Avant-Propos :

La crise qui touche l’industrie du disque depuis quelques années déjà va t-elle être atténuée par le projet de loi Création et Internet, que le Parlement est actuellement en train d’examiner et qui vise à combattre le téléchargement illégal !?... Il est bien sûr trop tôt pour le dire, mais si les distributeurs (officiels, soyons précis) commençaient par faire leur travail correctement, nul doute que les choses ne pourraient aller que mieux. Un exemple ? Allons-y ! Le nouvel album de Frost*, officiellement sorti le 14 novembre dernier, se voit ainsi diffusé en France depuis le 9 mars seulement. Soit 116 jours exactement après sa disponibilité réelle. On ne marche pas sur la tête là !!!?!!! Et InsideOut, victime lui aussi de cette hérésie (car dépendant du bon vouloir de ses distributeurs contractuels), courbe l’échine à son tour, espérant comme nous que ce décalage temporel n’ait pas suscité trop de piratages en tout genre... Evidemment, tout cela ne peut pas être neutre sur les ventes de Experiments In Mass Appeal, même si le “nouvel” opus du groupe anglais est proposé dans une version limitée des plus attractives, contenant notamment (outre divers bonus) une superbe version instrumentale de l’album...
A ceci, il convient de regretter également l’attitude de certains labels qui n’hésitent pas à augmenter leur prix de vente, allant à l’encontre de l’attitude la plus logique à adopter en ces temps difficiles, et nous obligeant en conséquence à répercuter ces hausses sur nos tarifs. Désolé d’avance.
Heureusement, les excellents sorties foisonnent encore et toujours au sein de notre microcosme, permettant heureusement d’oublier très vite ces contingences matérielles et de sortir musicalement de cet hiver sans fin...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


Promotion Mars 2009

Jusqu'au 1er avril 2009 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 CD à 14 € pièce !!! 

RETROSPECTIVE : «Stolen Thoughts»

THE SOURCE : «Prickly Pear»

 


La dernière Sélection de Nouveautés (Mars 2009)...

ARGOS : "Argos" 17 €

AYREON : "Timeline" (3CD+DVD) 38 €

EYE 2 EYE : "After All" 17 €

FORGOTTEN SUNS : "Innergy" 16 €

FROST* : "Experiments In Mass Appeal" (Ed. Limitée) 23 €

GOD IS AN ASTRONAUT : "God Is An Astronaut" 17 €

LEECH : "Stolen View" 17 €

METAMORPHOSIS : "Dark" 17 €

MINIMUM VITAL : "Capitaines" 20 €-

MMCIRCLE : "Requiem Pour Un Vivant" 17 €

PARALLEL OR 90 DEGREES : "A Can Of Worms..." (2CD) 20 €

RETROSPECTIVE : "Stolen Thoughts" 14 €

RUNAWAY TOTEM : "Manu Menes" 17 €

SAGA : "Contact - Live In Munich" (2CD) 23 €

SNARLING ADJECTIVE CONVENTION : "Bluewolf Bloodwalk" 17 €

THE SOURCE : "Prickly Pear" 14 €

SPAGHETTI EPIC III : "The Great Silence" 17 €

IAN TESCEE : "A Traveler’s Guide To Mars" 17 €

ULYSSES : "The Gift Of Tears" 17 €

STEVEN WILSON : "Insurgentes" (CD+DVD) 19 €

YAK : "Journey Of The Yak" 17 €


ARGOS : "Argos" (52:56) 17 €


Ce premier album a vraiment de quoi se trouver rapidement un grand nombre d’adeptes ! Il faut dire que sa première écoute est des plus festives, montrant un propos coloré, ‘seventies’ et typiquement anglais alors que Argos est d’origine allemande... Quoi qu’il en soit, ce succulent opus, scindé en 3 parties dont les titres évoquent volontairement et assez clairement les influences du groupe (“Part 1 : Nursed by Giants, Part 2 : Canterbury Souls, et Part 3 : From Liverpool to Outer Space”), offre 14 courtes compositions (de 2 à 6 minutes) d’excellente facture, aux mélodies particulièrement soignées et qui évoqueront notamment de magnifiques souvenirs aux adeptes du meilleur Caravan. Et comme ce rapprochement stylistique n’est pas très fréquent, on se délectera bel et bien de certaines interventions vocales à la Pye Hastings ou des envolées de claviers dignes du David Sinclair de “Nine Feet Underground”. Facile d’approche et pourtant profond et intense, cet opus est vraiment une bénédiction en ces temps troublés.


