Avant-Propos :

L’année 2016 tarde à se mettre en route, mais les semaines qui l’ont précédée ont été suffisamment fécondes pour permettre à cette nouvelle Sélection de paraître assez vite. Une nouvelle fois, il est tentant de se féliciter d’une telle vitalité, mais le courant progressif semble bien malgré lui confiné aux ombres de la clandestinité. Il suffit pourtant de faire écouter à des profanes quelques uns de ses plus talentueux représentants (dernier exemple en date, Delusion Rain de Mystery) pour se rendre compte que son pouvoir de séduction est paradoxalement très fort. Alors, difficile parfois de ne pas se révolter contre ce qui s’apparente à de l’injustice. L’aigreur ne s’installe néanmoins jamais chez le mélomane progressif, habitué à demeurer philosophe en la matière. Notre microcosme, faute de pouvoir s’agrandir, se contente donc de fêter ses meilleurs éléments en attendant sagement de devenir un sémillant quinquagénaire...
Pour finir, sachez que le très attendu nouvel album de Lazuli, Nos Âmes Saoules, sortira fin janvier. N’hésitez pas à réserver d’ores et déjà votre exemplaire...

Bonne lecture et bonne année à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Janvier-Février 2016

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

EUREKA : "Great Escapes"

PHI : "Waves Over Vienna"

TROCARN : "Elucubrations"

 


Sélection de Nouveautés (Janvier-Février 2016)...

AMAROK : "Hayat Yolunda" (2CD digipack) 23 €

ARLON : "Mimetic Desires" 17 €

BRAIN CONNECT : "Think DIfferent" (digipack) 17 €

CARPE DIEM : "Circonvolutions" 17 €

EUREKA : "Great Escapes" 13 €

LA FABBRICA DELL'ASSOLUTO : "1984 : L’Ultimo Uomo d’Europa" 17 €

I AM THE MANIC WHALE : "Everything Beautiful In Time" (digipack) 17 €

KIAMA : "Sign Of IV" 18 €

LEAP DAY : "From The Days Of Deucalion - Chapter 2" (digipack) 17 €

MAGNESIS : "La Dame De Braise" 17 €

MARCHESI SCAMORZA : "Hypnophonia" 17 €

MARTIGAN : "Distant Monsters" (digipack) 17 €

MINDGAMES : "Paradox Of Choice" 17 €

MONNAIE DE SINGE: "Error 404" (digipack) 17 €

THE MUTE GODS : "Do Nothing Till You Hear From Me" (Ed. Limitée digipack) 18 €

PHI : "Waves Over Vienna" 13 €

RANESTRANE : "A Space Odyssey - Part 2 : H.A.L." 17 €

SILVER KEY : "The Screams Empire" (digipack) 17 €

THE SKYS : "Journey Through The Skies" (digipack) 17 €

BRUCE SOORD : "Bruce Soord" (digipack) 18 €

TOXIC SMILE : "Farewell" (digipack) 17 €

TROCARN : "Elucubrations" (digipack) 13 €

VIII STRADA : "Babylon" (digipack) 17 €

STEVEN WILSON : "4 1/2" (digipack) 17 €


 

 

AMAROK : "Hayat Yolunda" (2CD digipack) (57:32/52:26) 23 €


Voici déjà vingt ans que la formation espagnole menée par Robert Santamaria officie dans le monde du rock progressif, guidée par une exigence artistique toujours intacte. Ce nouveau disque, Hayat Yolunda, qui comprend vingt compositions de deux à onze minutes, réunies en un double album, incarne une forme d’apothéose, de résumé de toute une carrière. On retrouve, sur le premier disque, tout ce qui fait le charme de ce progressif bucolique aux accents folk, des sonorités vintage, un chant féminin délicat, des volutes de flûte et des claviers toujours prenants. Le second CD est une collection d’archives, datant des six dernières années, des pièces rares parmi lesquelles figure une reprise du “Stratosfear” de Tangerine Dream. Amarok mérite assuremment une notoriété plus importante que celle qui est la sienne aujourd’hui. Reste à savoir si les indéniables qualités de Hayat Yolunda lui permettront de conquérir de nouveaux fans. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

