Avant-Propos :

Avec le recul, il paraît évident que Kaleidoscope, par son aura et celle de TransAtlantic, a été l’arbre qui a caché la forêt pour les premières semaine de 2014. C’est une récurrence depuis plusieurs années, mais il est toujours un peu surprenant de découvrir cette relative apathie créatrice, qui contraste en tout cas avec la frénésie qui s’empare du reste de l’année en terme de nouveautés. Si le courant progressif est par essence multiforme, cette nouvelle Sélection de Nouveautés offre un incroyable concentré de progressif ‘mainstream’. C’est une des surprises en effet engendrées par l’inventaire des albums proposés dans ces pages, ils se réfèrent en effet et en grande partie à ce qu’il est coutume d’appeler le “coeur historique du courant progressif”. Cela ne vous semblera peut-être pas aussi probant qu’à nous, mais l’écoute répétée de tous ces albums nous a convaincus d’avoir ici affaire à un progressif consensuel, dans le sens le plus positif du terme, et d’une grande maturité. En tout cas, de quoi vouloir casser sa tirelire face à tous ces CD qui, sans renier l’époque actuelle (Palefeather en tête), suscitent le plus souvent des commentaires aussi inspirés que : “Waouuuhhh !!!”...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Mars 2014

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

DREAM THE ELECTRIC SLEEP : "Heretics"

THE LAST EMBRACE : "Essentia"

LAVIANTICA : "Clessidra"

 


Sélection de Nouveautés (Mars 2014)...

LEE ABRAHAM : "Distants Days" 17 €

AMENOPHIS : "Everything Is Connected" 17 €

AURORA LUNARE : "Aurora Lunare" (digipack) 17 €

BIG ELF : "Into The Maelstrom" (Ed. Limitée 2CD) 21 €

CAMEL : "The Snow Goose 2013" (digipack) 18 €

THE CRIMSON PROJEKCT : "Live In Tokyo" (Ed. Limitée) 18 €

DISTILLERIE DI MALTO : "Suono !" 17 €

DREAM THE ELECTRIC SLEPP : "Heretics" (digipack) 13 €

EDEN SHADOW : "Phases" 17 €

EDISON'S CHILDREN : "The Last Breath..." 17 €

ENTITY : "Il Falso Centro" (digipack) 17 €

FREQUENCY DRIFT : "Over" (digipack) 17 €

GLASS : "Palindrome" 17 €

INCURA : "Incura" 18 €

JEFF GREEN PROJECT : "Elder Creek" 17 €

KARMAKANIC : "Live In The US" (2CD) 23 €

THE LAST EMBRACE : "Essentia" (digipack) 13 €

LAVIANTICA : "Clessidra" 13 €

OZMA : "New Tales" (digipack) 17 €

PALEFEATHER : "Palefeather" 17 €

PERFECT BEINGS : "Perfect Beings" (digipack) 18 €

RPWL : "Wanted" 17 €

SEASONS OF TIME : "Close Doors..." (digipack) 18 €

SUPERDRAMA : "The Promise " (Mediabook) 23 €

SYNAESTHESIA : " Synaesthesia" 17 €

THE WATCH : "Tracks From The Alps" (digipack) 17 €

 


LEE ABRAHAM : "DIstant Days" (59:59) 17 €

L’ancien bassiste de Galahad, après un très bon précédent opus en 2009 (Black & White), sera donc resté silencieux 5 longues années avant de revenir vers nous avec une formule musicale assez proche. Compositeur des 7 titres (de 4 à 15 minutes) de Distant Days, Lee Abraham s’est à nouveau entouré de nombreux et prestigieux invités (John Young, Dec Burke, Karl Groom, Robin Armstrong, Steve Thorne...) pour donner vie à son néo-progressif floydien, élégant et raffiné (parfois plus musclé), et surtout porté régulièrement par une guitare en apesanteur. Que dire de plus , Peut-être que la forme et le fond, tous deux des plus professionnels, finiront sans nul doute de convaincre le plus grand nombre d’entre vous de poser (ou jeter, pour les plus impatients) une oreille sur cette probante galette.