AYREON : "Timeline" (3CD+DVD) 38 €


Près de quinze ans après les débuts de l’aventure Ayreon, un carrefour des plus marquants pour le progressif au vu de la pléiade d’invités qui figurent sur ses différents disques, Arjen Anthony Lucassen a donc décidé d’en proposer un bilan sous la forme d’une compilation de trois CDs, regroupant des extraits de chacune des sept œuvres studio réalisées. Classés par ordre chronologique et remasterisés, les 33 morceaux laissent parfois apparaître des versions plus rares (acoustiques ou réduites au format radio), avec surtout un inédit final, «Epilogue : The Memory Remains», neuf minutes conçues comme un lien entre la discographie passée et le futur de l’artiste. Quant au DVD, il compile toutes les vidéos réalisées, clips inédits, versions live, pour un copieux ensemble de 19 titres et quasiment 2 heures. Il faut y ajouter un très beau poster récapitulant tout l’univers science-fictif d’Ayreon. L’occasion rêvée de réviser ses classiques !


EYE 2 EYE : "After All" (75:24) 17 €


Nos amis franciliens sont de retour et c’est tant mieux ! Car After All qui suit One In Every Crowd d’une triplette d’années est encore plus réussi, et notre pays retrouve de belles couleurs progressives ces derniers temps (voir les autres parutions de Minimum Vital, XII Alfonso, Syrinx, etc). Toujours ancré dans une veine symphonique et mélodique, Eye 2 Eye propose son lot de compositions épiques à tiroirs, avec en particulier un guitariste en état de grâce qui fait véritablement plaisir à entendre. Une belle réussite à encourager, cocorico !!!


FORGOTTEN SUNS : "Innergy" (64:34) 16 €


A l’inverse de Metamorphosis (avec qui il partage le même label), Forgotten Suns a désormais quitté (définitivement ?) les terres néo-progressives de ses débuts pour sillonner celles d’un prog-metal, prog-metal qu’il maîtrise d’ailleurs sur le bout des doigts. Evidemment, le public visé n’est plus tout à fait le même, et l’influence principale du groupe portugais est à présent bien plus à chercher du côté de Dream Theater que de IQ ou Pendragon. Innergy, à défaut d’être le fruit d’une écriture complexe, possède malgré tout une mise en forme et un son impeccable, garants de sa force de séduction auprès des adeptes du hard-prog symphonique qu’il s’applique à créer avec un enthousiasme communicatif...


 

FROST* : "Experiments In Mass Appeal" (Ed. Limitée) (56:40+DVD) 23 €


Après un premier album très remarqué, Jem Godfrey avait failli mettre fin à l’aventure de son super-groupe (de par ses engagements professionnels de plus en plus prenants) pour fort heureusement changer d’avis l’année dernière. Devenu quintet avec le chanteur-guitariste de Darwin’s Radio en guise de nouvelle recrue, Frost* adopte pourtant une approche quelque peu différente, et ceux qui attendent une copie conforme du progressif flamboyant de Milliontown en seront pour leurs frais. Plus direct et énergique, Experiments In Mass Appeal propose en effet une pop-rock progressive excellemment produite et interprétée (section rythmique en béton, guitare souvent lyrique de John Mitchell), mettant en avant le chant du nouveau-venu, il est vrai indéniablement plus compétent dans son rôle que Jem Godfrey. Si on est parfois plus proche de Muse que de IQ ou Spock’s Beard, le groupe a conservé certaines de ses meilleures spécificités, avec notamment un travail mélodique très abouti dont l’efficacité indéniable ne rime pas avec facilité. Et il suffit d’écouter des perles comme le morceau titre ou “Dear Dead Days”, alliant un chant expressif et émouvant avec de formidables fulgurances instrumentales, pour voir tout esprit critique fondre comme neige au soleil. Passée donc la surprise initiale, pas forcément agréable, les écoutes successives finissent par convaincre de la qualité réelle d’Experiments In Mass Appeal, à la fois moderne, ambitieux et accessible. Qui dit mieux ?


