Avant-Propos :

Nous sommes déjà en février, mais permettez moi néanmoins de vous souhaiter une excellente nouvelle année. 2018, comme ses devancières d’ailleurs, commence très bien et permet au courant progressif d’apparaître comme un sémillant quinquagénaire. Cette forme olympique, il l’affiche depuis de longues années à présent, et les choses ne semblent pas devoir changer prochainement. Et si on peut bien sûr être surpris par une telle vitalité artistique (au regard notamment des difficultés économiques du monde musical), savourons pleinement notre chance d’être les contemporains d’une période aussi fastueuse... Pour finir, sachez que Jadis va proposer dans les prochains jours la réédition de son magnum opus More Than Meets The Eye, datant de 1992 et faisant indéniablement partie des tous meilleurs albums de néo-progressif. Entièrement remasterisé pour l’occasion (les 25 ans, fêtés en 2017), agrémenté d’une nouvelle pochette et comportant un second CD (avec tout un tas d’excellents titres bonus), More Than Meets The Eye 25 va profiter pleinement de ce lifting sonore pour refaire parler de lui et rappeler combien Gary Chandler est un artiste talentueux. Que vous possédiez ou non la version originale, cette réédition s’avère indispensable, alors n’hésitez pas à réserver d’ores et déjà votre exemplaire auprès de Cosmos Music.

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Février 2018

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

NINE SKIES : "Return Home"

RYAN PARMENTER : "One Of A Different Color"

SCHIZOFRANTIK : "Ripping Heartaches"

 


Sélection de Nouveautés (Février 2018)...

BAD DREAMS : "Chrysalis" (digipack) 18 €

BAD DREAMS : "Live From The Edge" (DVD/Bluray) 30 €

CAMEMBERT : "Negative Toe" (digipack) 17 €

CIRKUS : "Wild Dogs" (2CD digipack) 21 €

CLOUDS CAN : "Leave" (digipack) 17 €

FIBONACCI SEQUENCE : "Cinema Finis" (digipack) 17 €

FIZBERS : "First Mind" (digipack) 17 €

THE FORTY DAYS : "The Colour Of Change" (digipack) 17 €

GALAHAD : "Seas Of Change" (digipack) 17 €

HANGOVER PARADISE : "Out Of Sight" (digipack) 17 €

KAYAK : "Seventeen" (2CD digipack) 21 €

MAGIC BUS : "Phillipp The Egg" (digipack) 17 €

EDDIE MULDER : "In A Lifetime" (digipack) 17 €

MULTI STORY : "Live At Acapela" (2CD) 20 €

NEXT STATION : "Next Station" 17 €

NINE SKIES : "Return Home" (digipack) 13 €

ORION : "Le Survivant" (digipack) 17 €

RYAN PARMENTER : "One Of A Different Color" 13 €

PERFECT BEINGS : "Vier" (digipack) 18 €

THE ROME PROGJECT : "III : Exegi Monumentum Aere Perennius" (digipack) 18 €

SCHIZOFRANTIK : "Ripping Heartaches" 13 €

STARSABOUT : "Longing For Home" (digipack) 17 €

TORSO VIRILE COLOSSALE : "Che Gli Dei Ti Proteggano - Vol. 1" (papersleeve) 17 €

ULTRANOVA : "Orion" 17 €


 

 

BAD DREAMS : "Chrysalis" (digipack) (55:31) 18 €


Bad Dreams, quintette argentin, fut d’abord un groupe de reprises de Genesis, avant de se lancer dans ses propres créations il y a quelques années. Chrysalis est déjà sa troisième réalisation studio, et l’ensemble apparaît très professionnel. Loin d’être un clone des prestigieux Britanniques, Bad Dreams développe son propre style, empli d’émotion et de lyrisme. Les figures de Marillion, IQ ou Arena peuvent venir à l’esprit, mais on se laisse facilement happer par l’intensité de cette musique. L’instrumental «Butterfly», long de onze minutes, est à cet égard une vraie merveille, où guitare et claviers rivalisent d’envolées solistes, toujours au service de la mélodie. Mais c’est bien l’ensemble de l’opus qui éclate d’une beauté musicale constante, splendide manifeste de néo-prog symphonique, qui bénéficie en outre d’un invité de marque en la personne de Steve Rothery ! Magnifique !!

PS : quelques exemplaires de Live From The Edge, le DVD/Bluray (les deux à l’intérieur du même objet) sorti conjointement à Chrysalis et témoin de la prestation de Bad Dreams lors de l’édition 2017 de Cruise To The Edge, sont également disponibles au prix de 30 €.

