Avant-Propos :

Sans surprise, c’est le nouvel album d’IQ, parmi tous ceux présentés dans la précédente Sélection de Nouveautés, qui a connu le plus fort plébiscite. Trois commandes sur quatre ont ainsi inclus The Road Of Bones, ce qui est somme toute logique au regard de la qualité de ce dernier. Cependant, les ventes ne sont pas toujours corrélées au contenu d’un album, il arrive aussi qu’elles dépendent de la notoriété de son auteur. La question se posera le mois prochain à l’occasion de la sortie du nouvel album de Yes. Ayant eu l’occasion de l’écouter en avant-première, Heaven & Earth s’avère un album certes sympathique (2 bons morceaux, les plus longs, en ouverture et en conclusion, cernant un ventre quelque peu mou), mais assez loin, en terme d’ambition progressive, de Fly From Here. Ce sentiment résulte bien sûr des premières écoutes, et pourrait évoluer au fil du temps à la hausse ou à la baisse, mais ce serait évidemment une évolution à la marge... Quoi qu’il en soit, la passion entourant le groupe anglais est telle que les opinions sur Heaven & Earth ne manqueront pas de s’avérer opposées, notamment au sujet de Jon Davison (et de sa capacité à faire oublier l’autre Jon) ou encore de l’utilité pour Yes de sortir de nouveaux albums de qualité moyenne alors que son nom est à présent davantage une “franchise” censée avant tout honorer (sur scène) son glorieux passé... Quelles que soient nos opinions sur ces questions, elles ne trouveront pas de réponses définitives, non seulement car Yes s’avère la source de tous les fantasmes, mais aussi et avant tout car il a cessé en fait de "s’appartenir". Tant mieux finalement, car voilà de quoi nourrir les débats au sein du microcosme progressif durant de longues semaines !!

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Juin 2014

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

ADVENTURE : "Caught In The Web"

MARCO DE ANGELIS : "The River"

SPLEEN ARCANA : "The Light Beyond The Shades"

 


Sélection de Nouveautés (Juin 2014)...

ADVENTURE : "Caught In The Web" 13 €

ANATHEMA : "Distant Satellite " 18 €

ANGLAGARD : "Prog På Svenska" (digipack) 25 €

MARCO DE ANGELIS : "The RIver " (digipack) 13 €

BILL IN THE TEA : "Big Tree" (papersleeve) 19 €

BRAM STOKER : "Cold Reading" (digipack) 17 €

CONQUEROR : "Stems" (digipack) 17 €

CRIPPLED BLACK PHOENIX : "White Light Generator" (digipack) 18 €

DAWN : "Darker" 17 €

EGO : "Sistema" (digipack) 17 €

GENS DE LA LUNE : "Epitaphe" (digibook) 20 €

THE HEALING ROAD : "Birdbrain’s Travels" 17 €

KARFAGEN : "Magicians Theater" (digipack) 17 €

NICK MAGNUS : "N'monix" (digipack) 17 €

MASAL : "Viens Des Quatre Vents" 17 €

MONARCH TRAIL : "Skye" (digipack) 17 €

PINK ROOM : "Unloved Toy" 17 €

PROWLERS : "Mondi Nuovi" 18 €

QUANTUM FANTAY : "Terragaia" (digipack) 17 €

RANESTRANE : "A Space Odyssey..." (digipack) 17 €

ANTON ROOLAART : "The Plight Of Lady Oona" 17 €

SOLAR PROJECT : "Aquarmada" 17 €

SOLSTICE : "Prophecy" 17 €

SPLEEN ARCANA : "The Light Beyond The Shade" 13 €

THINE : "The DEad City Blueprint" 18 €

 