GOD IS AN ASTRONAUT : "God Is An Astronaut" (61:18) 17 €


Bien qu’éponyme, cet opus n’est pas la réédition d’un éventuel premier album oublié du groupe anglais, mais bel et bien le dernier né de sa féconde discographie. God Is An Astronaut, roi du “Post-Rock Progressif”, délivre une nouvelle fois de sublimes compositions (10, de 4 à 11 minutes), faites d’envolées tour à tour atmosphériques et enfiévrées. Opus révélant un talent hors du commun, et visitant la large palette des sentiments humains (de la plus grand sérénité à la colère), God Is An Astronaut emporte ses auditeurs comme une vague un surfeur, leur permettant (en glissant sur le matérialisme ambiant) de voir le monde de manière inédite. Ce style musical, initié par une formation comme Godspeed You! Black Emperor, grandit au fil du temps et trouve ici une incarnation des plus progressives, à même de redorer le blason de notre mouvement auprès des médias et surtout auprès des mélomanes les plus jeunes. Bravo !!!


LEECH : "The Stolen View" (53:02) 17 €


Si l’on ne se plaindra évidemment pas de la vitalité actuelle de notre mouvement, sa foisonnante diversité ne rend pas toujours notre tâche facile quand il s’agit d’en extraire les éléments les plus intéressants. Dans le cas particulier de Leech, il aura ainsi fallu la publication de son quatrième album pour découvrir ce groupe suisse à la personnalité déjà bien affirmée. Oeuvrant depuis ses débuts dans un Post-rock hérité des maîtres du genre, Godspeed You! Black Emperor en tête, le quintet y rajoute une ici coloration plus typiquement progressive à travers un goût prononcé pour les ambiances space-rock, renvoyant du coup souvent à Pink Floyd, Eloy ou encore le Porcupine Tree époque Coma Divine. Les quatre longues pistes (de 8 à 20 minutes) qui constituent l’ossature de The Stolen View, totalement instrumentales, voient ainsi s’enchaîner montées en puissances hypnotiques, explosions électriques telluriques et accalmies cosmico-planantes avec une maîtrise qui témoigne d’une réelle maturité en matière de composition. Avec de plus une interprétation à la fois fine et efficace et une production impeccable, Leech est assurément une formation qui mérite toute votre attention.


METAMORPHOSIS : "Dark" (61:25) 16 €


Ce quatrième album de Metamorphosis marque une nette rupture avec ses devanciers, évolution appréciable au demeurant car ceux-ci avaient certes creusé un délicieux sillon floydien mais en avaient clairement fait le tour (possible ça de “faire le tour d’un sillon” !?). Dark, dont le patronyme annonce la rupture annoncée sans pour autant traduire à la lettre l’évolution musicale, s’avère donc un opus moins prévisible que par le passé, car Metamorphosis a su renouveler son propos en lui adjoignant une savoureuse dimension néo-progressive. Sorte de croisement entre Pink Floyd (on ne se refait pas) et le Marillion des débuts (le brillance mélodique recensée sur les 8 présentes compositions -de 3 à 10 minutes- y est certainement pour beaucoup), Dark possède également une modernité de ton que ne renierait pas Porcupine Tree par exemple. Metamorphosis fait donc un sacré bond en avant dans la hiérarchie progressive mondiale, passant du statut de “sympathique petit groupe” à celui de formation sur laquelle il faut désormais compter ! Excellente surprise !