 


CAMEMBERT : "Negative Toe" (digipack) (56:55) 17 €


Six ans après le très prometteur Schnörgl Attahk, les fromagers strasbourgeois néo-zappaïens sont enfin de retour avec un deuxième opus immortalisant enfin le répertoire inédit dévoilé lors de son passage au festival Crescendo en 2012, articulé autour de 4 copieuses suites (instrumentales pour 3 d’entre elles) à rebondissements de 9 à 15 minutes. On y retrouve ce qu’on avait aimé par le passé - cette configuration instrumentale à la fois familière et inédite entre power-trio rock, harpe, cuivres et percussions mélodiques, le mélange de prog, jazz big band et grooves teintés de funk - mais transcendée par une maturité inédite dans l’interprétation, qui propulse Camembert dans le cercle fermé des toutes meilleures formations du moment. Du grand art !

 


CIRKUS : "Wild Dogs" (2CD digipack) (72;51/66:54) 21 €


Cirkus est une nouvelle formation canadienne, qui ne comprend que trois musiciens, mais s’est d’emblée lancé un sacré défi : sortir, en guise de carte de visite, un double album généreusement rempli ! Il faut donc du temps pour bien pénétrer l’univers de Cirkus, mais d’emblée, une chose saute aux oreilles, leur passion pour le rock progressif des années 1970. Au fil des morceaux, souvent relativement développés, les ombres tutélaires de Genesis, Marillion ou Mike Oldfield se font jour. Mais là où les Canadiens parviennent à tirer leur épingle du jeu, c’est dans leur science de la mélodie, couplée à une maîtrise assumée du métissage musical. L’atmosphère évoque ainsi à bien des moments une comédie musicale prog, et le plaisir sincère ainsi communiqué permet de passer outre les petits défauts de production (la batterie synthétique, le chant parfois fragile). Un groupe dont la verve est riche de beaux voyages à venir.


 

CLOUDS CAN : "Leave" (digipack) (51:19) 17 €


Non content de publier très régulièrement des albums sous le nom de T, Thomas Thielen nous propose en ce début d’année le premier album d’un autre projet, qu’il mène depuis 1995 avec Dominik Hüttermann (lui aussi multi-instrumentiste allemand). Le duo présente Clouds Can comme la volonté de réunir prog et pop au sein d’un univers lumineux et ambitieux. A la fois mélancolique, moderne, décompléxée et symphonique, la musique de Leave ne se laisse pas aussi facilement circonscrire qu’on pourrait le penser à la lecture de la profession de foi des deux musiciens. L’ambition et la force évocatrice des 8 présentes compositions (de 5 à 7 minutes) incitent ainsi à rapprocher le progressif soyeux de Clouds Can de ceux de Talk Talk, Marillion (le plus récent), Anathema, voire Tim Bowness ou David Sylvian. Le travail vocal des 2 amis est particulièrement probant et son association avec les atmosphères soyeuses du projet font de Leave un très bel album.

 


FIBONACCI SEQUENCE : "Cinema Finis" (digipack) (75:27) 17 €


Auteur d’un premier opus en 2010, cette formation originaire de Milwaukee aux Etats-Unis aura donc mis 7 ans avant de lui offrir un successeur. Toujours adepte d’un progressif dénué de chant, Fibonacci Sequence, par ses séquences heavy et complexe, mais faisant toujours grand cas des mélodies, évoque naturellement un groupe comme Liquid Tension Experiment, mais aussi Magellan voire Shadow Gallery (le piano certainement). Vous l’avez compris, Cinema Finis aurait tout à fait eu sa place chez Magna Carta à l’époque où ce label américain symbolisait l’émergence d’un hard-prog symphonique de grande qualité. 13 compositions (de 2:06 à 13:01) sont ainsi au programme de cet album dynamique et sophistiqué, qui transforme assurément vos idées noires en dopamine. Effet garanti !!