Adventure : "Caught In The Web" (65:56) 13 €


Annoncé à plusieurs reprises et reporté tout autant de fois, le nouvel et troisième album des norvégiens de Adventure est enfin disponible. Espérons simplement qu’il en soit de même rapidement pour celui de The Gift, victime lui aussi de reports successifs mais pas encore concrétisé au moment où ces lignes sont écrites... Cette parenthère fermée, osons dire sans détours que Caught In The Web est le meilleur album de ses auteurs à ce jour, nous remerciant (c’est souvent le cas dans le prog !!) ainsi implicitement de notre patience. Alternant morceaux enfiévrés et purement symphoniques, mais avec un équilibre jusqu’alors jamais atteint par Adventure, cet opus est un enchantement pour tous les adeptes des seventies qui trouveront ici de fréquentes allusions à certains ténors de l’époque (Pink Floyd, Kansas, Uriah Heep et Jethro Tull en tête). Les 13 présentes compositions (de 1 à 8 minutes) développent au fil des écoutes un horizon musical constamment mélodique et purement vintage. Très belle surprise folk-hard-prog !


ANATHEMA : "Distant Satellites" (56:44) 18 €


On ne présente plus bien sûr Anathema, adepte d’un progressif atmosphérique classieux, dont les mélodies pastel et les ambiances émouvantes ont conquis notre microcosme depuis plusieurs années déjà. Il faut dire que le groupe anglais maîtrise son art sur le bout des doigts et qu’il est bien difficile aujourd’hui de lui reprocher quoi que ce soit. Distant Satellite confirme donc tout le bien que l’on pense de son auteur, et s’il n’atteint que rarement les sommets de We’re Here Because We’re Here (2010), il s’avère globalement supérieur à Weather Systems (2012) et montre qu’Anathema a désormais atteint sa vitesse de croisière, une vitesse qui lui permet quelques audaces au sein de ses certitudes et de la maîtrise de son art. Tout ici est équilibre. Equilibre entre sérénité et intensité, beauté et tension, pour ce Distant Satellites de saison, à écouter dans la douceur des premières belles journées de printemps...


ANGLAGARD : "Prog På Svenska" (digipack) (42:28/44:03) 25 €


Deuxième album live de la carrière d’Änglagård (après l’approximatif et précipité Buried Alive sorti en 1996, testament de sa première incarnation), Prog På Svenska se présente comme un florilège des trois soirées que le groupe suédois prodige passa au club japonais Citta’ en mars 2013, partageant notamment l’affiche avec les figures tutélaires du Crimson ProjeKCt. A l’écoute de Prog På Svenska, il est difficile d’imaginer que le nouveau line-up du groupe (avec le retour du vétéran Tord Lindman à la guitare et l’intégration du claviériste Linus Kåse et du batteur Erik Hammarström) ne s’était alors produit en concert qu’une seule fois, en l’occurrence à Stockholm quelques semaines plus tôt. La prestation est en effet remarquable et ce en dépit des difficultés liées à la restitution sur scène de certains arrangements studio extrêmement foisonnants et délicats. Sept titres son au programme : deux extraits d’Hybris («Jordrök» et «Kung Bore»), deux d’Epilog («Höstsejd» et surtout «Sista Somrar», présenté comme un bonus mais sommet indéniable de l’album), deux extraits de Viljans Öga («Sorgmantel» et le décidemment dispensable «Längtans Klocka», auquel on aurait préféré l’extraordinaire «Snårdom») et un inédit en guise d’entrée en matière, jam ténébreuse enlevée et concentré de topiques prog, qui n’annonce hélas rien de bien précis quant à la tournure que prendra la musique du groupe dans les mois ou les années qui viennent. S’il ne fera pas date comme avait pu le faire en son temps le premier Official Bootleg - Live in Japon des compatriotes d’Anekdoten, ce double live se doit néanmoins de trôner fièrement dans la discothèque de tout amateur d’Änglagård qui se respecte. N’oublions pas que savourer la musique du groupe sur scène fut pendant longtemps un rêve que l’on n’osait même plus caresser. Raison supplémentaire de se réjouir de la sortie de Prog På Svenska.