AMENOPHIS : "Time" (59:32) 17 €


Après une première existence (de 1978 à 1989) qui aura vu la parution de deux albums (le “mythique” Amenophis en 1983 et le bien plus commun You And I 5 ans plus tard), le groupe allemand avait cessé toutes activités. Près d’un quart de siècle plus tard, Amenophis reprend du service, et nous propose Time, dont deux des 10 compositions (de 1 à 11 minutes) datent des années 80. Moins symphonique que le premier, mais plus ambitieux que le deuxième, ce troisième opus est une agréable surprise, dans la mesure où il développe un néo-progressif mélodique, frais et inspiré. Certes très typé, donc peu enclin à faire l’unanimité, Time devrait néanmoins trouver son public, les nostalgiques d’une période désormais lointaine, mais aussi les amateurs d’une musique qui ne marquera pas forcément l’histoire progressive mais qui laisse indéniablement de bons souvenirs...


AURORA LUNARE : "Aurora Lunare" (digipack) (57:40) 17 €


Impossible de ne pas être jaloux de la frénésie créative qui touche l’Italie depuis plusieurs années déjà... Les excellents groupes pullulent en effet de l’autre côté des Alpes, chacun s’appropriant l’héritage progressif national à sa manière. Aurora Lunare, qui existe depuis la fin des années 70 mais était jusqu’alors resté silencieux, propose ainsi un premier opus qui doit beaucoup au Le Orme actuel, notamment par la place prépondérante accordée ici aux claviers qui s’envolent littéralement lors de longues séquences instrumentales. On l’aura compris, Aurora Lunare offre un progressif mélodique et symphonique, qui fait quelques courtes incartades du côté d’une fusion plus typiquement seventies. Aurora Lunare ne brouille pas pour autant les cartes mais enrichit son propos, globalement lumineux, de touches plus sombres pour marquer les contrastes. Superbe album au final donc, conclu par un hommage à... Le Orme et à son album le plus connu Felona E Sorona à travers la reprise de 2 morceaux de ce dernier et le concours de Tolo Marton (qui fit brièvement partie du groupe italien entre 1975 et 1976).. La cerise sur le gâteau, en quelque sorte...


BIG ELF : "Into The Maelstrom" (Ed. Limitée 2 CD) (62:13) 21 €


Bigelf fait partie de ces groupes qui, disque après disque, perpétuent l’esprit d’une époque, un style passé toujours présent, ce qui ne peut que parler aux amateurs de rock progressif que nous sommes ! Bigelf est actif depuis bientôt vingt ans, privilégiant une musique digne de certains des pionniers du hard-prog, Deep Purple, Led Zeppelin ou Uriah Heep en particulier, sans oublier l’influence de Black Sabbath. Mais avec ce quatrième opus, on peut dire que le groupe franchit un degré supplémentaire dans son épanouissement artistique. Into The Maelstrom, non content d’être pris en charge par InsideOut, voit un certain Mike Portnoy endosser la place de batteur ! Amateurs d’hammond suintant, de voix qui déchire et de guitare qui tache, Into The Maelstrom est fait pour vous !


CAMEL : "The Snow Goose 2013" (50:01) (digipack) 18 €

 


Après la longue maladie d’Andrew Latimer, Camel a donc repris des couleurs et décidé, en guise de mise en bouche à cette nouvelle phase de sa longue carrière, de publier une nouvelle version de son œuvre la plus célèbre. Si les différences avec l’original sont souvent anecdotiques, avec des arrangements très fidèles, le line-up actuel (avec Guy LeBlanc, sérieusement malade à son tour malheureusement, Colin Bass et Denis Clément) a globalement respecté le style de leurs prédécesseurs... Une exception néanmoins : l’ajout, ici et là, de développements inédits, plaisants quoique rarement renversants en eux-mêmes. Malgré cette absence de réelles surprises, l’écoute de ce Snow Goose revisité est, un peu à l’instar du récent Genesis Revisited 2 de Steve Hackett, un ravissement, grâce à la force de ces thèmes devenus des classiques, mais aussi au plaisir simple de retrouver un groupe dont on n’espérait plus le retour. Camel sera à nouveau en tournée ce printemps en Europe, tournée dont la France sera une nouvelle fois exclue...