MINIMUM VITAL : "Capitaines" (digipack) (51:51) 20 €


Enfin ! Les frères Payssan se sont enfin décidés à donner un successeur au gouleyant Atlas, sorti en 2004, une éternité. Laissant de côté l’aventure Vital Duo, ils livrent un disque dont ils sont à nouveau les Capitaines, voguant sur les flots stylistiques qui ont fait leur succès. Les neuf nouvelles compositions, de 3 à 7 minutes) renouent même avec l’ambiance de leurs premières œuvres, le travail rythmique étant ici spécialement soigné et les claviers plus innovants que jamais. Magie symphonique, symphonie baroque et mélodies ensorcelantes constituent le livre de bord de ce septième album studio, présenté dans un très joli digipack. Un must !


MMCIRCLE : "Requiem Pour Un Vivant" (44:43) 17 €


Batteur du groupe Spaced Out, Martin Maheux (le MM en question !) publie ici le troisième opus de ses aventures en solitaires. Entouré ici d’un quatuor à cordes féminin, notre bonhomme base ses compositions sur les échanges entre ses fulgurances rythmiques jazzy et les développements acoustico-classisants de l’orchestre de chambre. Cette mixture originale ne manquera pas d’attirer les plus curieux d’entre nous, notamment par la capacité de Martin Maheux à rendre sa musique attrayante car pleine de recoins à explorer. Dépaysement assuré !


 

 

PARALLEL OR 90 DEGREES : "A Can Of Worms : The Best Of PO90 1996-2001" (79:54/79:45) 20 €


Jamais officiellement dissous, mais mis explicitement de côté avec les activités de son mentor au sein de The Tangent, Parallel Or 90 Degrees devrait reprendre très vite du service. L’idée était dans l’air depuis quelques temps déjà, mais l’élaboration et la parution de cette compilation ont définitivement motivé Tillison et ses anciens acolytes. A Can Of Worms : The Best Of PO90 1996-2001, comme son titre l’indique, regroupe les meilleurs titres publiés par le groupe anglais sur ses 5 albums, totalement épuisés aujourd’hui, rendant ce double-CD particulièrement intéressant. Mais ce qui finit de conférer à l’objet le plus profond intérêt sont les 30 minutes inédites qui auraient du figurer sur un album jamais publié au final. Vous le voyez, A Can of Worms a tous les atouts pour permettre à Parallel Or 90 Degrees de faire connaître aux mélomanes progressifs son récent passé et surtout de leur donner envie d’accompagner les futures aventures de Tillison et ses amis !!!


RETROSPECTIVE : "Stolen Thoughts" (46:37) 14 €


Pas une Sélection de Nouveautés sans groupe polonais depuis quelques mois. Et ce n’est pas fini puisque le nouvel opus de Satellite devrait nous parvenir prochainement... Retrospective ne s’inscrit pas dans la tradition néo-progressive locale, mais suit davantage les traces d’un Riverside qui aurait quelque peu calmé ses ardeurs ‘metalliques’ pour donner vie à des compositions (8, de 3 à 10 minutes) plus aériennes, plus acoustiques et somme toute plus sombres et mélancoliques. Si Riverside (et Pink Floyd) demeure bel et bien une référence souvent citée au sein de la musique de Retrospective, King Crimson, Porcupine Tree, voire le Galahad le plus récent, viennent également pointer le bout de leur nez de temps en temps. Stolen Thoughts s’avère donc un album pleinement réussi, aux ambiances hypnotiques et aux développements instrumentaux emplis d’une force évocatrice qui ne devrait ne laisser personne insensible. Superbe !


