Avant-Propos :

Le 10 mars dernier, le courant progressif, et le monde musical dans son ensemble (de notre point de vue tout au moins), a pris un coup sur la tête. Après Chris Squire l’an dernier, il a perdu une autre de ses figures tutélaires et historiques. Keith Emerson, légendaire claviériste de ELP, a décidé de mettre fin à ses jours d’une balle dans la tête dans son appartement de Santa Monica en Californie. Il semble qu’il ne supportait pas la dégradation de l’usage de ses mains, suite à une maladie dégénérative. Il était âgé de 71 ans. Contrairement au bassiste de Yes, Emerson était assez discret ces dernières années, s’étant recentré sur sa carrière solo et se contenant de quelques concerts. Il avait d’ailleurs une tournée prévue au Japon le mois prochain.
Autre disparition, moins emblématique peut-être mais tout aussi triste, celle du guitariste de Riverside. Piotr Grudzinski est en effet décédé subitement, apparemment d’une embolie pulmonaire, le 21 février dernier à l’âge de 40 ans. Le groupe polonais a bien évidemment décidé d’annuler tous ses prochains concerts et de ne reprendre ses activités qu’en 2017.
Malgré ces tristes nouvelles, vous le voyez à travers les albums de cette nouvelle sélection, la vie progressive continue de s’écouler impassiblement. Certainement pour nous aider à combattre notre peine...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Mars-Février 2016

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

AMON RA : "We Never Said Good-Bye."

AMPLEDEED : "BOYB"

DANTE : "When We Were Beautiful"

 


Sélection de Nouveautés (Mars Avril 2016)...

ALIEN GUN : "Tales From Unbroken Souls" 17 €

AMON RA : "We Never Said Good-Bye." 13 €

AMPLEDEED : "BYOB" (digipack) 13 €

ASTURIAS : "Missing Piece Of My Life" 23 €

ALEX CARPANI : "So Close. So Far." (digipack) 17 €

DANTE : "When We Were Beautiful" (digipack) 13 €

FREQUENCY DRIFT : "Last" (digipack) 17 €

HEADSPACE : "All That You Fear Is Alone" (digipack) 18 €

INTERPOSE+ : "Memories In The Wind" 17 €

ANDY JACKSON : "73 Days At Sea" (CD+DVD) 23 €

LAZULI : "Nos Âmes Saoules" (digipack) 17 €

LIMIT DZWIEKU : "Enigmatic" 17 €

MANTRA VEGA : "The Illusion's Reckoning" 17 €

MINIMUM VITAL : "Connexions" (DVD) 18 €

MOTORPSYCHO : "Here Be Monsters" 17 €

OUT5IDE : "Naked" (digipack) 17 €

PANTHER & C : "L'Epoca Di Un Altro" 17 €

MATTHEW PARMENTER : "All Our Yesterdays" (digipack) 17 €

TONY PATTERSON : "Equations Of Meaning" (digipack) 18 €

THE ROOM : "Beyond The Gates Of Bedlam" (digipack) 18 €

RIKARD SJÖBLOM : "The Unbendable Sleep" (digipack) 17 €

SANGUINE HUM : "What We Ask Is Where We Begin" (2CD) 23 €

SOUTHERN EMPIRE : "Southern Empire" (2CD+DVD digipack) 19 €

TEE : "Tales Of ETernal Entities" 17 €

MAURIZIO DI TOLLO : "Memorie Di Uno Sparring Partner" (papersleeve) 19 €


 

 

ALIEN GUN : "Tales From Unbroken Souls" (44:50) 17 €


Alien Gun est une formation chilienne qui en est déjà à son deuxième album. Un disque particulièrement ambitieux, à la genèse longue -huit mois-, qui traite d’un sujet a priori déjà maintes fois exploré, l’existence de l’homme moderne et sa métaphysique. Pourtant, musicalement, Alien Gun parvient à faire mouche dès le premier titre, direct et délicieusement rétro. L’essentiel de Tales From Unbroken Souls est très planant, clairement influencé par Pink Floyd, tout en se réappropriant cet héritage à la façon d’un Ayreon. Un groupe éxotique (le progressif sud-américain fait beaucoup moins parler de lui de nos jours) qui devrait certainement faire parler de lui.