 

 


ARLON : "Mimetic Desires" (53:23) 17 €


Arlon, avec ce second album, montre d’entrée de nets progrès par rapport à On The Edge, sorti en 2013. Le progressif symphonique de Mimetic Desires, à travers ses 8 compositions (de1:28 à 9:27), évoque clairement celui de Millenium et de Moonrise, voire celui de Riverside mais sans les envolées plus rugueuses de ce dernier. Arlon soigne sa musique, en lui apportant des arrangements soignés et une esthétique typique de la Pologne progressive, prompt ici à exploiter la force des ambiances plus qu’à faire de Mimetic Desires une oeuvre dense et complexe. Cette touche cinématique, rehaussée par quelques délicieuses et aériennes interventions de sax ou une captivante emphase instrumentale, sied parfaitement à Arlon et contrebalance avec pertinence les séquences plus rock. Vous l’aurez compris, Mimetic Desires est un probant second album.

 


BRAIN CONNECT : "Think DIfferent" (digipack) (66:38) 17 €


Le premier album de cette formation polonaise risque de développer chez ses auditeurs une réelle jouissance. Jouissance dûe principalement aux 8 compositions instrumentales (de 4 à 17 minutes) délivrant un progressif festif et vigoureux qui renvoie à différentes formations, comme par exemple Zazen (celui du premier album, Mystery School) ou Ain Soph le plus accessible... Vous le voyez, Think Different se situe au coeur d’une fusion progressive éminemment mélodique et symphonique et permet un voyage intérieur riche et intense qui ne nécessite pas, comme compagnon de route, quelque substance illicite que ce soit. Brain Connect s’offre donc une très belle entrée en matière, originale et quelque peu éloignée de ce qui se fait habituellement en Pologne. A découvrir !

 

 


 

CARPE DIEM : "Circonvolutions" (49:52) 17 €


Attention, événement ! Carpe Diem, une des formations les plus recommandables du prog français des années 1970, qui avait disparu à la fin de cette décennie dorée, s’est reformée pour donner naissance à un nouvel album studio. Et sur les huit compositions de Circonvolutions, deux seulement remontent à la fin des années 70, ayant à l’époque été jouée seulement en concert. Le reste est donc totalement nouveau, et ce qui frappe d’emblée l’auditeur, c’est l’excellence du matériel : une musique majoritairement instrumentale, riche et rythmée, très cuivrée et mélodique, un rock à la fois jazzy et symphonique, dont on sent toute l’influence qu’elle a pu avoir sur des groupes comme Minimum Vital ou Tiemko. L’occasion rêvée d’une leçon de rattrapage musical pour ceux qui seraient passés à côté de ce nom majeur.

 


EUREKA : "Great Escapes" (46:49) 13 €


Frank Bossert, qui se dissimule sous le patronyme d’Eureka, est un multi instrumentiste allemand qui avait signé il y a six ans de cela un excellent album concept, Shackleton’s Voyage, très influencé par l’univers de Mike Oldfield. Cette fois, avec Great Escapes, c’est un néo-prog plus calibré qu’il nous propose, des chansons bien interprétées, qui font généralement mélodiquement mouche, et bénéficient d’arrangements soignés et racés. “Big Picture”, un titre de dix minutes, renoue quant à lui avec les fastes plus ambitieux du disque précédent. Mais les autres compositions, qui croisent à la fois le Rush des années 1980 ou Marillion, ont tout pour séduire l’amateur de musique directe et exigeante.

 

 

 


LA FABBRICA DELL'ASSOLUTO : "1984 : L’Ultimo Uomo d’Europa» (55:06) 17 €


La Fabbrica dell’Assoluto, qui tire son nom d’un roman de l’écrivain d’anticipation tchèque Karel Capek (l’inventeur du mot robot), est une formation transalpine à la composition tout ce qu’il y a de plus classique. Ce qui l’est moins, c’est la classe de cet album, un nouveau concept basé sur le 1984 d’Orwell (dont le titre initialement prévu était justement Le Dernier Homme en Europe). Les treize morceaux qui se succèdent sont en effet très cinématiques, offrant des atmosphères musicales variées, toujours passionnantes, avec une large part accordée à l’instrumental. La dominante penche toutefois vers le début des années 1970, avec une bonne dose de psychédélisme et des claviers de la force du meilleur ELP et Le Orme. Un voyage dans le temps, de toutes les façons !