MARCO DE ANGELIS : "The River" (68:41) 13 €


Bien que de nationalité italienne, Marco De Angelis propose, en guise de premier album (sorti fin 2013 et donc proposé ici avec un peu de retard), un progressif d’obédience anglaise. A l’écoute de ce concept-album soigné et doté de trouvailles sonores, impossible de ne pas penser à Pink Floyd, celui de la fin des années 70 ou de The Division Bell en priorité. Multi-instrumentiste, accompagné ici de plusieurs invités (dont un batteur et un chanteur, mais aussi 5 différentes ‘back’ vocalistes), Marco De Angelis offre avec The River une oeuvre savoureuse et mélodique, dont les 11 morceaux (souvent reliés entre eux) révèlent des arrangements particulièrement soignés et probants. Porté de plus par une production irréprochable, cet album introductif est d’ores et déjà bien plus qu’une simple carte de visite pour le progressif “visuel” et aérien de Marco De Angelis...

 


BILL IN THE TEA : "Big Tree" (Papersleeve) (51:04) 19 €

 


C’est une nouvelle fois du côté de l’Italie, plus précisément de la Sicile, qu’il faut se tourner pour découvrir cette magnifique nouveautés. Bill In The Tee, constitué de jeunes musiciens, offre un progressif, certes symphonico-latin dans son essence, mais doté de tendances tour à tour atmosphériques, jazzy-lounge (comme Le Dimanche, groupe néerlandais, l’avait fait il y a quelques années), voire post-rock... Sorte de croisement entre PFM, DFA, Happy The Man ou Lagartija, le tout gorgé du soleil méditerranéen, Bill In The Tea offre une musique, comme un grand séducteur offrirait ses charmes à la personne convoitée, c’est-à-dire avec tact et passion. Les 9 compositions (de 2 à 8 minutes) de Big Tree, dont les 2 premières incluent du violon, s’avèrent en grande partie instrumentales et imposent en effet le talent de leurs jeunes auteurs, dont on devrait beaucoup parler dans les semaines (et encore plus dans les années) qui viennent...


BRAM STOKER : "Cold Reading" (digipack) (54:49) 17 €


Les coups de coeur arrivent sans se faire annoncer ! Encore moins quand les dernières nouvelles que l’on avait du groupe concerné remontaient à plus de 40 ans. Bram Stoker retrouve en effet les feux de l’actualité après avoir publié un premier album en 1972 puis disparu de la circulation depuis. Cette anecdote pourrait clore l’intérêt porté à cette formation anglaise, mais la découverte de Cold Reading, tels les fantômes qu’il met en scène (je parle du concept ici, pas des musiciens...), engendre une surprise de taille, mais de celle bien sûr qui ne glace pas le sang mais rechauffe les corps et les coeurs. Alternant compositions instrumentales (5) et chantées (5 également), Cold Reading offre un équilibre parfait, non seulement par cette parité finalement peu courante, mais par la brillance mélodique qui se dégage de cette musique intemporelle. Intemporelle en effet, et avant tout car Bram Stoker n’use pas d’artifices pour exposer son propos efficace et magnificient, qui repose en priorité sur les compétences de claviériste de Tony Bronsdon. Son usage de l’orgue hammond, par exemple, a rarement été aussi fructueuse au sein d’un contexte que l’on pourrait qualifier de néo-progressif, mais avant tout pour la modernité et la chaleur qui se dégage de cet album magnifique. Au programme de Cold Reading, 2 superbes reprises instrumentales du premier opus (qui étaient elles mêmes des adaptations de pièces classiques) et 8 nouvelles compositions (5 minutes en moyenne) qui forment un tout harmonieux, dont on ne peut s’extraire en cours d’écoute et qui nous laisse un sentiment de plénitude. C’est bien ce qui s’appelle un coup de coeur...

 


CONQUEROR : "Stems" (digipack) (50:09) 17 €


Conqueror est une formation transalpine déjà confirmée, mais qui n’a sans doute pas encore conquis (sic) la place éminente qui lui revient. Pourtant, la musique déployée par les quatre musiciens durant ces treize nouvelles compositions mérite largement le détour. Lorsque la dominante est instrumentale, on se trouve confronté à des atmosphères floydiennes et proches de Marillion, où claviers et guitares nous emportent dans des mélodies envoutantes. Le chant cristallin de Simona Rigano, qui s’exprime par ailleurs en italien, est l’atout essentiel des morceaux les plus paisibles, des ballades bien léchées, d’une grande sensibilité. L’ensemble n’est pas novateur, mais diablement efficace dans son genre, et confirme l’excellente forme du progressif italien.