 

 


AMON RA : "We Never Said Good-Bye." (71:56) 13 €


Cette formation allemande aura mis près de 2 décennies avant de publier son second opus. Une trajectoire somme toute assez banale dans le monde progressif actuel, qui voit parfois des groupes réapparaître subitement. Dans le cas de Amon Ra, cette renaissance, assortie de quelques changements de musiciens, n’a pas engendré de bouleversement stylistique. We Never Said Good-Bye. perpétue la tradition d’un néo-progressif des plus classiques, assez direct et typiquement allemand dans son développement. Amon Ra fait ainsi penser à Eureka, Martigan ou Seven Steps To The Green Door pour citer quelques congénères, avec également de petites évocations de Saga pour les moments les plus directs. Les amateurs du genre se régaleront.

 


AMPLEDEED : "BYOB" (digipack) (57:07) 13 €


Il existe différentes raisons de proposer un album en promotion. Dans le cas de Ampledeed, il nous a une nouvelle fois (car c’était déjà le cas pour la sortie en 2013 de son premier album) semblé important d’apporter un éclairage appuyé sur sa musique. Cette dernière, se situant entre prog symphonique, jazz-rock mélodique, pop sophistiquée et Canterbury, s’avère un soyeux melting-pot, que la force mélodique rend totalement cohérent et passionnant. Plus ambitieux que The Source, sur les cendres duquel il s’est bâti, Ampledeed s’attache à développer un propos dont la richesse et l’ambition n’occultent jamais l’accessibilité. BYOB, et ses 11 compositions (de 1 à 10 minutes), évoquent ainsi bon nombre de formations (Birds And Building, King Crimson, Echolyn, Frogg Café, National Health, voire Flower Kings) pour un voyage musical coloré, à l’image de sa pochette.

 

 


 

ASTURIAS : "Missing Piece Of My Life" (50:30) 23 €


Dernier représentant encore en activité de l’âge d’or du rock symphonique japonais, Asturias revient sous sa forme «classique» (acoustique et électrique réunis) pour un nouvel album encore constitué de 2 longues pièces instrumentales de 25 minutes chacune (dans une veine similaire à l’album In Search Of The Soul Trees paru en 2008). Fidèle à ses habitudes, Yoh Ohyama a concocté une bande son tonitruante avec un enchevêtrement de thèmes mélodiques pleins d’énergie qui évoque tant la musique classique que le rock symphonique sans oublier quelques touches “à la Mike Oldifeld”, influence majeure du groupe depuis ses débuts. Un très bel album à découvrir !

PS : Attention, import japonais oblige (d’où son prix un peu élevé), Missing Piece Of My Life n’est disponible qu’en très petite quantité...

 


ALEX CARPANI : "So Close. So Far." (digipack) (50:35) 17 €


Après un petit détour chez F2 Music, voici Alex Carpani de retour au bercail chez Ma.Ra.Cash Records. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le fait de retrouver un label italien est concomitant à un propos très anglais. So Close. So Far., plus que ses 3 devanciers, est en effet un album assez typiquement néo-progressif, tel qu’on le truve assez souvent de l’autre côté de la Manche. Chantées en anglais, les 10 compositions (de 2:26 pour l’ouverture instrumentale à 6:19) dévelopent en effet un progressif rythmé et direct, gorgé de mélodies soyeuses. Cette évolution, quelque peu surprenante de prime abord même si on n’oublie jamais vraiment l’origine de Carpani, pourrait ainsi rapprocher So Close. So Far. du Picture de Kino. Vous savez, ce néo-progressif ultra mélodique qui vous donne la pêche et l’envie de vous lancer dans une séance de headbanging... Jouissif.

 

 

 


DANTE : "When We were Beautiful" (digipack) (63:43) 13 €


Dante est une formation de hard-prog allemande déjà aguerrie, puisque le disque que nous vous proposons est déjà leur cinquième album. Ce qui mérite l’attention chez ces quatre musiciens, c’est la façon dont ils parviennent à agrémenter un fond plutôt classique, dont les bases furent en son temps posées par Dream Theater. Dante se distingue en effet par un chant très personnel, une voix entre David Bowie et Rammstein, ainsi que des claviers aux sonorités majoritairement analogiques, chaleureuses. Le résultat est digne d’intérêt, se rapprochant dans une certaine mesure de Threshold. Les compositions parviennent toujours à titiller l’auditeur et les développements proposés ne sont jamais gratuits. Une découverte conseillée.