 


FIZBERS : "First Mind" (digipack) (51:08) 17 €


Le premier album de cette formation polonaise attire immédiatement l’attention par le nom de son producteur artistique : Ryszard Kramarski. Le claviériste de Millenium ne tient clairement pas ce rôle par hasard. Dès les premières minutes de First Mind, on sent une évidente parenté entre Fizbers et Millenium. Les deux groupes ont indéniablement en commun une grande admiration pour Pink Floyd, sans que celle-ci ne prenne le pas sur leur personnalité et leur origine. Les 10 présentes compositions (de 1:34 à 9:16), oeuvres de 4 jeunes musiciens (18 ans à peine), affichent (consciemment ou non) leur racines polonaises, qui se traduisent par un progressif symphonique soyeux, accessible, mélodique et nostalgique. Rien de révolutionnaire bien sûr, mais un savoir-faire indéniable complété par la très agréable présence d’un violon sur quelques titres. Fizbers ne cherche donc aucunement à singer ses glorieux ainés, qu’ils soient anglais ou polonais, mais à bâtir un propos personnel que les années lui permettront d’affiner...

 


THE FORTY DAYS : "The Colour Of Change" (46:54) 17 €


Bien qu’originaire de Pise, cette jeune formation italienne ne propose aucunement une musique bancale. Le premier album de The Forty Days fait au contraire une très belle entrée dans le petit monde progressif grâce à un propos très mature et élaboré avec grand soin. The Colour Of Change est un album formellement assez classique, mais dont les 7 compositions (de 3:32 à 9:15) brassent avec intelligence plusieurs sources inspiratrices (Pink Floyd, Steven Wilson, Marillion, RPWL, etc.) pour en extirper une matière sonore très personnelle au final. Offrant une musique soyeuse et mélodique, assez peu chantée et portée par une guitare gilmourienne et des claviers pluriels, The Forty Days s’impose comme un superbe espoir de la scène italienne, à l’instar de Cellar Noise ou Isproject. Bravo !


GALAHAD : "Seas Of Change" (digipack) (55:54) 17 €


C’est un nouvel âge d’or que semble vivre Galahad : un album l’an dernier, Quiet Storms, qui surprenait par sa plus grande option acoustique, et un nouvel opus en ce début 2018, marquant en outre le retour de Lee Abraham au sein du combo, mais au poste de guitariste désormais. Pourvu d’une pochette évocatrice des possibles ravages portés par le réchauffement climatique, Seas Of Change est en réalité constitué d’une unique composition de quarante-deux minutes ! L’ambiance est au concept, avec les nombreuses interventions vocales ou les bruitages, tandis que musicalement, le groupe brille une fois de plus par son rock progressif symphonique et romantique, où piano et flûte engendrent des atmosphères délicates et précieuses, tandis que l’emphase est également au rendez-vous, proche parfois du meilleur hard-prog. Très ambitieux dans son propos et sa mise en œuvre, Seas Of Change est un de ces disques promis à s’imposer dans l’histoire du prog.


HANGOVER PARADISE : "Out Of Sight" (digipack) (51:24) 17 €


Cette formation néerlandaise, auteur d’un premier album en 2013 (Mirrors) est assez peu connue dans le milieu progressif, mais son néo-progressif mélodique et inspiré devrait lui garantir à l’avenir un franc succès. Out Of Sight, toujours mené par les frères Zwerus (tous deux claviéristes), marque quelques changements de line-up, dont l’arrivée d’un nouveau chanteur (assez proche vocalement de Paul Wrightson), mais l’ADN musical du groupe reste globalement inchangé. Davantage abouti certainement, le néo-progressif de Hangover Paradise repose certes sur les recettes du genre, mais ses adeptes y trouveront largement leur compte, tant les 8 présentes compositions (de 4:29 à 7:59) respectent brillament les deux règles essentielles à sa réussite : proposer des mélodies lumineuses et une emphase symphonique. Voilà un groupe qui maîtrise son art à la perfection, et ne quitte jamais son champ de compétence. Bravo !

 


KAYAK : "Seventeen" (2CD digipack) (60:01/36:18) 21 €


Kayak, né au début des années 1970, fut un des groupes phares du rock progressif néerlandais, avant de s’éclipser puis de connaître un retour plus ou moins concluant. Ce dix-septième album studio est aussi celui d’une formation totalement métamorphosée, puisque seul le claviériste Ton Scherpenzeel incarne la continuité historique : tous les autres musiciens sont nouveaux, parmi lesquels le bassiste Kristoffer Gildenlöw. Les douze compositions proposées sont pour la plupart assez ressérées, à l’exception de trois, atteignant la dizaine de minutes. Il y a en tout cas beaucoup de souffle mélodique dans ce disque, digne de Camel, d’Alan Parsons Project ou du meilleur Journey, en nettement plus progressif, comme en attestent les plus longs titres, riches en rebondissements et en thèmes aventureux. Ajoutez à cela la participation d’Andy Latimer sur un instrumental, et vous aurez toutes les bonnes raisons de découvrir Seventeen.