THE CRIMSON PROJEKCT : "Live In Tokyo" (Ed. Limitée) (76:54) 18 €


En attendant une future réalisation du nouveau King Crimson monté par Robert Fripp, voilà un live d’envergure, qui devrait satisfaire tous les amateurs du roi cramoisi. The Crimson ProjeKCt est en effet un groupe parallèle (et non une dissidence), composé d’Adrian Belew, Tony Levin et Pat Mastelotto, soit pas moins de trois anciens ou actuels membres de King Crimson. Ils sont accompagnés d’un second batteur, Tobias Ralph, d’une autre bassiste, Julie Slick, et du guitariste Markus Reuter. The Crimson ProjeKCt a avant tout été conçu pour honorer le répertoire de King Crimson sur scène, ce dont témoigne parfaitement ce live enregistré au Japon. Le rendu sonore est excellent, et les prestations remarquables, la section rythmique pléthorique (quelles batteries !) apportant en particulier beaucoup à cette relecture de titres de toutes époques : on y trouve aussi bien d’anciens classiques («Red» ou «Lark’s Tongues In Aspic Part II») que, majoritairement, des compositions des années 80 (un fantastique «Industry») et 90 (de l’album Thrak). Fidélité et finesse des apports personnels, tels sont les deux points forts d’un live qui se révèle vite passionnant.


DREAM THE ELECTRIC SLEEP : "Heretics" (73:08) 13 €

Suono !
Quand on parle de “pop-prog”, c’est souvent avec un sous entendu péjoratif car on craint que la composante “pop” ne phagocyte la “prog” dans ce mariage que d’aucuns qualifieraient de “contre nature”. Ici, l’alliance est plus qu’équitable et productive, chaque élément tirant l’autre vers le haut. Il faut dire que Heretics, concept album découpé en 11 compositions, parvient à réunir avec brio des séquences rock à la Radiohead, un symphonisme aérien qui doit beaucoup à Pink Floyd, des parties plus directement mélodique (pop, en quelque sorte donc), un côté plus sombre aussi parfois à la King Crimson, et même quelques parties post-rock pour finir de réaliser cette jouissive mixture. Ce qui fait de Heretics une grande réussite, c’est surtout l’intelligence et l’originalité dont ses auteurs font preuve pour agencer ces différents éléments. Et comme le tout est rehaussé d’un chant de grande qualité, Dream The Electric Sleep peut très vite devenir une excellente surprise pour vous.


DISTILLERIE DI MALTO : "Suono !" (47:44) 17 €


Parmi toutes les nouveautés en provenance d’Italie, Distillerie Di Malto, dont c’est ici le second opus (12 ans se sont écoulés depuis le premier), est sans nul doute celle qui brouille le plus les pistes. Entre progressif sophistiqué, alambiqué et symphonique, Suono ! invite ses auditeurs à quelques réajustements auditifs au cours de ses 8 compositions (de 34 secondes à 12 minutes), sans que cela ne les contraignent vraiment au final. Il faut dire que Distillerie Di Malto est constitué de solides instrumentsistes (belle et solide section rythmique !), et notamment d’un talentueux Fabiano Cudazzo dont les parties de piano s’avèrent remarquable. Suono ! n’est peut-être pas le meilleur album italien de cette Sélection, mais il est l’oeuvre d’un élève respectueux de l’orthodoxie progressive nationale...


EDEN SHADOW : "Phases" (60:14) 17 €


Vous aviez négligé ce jeune groupe lorsqu’il avait fait paraître son premier opus, l’EP Hail, en 2012 ? Alors, ne passez pas à côté de Phases, leur premier véritable album. Pour les épauler, Ryan Elliott (chanteur, guitariste et claviériste, fondateur du projet), Alex Broben (bassiste et claviériste) et Tom Burgess (batteur et percussionniste) peuvent compter sur Rob Reed de Magenta aux claviers. Et si l’opus s’inscrit dans le néo-prog britannique, il le fait avec déjà une personnalité affirmée, une prédilection pour les paysages mélancoliques et pour les mélodies profondes qui rapproche Eden Shadow de RPWL. Avouez qu’il y a pire comme comparaison !