 


FREQUENCY DRIFT : "Last" (digipack) (54:07) 17 €


C’est un nouveau départ que symbolise ce nouvel album des Allemands de Frequency Drift. Outre une toute nouvelle section rythmique, le groupe voit en effet l’arrivée de Melanie Mau au chant, remplaçant Isa Fallenbacher. La qualité et l’originalité de la musique de Frequency Drift n’en sont toutefois nullement affectées. Plus que jamais, la mélancolie est au rendez-vous, et les mélodies vocales sont souvent extrêmement soignées et marquantes. La dominante rock, qui nous vaut également de jolies envolées solistes de guitare et de claviers, est enrichie par des arrangements originaux, aux teintes celtiques ou folk grâce à la harpe, et le résultat est digne d’éloges, une fois encore. Un album magnétique, qui saura sans nul doute se faire une place dans les classements de fin d’année !

 

 

 

 


HEADSPACE : "All That You Fear Is Gone" (digipack) (72:58) 18 €


Headspace, c’est ce super-groupe formé de Damian Wilson au chant, Adam Wakeman aux claviers et Lee Pomeroy à la basse, parmi les principales célébrités du monde prog. Leur second album marque un net progrès qualitatif comparativement au premier, en 2012. C’est simple, All That You Fear Is Gone est un chef d’œuvre de hard-prog intelligent, sensible et original. Il faut dire que le contenu du disque est d’une grande variété, allant de titres très dépouillés à des brûlots à l’efficacité redoutable, en passant par des fresques ambitieuses. Les musiciens donnent tous le meilleur d’eux-mêmes, Damian Wilson, impérial, ou Adam Wakeman délivrant des soli sortant du lot. Avec ce second opus, Headspace intègre l’élite des formations de hard-prog, pas moins.

 

 


INTERPOSE+ : "Memories In The Wind" (65:41) 17 €


Productif depuis une bonne dizaine d’années, Interpose+ fait partie de la nouvelle vague de groupes du progressif nippon. Moins connu que Yuka And Chronoship ou que Tee, le groupe délivre pourtant une musique qui a tout pour susciter l’intérêt des amateurs. Majoritairement instrumental, avec un chant féminin typiquement japonais, Interpose+ s’inscrit dans le genre d’un jazz-rock puissamment symphonique, où l’on sent l’empreinte profonde et marquante d’UK. Avec Memories In The Wind, Interpose+ mérite assurément que l’on s’intéresse enfin à sa musique.

 

 


ANDY JACKSON : "73 Days At Sea" (48:56 + DVD) 23 €


Andy Jackson s’est surtout fait un nom en tant qu’ingénieur du son pour Pink Floyd à partir de The Wall, et en accompagnant la carrière solo de David Gilmour. Désormais, et ce depuis quelques années déjà, il est aussi un créateur à part entière. Pas de grande surprise, 73 Days At Sea est un disque tout entier imprégné des univers floydiens, avec bon nombre de morceaux planants et chantés à la façon d’un Waters. Andy Jackson empoigne aussi souvent la six cordes, et sur ce terrain, il livre des envolées solistes bien différentes dans le rendu de celles de David Gilmour, plus personnelles. Ajoutez à cela une superbe suite de dix-sept minutes plus ambitieuse et puissante, qui bénéficie de la participation de David Jackson au saxophone et d’Anne-Marie Helder au chant, et vous obtenez un album brillant dans son genre.

 


 

 

LAZULI : "Nos Âmes Saoules" (44:12) 17 €


Tant Que L’Herbe Est Grasse, le précédent disque de Lazuli, avait légèrement déçu, tant ce groupe singulier nous avait habitué à tutoyer l’excellence. Nos Âmes Saoules renoue fort heureusement avec le meilleur de leur inspiration. Les textes sont plus que jamais engagés, faisant le constat d’un durcissement du monde ou dénonçant la montée des thèses extrémistes. Autre point fort du disque, des mélodies prenantes et touchantes, si bien portées par la voix unique de Dominique Leonetti. Et puis, il y a toujours ce travail d’orfèvre sur les arrangements, et ces soli de Léode ou de guitare pour corser le tout. La collection de chansons proposée est en outre agrémentée de quelques pièces instrumentales, qui prolongent et approfondissent la substantifique moelle de certaines compositions. Superbe.