CRIPPLED BLACK PHOENIX : "White Light Generator" (digipack) (70:48) 18 €


Plus qu’un groupe, Crippled Black Phoenix s’apparente parfois à un projet à géométrie variable, dont le propos musical est lui aussi changeant. Le tout repose bien sûr sur une base post-rock progressive, mais l’équilibre varie selon les albums (celui est le septième en autant d’années d’existence), avec plus ou moins d’éléments psyché et planants insérés à l’ensemble. White Light Generator est un très bon cru, d’une richesse assez incroyable, faisant valser les émotions et les certitudes de ses auditeurs. Entre ombre et lumière, Crippled Black Phoenix impose donc sa personnalité musicale avec éclat et certitude. A chacun de savoir s’il désire s’insérer dans cette frénésie créative, avérée et jouissive...


DAWN : "Darker" (67:22) 17 €


Dawn est un groupe rare et précieux. Les Suisses avaient en effet réalisé un très bon Loneliness il y a de cela sept ans, et le groupe, devenu quatuor, vient de sortir son deuxième disque, encore plus abouti que le précédent. Il s’agit toujours d’une musique emplie d’admiration pour les grands ancêtres (Pink Floyd et Genesis en tête), mais qui sait se mettre au goût du jour, enrichissant ses compositions (parmi lesquelles une suite de vingt minutes sur l’arme atomique) de nombreuses idées d’arrangements originales, et bénéficiant en outre d’une très belle production. Le résultat est un disque de rock prog symphonique de haute volée qui, à la manière des américains de Days Between Stations, se pare parfois d’élements post-rock, et dont les claviers analogiques à eux seuls valent le détours !


EGO : "Sistema" (digipack) (43:01) 17 €


Formé en 2005 à Varèse, Ego est un trio claviers/basse/batterie (agrémenté de quelques incursions d’un flûtiste et d’un tromboniste) qui publie ici son troisième opus. Il ne vous étonnera pas d’apprendre que Ego se situe dans la grande lignée des descendants de ELP, mais cette influence est ici très loin d’être scolaire et stérile, puisque Sistema est nourri d’une étonnante créativité et d’une volonté manifeste de coller à son époque. Les claviers dominent donc logiquement les débats, mais le contexte dans lequel ils s’expriment n’est pas purement “ELPien”. Loin s’en faut même, puisque quelques ornements électroniques et mêmes quelques effluves ‘canterburyennes’ (légères néanmoins) se font entendre tout au long des 7 compositions de Sistema, ce qui permet à se dernier de se parer d’une réelle originalité (doublée d’une modernité formelle) au sein de son orthodoxie progressive...

 


 

 

GENS DE LA LUNE : "Epitaphe" (digibook) (47:23/38:52) 20€


Epitaphe, nouveau double-album du groupe de Francis Décamps, se décline en 12 tableaux (de 4 à 12 minutes) qui retracent de manière chronologique la vie tourmentée de Léon Deubel, poète franc-comtois mort à 34 ans en 1913 après s’être suicidé en se jetant dans la Marne. Gens De La Lune a ainsi décidé, à travers cet opera-rock naturaliste (riche et ambitieux), de nous faire partager la courte existence de ce homme (à l’âme trop pure peut-être), à travers une multitudes d’anecdotes et d’une musique réellement angélique, que le Ange “officiel” n’enfante plus guère actuellement. Epitaphe, présente dans un sompteux digibook (prenant l’apparence d’un vieux grimoire) s’inscrit donc dans la grande tradition des oeuvres conceptuelles progressives et ravira donc les adeptes d’un propos musical mouvant et au fort pouvoir émotionnel.