 

 

MAGIC BUS : "Phillip The Egg" (digipack) (45:12) 17 €


Magic Bus, c’est presque un cartoon musical décalé qui exhale bon les sixties et seventies hippies et psychédéliques, les fleurs dans les cheveux et l’humour british halluciné. Leur troisième album, Phillip The Egg, enfonce le clou de leurs influences : Grateful Dead, Caravan, Gong, CSNY, Steve Hillage... Les paroles peuvent par moments ne pas sembler avoir de sens, mais elles peignent des images et provoquent une réponse émotionnelle souvent souriante. La nouvelle section rythmique a permis à Magic Bus de développer des ambiances plus progressives que d’habitude, mais toujours avec cette verve jubilatoire caractéristique. Phillip The Egg est un voyage initiatique et extatique des plus agréables. Montez à bord du Bus et vous pourrez dire, comme le chantait Roger Daltrey, «thank you, driver, for getting me here»...

 


EDDIE MULDER : "In A Lifetime" (digipack) (50:25) 17 €


Le néerlandais Eddie Mulder, pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, est le guitariste de Flamborough Head, entre autres. Il avait déjà proposé en 2015 un premier album solo, Dreamcatcher, axé sur la guitare acoustique. Il en est de même pour In A Lifetime, et pour ceux que ce parti pris instrumental pourrait rebuter, précisons tout de suite que les onze morceaux s’avèrent passionnants de bout en bout. Variés, ils sont également enrichis d’arrangements de batterie ou de claviers, avec un remarquable point culminant. Le titre éponyme est en effet fort de dix-sept minutes, et alterne les thèmes avec suffisamment de régularité pour ne jamais que l’attention de l’auditeur ne se relâche. Surtout, la guitare acoustique s’accompagne également de guitare électrique, ce qui permet de développer la beauté des mélodies. In A Lifetime est définitivement un disque de prog romantique et bucolique attachant autant qu’apaisant.

 


MULTI STORY : "Live At Acapela" (2CD) (54:12/39:07) 20 €


Multi Story fait partie de ces formations de seconde division, nées au début des années 1980, mais éclipsées par le succès des Pendragon, IQ, Pallas et autres Marillion, en dépit de la sortie de deux albums. Récemment ressuscité par son claviériste, Rob Wilsher, et son chanteur, Paul Ford, Multi Story a proposé un nouveau opus studio, Crimson Stone, en 2016, avant ce double live, signé chez F2 Records. Avec Live At Acapela, le groupe anglais offre une carte de visite idéale, puisqu’en plus de nombreux titres du dernier disque en date, il permet une plongée dans son passé méconnu, à travers des extraits de ses deux albums des années 80. Servi par une production assez directe et sans fioritures, les titres de Multi Story sont à la croisée, stylistiquement parlant, de Saga et de Pallas. Un bel effort d’archéo-prog !

 


 

 

NEXT STATION : "Next Station " (54:12) 17 €


Pour son deuxième album, Marco De Angelis a eu la bonne idée de prendre un nom de groupe. On sait bien désormais combien cela est profitable pour un artiste, quel que soit le talent dont il fait preuve d’ailleurs, de ne pas s’afficher sous son propre patronyme. Ce changement a de plus l’heureuse idée de s’accompagner d’une très nette progression qualitative, même si The River publié en 2013 était déjà plus que recommandable. Mais Next Station permet très clairement à son auteur de franchir un pallier et de s’imposer comme l’une des révélations de ce début d’année. A la manière de Cosmograf et de RPWL, mais avec peut-être un propos plus lumineux et une dimension progressive plus affirmée, Next Station s’engouffre dans un prog symphonique, tout à tour néo et floydien. Aériennes et cadencées à la fois, les 6 compositions (de 5:49 à 14:23) offrent de gracieuses envolées instrumentales à tiroirs, portées notamment par une guitare en apesanteur et des claviers pluriels. Marco De Angelis est un multi instrumentiste de grand talent qui cisèle des mélodies et des ambiances auxquelles nos âmes rêveuses ne peuvent que succomber. Quant aux parties chantées, le maître de cérémonie a eu une autre excellente idée, celle de les confier à trois vocalistes charismatiques : Nad Sylvan, que l’on ne présente plus, sur 3 titres, Robbie Wyckoff (vu avec le Roger Waters Band) sur 2 et Göran Edman pour conclure l’album. Ces 3 chanteurs, et quelques autres invités, finissent de transformer Next Station en très grande réussite, à même de séduire la plupart des amateurs de notre musique de prédilection...


