Avant-Propos :

Cette nouvelle Sélection de Nouveautés aurait dû paraître en début d’année prochaine, mais l’actualité débridée du courant progressif en a décidé autrement. Les sorties de qualité se sont bel et bien multipliées ces dernières semaines, nous poussant à publier ce fascicule dès à présent. Et comme les fêtes de Noël arrivent à grands pas, cette décision prend tout son sens. L’Italie et le Royaume-Uni sont certes toujours à l’honneur, mais la Norvège apparaît comme une nation progressive particulièrement prolifique actuellement. Néanmoins, la France ne s’en laisse pas compter et propose, comme souvent, une large palette de styles avec les nouveaux albums de The Black Noodle Project, Xavier Boscher, Magnesis et Sombre Reptile. En résumé, une année 2017 qui se termine en beauté et qui démontre une nouvelle fois la grande vitalité d’un mouvement musical éternel...

Bonne lecture et joyeux Noël à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

NOEL 2017

Dans la limite des stocks disponibles...

3 CD à 13 € pièce !!! 

BLIND EGO : «LIquid Live»

XAVIER BOSCHER : «Embryogenesis»

LESOIR : «Latitude»


La nouvelle Sélection de Nouveautés (NOEL 2017)...

LEE ABRAHAM : "Colours" 17 €

AGUSA : "Agusa" (digipack) 17 €

ALIANTE : "Forme Libere" 17 €

BELIEVE : "Seven Widows" (digipack) 17 €

THE BLACK NOODLE PROJECT : "Divided We Fall" (digipack) 17 €

BLIND EGO : "Liquid Live" (digipack CD/DVD) 13 €

XAVIER BOSCHER : "Embryogenesis" 13 €

HIMMELLEGEME : "Myth Of Earth" (digipack) 17 €

VIRGIL & STEVE HOWE : "Nexus" (digipack) 18 €

I AM THE MANIC WHALE : "Gathering The Waters" (digipack) 17 €

INNERSPACE : "Rise" (digipack) 17 €

KANSAS : "Leftoverture Live And Beyond" (2CD digipack) 20 €

KARFAGEN : "Messages From Afar : First Contact" (digipack) 17 €

L'ALBERO DEL VELENO : "Tale Of A Dark Fate" (digipack) 17 €

LESOIR : "Latitude" (digipack) 13 €

MAGNESIS : "Prés En Bulles" 18 €

MAJOR PARKINSON : "Blackbox" (digipack) 17 €

MARYGOLD : "One Light Year" 17 €

PROFESSOR TIP TOP : "Life Is No Matter"17 €

PYMLICO : "Meeting Point" 17 €

SOMBRE REPTILE : "For A Dreamer" 17 €

TIGER MOTH TALES : "The Depths Of Winter" (digipack) 17 €

TROJKA : "I Speilvendthet" 17 €

VUUR : "In This Moment We Are Free - Cities" (digipack) 18 €


LEE ABRAHAM : "Colours" (50:17) 17 €


Celui qui fut un temps le bassiste de Galahad et qui l’est à nouveau depuis quelques semaines nous régale avec ses albums solo subtils et capiteux, qui n’ont pas besoin de vieillir pour s’imposer comme de grands crus d’un rock néo progressif d’exception. Après un The Seasons Turn remarquable, Colours marque une légère évolution. La brillance mélodique et le lyrisme des guitares sont toujours au rendez-vous, mais plusieurs des 7 titres (de 4:40 à 14:13) de ce nouvel opus se rapprochent également du meilleur Asia, combinant raffinement des arrangements et percutance des thèmes. Le chant est d’ailleurs tenu par plusieurs invités, parmi lesquels on retrouve Dec Burke, Marc Atkinson, Robin Armstrong ou Gary Chandler. De la bien belle musique, une fois de plus de la part de Lee Abraham, dont on redemande, encore et encore !

 


AGUSA : "Agusa" (digipack) (43:41) 17 €


Agusa est une formation suédoise que nous avions déjà eu l’occasion de vous présenter, tant elle se révèle inspirée et inspirante. Leur créneau est celui d’un rock progressif psychédélique et folk, se déclinant à travers des morceaux entièrement instrumentaux. Cinq titres sont au menu de ce nouveau disque éponyme, et si la flûte est au cœur des réjouissances musicales, la guitare et la batterie jouent un rôle capital dans l’architecture sonore, tandis que les claviers (orgue hammond en tête) se révèlent légèrement plus en retrait que par le passé. Pour tous les amateurs des premiers King Crimson ou du Jethro Tull le plus folklorique, et plus généralement les inconditionnels du progressif typé fin 60 - début 70, voilà un album tout simplement incontournable.