THE HEALING ROAD : "Birdbrain's Travels" (45:50) 17 €


The Healing Road, projet du multi instrumentiste allemand Hans Peter Hess, n’en est pas à son coup d’essai. Birdbrain’s Travels est déjà sa cinquième réalisation, et si initialement, la dominante empruntait beaucoup aux paysages musicaux du grand Mike Oldfield, ce nouvel opus s’avère plus diversifié, évoquant tout à la fois ELP et Genesis, bien que l’ombre tutélaire du créateur d’Ommadawn soit toujours bien présente. Divisé comme bon nombre d’albums des années 70 en deux suites d’une vingtaine de minutes, Birdbrain’s Travels est un nouveau voyage instrumental dominé par les claviers, superbe tableau de progressif symphonique et bucolique.

 


KARFAGEN : "Magicians Theater" (digipack) (57:34) 17 €


Antony Kalugin est un artiste impressionnant : il semble passer ses jours et ses nuits à composer, que ce soit pour ses divers projets -Sunchild ou Hoggwash- ou pour Karfagen, dont le dernier album en date remonte seulement à 2013 ! Ce nouvel opus a l’intelligence d’explorer des versants quelque peu différents du jazz-rock canterburyen ou folk antérieur. Il débute en effet par un titre emphatique au possible, que n’auraient pas renié Keith Emerson ou Rick Wakeman ! La suite se révèle plus diversifiée, mais également un peu plus dure, légèrement plus agressive qu’à l’accoutumée, avec toujours une palette de sonorités extrêmement étendu, véritable Cirque du Soleil progressif. La richesse des arrangements est donc plus que jamais de mise, et le résultat est une démonstration de prog symphonique bigarré simplement ébouriffante...


NICK MAGNUS : "N'monix" (digipack) (46:50) 17 €


Nick Magnus est l’ancien claviériste de Steve Hackett, qu’il accompagné et épaulé de la fin des années 70 à la fin des années 80. Revenu sur le devant de la scène il y a quinze ans, il nous avait proposé des albums intéressants, bénéficiant de la présence de plusieurs invités de marque, mais souvent disparates et manquant partiellement de vigueur. Cette fois, tous les ingrédients d’un progressif accessible et délicat sont là, déclinés au long de huit compositions très inspirées, qui évoquent les années Spectral Mornings et Defector de Steve Hackett, mais plus largement le symphonisme de Genesis et de Tony Banks. Steve Hackett est d’ailleurs présent pour quelques soli d’anthologie, tout comme Pete Hicks, Rob Townsend et Tim Bowness. Une très belle réalisation, qui célèbre avec brio tout un héritage.

 


MASAL : "Viens Des Quatre Vents" (44:19) 17 €


Groupe de Jean-Paul Prat (au départ batteur, mais qui laisse désormais la place à son fils Jean derrière les fûts pour se consacrer au piano), qui avait publié en 1982 sous son nom le mythique Masal, devenu depuis lors le patronyme de son projet. Toujours d’obédience zeuhlienne, mais se tournant de plus en plus vers une fusion symphonique de très haut niveau. Le piano du maître de cérémonie est au coeur des 5 compositions (6,11, 5, 11 et 10 minutes) de Viens Des Quatre Vents, et se voit relayé ou complété par la guitare ou le saxophone, voire les 2 simultanément. A la manière du Forgas Band Phenomena, avec un groove rythmique similaire et une architecture sonore tout aussi élaborée, Masal impose son art avec un brio évident et une brillance mélodique, à même de lui amener les faveurs des amateurs d’un progressif plus orthodoxe...


MONARCH TRAIL : "Skye" (45:59) (digipack) 17 €


Si Ken Baird n’a jamais vraiment fait l’unanimité au sein du microcosme progressif malgré des qualités évidentes, il faut en chercher la cause du côté d’une dichotomie, au sein de ses oeuvres solos, entre les pièces les plus ambitieuses (très réussies) et celles portées par une légèreté confinant (parfois) à la banalité. Ce nouveau projet a toutes les chances de changer la donne pour le claviériste canadien, non seulement car Skye et ses 4 longues compositions (11, 8, 6 et 20 minutes) font un sans-faute, mais car il y est entouré d’une réelle formation (d’où le nom de groupe) capable enfin d’offrir à Ken Baird l’enrobage formelle qu’il mérite. Monarch Trail offre une délicieuse musique symphonique, qui renvoie à Camel et à Genesis, dont les claviers sont les fers de lance des longues envolées instrumentales qui jalonnent ce Skye de toute beauté. A ne pas rater.