 


I AM THE MANIC WHALE : "Everything Beautiful In Time" (digipack) (59:42) 17 €


Ce nouveau groupe anglais n’a clairement pas choisi un patronyme banal, mais celui-ci ne l’empêchera certainement pas de se faire largement connaître. Il faut dire que Everything Beautiful In Time est une superbe œuvre progressive au parfait équilibre entre les parties chantées et les séquences instrumentales. Les 7 compositions (6, 9, 5, 16, 9, 6 et 21 minutes) de ce premier album, par leur symphonisme élégant et mélodique, évoquent en premier lieu une formation comme Big Big Train, mais la brillance des harmonies vocales et des ambiances, rapproche davantage encore I Am The Manic Whale de Moon Safari. Vous le constatez, cette entrée en matière est plus que réussie et montre une nouvelle fois combien le courant progressif est d’une incroyable fécondité !

 

 

 

 


KIAMA : "Sign Of IV" (52:36) 18 €


Infatigable Robert Reed ! Quand il ne s’occupe pas de Magenta, de sa carrière solo ou de projets parallèles, tel le dernier album de Christina Booth, le voilà qui monte de nouveaux groupes ! Le dernier en date, Kiama, n’est pas le moins alléchant : autour de Robert Reed, responsable de la basse et des claviers, sont en effet réunis le batteur Andy Edwards (qui a joué avec IQ, , le guitariste Luke Machin (The Tangent, Machine) et Dylan Thompson (The Reasoning) au chant. Le style honoré est celui d’un rock bien affirmé, tirant souvent vers le néo-prog à la Arena, Kino, Frost, mais qui se rapproche également de ces maîtres des années 1970 que sont Led Zeppelin, Deep Purple ou Uriah Heep, mais également Queen. Le talent des quatre musiciens permet à Sign Of IV, enregistré aux studios Real World de Peter Gabriel, de s’imposer par une interprétation irréprochable et des compositions toujours passionnantes et variées.

 

 


LEAP DAY : "From The Days Of Deucalion - Chapter 2" (digipack) (63:35) 17 €


En 2013, les néerlandais de Leap Day avaient fait paraître la première partie d’un ambitieux concept, dont voici désormais le second et dernier volet. From The Days Of Deucalion - Chapter 2 est un disque de toute beauté, qui déploie un néo-prog aux accents vintage prononcés, une énergie communicative et un symphonisme altier. Un ensemble certes classique dans ses contours, mais qui parvient à charmer les progmaniacs de par le savoir-faire des musiciens, la beauté des mélodies et un chanteur au charisme vocal proche de celui de Marc Tureack (Unitopia, United Progressive Fraternity).

 

 


MAGNESIS : "La Dame De Braise" (46:29) 17 €


Magnesis est un groupe de prog français qui se situe dans la droite lignée du Ange de la grande époque. Ce huitième opus est un concept, centré sur une personnalité historique peu connue : Catherine de Châteauneuf, châtelaine de Côte d’Or du XVème siècle, accusée d’avoir assassiné son mari et brûlée vive, mais dont le groupe fait une figure de la lutte des femmes pour leur émancipation, hors de la tutelle des hommes. L’ambiance médiévale est au rendez-vous, forte de son chant très théâtral (renforcé par un apport féminin bienvenu pour la circonstance) et d’une musique mélangeant apports folk et héritage progressif, claviers fort chaleureux et guitare très lyrique. Une belle réussite !

 


 

 

MARCHESI SCAMORZA : "Hypnophonia" (43:01) 17 €


Marchesi Scamorza nous propose de franchir en sa compagnie le cap du second album. Après La Sposa Del Tempo en 2012, Hypnophonia confirme le grand potentiel de ses auteurs et l’affirme ici avec force et emphase. Pleinement inscrit dans le courant progressif italien des années 70, Marchesi Scamorza nous propose 5 nouveaux morceaux (5, 14, 4, 6 et 13 minutes) qui, portés par un chant dans la langue de Dante, prouvent en effet les progrès réalisés en 3 ans. Hypnophonia s’avère plus aventureux que son devancier et offre des prises de risques formelles à même d’en faire un des meilleurs représentants actuels du genre. La concurrence, plus qu’ailleurs, est terrible en Italie, mais Marchesi Scamorza s’en accommode sans problème en publiant ce second opus particulièrement réussi.