ALIANTE : "Forme Libere" (47:18) 17 €


L’Italie progressive est éternelle. La créativité que l’on rencontre de l’autre côté des Alpes est vraiment incessante et ébouriffante. Chaque nouvelle Sélection en est une nouvelle preuve, et l’auditeur ne sait parfois plus où donner de la tête. Le premier album de Aliante, trio claviers-basse-batterie, impose très vite sa maestria, et développe un progressif symphonique instrumental de toute beauté. Mené logiquement par des claviers pluriels (moog, orgue, piano, etc.), Forme Libere bénéficie du concours d’une solide et imaginative section rythmique (constituée de musiciens que l’on a connu par ailleurs chez Egoband) pour nous exposer de longues séquences symphoniques, tour à tour seventies et néo-progressives. Les 8 morceaux (de 1 à 0 minutes) de Forme Libere sont variés, profonds, intenses et inspirés mélodieusement, permettant ainsi une écoute aisée, durable et passionnante. Très belle découverte.


BELIEVE : "Seven Widows" (digipack) (65:23) 17 €


Believe est un de ces groupes portant fièrement l’étendard du néo prog à la polonaise. Et il faut bien reconnaître qu’on tient là un de ses plus fameux représentants, qui n’a cessé de gagner en puissance au fil de ses sorties, au point d’égaler désormais un Sylvan. Concept album teinté de fantastique, logiquement articulé en sept compositions (de 8:13 à 11:43) seulement numérotées, Seven Widows privilégie la construction d’écheveaux atmosphériques et mélancoliques d’une grande finesse, où le lyrisme intense de la guitare électrique si caractéristique de Mirek Gil fait parfois jeu égal avec le violon de Satomi. Avec un tel disque, gorgé d’émotions et de sensibilité, gageons que Believe sera enfin reconnu à sa juste valeur.


THE BLACK NOODLE PROJECT : "Divided We Fall" (digipack) (41:15) 17 €


Si l’Italie est une nouvelle fois à l’honneur dans ces pages, la France ne s’en laisse pas compter en proposant en cette fin d’année plusieurs albums de tout premier ordre. Parmi ceux-ci, ce fantastique Divided We Fall, sans nul doute l’acmé de son auteur, va marquer durablement les prochains mois. Dans la continuité de ce que The Black Noodle Project nous a proposé depuis ses débuts, mais avec ici une maîtrise totale de son art -signe d’une maturité parfaitement éprouvée-, ce sixième album s’avère en effet un coup de maître. Adeptes des plus belles envolées spatiales et floydiennes de Airbag ou de son leader Bjorn Riis, ne passez surtout pas à côté de ce Divided We Fall quasi parfait et très largement instrumental. Les solos de guitare de Jérémie Grima, dignes des plus grands mélodistes, nous emportent dans de hautes sphères émotionnelles, desquelles on met très longtemps à descendre après l’écoute des 7 présentes compositions (de 1:57 à 9:59). Magnifique réussite !

 

   

 

BLIND EGO : "Liquid Live" (digipack CD/DVD) (73:53/DVD) 13 €


Après A New Dawn, spectacle ambitieux proposé par RPWL, voici donc le premier témoignage live de Blind Ego, le groupe parallèle du guitariste Kalle Wallner. Enregistré en 2017 lors du festival Night Of The Prog de Loreley (pour le CD) et à Hambourg (pour le DVD), Liquid Live fait parler la poudre et la technicité, mais en conservant toujours le sens de la mélodie. Il faut dire que les compositions de Blind Ego s’inscrivent dans un néo-prog soigné, où les parties chantées alternent avec de généreuses séquences instrumentales. Le mixage et la production sont aux petits oignons, et le fait d’offrir en même temps CD et DVD permet de déguster encore plus finement la flamboyance d’un groupe à l’inspiration solide.


