deux géants, non sans faire preuve d’audace, en incorporant quelques influences qui rapprochent parfois Sense d’une formation comme les Flower Kings. Une très belle réussite de prog symphonique !


VERSUS X : "Primordial Ocean" (72:57) 16 €


Huit ans, il aura fallu 8 longues années à Versus X pour donner une suite à son dernier opus (le troisième à l’époque), The Turbulent Zone... A l’écoute de Primordial Ocean, on se dit très vite que l’attente en valait la peine, tout en souhaitant bien sûr que le groupe allemand ne considère surtout pas cela comme une absolution. Impossible en effet d’attendre à nouveau plus de 80 mois avant de découvrir un nouvel album. Il faut dire que, dans le genre qui est le sien, Versus X fait place nette, faute de concurrent à sa taille. En 5 compositions (16, 2, 16, 15 et 24 minutes), Arne Schaefer et Ekkehard Nahm (les 2 leaders) imposent leur talent d’une manière assez incroyable, parvenant à rendre (c’est au choix) “complexe l’accessible” ou “accessible le complexe”. Les ambiances sont ainsi profondément mouvantes, faîtes de breaks et de structures almabiquées auxquelles la virtuosité de Nahm offrent une intense musicalité. Les claviers (tout y passe bien sûr, du moog au piano) sont ainsi les rois de la fête, même si les guitares de Schaefer tentent de ne jamais être en reste. Primordial Ocean s’avère au final une oeuvre profonde et intense qui a toutes les chances de révéler ses trésors au fil des nombreuses écoutes que vous ne manquerez pas de lui offrir !!!! Magnifique !