EDISON'S CHILDREN : "The Last Breath Before..." (79:01) 17 €


Après un premier disque remarqué en 2011, Edison’s Children, duo constitué de Pete Trewavas à la basse (et partiellement au chant) et de Eric Blackwood aux divers instruments et au chant principal, propose un second opus encore plus gouleyant. Il faut dire que les deux hommes ont eu l’excellente idée de s’adjoindre les services d’un vrai batteur en la personne de Henry Rogers, et qu’ils ont encore accentué l’identité prog de leur musique. L’opus est ainsi divisé en trois compositions, dont la troisième est forte de soixante-sept minutes ! L’ambiance reste sombre, crépusculaire, mais distillant un magnétisme puissant, grâce à des mélodies attachantes et à une guitare lyrique au possible. L’ombre du Pink Floyd de Roger Waters plane sur The Final Breath Before November, et vous aurez sans nul doute beaucoup de mal à quitter un univers aussi mélancolique que touchant.


 

 

ENTITY : "Il Falso Centro" (digipack) (63:37) 17 €


Par rapport à Aurora Lunare (autre groupe du label Lizard Records), qui a connu une première vie entre 1977 et 1980, Entity est un groupe récent, puisqu’il n’existe que depuis... 1994. 20 petites années pour publier un premier album, voilà qui n’est pas non plus très rapide, convenons-en... Heureusement, le résultat ravira les amoureux d’un progressif typiquement seventies, dominé par les claviers de Mauro Mulas, digne héritier de Keith Emerson, Rick Wakeman ou Toni Pagliuca (Le Orme). Les 7 compositions (de 5 à 16 minutes) de Il Falso Centro sont donc clairement dominées par les claviers, dont les nombreuses sarabandes, tout à la fois virtuoses et emphatiques, feront fondre de plaisir tous ceux qui ne jurent que par les sonorités vintage...


FREQUENCY DRIFT : "Over" (digipack) (75:20) 17 €


Ce cinquième opus studio des Allemands de Frequency Drift, remarqués dès leurs deux volets de Personal Effects en 2008 et 2010, confirme leurs efforts permanents visant à ciseler au plus fin leur musique. Et avec Over, on peut bien parler d’aboutissement. Voilà en effet un disque formellement parfait, serti de mille mélodies, interprétées d’une voix féminine cristalline, et qui éclate en arrangements kaléidoscopiques, une véritable galerie de ce que la mondialisation peut générer de meilleur (avec une prédilection pour l’influence celtique). Un album atmosphérique fort en goût, qui saura vous insuffler un air frais et tonique, de quoi vous (re)donner confiance dans les vertus positives du rock progressif !


GLASS : "Palindrome" (63:43) 17 €


Non, Glass n’est pas le projet solo d’un des deux leaders de Glass Hammer, mais un groupe américain créé par les frères Sherman, Alex et Greg, dans les années 70, puis miraculeusement ressuscité au cours des années 2000. Les deux frères ont d’ailleurs réussi à s’attirer la collaboration de figures de l’école de Canterbury, Hugh Hopper, Elton Dean et Richard Sinclair. Ce nouvel album studio demeure fidèle à un rock progressif fortement influencé par le jazz-rock, mais qui sait également rendre hommage à ses racines plus classiques (l’orgue en particulier tient une place importante sur le disque). Avec dix compositions s’étalant de deux à vingt minutes, la palette explorée est suffisamment large pour réussir à satisfaire les plus éclectiques des amateurs de prog.