XAVIER BOSCHER : "Embryogenesis" (69:07) 13 €


Xavier Boscher nous avait régalé l’an dernier avec son album Pentagramme, subtil mélange de textes très littéraires et de musiques suaves et mélodiques. Il revient avec un disque très différent, dans une volonté louable de se renouveler. La dominante est en effet celle d’un métal progressif, entièrement instrumental, mais que ce commentaire ne fasse surtout pas fuir les plus méfiants : la richesse est à la mesure de la puissance mélodique. Tout au long de ses neuf compositions, culminant dans un titre éponyme de près de vingt minutes, Xavier Boscher sait surprendre, variant les ambiances et les influences, du folk à l’électro, en réussissant à capter l’auditeur à chaque seconde. Splendide réussite !

 


HIMMELLEGEME : "Myth Of Earth" (digipack) (38:02) 17 €


Les labels norvégiens sont vraiment à la fête en ce moment, nous permettant de découvrir de nombreuses petites pépites dans toutes sortes de sous-genres du courant progressif. En ce qui concerne Himmellegeme, originaire lui aussi de Bergen, c’est du côté du post-rock symphonique qu’il faut se tourner. Ce premier album, tout en délicatesse et en atmosphères cotonneuses que viennent briser les envolées de guitare, se situe clairement dans l’univers ouaté et envoûtant de formations comme Sigur Ros, Gazpacho ou Palefeather. Les 7 compositions (de 4 à 10 minutes) de Myth Of Earth, introduites par un chant aérien et pluriel (en anglais et en norvégien), laissent le voyage musical se construire efficacement autour d’envolées intensément émouvantes. Délicieusement atmosphérique.


VIRGIL & STEVE HOWE : "Nexus" (digipack) (39:58) 18 €


Cet album du père et du fils est malheureusement placé sous le signe du deuil. Virgil Howe est en effet décédé il y a quelques mois, et c’est pour lui rendre hommage que Steve Howe a décidé de sortir l’album qu’ils venaient de réaliser. Bien lui en a pris, car ce disque est sans aucun doute un des meilleurs de la carrière solo du guitariste de Yes. Entièrement instrumental, il est composé de thèmes écrits et joués par Virgil Howe au piano et aux claviers (le musicien a également pris en charge la section rythmique), sur lesquels Steve Howe vient poser ses arrangements de six cordes. Pas de virtuosité démonstrative au programme, simplement de très belles mélodies, au parfum moderne (les légers arrangements électro ne sont jamais envahissants), qui brassent les styles avec plaisir : on pense aussi bien à Vangelis qu’à Jeff Beck, à Ozric Tentacles qu’à Mike Oldfield. Un condensé d’émotions et de chaleur humaine.

 


I AM THE MANIC WHALE : "Gathering The Waters" (digipack) (68:03) 17 €


Certains adoreront l’originalité du nom de cette formation anglaise, d’autres le trouveront peut-être un peu ridicule, mais la plupart devraient succomber au progressif ambitieux et lumineux de Gathering The Waters. Ce second opus, qui paraît moins de deux ans après son devancier, pourrait par moment être décrit comme le pendant anglais du Neal Morse Band. Emphase et structure ambitieuse sont bel et bien présentes sur les 7 compositions dévoilées ici (de 1:26 à 18:30), mais s’inscrivent dans une démarche plus typiquement européenne. Gathering The Waters possède de superbes atouts pour s’imposer à l’ensemble de la communauté progressive : en premier lieu un chanteur charismatique et des harmonies vocales magnifiques, au service d’un progressif symphonique et épique se situant au confluent de Big Big Train, des Flower Kings, de Moon Safari et de Neal Morse donc. Pas franchement néo-progressive, pas vraiment seventies, la musique de I Am The Manic Whale surfe sur les époques avec l’agilité des plus grands. Bravo !


INNERSPACE : "Rise" (digipack) (69:26) 17 €


Fortement inspiré par Pink Floyd à ses débuts et notamment sur son premier opus (The Village en 2012), Innerspace affiche dorénavant davantage de certitudes et de foi dans sa personnalité artistique. Les quelques allusions au groupe de Gilmour se font désormais par petites touches délicates et intègrent surtout un tout d’une grande cohérence. Rise impressionne même par la puissance orchestrale de certaines pièces et n’hésite pas à offrir de longues plages instrumentales surfant sur une riche palette sonore. Le piano, par exemple, fait des merveilles et s’inscrit dans une démarche plus européenne, tandis que Innerspace clôt son superbe deuxième album par une longue suite de 27 minutes, bien plus typée américaine pour le coup avec ses fulgurances proches parfois de celle de Neal Morse. Parfaitement bâti et interprété, Rise s’écoute d’une traite sans temps-morts, conservant ses atouts fondateurs et les associant avec de nouveaux éléments parfaitement intégrés. Au point que Innerspace concurrence très sérieusement Mystery pour le titre de meilleure formation canadienne actuelle...