 

 

 


MARTIGAN : "Distant Monsters" (digipack) (75:02) 17 €


Formation allemande inscrite dans le courant du néo-prog, Martigan n’avait pas donné signe de vie depuis 2009, date de la sortie de son précédent album, Vision. Avec Distant Monsters, c’est à un retour en force auquel on assiste. La musique est en effet parfaitement équilibrée entre les divers instruments, d’une grande pureté mélodique, avec un chant un peu plus torturé. On pense ici au meilleur Arena, à leurs compatriotes de Traumpfad ou aux plus anciens de Dilemna : les ingrédients classiques, guitare lyrique et claviers caressants, se mêlent à quelques touches plus électro et une légère fièvre parfaitement contenue. Une parfaite réussite dans le genre.

 

 


MINDGAMES : "Paradox Of Choice" (60:22) 17 €


Mindgames, groupe belge qui avait sorti son premier album en 2003, officie, comme ses voisins de Martigan également évoqués dans cette sélection, dans le style du néo-prog. En apparence, le propos de Paradox Of Choice est plus classique, plus sage, que celui des Allemands, plus fluide également. Mais l’efficacité déployée, la verve des thèmes développés et le symphonisme porté par le piano et la guitare sont autant d’atouts, faisant de ce Paradox Of Choice un superbe représentant du genre.


 

 

MONNAIE DE SINGE : "Error 404" (digipack) (51:26) 17 €


Formation originaire d’Aurillac et composée de sept musiciens, Monnaie de Singe est un groupe qui gagne à être connu. Fort d’une carrière déjà longue de deux décennies, il signe avec Error 404 un disque à la production particulièrement professionnelle. Le chant, en anglais, est à la fois masculin et féminin, ce qui apporte une grande richesse à la musique. Cette dernière, que l’on peut rattacher à des groupes comme Porcupine Tree, Gazpacho ou Ordinary Brainwash, privilégie la construction d’atmosphères mélancoliques, surplombées par une rythmique extrêmement fouillée. Voilà encore un groupe hexagonal qui mériterait une plus grande renommée.

 

 


THE MUTE GODS : "Do Nothing Till You Hear From Me" (digipack) (59:49) 18 €


Dans la série des groupes inattendus, je demande The Mute Gods ! Voici en effet un super-groupe formé par le bassiste Nick Beggs, l’exceptionnel batteur Marco Minnemann et le claviériste complice de Steve Hackett, Roger King. Les trois musiciens se sont attirés des collaborations diverses, de Nick D’Virgilio à Robert Reed, en passant par Ricky Wilde (le frère de Kim Wilde !). Le sujet de leur disque porte sur le pouvoir actuel des médias et la difficulté qu’il y a à atteindre l’information authentique. Le propos musical est ici direct et accessible, proche d’une certaine pop-rock de luxe, avec quelques poussées de fièvre maîtrisées et des atmosphères qui se rapprochent en partie de celles des univers de Steven Wilson; il permet entre autre de découvrir le talent de Nick Beggs au chant, ainsi d’ailleurs que celui de sa sœur Lula, également invitée. Une excellente surprise, à tous points de vue !

 


PHI : "Waves Over Vienna" (79:55) 13 €


Auteur de 3 albums studio, passés malheureusement quelque peu inaperçus, cette formation autrichienne, active depuis de nombreuses années, nous propose ici, à travers cet enregistrement live, de faire connaissance avec elle. Waves Over Vienna - Live At Das Bach s’avère en effet un panorama parfait de la carrière de Phi, montrant toutes les qualités de son post-prog chanté, fluide et groovy qui prend toute sa dimension sur scène. Trio tout à la fois dynamique et subtil, Phi s’inscrit dans le sillage de formations comme Frames, Leech, Porcupine Tree, voire Tool pour les parties les plus musclées. Waves Over Vienna apparaît au final comme un excellent moyen de découvrir un groupe aux nombreuses cordes à son arc progressif..