 

 

 


LIMIT DZWIEKU : "Enigmatic" (44:16) 17 €


Oubliez ce nom quelque peu imprononçable, et laissez vous embarquer dans l’univers cinématique de ces sympathiques polonais. Totalement instrumentales, les 10 compositions (5 minutes en moyenne) de Enigmatic s’inscrivent globalement dans un néo-progressif à l’optimisme contagieux. Dominée par une guitare virtuose et pleine de feeling, la musique de Limit Dzwieku est en effet pleine de vitalité et d’une énergie positive et pétillante. Impossible de résister aux envolées lumineuses des 10 présentes compositions (de 3:35 à 5:30), dont l’uniformité gênera certains quand elle offrira à d’autres la certitude de déguster un tout à la constante qualité mélodique.

 

 


MANTRA VEGA : "The Illusion’s Reckoning" (61:30) 17 €


Mantra Vega, c’est l’association de Dave Kerzner, tête pensante de Sound Of Contact avec Simon Collins, fils de, et d’Heather Findlay, l’ancienne et inoubliable chanteuse de Mostly Autumn. Quelques invités réputés sont venus s’associer à ces deux artistes, Dave Kilminster, Troy Donockley ou Arjen Lucassen. The Illusion’s Reckoning est un album concept axé sur la spiritualité orientale, mais qui sur le plan musical, fait preuve d’une belle diversité stylistique. On y trouve en effet des chansons de pop luxueuse, des titres rock bien balancés, des moments plus folks et des compositions franchement prog, à commencer par le long titre éponyme, qui contient deux des plus beaux soli du disque. Les arrangements sont classieux, les mélodies soignées, et la prestation d’Heather Findlay rend pleinement justice à celle qui est sans doute une des plus belles chanteuses du milieu prog. Magnifique album !


 

 

MINIMUM VITAL : "Connexions" (DVD) (90 minutes) 18 €


Après l’imposant double album Pavanes l’an dernier, Minimum Vital sort donc un DVD contenant des enregistrements variés de la tournée ayant suivi. Et bien que les musiciens ne soient que trois sur scène -les frères Payssan et le fidèle bassiste Eric Rebeyrol-, ils savent remplir l’espace sonore comme personne ! La sélection des titres fait la part belle au dernier opus en date, mais n’oublie pas pour autant la riche carrière des Bordelais. Outre la virtuosité des musiciens et la large palette de leur instrumentation, Connexions mérite le détour du fait de la présence de quelques compositions inédites et de l’interprétation renouvelée de certains titres studio. Un des plus grands groupes français en action !

 

 


MOTORPSYCHO : "Here Be Monsters" (46:54) 17 €


Après deux albums mitigés, Motorpsycho revient, selon les critères progressifs tout au moins, à un propos plus intéressant. On le sait, le groupe norvégien n’aime pas se répéter, et dans sa large discographie depuis son apparition en 1989, il a très souvent pris ses auditeurs à contre-pied. Here Be Monsters développe un probant propos psyché progressif, à la manière du Pink Floyd de Meddle. Les 7 présentes compositions (de 1 à 18 minutes) s’avèrent des plus colorées, passant de moments calmes (parfois ambiant) à des trips spatio psychédéliques de toute beauté. Evidemment, pavloviens que nous sommes, la suite finale remporte tous les suffrages, notamment par sa capacité à étirer le prog de Motorpsycho à coups de sublimes ressacs mélodiques...

 


OUT5IDE : "Naked" (digipack) (51:47) 17 €


Out5ide est la nouvelle incarnation du groupe alsacien Outside, initialement centré sur un néo-prog assez classique. Les deux fondateurs, le guitariste Philippe Rau et le batteur Olivier Sapte, ont décidé de repartir de zéro en s’entourant de nouveaux musiciens, et en réorientant assez nettement leur musique. Désormais, le propos est plus franchement rock, parfois post, souvent mélodiquement direct, sans pour autant que l’ambition progressive soit délaissée. Au contraire, on la sent dans certaines structures de morceaux, dans les soli ou les teintes instrumentales, même si l’ensemble semble vouloir embrasser très large, une démarche en tous les cas pleinement réussie sur Naked.