INCURA : "Incura" (43:40) 18 €


Attention, ce nouveau groupe canadien produit par InsideOut est rien moins qu’une révélation ! Classons-les, pour faire simple, dans le hard-prog, mais un hard-prog d’une inventivité débridée. Incura, c’est un peu comme si Pain Of Salvation et Beardfish avaient décidé de fusionner en un alter ego de Leprous. L’énergie est ici mise au service de compositions au souffle symphonique, riches en émotions et en rebondissements, avec surplombant l’ensemble la voix de Kyle Gruninger, véritable réincarnation de Freddy Mercury, qui s’en donne à cœur joie dans le versant théâtral. Progressif, Incura l’est pleinement, et son premier véritable album est un incontournable, rien de moins.


JEFF GREEN PROJECT : "Elder Creek" (59:35) 17 €


Après un premier album sous son seul nom, Jeff Green revient au sein d’un projet bien plus ambitieux et d’un tout autre professionnalisme également. Adieu l’autoproduction et le “bricolage” pour mener à bien l’aventure initiale (qui était de plus un émouvant hommage à sa fille disparue), place désormais donc à une oeuvre d’une haute teneur en effusions progressives, que Jeff Green et sa guitare mènent de main de maître tout au long des 7 présentes compositions (de 4 à 20 minutes). Elder Creek, servi par une ribambelle d’invités prestigieux (Mike Stobbie, Sean Filkings, Alan Reed...), nous sert un progressif symphonique typiquement anglais, aux atours neo et modernes, que l’on déguste avec une grande apétence. Et une nouvelle excellente surprise de la présente Sélection, une !!


KARMAKANIC : "Live In The US" (2 CD) (68:45/31:31) 23 €


Après quatre albums studio, et un demi-live en compagnie des Agents Of Mercy (Power Of Two en 2010), Karmakanic, le groupe mené par Jonas Reingold, sort enfin un témoignage en concert digne de son talent ! Ce double live couvre en effet les trois quarts de la discographie du combo (sans l’inaugural Entering The Spectra), avec nombre de pièces d’anthologie, de l’extraordinaire «Do U Tango» à l’épique «Send A Message From The Heart», en passant par l’émouvant «Eternally» ou l’ambitieux «Where The Earth Meets The Sky». Lorsque vous saurez qu’en plus de cette set-list attractive, les musiciens étaient, ce soir de mai 2012, en grande forme, délivrant des interprétations d’anthologie, nul doute que Live In The US ne fasse partie de vos prochaines acquisitions indispensables !


 

THE LAST EMBRACE : Essentia" (digipack) (49:06) 13 €


Pour faire patienter ses fans jusqu’au prochain album studio (prévu pour la fin de l’année), le groupe français a décidé de proposer une revisitation acoustique d’une partie de son répertoire. Cela pourrait être anecdotique bien sûr, mais The Last Embrace a non seulement choisi ses meilleures compositions (et en a même ajouté 2 nouvelles, courtes cependant), mais il en propose surtout une fantastique relecture, qui fait de ce Essentia un non moins fantastique album de rock atmosphérique. Piano et guitare s’en donnent à coeur joue pour générer des atmosphères nostalgiques et envoûtantes, qui se voient ornées du chant angélique de la belle Sandy. Dans le genre, il s’agit d’un sans-faute qui laisse augurer du meilleur pour cette formation de grand talent.


LAVIANTICA : "Clessidra" (52:48) 13 €


On se répète peut-être un peu, mais l’Italie a ceci de formidable, c’est qu’à partir d’un même héritage musical, elle génère tout un tas de formations aux style et personnalité différents. Laviantica, mené par le guitariste Marco Palma, offre un progressif entre deux eaux, tourné pour une part vers les années 70 et pour l’autre vers un néo-progressif plus moderne, mais à l’italienne cependant, c’est à dire avec une forte touche latine et un chant dans le langue de Dante. Clessidra peut ainsi tout autant évoquer le PFM de Passpartu que Conqueror ou Mangala Vallis. Si la plupart des morceaux sont assez ramassés (5-6 minutes), le dernier, petite merveille instrumentale, étale toute sa classe sur 11 minutes. Une apothéose pour un premier opus qui réalise par ailleurs un sans faute !!