 


 

PINK ROOM : "Unloved Toy" (60:04) 17 €


On pensait le voir arriver plus vite ce second opus des polonais de Pink Room. Contrairement à ce que laisse imaginer ce patronyme coloré, la musique découverte ici est plutôt sombre et se situe dans le sillon de celle de formations comme Porcupine Tree, King Crimson et Riverside. Ambiances sombres donc, mélancoliques aussi et parfois enfiévrées, le progressif de Pink Room démontre la technique sans faille de ses musiciens (quel guitariste !), rehaussée par la production impeccable dont bénéficie ce très réussi Unloved Toy...


PROWLERS : "Mondi Nuovi" (58:23) 18 €


Cinquième album (eh oui, déjà !!) de cette formation italienne, Mondi Nuovi nous parvient 20 ans pile poil après le premier et s’avère un cru dans la moyenne haute de son auteur. Il faut dire que Prowlers est un artisan talentueux (à défaut d’être génial) du progressif transalpin, s’attachant à développer une musique symphonique de qualité, portée par le chant de Laura Mombrini et rehaussée de parties instrumentales avenantes et inspirées. Prowlers, avec assiduité et application, se construit une bien belle carrière, se situant au coeur du progressif italien le plus classique, qui manque parfois ici d’ambition et d’ampleur mais dont on ne peut nier la sincérité et la joliesse...

 


QUANTUM FANTAY : "Terragaia" (digipack) (70:05) 17 €


Quantum Fantay, combo belge fondé en 2009, en est déjà, avec ce Terragaia entièrement instrumental, à son cinquième opus. Et n’ayons pas peur des mots, cette nouvelle galette est un véritable coup de maître. Bénéficiant de la présence de divers invités peu connus, Terragaia offre une musique dense, riche et toujours intensément mélodique. Il y a du progressif romantique et bucolique dans leur personnalité (la forte empreinte de la flûte), mais bousculé et drossé par du space-rock à la Ozric Tentacles, du jazz-rock aérien et même de la world music, l’ensemble dégageant une fragrance magnétique irrésistible. Un album à ne manquer sous aucun prétexte !


RANESTRANE : "A Space Odyssey (Part I “Monolith)" (digipack) (50:09) 17 €


Bien que ce groupe italien ait déjà publié 2 albums, il demeure encore mal connu et ne jouit pas de l’éclairage médiatique qu’il mérite. Pour preuve, notre présentation tardive de ce troisième opus, sorti fin 2013, et qui bénéficie de plus du concours de Steve Hogarth et Steve Rothery. Le titre d’ouverture notamment, porté dans son introduction par le talent du chanteur de Marillion, offre un progressif somptueusement aérien que le groupe anglais ne propose plus que très ponctuellement de nos jours. A Space Odyssey (Part I “Monolith), première partie d’une trilogie, est à l’avenant de cette magnifique mise en bouche, les 5 morceaux suivants (de 4 à 9 minutes) s’inscrivent dans le même sillon symphonique et mélodique, que l’on pourra à sa guise et selon ses références propres rapprocher de Le Orme, PFM, Pink Floyd, voire le Porcupine Tree le plus aérien. Inutile d’en dire plus, Ranestrane mérite d’être écouté (enfin !) par le plus grand nombre...


ANTON ROOLAART : "The Plight Of Lady Oona" (44:24) 17 €


Ce musicien néerlandais, exilé actuellement aux Etats-Unis est certainement connu de peu d’entre vous, car son premier opus, pourtant des plus prometteurs, n’avait pas vraiment rencontré dé succès lors de sa sortie en 2007. The Plight Of Lady Oona, orné d’une superbe pochette heroic-fantasy, confirme tous les espoirs placés dans son auteur, en offrant un progressif symphonique camelo-floydien de très belle facture. Multi-instrumentiste de talent, accompagné sur un titre par Annie Haslam (Renaissance) au chant, Anton Roolaart a su bâtir 6 compositions (de 5 à 14 minutes) emplies de l’esprit des années 70 et nourries de mélodies ensoleillées. Une nouvelle fois, une progression fulgurante, à même de permettre à la carrière de Roolaart de décoller pleinement !!