NINE SKIES : "Return Home" (55:03) (digipack) 13 €


Attention, voici sans aucun doute une des révélations de 2017 ! Nine Skies est une formation niçoise, qui a déjà tout des plus grandes. Pas moins de dix musiciens se sont coalisés pour donner naissance à une musique profondément britannique dans l’esprit, d’une classe et d’un professionnalisme insolents ! Chaque morceau de Return Home est à la fois profondément différent et terriblement attachant. Le chant en anglais est un sans-faute, et les mélodies comme les envolées solistes témoignent toujours d’une profonde pertinence. On navigue ainsi, sans jamais singer un artiste en propre, entre des ambiances à la Steven Wilson ou à la Marillion, des moments plus acoustiques extrêmement sensibles, et même des atmosphères plus jazz rock. Un album qui vous scotchera dans votre fauteuil et dont vous aurez bien du mal à vous détacher !


ORION : "Le Survivant" (45:25) 17 €


Orion, l’air de rien, c’est l’un des plus anciens groupes progressifs français en activité. Avec la sortie du (seulement) quatrième album, Le Survivant, le groupe propose ni plus ni moins que son meilleur album. Au-delà des albums revendicatifs qui confondent argumentation avec violence musicale et verbale, Le Survivant appuie la portée de son propos sur un tapis musical conçu avec précision et réalisé avec soin. Avec application (et un très bon rendu dynamique), sans ambition démesurée apparente mais dans son style tout à fait singulier, Orion vient avec Le Survivant s’accrocher aux wagons tractées par les locomotives (Lazuli, Ange, JPL, Motis, Gens De La Lune...) d’un rock progressif hexagonal en langue française en plein renouvellement. Une des belles réussites de 2017.

 


RYAN PARMENTER : "One Of A Different Color" (59:11) (digipack) 13 €


Neveu du leader de Discipline, le fameux Matthew Parmenter (qui fait ici une brève apparition au violon sur un titre) avec lequel il a mené un temps le groupe Eyestrings, Ryan Parmenter propose ici son quatrième album solo. Le premier depuis 2009. Inutile donc de dire que nous sommes ravis de redécouvrir un musicien reprenant ici le chemin de ses inclinations les plus progressives. A la manière de formations comme Pineapple Thief, de Amplifier, voire de Echolyn et des Beatles, Ryan Parmenter délivre un prog-rock mélancolique (art-rock serait-on tenté de dire) à coup de compositions (10, de 2:04 à 9:52) décomplexées, plus sombres sur le premier tiers et bien plus symphoniques et lumineuses par la suite. One Of A Different Color apparaît ainsi et sans nul doute comme le meilleur opus de son auteur à ce jour, ce dernier ayant réussi à faire un tout cohérent de sa personnalité musicale et de ses influences.


 

PERFECT BEINGS : "Vier" (digipack) (72:10) 18 €


Avec Vier, leur troisième album depuis 2014, les Californiens de Perfect Beings proposent un album ambitieux composé de quatre longues pièces de plus d’un quart d’heure. En alliant des constructions progressives à la Yes (les parties rythmiques en particulier) avec des harmonies vocales plus pop (TenCC, ELO, The Buggles...) et des effluves de jazz fusion, Vier propulse Perfect Beings dans la galaxie des groupes majeurs de la sphère progressive contemporaine. En perdant sa section rythmique, Perfect Beings s’est recentré avec bonheur sur son trio majeur pour proposer une œuvre qui figure déjà en ce début d’année parmi les grandes réussites de 2018.


 

THE ROME PROGJECT : "III : Exegi Monumentum Aere Perennius" (digipack) (57:29) 18 €


Le compositeur italien Vincenzo Ricca en est déjà au troisième volet de son projet fédérateur, célébrant la mémoire de Rome à travers une musique ambitieuse et des invités prestigieux. Cette fois, sous un titre en latin légèrement alambiqué, c’est la chute de l’empire romain qui nous est contée. Pour ce faire, Vincenzo Ricca a de nouveau sollicité Steve et John Hackett, David Jackson, Nick Magnus, David Cross, ainsi que notre Franck Carducci national ! Les différentes senteurs du rock progressif des années 1970 sont convoquées, du romantisme bucolique d’un Camel à la virulence d’un King Crimson, en passant par l’emphase d’un ELP (un titre est d’ailleurs explicitement dédié à Keith Emerson). Une musique entièrement instrumental qui évoque les projets Colossus, et ne peut que conquérir les amateurs d’un prog volubile et grandiose, épique et impérial ! Superbe.