OZMA : "New Tales" (digipack) (48:01) 18 €


Ce groupe français n’en est pas à son coup d’essai, puisque New Tales est déjà son cinquième album. Ozma existe en effet depuis plus de 10 ans et n’avait jamais eu l’heur d’être cité dans ces pages, car le groupe oeuvrait jusqu’alors dans un funk-rock de qualité mais par trop éloigné de nos préferences musicales. Mais Ozma revendique aujourd’hui clairement l’étiquette progressive et les 12 morceaux (de 1 à 6 minutes) de New Tales montrent très vite combien leurs auteurs sont expérimentés et à l’aise dans l’interprétation de cette musique. Entre fusion progressive, tension crimsonnienne et touches electro, Ozma décline sa musique avec efficacité et révêrie, lui donnant alors quelques couleurs que l’ont peut retrouver chez des formations comme DFA, Philharmonie, Djam Karet ou même le Forgas Band Phenomena... Belle découverte.


PALEFEATHER : "Palefeather" (47:13) 17 €


Voici l’une des excellentes surprises de ce début d’année, qui va certainement devenir le coup de coeur de nombre d’entre vous. A la manière de leurs voisins d’Airbag, les suédois de Palefeather proposent un délicieux post-rock progressif, dont la constante beauté mélodique et la sensibilité vous évoqueront certainement de non moins délicieux paysages musicaux. Les 4 longues compositions (18, 13, 9 et 6 minutes) de ce premier album, dénuées de chant, sont portées par un souci de tous les instants d’emporter leurs auditeurs vers les contrées les plus magnificientes, et deviennent en quelque sorte l’équivallent sonore du film Avatar. Evidemment, les plus ronchons trouveront une accointance très poussée avec le Pink Floyd de Meddle (plus précisément du morceau “Echoes”) ou Wish You Were Here, mais ils découvriront au fil des écoutes une musique bien plus personnelle, qui n’oublie pas ses racines scandinaves et la poésie formelle quelle sous-tend. Superbe !!!


PERFECT BEINGS : "Perfect Beings" (digipack) (52:14) 18 €


Après la séparation de Moth Vellum, son leader (Johannes Luley) avait publié l’an dernier et sous son propre nom un très intéressant opus, mais par trop acoustique et sage pour faire l’unanimité auprès des amateurs de progressif. Ces derniers vont par contre très vite adhérer à ce nouveau projet, toujours influencé en priorité par Yes, mais porteur d’un projet musical globalement plus ambitieux et personnel que celui de Moth Vellum. Perfect Beings est un album étonnant, car il se joue des codes sonores habituels, en évoquant tour à tour le Yes de Talk et de Drama (ou Going For The One), mais en offrant à ses 10 compositions (de 3 à 9 minutes) un groove incroyable (une jovialité formelle, pourrait-on dire). Ce groupe américain pousse tout autant ses auditeurs à de folles envies de se déhancher que de s’allonger à même le sol pour entrer dans une jouissive introspection... Superbe !


RPWL : "Wanted" (62:03) 17 €


Après le très remarqué Beyond Man And Time, RPWL récidive au bout de 2 ans à peine avec un Wanted au concept philosophique aussi abrasif que sa musique, comme une antithèse de l’album précédent. Jamais les allemands n’avaient été aussi percutants et sombres que dans ce projet qui nous parle du tumulte du monde et nous montre tristement les soubresauts d’une humanité incohérente et inconsciemment suicidaire. Des guitares coupantes comme l’acier avant ébarbage qui lacèrent la douceur persistante des mélodies, des solos de synthés mordants comme des éclairs aveuglants, zébrant sans pitié la voûte sonore, une rythmique rageuse et qui montre les dents. Même la belle voix gilmourienne de Yogi Lang, pourtant toujours aussi douce et languissante (sans compter quelques rares effets death), parait plus fébrile et tendue qu’auparavant et peine à nous rassurer sur le moral du groupe. Parfois, comme pour une éclaircie, le rythme ralentit et l’air s’allège. Dans ces moments-là, la filiation avec le vieux Floyd devient de nouveau perceptible et le prog le plus aérien refait surface pour inonder et apaiser nos cœurs troublés. Notons aussi quelques rares écarts vers une musique plus consensuelle, celle dont on chante les refrains héroïques à tue-tête, le nez dans les étoiles et les pieds sur les pelouses des stades. Saluons la capacité de RPWL à ne pas vivre sur ses acquis, à avancer coûte que coûte, même dans le noir. Vers la lumière. Malgré une humeur inquiète qui avec Wanted n’hésite pas à pointer d’un doigt les plaies du monde, tout en montrant de l’autre main la direction de l’espoir.