 


PANTHER & C : "L’Epoca Di Un Altro" (37:26) 17 €


Cela fait plusieurs mois que cet album aurait du vous être présenté dans ces pages, mais il est bien difficile parfois de faire le tri au sein des incessantes nouveautés en provenance d’Italie. Sa pochette peu engageante n’a certainement pas aidé non plus à faire sortir du lot L’Epoca Di Un Altro, mais force est de constater que la promotion n’est pas le fort de certains groupes et/ou labels... Panther & C mérite donc très largement que l’on s’intéresse à ce premier album et à la musique qu’il contient. Au programme, 5 compositions (11, 5, 3, 6 et 13 minutes) qui développent un progressif symphonique clairement inspiré des années 70 (Genesis et PFM en tête), mais dont les élans néo-progressifs ne sont pas exclus, apportant à l’ensemble une modernité de bon aloi. Flûte, claviers et guitares s’unissent en une délicieuse sarabande qui prouve une nouvelle fois toute la vigueur du rock progressif italien actuel, tout autant attaché à ses racines qu’à une volonté de coller à son époque...

 


 

MATTHEW PARMENTER : "All Our Yesterdays" (digipack) (41:42) 17 €


Huit ans, cela fait huit longues années que nous attendions un successeur à l’excellent album solo de Matthew Parmenter, Horror Express. Entre temps, Discipline, dont il est le leader, avait repris ses activités. Les dix morceaux qui composent All Our Yesterdays sont explicitement conçus comme un tout, et en dehors d’un batteur pour quelques titres, Matthew Parmenter est le seul maître à bord. Aucune crainte à avoir, en tout cas : l’intensité musicale et l’inventivité instrumentale sont les points forts de l’œuvre de Parmenter, un artiste souvent comparé à Peter Hammill,mais avant tout aussi exigeant qu’indispensable.


 

TONY PATTERSON : "Equations Of Meaning" (digipack) (51:10) 18 €


Deux ans après le formidable Northlands, Tony Patterson nous revient, débarrassé de Brendan Eyre cette fois, mais en en apparence seulement puisque ce dernier se retrouve sur la liste des invités, avec entre autres le brillant Nick Magnus. Premier véritable album solo du maître de cérémonie donc, Equations Of Meaning se démarque assez peu au final de Northlands et développe les mêmes et somptueuses ambiances mélancoliques et romantiques. Toujours aussi inspiré, Tony Patterson s’attache à offrir à ses auditeurs une oeuvre finement ouvragée, aux mille détails et découvertes au fil des écoutes. Sorte de bande originale envoutante, Equations Of Meaning évoque parfois le méconnu album Synchronicité de Patrick Forgas, mais avec une dimension plus typiquement progressive néanmoins, ainsi que quelques séquences vocales de toute beauté. A découvrir d’urgence.


 

THE ROOM : "Beyond The Gates Of Bedlam" (digipack) (62:20) 18 €


Formé en 2010 par 2 anciens membres de Grey Lady Down, cette jeune formation anglaise poursuit paisiblement sa route musicale au sein d’un néo-progressif des plus contemporains. Beyond The Gates Of Bedlam, son second opus à ce jour, montre sans contradiction possible l’appartenace de The Room à ce genre, et délivre 10 compositions (de 5 à 8 minutes) efficaces et mélodiques, portées de plus par le chant si caractéristique de Martin Wilson. The Room, sans tambours ni trompettes, se présente à nous avec sérénité et surtout avec la volonté de délivrer une musique sans prétention mais profondément sincère et passionnée.

 

 

 


RIKARD SJÖBLOM : "The Unbendable Sleep" (digipack) (49:26) 17 €


Le nom de Rikard Sjöblom a davantage tendance à vous faire éternuer qu’à réveiller vos souvenirs ? Et pourtant, le gaillard n’est autre que le leader du groupe Beardfish. Il propose avec The Unbendable Sleep son second album solo, au sens premier, puisqu’il prend en charge la totalité de l’instrumentation ainsi, bien sûr, que les voix. Le résultat est franchement génial, combinant des chansons plus directes à des titres alambiquées à souhait -deux compositions atteignent les onze minutes-, brassant toujours une grande diversité d’influences et d’arrangements, folk, pop, rock, prog, le tout lorgnant vers le meilleur des années 70. A l’heure où l’on perd des figures majeures comme Keith Emerson, il est bon de pouvoir compter sur de nouveaux “génies” musicaux.