 


RANESTRANE : "A Space Odyssey - Part 2 : H.A.L." (46:45) 17 €


Cette formation italienne, qui s’était déjà spécialisée dans les adaptations musicales de longs-métrages fantastiques, avait initié voici trois ans un projet particulièrement ambitieux : mettre en musique le chef d’œuvre de Stanley Kubrick, 2001 l’Odyssée de l’Espace (1968). Voici donc le second volet de ce qui devrait constituer une trilogie, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Ranestrane a de l’inspiration à revendre. On navigue ainsi entre ambiances psychédéliques, atmosphères spatiales et moments néo-prog, avec un chant en italien. La présence, une nouvelle fois, de Steve Rothery en invité permet de faire le lien avec Marillion, groupe avec lequel Ranestrane partage une réelle complicité et qu’il évoque d’ailleurs parfois assez nettement musicalement ici. Certes, le spectacle prend tout son sens sur scène, avec la diffusion en parallèle des images du film, mais en l’état, ce second disque contient tout ce qui peut séduire un amateur de prog. Un groupe à découvrir d’urgence !

 


 

SILVER KEY : "The Screams Empire" (digipack) (59:23) 17 €


Silver Key est une formation italienne encore peu connue, composée de Yuri Abietti au chant, Roberto Buchicchio à la guitare, Ivano Tognetti à la basse, Davide Manara aux claviers et Viviano Crimella à la batterie. Après un premier album, In The Land Of Dreams, en 2012, voici donc leur second opus, un concept de science-fiction inspiré de certains films d’horreur du genre et serti dans un très beau digipack. La musique est un néo-prog à tendance spatiale et FM, qui n’est pas sans se rapprocher en partie du Eloy le plus récent, y compris d’ailleurs au niveau du rendu vocal. Très bien produit, The Screams Empire est l’œuvre d’un groupe en devenir, particulièrement prometteur.


 

THE SKYS : "Journey Through The Skies" (45:23) 17 €


Au premier abord, le nouvel album de The Skys donne l’impression d’être moins ambitieux, avec 12 morceaux relativement ramassés (le plus long dure 6 minutes), sans longue digression. Mais ne vous y fiez pas. L’ambition est ailleurs, dans la volonté de ne pas perdre de temps, de délivrer 45 minutes de rock progressif mémorable, sans une minute de délayage. Jonas Ciurlionis, le chanteur guitariste, mène la danse avec sa voix évoquant celle de Rick Wright, ses solos de guitare habités par le feu sacré de la fin des sixties, des 6 cordes jetées dans des cavalcades inspirées (parfois porteuses d’un blues prog lourd et beau), dignes des vieux Pink Floyd. La présence de Snowy White à la guitare sur 2 titres prend alors tout son sens. Le saxophoniste Rob Townsend est un deuxième invité d’honneur au moins aussi prestigieux. Mais la reine du bal, aux côtés de Jonas, est une jeune claviériste de talent qui se nomme Bozena Buinicka. Elle survole le paysage de ses divers instruments vintage, proposant de multiples déchaînements de moog et d’orgue Hammond forcément rugissant, de belles harmonies de piano et même quelques notes de clavecin. C’est encore elle, Bozena, qui, en composant “Love Of Life”, le morceau de clôture, va emmener l’album au sommet, porté par une mélodie ravageuse, une guitare hallucinée et un chant comme seule en était capable Grace Slick en 68. Après deux premiers opus intéressants mais trop inspirés par l’univers de Pink Floyd et d’Eloy pour être vraiment personnels et marquants, les lituaniens de The Skys proposent enfin, avec Journey Through The Skies, un album déterminant. Décollez sans tarder pour un voyage inoubliable.