SEASONS OF TIME : "Close Doors To Open Plains" (digipack) (62:06) 17 €


Tout comme Superdrama, Seasons Of Time nous vient d’outre-Rhin et publie son deuxième opus, 17 ans après le premier. Inutile de préciser que de l’eau est passée sous les ponts depuis, et que cette formation allemande a considérablement augmenté son pouvoir de séduction dans l’intervalle. Closed Doors To Open Plains est un concept album, scindée 16 parties (de 1 à 10 minutes) enchaînées les unes aux autres, et évolue clairement entre le Eloy de Ocean 2 ou Visionary, et le Marillion des années 80 (ah, ces claviers à la Mark Kelly...). Seasons Of Time propose avec une indéniable compétence un propos efficace, bien chanté et interprété, qui séduira les adeptes d’un néo-progressif qui s’assume pleinement !!!


SUPERDRAMA : "The Promise" (Mediabook) (56:23) 23 €


Superdrama est une formation allemande, fondée il y a déjà dix ans, et qui se compose de Robert Gozon (claviers et chant), Robert Stein-Holzheim (batterie), Thomas Klarmann (basse et flûte) Michael Hahn (guitare) et Thio Brau (claviers). Tout ce beau monde délivre sept morceaux, aux durées souvent conséquentes, dans lesquels on n’a pas de peine à reconnaître ces influences majeures que demeurent les géants allemands des années 70 et 80, Eloy et Anyone’s Daughter en tête. Et si Superdrama parvient à sortir du lot, c’est avant tout grâce à un enthousiasme communicatif et à des apports plus variés qu’il n’y paraît, les rapprochant parfois de Carptree et Twelfth Night. Entre vélleités vintages et modernité assumée, The Promise fait un sans faute, laissant son néo-progressif mélodique et ambitieux s’élever vers les astres, comme seuls (our presque) les musiciens d’outre-Rhin savent le faire...


SYNAESTHESIA : "Synaesthesia" (52:06) 17 €


Synaesthesia est une jeune formation qui ne fait pas mystère de ses influences : son premier disque est produit par Mike Holmes chez GEP, et avec 7 titres, dont le tout premier culmine à plus de vingt, on saisit rapidement ce que le combo doit à IQ. Néo-prog, donc, mais pas n’importe lequel : puissance et inspiration mélodique sont au rendez-vous, le tout bien secoué à l’aide de légères influences modernisantes. Amateurs transis de soli de guitare lyrique et de claviers vintage, mélomanes à jamais marqués par les ténors du néo-prog dans les années 80, ce disque en tous points réussi dans son genre est fait pour vous ! Superbe surprise.


THE WATCH : "Tracks From The Alps" (digipack) (37:32) 17 €


Nouvel album, le sixième, pour The Watch, court comme de coutume, mais d’une très grande qualité et d’une non moins grande cohérence. Gardien de l’héritage musical du Genesis de la première moitié des années 70, cette formation italienne ne peut d’ailleurs s’empêcher de s’approprier régulièrement l’une des obscures compositions (ici “Going Out To Get You”, découverte sur le coffret Archive 1967-75) de son glorieux aîné. Le mimétisme indénibale que l’on découvre à l’écoute des 7 compositions de Tracks From The Alps (de 3 à 7 minutes), voulu et assumé, est totalement jouissif car The Watch offre à sa musique une fraîcheur mélodique de tous les instants et une lutherie vintage pleine de générosité. Un sans-faute jubilatoire pour tous les amateurs de la Genèse.