RUNAWAY TOTEM : "Manu Menes" (72:26) 17 €


Hasard de l’actualité, quelques mois seulement après la sortie du second opus de Universal Totem Orchestra (les 2 groupes sont issus de la même souche), Runaway Totem nous dévoile le 7ème volet de ses aventures musicales, et avec le même succès que son alter ego. En général, quand une formation se scinde en 2 entités, le potentiel de ces dernières se voit lui aussi divisé. Alors, saluons notre chance de pouvoir bénéficier d’une telle débauche de talents ! Manu Menes s’impose très vite comme le sommet de la discographie de son auteur, et expose en 3 longues compositions (plus de 20 minutes chacune) une magnifique musique Zeuhl. L’influence de Magma est désormais parfaitement digérée et se nourrit ici notamment de la frange baroque du progressif italien. Tout à la fois symphonique, obscure, sombre, déroutante, ésotérique, la musique de Runaway Totem perd beaucoup de son pouvoir de séduction dans les mots utilisés pour la décrire, alors un seul conseil : écoutez-la le plus vite possible !!!


SAGA : "Contact - Live In Munich" (66:40/53:33) 23 €


En attendant la sortie (le mois prochain) du coffret DVD de ce même concert, voici sa transposition audio en deux CDs, un enregistrement véritablement historique pour les amateurs du groupe. Il s’agit en effet de la dernière tournée de Saga avec son chanteur emblématique depuis trente ans, Michael Sadler, qui a décidé de se consacrer pleinement à sa vie de famille. Pas moins de vingt-trois titres sont au programme, essentiellement axés sur les premiers albums légendaires du groupe et les dernières œuvres studio, qui ont réussi à retrouver un niveau de qualité similaire (Trust en particulier). La prestation est impeccable, avec une bonne dose d’émotion en prime. De quoi réviser ses classiques avant la parution prochaine du nouvel album studio, The Human Condition, qui intronisera Rob Moratti au poste de chanteur...


SNARLING ADJECTIVE CONVENTION : "Bluewolf Bloodwalk" (47:21) 17 €


Les frères Kopecky ne sont pas faciles à cerner, d’un point de vue musical tout au moins. Certes, les points de repères existent et sont à chercher du côté de la constante noirceur de leur propos, mais cette fratrie ne cherche assurément pas à former une oeuvre cohérente au fil de ses différents projets. Snarling Adjective Convention, dernière incarnation familiale, propose un progressif expirimentalo-zeuhlo-metalo-jazzy, qui renvoie de manière anarchique à (entre autres) Magma, Miles David, ou King Crimson. Pour autant, tout cela est loin d’être dénué d’intérêt, car le talent (et l’assurance des musiciens qui en découle) suinte des 7 compositions (de 2 à 11 minutes) de Bluewolf Bloodwalk, oeuvre avant-gardiste aux repères progressifs (au sens large) récurrents, en guise de jalons pour les mélomanes avides de compréhension. Cette musique-là se déguste assurément davantage avec les neurones qu’avec le coeur, mais bon sang quelle aventure !!!


THE SOURCE : "Prickly Pear" (48:06) 14 €


Si All Along This Land, premier opus de The Source, était une succulente mise en bouche, son successeur apparaît très vite comme un mets bien plus fin. Prickly Pear développe certes un propos plus progressif et plus ambitieux, mais surtout mieux agencé et faisant preuve d’une plus grande maturité. The Source est une formation tout autant étonnante que séduisante : étonnante assurément, car en un délicieux paradoxe, elle délivre autour de gimmicks typiquement américains une musique très “yessienne”; séduisante bien sûr au final, car ce grand écart au dessus de l’Atlantique, qui plus est en 2009, offre un réel charisme à ce groupe californien... Les 5 compositions (10, 5, 12, 6 et 15 minutes) de Prickly Pear dégagent donc de délicieuses senteurs musicales, tout à la fois ‘seventies’ et “intercontinentales”, titillant nos oreilles avides de ce genre de plaisirs... Le progressif de The Source rayonne ainsi pleinement, offrant en quelque sorte une version américaine (avec Yes à la place de Genesis en guise de référence principale) de celui d’une formation comme Moon Safari. Tout est dit !