 


KANSAS : "Leftoverture Live And Beyond" (2CD digipack) (59:30/57:36) 20 €


Kansas avait effectué l’année dernière un retour aussi inattendu que brillant, avec un opus studio constitué de matériel totalement inédit, The Prelude Implicit. Cette nouvelle sortie permet de retrouver le groupe renouvelé dans ce qui fait toute sa force, le live. Ce double enregistrement se compose de deux ensembles distincts. D’abord, une succession de classiques, datant essentiellement des années 1970, ainsi que quelques extraits du dernier studio, interprétés avec fougue et dynamisme. Ensuite, l’intégralité de Leftoverture, album culte de 1976, que l’on retrouve avec un grand plaisir. Loin des spectacles compassés du Yes actuel, ce Kansas sur scène prolonge avec brio celui qu’il fut dans les années 1970 : un des plus grands.


KARFAGEN : "Messages From Afar : First Contact" (digipack) (56:10) 17 €


Fidèle à son rythme particulièrement soutenu, Antony Kalugin propose quelques mois seulement après une sortie live le nouvel opus studio de Karfagen, neuvième en titre. Faisant suite à Spektra en 2016, Messages From Afar : First Contact est un concept de science-fiction, sur le thème du contact avec une autre espèce intelligente dans l’univers. La particularité de ce projet, c’est qu’il est divisé en deux volets, le second devant paraître l’année prochaine mais sous le patronyme de Sunchild (le groupe plus pop de Kalugin). Et si l’album se veut hommage aux figures tutélaires du rock progressif, Genesis, Pink Floyd ou Yes, l’écoute des divers morceaux évoque davantage Eloy, et ce melting pot si caractéristique de Karfagen, capable de mixer les influences pour aboutir à un mélange homogène et unique.

 


 

L'ALBERO DEL VELENO : "Tale Of A Dark Fate" (digipack) (44:03) 17 €


Quatre ans après un premier album plus que prometteur mais malheureusement quelque peu passé inaperçu, les italiens de L’Albero Del Veleno ont désormais changé de label dans l’espoir de bénéficier d’une plus grande visibilité. Tale Of A Dark Fate impose immédiatement sa forte personnalité et son tempérament pour délivrer une musique seventies et instrumentale des plus cinématiques. On pense alors logiquement à Goblin, même si L’Albero Del Veleno s’attache à offrir un progressif plus orthodoxe et somme toute plus ambitieux. Impossible également de ne pas évoquer le brio d’une formation comme Anima Morte, avec laquelle la parenté stylistique est indéniable. En 11 compositions formant deux suites introduites par 2 courtes pièces, Tale Of A Dark Fate est une oeuvre envoûtante, dont les claviers, secondés notamment par de belles parties de guitare et de flûte, tissent la sublime trame mélodique. A ne pas rater !


LESOIR : "Latitude" (digipack) (62:10) 13 €


Produit par Bruce Soord, le nouvel album des néerlandais de Lesoir a bien des chances de rencontrer un franc succès auprès des amateurs de ce prog alternatif, mis à l’honneur ces derniers temps par des formations comme... Pineapple Thief. Mais Latitude, quatrième opus du groupe, possède sa propre personnalité, axée ici davantage sur sa dimension progressive et portée par le chant magnifique de Maartje Meessen (secondée par Eleen Bartholomeus). Cette dernière, aussi à l’aise dans les séquences enfiêvrées que dans les parties plus aériennes, force le respect et permet à Lesoir de nous offrir une oeuvre formellement parfaite et portée par une tension retenue ou des penchants post-rock et néo-classiques. Album difficile à circonscrire donc à décrire et promu par le label de RPWL (Gentle Art Of Music), Latitude devrait vraiment rencontrer un large public, sans trahir les valeurs progressives fondamentales, et ce n’est pas donné à tout le monde...