 

BRUCE SOORD : "Bruce Soord" (digipack) (47:37) 18 €


Bruce Soord, surtout connu en tant que leader de Pineapple Thief, a décidé cette fin d’année 2015 de faire paraître un album sous son seul nom, pour une durée à l’ancienne de quarante minutes. Les dix compositions affichées privilégient une veine plus intimiste, même si on reconnaît la patte de mélodiste du musicien. Et quelle intelligence dans les arrangements, qui se révèlent à la fois d’une grande variété et d’une chaleur communicative. Il faut également absolument citer le chant de Bruce Soord, d’une profonde sensibilité, qui s’ajoute aux éléments précédents pour faire de ce disque une merveille de mélancolie solaire.

 

 

 


TOXIC SMILE : "Farewell" (digipack) (42:11) 17 €


Toxic Smile est une formation allemande encore peu connue du large public prog, en dépit du nombre d’albums déjà réalisés. Gageons toutefois qu’avec ce nouveau disque, les choses risquent fort de changer. Il faut dire que Toxic Smile est un cousin de Seven Steps To The Green Door, le leader de cette dernière formation, Marek Arnold, y étant en charge des claviers et du saxophone. Et comme pour le dernier SSTTGD, Farewell est un bijou mélodique, dans une optique certes plus hard-prog, mais riche en inspiration et en arrangements luxuriants. L’album n’est d’ailleurs constitué en tout et pour tout que d’une unique pièce, longue d’une bonne quarantaine de minutes : de quoi satisfaire les plus exigeants d’entre nous !

 

 

 


 

TROCARN : "Elucubrations" (51:51) (digipack) 13 €


Sept ans après avoir redonné vie à l’unique album de Trocarn, paru dans la plus grande confidentialité en 1977, Christian Fues, aujourd’hui seul maître à bord, a enfin décidé d’en proposer une suite. Il était temps en effet, car le bonhomme, multi instrumentiste à la sensibilité débordante, possède une personnalité artistique à nulle autre pareille. Humble artisan musical, Christian Fues offre ici une œuvre originale, constituée de 8 morceaux (de 2 à 13 minutes) qui forment un tout harmonieux et poétique. Toujours situé dans le sillage de Genesis et d’un certain prog à la française (le phrasé et la poésie des quelques parties chantées), Elucubrations s’en démarque cependant ici plus que sur son devancier et évoque le symphonisme inspiré et inspirant de Ashes Memory de Pulsar. On y retrouve en effet la même référence aux années 70, mais accompagnée d’une plus grande modernité formelle, au services de mélodies toujours très soignées et d’une magnifique musique très souvent cinématique.

 


VIII STRADA : "Babylon" (digipack) (51:19) 17 €


Ceux qui connaissent cette jeune formation italienne savent qu’elle aime mâtiner son progressif symphonico-seventies de séquences plus dynamiques à coups de riffs de guitare efficaces et inspirées. VIII Strada se démarque ainsi de ses congénères, mais sa récente signature par le label Altrock démontre, non seulement son grand talent, mais également sa propension à ne pas figer sa musique dans une quelconque configuration. Babylon, à travers ses 9 compositions (de 2 à 10 minutes) chantées en italien, est typiquement le genre d’album à ne pas juger trop vite, sous peine d’en avoir une vision plus que parcellaire. Les écoutes répétées en font bel et bien une œuvre riche et dense, que le piano et la guitare structurent avec brio. La créativité de VIII Strada est constante et nous permet de découvrir un Babylon typique de l’Italie progressive, c’est à dire exubérant et enchanteur...

 

 


STEVN WILSON : "4 1/2" (36:42) (digipack) 17 €


Fort du succès de son dernier opus studio, Hand.Cannot.Erase, et de la tournée encore en cours, Steven Wilson a décidé de sortir un EP constitué de six titres, pour une durée totale d’un peu moins de quarante minutes. Au programme, pas moins de cinq titres totalement inédits, la plupart issus des sessions de Hand.Cannot.Erase, dont «My Book Of Regrets» joué durant les récents concerts de son nouveau groupe, avec Dave Kilminster à la guitare et Craig Blundell à la batterie. Une reprise de Porcupine Tree est également de la partie, en la personne de “Don’t Hate Me”, qui bénéficie de la participation de la chanteuse Ninet Tayeb. Plus qu’un moyen de faire patienter les fans, un nouveau petit bijou de l’homme aux doigts d’or.