SOLAR PROJECT : "Aquarmada" (50:47) 17 €


En dépit d’une pochette quelque peu minimaliste et peu attrayante, Aquarmada marque le superbe retour de Solar Project sur la scène progressive. Le groupe de Robert Valet (avant tout claviériste), une nouvelle fois entouré d’une multitude d’invités (dont une section rythmique et un guitariste), n’avait en effet rien publié depuis 2007 et semble n’avoir rien perdu de ses compétences. Celles notamment de récréer avec brio et personnalité un univers floydien, à la sauce allemande, comme Eloy a su le faire en son temps. Les 8 compositions (de 3 à 9 minutes) de Aquarmada, plutôt instrumentales (malgré les 4 vocalistes conviés, dont une femme), délivrent en effet un progressif symphonique, aérien et très inspiré mélodiquement. Voici donc sans nul doute l’album le plus cohérent (car le moins délayé) de Solar Project à ce jour, donc tout aussi certainement le plus réussi de sa discographie...

 


SOLSTICE : "Prophecy" (77:18) 17 €


Solstice est une formation anglaise des années 80, demeurée globalement dans l’ombre des grands de l’époque phare du néo-prog. Ayant effectué, comme bien d’autres groupes d’antan, un retour voici quelques années, Solstice propose un nouvel album studio qui devrait retenir davantage l’attention. La raison en est simple : c’est Steven Wilson qui s’est chargé du mixage du disque, proposant en outre trois réinterprétations de vieux titres (issus de Silent Dance, premier opus du groupe en 1984). L’occasion idéale pour découvrir une mixture folk-prog bien dosée, mêlant Pink Floyd (ah, ce guitariste !), de belles parties de violon, des claviers affirmés, un zeste de soul et d’ambiances orientales, un groupe qui a su doter sa musique d’un vernis contemporain de très bon goût.


SPLEEN ARCANA : "The Light Beyond The Shades" (46:32) 13 €


Il aura fallu attendre 5 ans pour découvrir le successeur de The Field Where She Died. Il faut dire que Julien Gaullier, Mister Spleen Arcana, est seul (ou presque, puisqu’un batteur l’accompagne ici) à bord de ce projet. The Light Beyond The Shades montre d’entrée les progrès effectués par l’homme-orchestre de Spleen Arcana, certes toujours aussi perfectionniste mais désormais passé maître dans l’art d’édifier sa musique. The Light Beyond The Shades , à l’architecture solide et variée, repose sur 3 piliers fondateurs (12, 10 et 24 minutes), qui prouvent en effet combien leur auteur adore le progressif des années 70 et cherche à en recréer “la substantifique moelle”. Au final, Spleen Arcana offre un progressif globalement symphonique, qui doit beaucoup au progressif floydien de Meddle/Wish You Were Here tout en se parant régulièrement de séquences proches davantage de King Crimson ou de Jethro Tull. Julien Gaullier est un artiste véritable, de ceux dont l’intransigeance est synonyme de quête permanente de la beauté absolue. La route est longue certes, mais Spleen Arcana y est engagée avec foi et talent...

 


THINE : "The Dead City Blueprint" (56:19) 18 €


Cette formation anglaise, formée en 1993, n’avait eu l’heur jusqu’alors de ne publier que 2 albums (en 1998 et 2002), avant de disparaître carrément des écrans radar. 12 ans plus tard, Thine refait parler d’elle, occasion de découvrir un nouvel opus mais aussi d’apprendre que ses membres n’avaient jamais mis fin à l’aventure dans l’intervalle. The Dead City Blueprint développe un progressif moderne et se situe entre Anathema, Katatonia, Pineapple Thief et Porcupine Tree, développant des atmosphères assez sombres, atmosphériques, mais traversées de fulgurances guitaristiques. Vous l’aurez compris, on flirte ici avec le metal atmosphérique, pour un résultat d’ensemble tout à fait réussi, homogène et à même de séduire un public peu habitué aux faits d’armes progressifs...