 


 

MAGNESIS : "Prés En Bulles" (49:06) 18 €


Magnesis s’est imposé au fil des ans comme le plus sérieux prétendant à la succession de la place occupée par Ange au cœur des années 1970, celui d’Au-Delà du Délire, d’Emile Jacotey et de Par Les Fils De Mandrin. Cette option que d’aucuns qualifieraient de passéiste, le groupe l’assume totalement, et ce n’est pas son nouveau disque qui va contredire ce constat. Prés En Bulles est en effet un album proche de ce qui se faisait dans les années 1970, avec deux longues suites éponymes (22 et 27 minutes). La grande particularité de cet opus, c’est son option du tout instrumental. Passé la surprise, tant le chant était un marqueur clef de l’identité de Magnesis, le plaisir de la découverte est bien là, les ambiances développées évoquant tout aussi bien un romantisme médiéval et le prog symphonique de Genesis que le Pink Floyd d’avant The Dark Side Of The Moon. Un challenge réussi !


 

MAJOR PARKINSON : "Blackbox" (digipack) (63:25) 17 €


Groupe original et imprévisible s’il en est, Major Parkinson s’est bâti une solide réputation depuis sa création en 2003. Ce quatrième album explore une nouvelle fois les arcanes d’une pop-prog avant-gardiste, que l’on pourrait par moment rapprocher des derniers opus de Kate Bush. La structure des 9 compositions (de 1:25 à 10:20) n’est pas forcément complexe, mais la créativité y est permanente. Innovant et original, Blackbox bénéficie de l’apport de chants masculin (voix grave et presque chuchoté) et féminin pour délivrer donc une musique cinématique et electronico-industrielle constamment guidée par une véritable recherche mélodique et surtout porteuse d’une ambition très fédératrice. A découvrir.



MARYGOLD : "One Light Year" (56:25) 17 €


Autre preuve de la vitalité de la scène progressive italienne : Marygold. Second opus du groupe, mais premier à être présenté dans ces pages, One Light Year affiche clairement son orientation néo-progressive, proche assez souvent du Marillion des années 80; ce qui n’est pas une surprise quand on découvre que Marygold, formé en 1994, a débuté ses activités comme tribute-band du groupe anglais. On pense aussi à Nuova Era, pour la belle place accordée aux claviers, et au mythique Il Trono Dei Ricordi quant à la versatilité thématique et le soin apporté aux mélodies et aux ambiances. Tout au long de ses 7 compositions (de 5:19 à 12:28), One Light Year développe une musique spontanée et fraîche qui bénéficie notamment d’un chant réllement envôutant et idéal pour lancer les longs développements instrumentaux. A ne surtout pas rater pour les amateurs des groupes sus-cités.


PROFESSOR TIP TOP : "Life Is No Matter" (48:23) 17 €


Cette petite douceur symphonique, quatrième album de ses auteurs (réunis ici depuis 2011 seulement mais à la tête d’une carrière déjà longue), nous vient de Bergen en Norvège. Très clairement, Professor Tip Top a pris une nouvelle dimension en signant chez Apollon Records, nouveau label particulièrement actif. Enfin porté par une structure professionnelle, le groupe norvégien a pris son envol et propose ici une musique superbe, mêlant space rock seventies (entre Pink Floyd et Gong) et néo prog délicat. La réussite de Life Is No Matter repose sur le parfait équilibre entre l’ambition instrumentale et la beauté mélodique des thèmes développés. Les aller-retours formels entre les années 70 et une modernité plus appuyée permettra de séduire la plupart des amateurs de musiques progressives, ravis de découvrir ici un groupe maître de son art et proposant sans concession une musique symphonique intense et lumineuse.

 


 

 

PYMLICO : "Meeting Point" (42:11) 17 €


Sorti il y a tout juste un an, le quatrième album de Pymlico a du attendre que nous entamions une solide et fructueuse collaboration avec son nouveau label (Apollon Records une nouvelle fois) avant de figurer dans ces pages. Meeting Point offre toujours un prog totalement instrumental, mais avec une plus grande homogénéité que ses devanciers. Pymlico a ainsi un peu resserré son propos, ce dernier étant moins délayé, plus axé sur des morceaux calibrés (de 3:13 à 8:54) et parfaitement construits. La cohésion entre les musiciens (autour du leader Arild Broter) est assez exceptionnelle pour donner vie à un progressif symphonique, aux quelques accents jazz-rock. Et la magie opère. A la manière de ce que nous a proposé Happy The Man ou le meilleur Tribute, on se voit confronté à une musique profonde et mélodique à la fois, qui prend aux tripes durant ces presque trois quarts d’heure.