PS : les deux premiers albums de The Rome Progject, The Rome Progject (2012) et Of Fate And Glory (2016) vont très prochainement faire l’objet d’une réédition par Vincenzo Ricca. Si vous êtes intéressés par l’un ou l’autre (voire les deux), n’hésitez pas bien sûr à vous manifester pour réserver votre (vos) exemplaire(s).


 

SCHIZOFRANTIK : "Ripping Heartaches" (53:24) 13 €


Indéniablement, Ripping Heartaches, sixième album (le troisième chez Gentle Art Of Music) de cette formation allemande, n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. Son progressif complexe et technique, qui renvoie tout autant à King Crimson qu’à Frank Zappa ou Stickmen, mérite pourtant le détour tant son caractère fouillé permettra aux auditeurs les plus curieux d’y trouver leur bonheur. Gorgée d’idées, plus ou moins orthodoxes, la musique de Schizofrantik offre une sorte de rock fusion qui penche pafois vers l’avant-garde mais sans jamais y tomber vraiment. C’est la force de Ripping Heartaches et de ses 7 compositions (de 3:46 à 12:52) : être constamment sur le fil du rasoir pour surprendre dérouter et ravir les mélomanes avides de sensations fortes. Heavy, futuriste, jazzy, prog bien sûr, ou tout à la fois, voici un album auquel il est impossible d’être indifférent (positivement ou négativement), qui s’avère des plus inventifs et, malgré les apparences (trompeuses donc), nullement hermétique...


STARSABOUT : "Longing For Home" (digipack) (46:11) 17 €


Très belle découverte que cette formation polonaise, auteure ici de son second opus. Clairement éloignée de l’orthodoxie progressive, la musique découverte sur Looking For Home oeuvre clairement au sein d’un post-rock mélodique et atmosphérique, à la dimension pop affirmée. A la manière de Pineapple Thief ou du Marillion le plus récent, mais avec cette couleur typique des contrées polonaises, Starsabout s’attache à éléver l’âme de ses auditeurs grâce à des ambiances rêveuses, générées par un chanteur à la voix chaude et bien sûr à des parties de guitare mélancoliques. On pense également parfois à Airbag ou Anathema, mais les mélodies prennent ici des saveurs un peu plus sucrées. Belle surprise.

 


 

TORSO VIRILE COLOSSALE : "Che Gli Dei Ti Proteggano - Vol.1" (papersleeve) (28:09) 17 €


Pour fêter ses 40 ans, Alessandro Grazian a décidé de publier un album en hommage aux péplums si présents dans la culture cinématographique italienne. Sous le nom de Torso Virile Colossale et utilisant une imagerie typique des années 50 et 60 (âge d’or du genre), cet artiste accompli (auteur également de tous les visuels présents sur ce luxueux objet) propose ainsi 12 compositions instrumentales (de 0:23 à 5:17) en guise d’illustrations sonores d’un film imaginaire. Tour à tour symphonique, contemplative, psychédélique, orchestrale, post-rock même parfois, la musique de Che Gli Dei Ti Proteggano - Vol. 1 n’a qu’un seul tort, celui de durer moins d’une demie-heure. Car pour le reste, nous voici plongés au coeur d’un péplum progressif vraiment passionnant et original, qu’un Ennio Morricone, jeune et actuel, aurait pu composer...


ULTRANOVA : "Orion" (43:01) 17 €


Il est de plus en plus rare d’accueillir de nouvelles formations en provenance du Brésil qui, à l’instar du Japon par exemple, est devenu depuis de longues années une terre progressive bien peu féconde. Ultranova a choisi le tout instrumental pour éloborer une musique clairement inspirée par Camel, mais qui possède néanmoins une chaleur mélodique assez typique des pays latins. Cela ne nous empêche pas également de penser parfois à des formations japonaises comme Ain Soph ou Bellaphon, quand les 6 compositions (de 3:44 à 13:26) de Orion prennent notamment quelques détours fusion-symphoniques. Vous l’aurez compris, avec ses superbes dialogues claviers-guitares, Ultranova apporte un réel bonheur à tous les amateurs (frustrés depuis trop longtemps) de ce progressif sud-américain, dont la lumière mélodique est une formidable thérapie contre la sinistrose ambiante. Venez vite prendre votre dose de soleil !!