 

 

 


 

SANGUINE HUM : "What We Ask Is Where We Begin" (65:04/65:41) 23 €


Les britanniques de Sanguine Hum ont, en quelques albums seulement, marqué de leur empreinte et de leur originalité le monde du rock progressif. Déjà auteurs d’un double album l’an dernier, les voici donc qui reviennent avec un... double album ! Rassurez-vous, cette sortie est un peu particulière, dans la mesure où les titres présents ici datent des années 2000, avec en prime quelques nouvelles versions de compositions plus récentes. Une production hybride, donc, mais qui réjouira tous ceux qui adhèrent à cette musique délicate et subtile, atmosphérique dans le meilleur sens du terme, où la douceur mélodique se combine à une instrumentation très inspirée par l’école de Canterbury.

 


SOUTHER EMPIRE : "Southern Empire" (CD+DVD digipack) (65:03/60 mn) 19 €


Southern Empire est une nouvelle formation dont le leader est un artiste connu du microcosme progressif : Sean Timms. Souvenez-vous, c’est lui qui, avec le chanteur Mark Trueack, animait le groupe australien Unitopia, chantre d’un progressif symphonique réjouissant. L’implosion du combo avait déjà généré United Progressive Fraternity, nouveau groupe de Mark Trueack, voici donc la réponse de Sean Timms. Southern Empire comprend les guitaristes et chanteurs Danny Lopresto et Cam Blokland, le batteur et chanteur Brody Green, et le bassiste et chanteur Jez Martin. Sean Timms, pour sa part, est en charge des claviers et du saxophone. La musique de ce premier album, constitué de 6 morceaux (1, 7, 11, 11, 28 et 5 minutes), s’avère emplie d’énergie positive, tout à fait dans la tradition d’Unitopia, à la fois accessible et dynamique, avec une large place accordée aux voix et aux longs développements instrumentaux. Queen, Yes et une bonne dose de (hard-)rock FM sont les parrains de Southern Empire, un groupe qui fera assurément parler de lui.

 

 


TEE : "Tales Of Eternal Entities" (46:14) 17 €


Cette formation japonaise a pris l’habitude d’utiliser les initiales des titres de ses albums pour former son nom. Tales Of Eternal Entities n’échappe pas à la règle et s’avère, musicalement aussi, en parfaite adéquation avec ses devanciers. Constitué de 6 compositions instrumentales (7, 6, 9, 6, 9 et 7 minutes), ce troisième opus délivre un progressif délicieusement symphonique, qui possède la particularité d’offrir de longues séquences à une flûte virtuose. Cette dernière, secondée par des claviers aériens et une guitare plus nerveuse, constitue la trame d’un propos qui, au fil des ans, a pris de l’ampleur et de l’assurance. TEE, avec sa profondeur thématique et la beauté de ses mélodies, fait preuve ici d’une belle progression et devrait permettre au rock progressif japonais, avec Asturias et son nouvel album, de reprendre de bien belle couleurs.

 

 

 

 


MAURIZIO DI TOLLO : "Memorie Di Uno Sparring Partner" (53:23) (papersleeve) 19 €


Ayant participé à bon nombre d’albums des meilleures formations italiennes actuelles, Maurizio Di Tollo est désormais engagé dans une carrière solo. Trois ans après un premier opus, L’Uomo Trasparente, très bien accueilli par la critique progressive, Memorie Di Uno Sparring Partner marque une évolution stylistique. Moins typiquement progressif et surtout moins animé par un souci de récréer les ambiances musicales des années 70, ce nouvel opus développe un propos plus ramassé, autour notamment du chant charismatique de Di Tollo. Ce dernier cisèle des mélodies envoûtantes, au sein d’atmosphères mélancoliques, pour donner corps à une musique très émotionnelle. Sorte de pendant italien de Matthew Parmenter mais porteur de couleurs plus atmosphériques, Maurizio Di Tollo s’offre, à travers les 10 présents titres (de 3 à 7 minutes) une réjouissante parenthèse, progressive certes toujours dans son essence, mais nourrie une volonté de toucher les auditeurs en plein coeur...