SOMBRE REPTILE : "For A Dreamer" (51:23) 17 €


Il ne devrait plus être utile de la faire, mais rappelons néanmoins que Sombre Reptile est un groupe français de très grand talent. Situé dans la région bordelaise, il existe depuis plus de quatre décennies mais n’a eu l’heur de publier des albums qu’à l’orée des années 2000. For A Dreamer, quatrième opus des frères Dedieu (Jean-Paul aux claviers et Michel aux guitares), s’avère une très grande réussite, délivrant des mélodies et des ambiances toutes plus belles les unes que les autres. Les 8 présentes compositions (de 3:11 à 10:40), entièrement instrumentales, forment un tout d’une grande homogénéité, qui s’apparente par moments (à la manière de Alco Frisbass) à la forme la plus symphonique de l’école de Canterbury. Le progressif de Sombre Reptile, gorgé de guitare lyrique et de claviers généreux, apparaît ultra soigné et évoque parfois également quelques formations essentielles de notre mouvement (Camel, Mike Oldfield, Tangerine Dream et autres Pink Floyd). Mais For A Dreamer ne perd jamais pour autant sa force vitale et authentique, celle qui nous permet de voyager au gré de ses cavalcades spatiales et sucrées. Brillant !

 


TIGER MOTH TALES : "The Depths Of Winter" (digipack) (71:07) 17 €


Projet du multi-instrumentiste Pete Jone, qui a perdu la vue à un très jeune age et qui s’avère l’une des figures montantes de la scène progressive anglaise (il est par exemple le claviériste actuel de Camel), Tiger Moth Tales offre ici son troisième album, mis en musique avec la seule aide du guitariste Luke Machin (The Tangent, Maschine). Et le résultat, malgré ce manque de moyens apparent, ne souffre d’aucune faiblesse et nous invite à découvrir l’univers progressif de son auteur, fortement marqué par le Genesis de la seconde moitié des années 70. Trick Of The Tail, Wind & Wuthering et certains albums solos de Steve Hackett s’avèrent ainsi de bonnes références pour évoquer la musique symphonique de The Depths Of Winter, dont la fluidité impose le respect. La force des compositions réside dans le fait que Jones est un mélodiste hors pair et qu’il conduit ses auditeurs où bon lui semble au gré de ses longs développements instrumentaux et de son chant soyeux et chaleureux. Petit nirvana symphonique, The Depths Of Winter ne cache clairement pas ses références mais les expose avec brio !!


TROJKA : "I Speilvendthet" (41:28) 17 €


En découvrant la pochette décalée du premier album de cette formation norvégienne (une de plus !), on se dit très vite que son écoute va certainement révéler quelques surprises. Le tout est bien sûr de savoir si ces dernières vont nous être agréables ou non. En fait, I Speilvendthet délivre une pop-prog jazzy tout en finesse et en douceur, quelque peu éloignée finalement de nos a priori. Trojka s’inscrit dans l’école de Canterbury, mais sa version la plus mélodique et symphonique. Les claviers, et particulièrement le piano électrique, sont ainsi à l’honneur au sein de ce progressif charmeur, aux délicates senteurs seventies et parfaitement bien arrangé. Le chant (en norvégien) est chaleureux, évoquant un peu Pye Hastings de Caravan, et les quelques apparitions de saxo, clarinette, flûte et autres vibraphone finissent de rendre ce I Speilvendthet particulièrement réussi et attrayant. Le genre d’album à écouter en regardant tomber la neige derrière une fenêtre protectrice...

 

 


VUUR : "In This Moment We Are Free - Cities" (digipack) (64:56) 18 €


Anneke van Giersbergen revient enfin à la formule du groupe, qu’elle n’avait plus pratiqué depuis son départ de The Gathering. Certes, elle avait largement collaboré aux albums de Devin Townsend et de Arjen Anthony Lucassen (The Gentle Storm en particulier), mais désormais, la voilà seule aux commandes ! Vuur, par ailleurs, renoue avec le métal progressif, tout au long d’un disque centré sur les villes, celles qu’Anneke a pu découvrir au cours de sa (déjà !) longue carrière (en Europe, surtout, avec quelques détours vers le Moyen Orient et l’Amérique du sud). Le résultat ? Des compositions solides, aux riffs souvent tranchants, mais qui abritent toujours une moelle mélodique épaisse, transcendée par la voix magique de la chanteuse. In This Moment We Are Free - Cities contient également des titres plus apaisés, offrant au final un voyage captivant de bout en bout.