 

THE SPAGHETTI EPIC III : "The Great Silence" (63:01) 17 €


Et de trois ! L’hommage aux westerns de Sergio Leone, immortalisés entre autre par la musique d’Ennio Morricone, continue donc d’inspirer des groupes, avec ce nouveau volet dédié cette fois au film de Sergio Corbucci, Le Grand Silence, un des plus notables western spaghetti. Les trois suites d’une vingtaine de minutes que contient le disque sont l’œuvre des Russes de Little Tragedies, héritiers grandioses du grand ELP, des Roumains de Yesterdays et des Italiens de N.O.T. (Noise Overtones Therapy), pour un résultat une nouvelle fois susceptible de réjouir les nostalgiques des seventies dorées.


IAN TESCEE : "A Traveler’s Guide To Mars" (53:34) 17 €


Très attentifs à la résurrection des musiques électroniques sur le versant berlinois, nous avons sans doute tendance à délaisser la sphère new-age pour ce qu’elle comporte de conventions restrictives. C’est assurément à tort, car il y demeure du côté “cosmique symphonique” de fascinants espaces de création authentique. À l’endroit même où un Vangelis nous a rarement déçus, Ian Tescee est l’auteur de 1985 à 1992 de 3 albums très appréciés. Il nous revient après 16 années de silence dans un registre identique où la sensibilité de l’interprétation, la somptuosité mélodique, la diversité sonore et atmosphérique transcendent largement les connotations conformistes que l’ère numérique a fâcheusement conférées à ce type de musique. Conçu pour l’illustration sonore d’un planétarium, A Traveler’s Guide To Mars fait effectivement voyager vers l’inconnu sans jamais pourtant recourir à la moindre innovation. C’est précisément la principale qualité de cet album que de raviver notre intérêt pour l’essentiel. Superbe !


ULYSSES : "The Gift Of Tears" (61:50) 17 €


Formation néerlandaise, Ulysses publie son troisième album après un premier opus en 2001 et un deuxième deux ans plus tard. Ulysses prend donc le temps de peaufiner ses compositions pour un résultat particulièrement léché, en sept titres parmi lesquels une suite d’un quart d’heure. Les textes profonds, souvent mélancoliques, sont servis par une musique ample et généreuse, qui développe un hard-prog raffiné, gorgé de claviers et d’intenses envolées instrumentales. Très belle réussite dans le genre...


STVEN WILSON : "Insurgentes" (55:17+DVD) 20 €


Non content d’oeuvrer dans Porcupine Tree et de multiples autres projets avec la classe que l’on sait, le maestro anglais propose un album “solo” en forme de melting-pot de toutes ses influences, pour un résultat tout bonnement exceptionnel. Entourés de nombreux invités (Jordan Rudess, Tony Levin, etc) et collaborateurs de longue date (Gavin Harison et Theo Travis), Steven Wilson réussit une oeuvre somme où s’entremêlent des bribes de Bass Communion, No-Man, Blackfield, IEM et... Porcupine Tree, plus pas mal d’autres influences plus ou moins inédites. Du grand art !


YAK : "Journey Of The Yak" (48:38) 17 €


Fondé en 1982 par le claviériste Martin Morgan, puis connaissant un long tunnel de 20 ans, Yak a repris du service au début des années 2000, sous une forme scénique au départ avant de donner vie à ce premier album-studio. Journey Of The Yak, fruit d’un trio claviers-basse-batterie, évoque bien davantage Camel, Genesis, Solaris, UK, Happy The Man ou (chose plus rare) le Kenso le plus mélodique que ELP. Il faut dire que Martin Morgan offre un jeu beaucoup moins spectaculaire et exubérant que Keith Emerson, et s’attache à mettre tout son talent (de plus en plus évident au fil des écoutes) au service d’un progressif symphonique instrumental de toute beauté, grâce à une large palette sonore (flûte, guitare, piano, synthés en tout genre...), un travail mélodique des plus soignés et une variété de thèmes et d’ambiances. Plus qu’un album prometteur, Journey Of The Yak est une œuvre pleine et intense qui pourrait d’ores et déjà faire figure de référence pour les amateurs de progressif ‘seventies’ à base de claviers. Bravo !