Avant-Propos :

Si le point de gravité, artistique et économique, du courant progressif se situe indéniablement dans la partie Nord de l’Europe (Angleterre, Allemagne, Bénélux et Scandinavie), il convient logiquement de ne pas mésestimer l’apport des autres nations. L’Italie, bien évidemment, est celle à laquelle on pense en premier, tant elle fournit de talents à notre cause au fil des ans. Mais, et ce n’est pas la première fois que l’on en parle, oublier la France serait une autre injustice. Médiatiquement, notre pays n’est certes pas une vitrine emblématique pour le progressif, mais il compte de plus en plus de formations dignes d’intérêt, que nous recensons goulûment au fil de nos Sélections de Nouveautés. Et si certains argueront qu’aucun de ces groupes n’a encore réellement franchi nos frontières (à part peut-être Lazuli) ou regretteront qu’ils n’exercent que trop rarement leur art au coeur du progressif le plus orthodoxe, la mosaïque française (cette fois-ci avec Xavier Boscher, Collapse et Eye 2 Eye) se constitue petit à petit. Au gré de spécificités nationales donc, souvent la conséquence d’une exploration de sentiers peu balisés...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Mar-Avr 2017

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 CD à 13 € pièce !!! 

XAVIER BOSCHER : "Pentagramme"

COLLAPSE : "The Sleep In Me"

 


Sélection de Nouveautés (Mar-Avr 2017)...

ACQUA LIBERA - Acqua LIbera 17 €

THE AURORA PROJECT - World Of Grey (digipack) 17 €

BAD DREAMS - Deja-Vu (digipack) 17 €

BLACKFIELD - V (digipack) 18 €

MARK BOGERT - Painting The World (digipack) 17 €

XAVIER BOSCHER - Pentagramme (digipack) 13 €

TIM BOWNESS - Lost In The Ghostlight (digipack) 18 €

CAST - Power And Outcome (digipack) 17 €

CELLAR NOISE - Alight (papersleeve) 19 €

CITIZEN CAIN'S STEWART BELL  - The Antechamber Of Being (Part 2) 17 €

COLLAPSE - The Sleep In Me (digipack) 13 €

ETERNAL WANDERERS - The Mystery Of The Cosmic Sorrow (2CD digipack) 20 €

EXQUIRLA - Para Quienes Aun Viven (digipack) 18 €

EYE 2 EYE - The Light Bearer 17 €

STEVE HACKETT - The Night Siren 18 €

HIDDEN LANDS - Halcyon (digipack) 17 €

MICHAEL HOLMES - Subterranea - OMPS 17 €

MAXOPHONE - La Fabbrica Delle Nuvole (papersleeve) 19 €

THE MUTE GODS - Tardigrades Will Inherit The Earth 18 €

OFFWORLD - Some Circles Are Square (digipack) 17 €

ALAN REED - Honey On The Razor’s Edge (digipack) 17 €

RETROSPECTIVE - Re:Search (digipack) 17 €

SILHOUETTE - Staging The Seventh Wave (CD+DVD digipack) 20 €

UNIVERSAL TOTEM ORCHESTRA - Mathematical Mother 17 €


 

 

ACQUA LIBERA : "Acqua Libera" (51:52) 17 €


Quartet instrumental (guitare-claviers-basse-batterie) créé en 2013 mais dont les musiciens sont pour la plupart de vieux briscards, Acqua Libera développe une subtile fusion, suffisamment symphonique pour capter totalement l’attention des mélomanes les plus exclusivement progressifs. Si 3 pièces sur les 8 (de 5:34 à 8:47) datent des années 70 et 80, les 5 autres ont bien été composées ces derniers mois et de manière collective. Projet nourri de passion et de volonté de la partager avec le plus grand nombre, Acqua Libera développe une musique chaleureuse (méditérranéenne, serait-on tenté de dire), tour à tour davantage jazzy ou prog, bien plus mélodique que virtuose et qui ravira les amateurs de dentelles mélodiques. On pense parfois à Arti e Mestieri ou à Ain Soph, ce qui montre tout l’intérêt de se délecter de cette eau des plus désaltérantes...

 


THE AURORA PROJECT : "World Of Grey" (digipack) (55:37) 17 €


Cette formation nerlandaise est au coeur d’une carrière, longue d’une vingtaine d’années et qui s’avère de tout premier ordre quand on se penche sur elle. World Of Grey, quatrième album à ce jour (5 si l’on inclut A Night To Remember, l’hommage à Marc Vooys, le guitariste du groupe disparu en 2014), nous permet ainsi de rendre justice à ses auteurs, trop peu loués pour la qualité de leur propos musical. Ce dernier s’inscrit clairement dans un néo-progressif épicé et dynamique, qui évoque Silhouette, Sylvan ou Subsignal mais avec une touche légèrement plus metal symphonique à la Riverside. Chant de très haut niveau, mélodies soignées, inspiration largement au dessus de la moyenne et production de haut vol, tous ces atouts font de World Of Grey un album qui génère un indéniable bien être et un enthousiasme chez tous ses auditeurs... A découvrir !

 

 


BAD DREAMS : "Deja-Vu" (digipack) (43:13) 18 €


Alors que Nexus vient d’annoncer la sortie prochaine d’un nouvel album, voici une autre excellente nouvelle en provenance d’Argentine. Le second opus de Bad Dreams, sorti en fin d’année dernière, nous assène son néo-progressif symphonique avec brio et assurance. La chaleur typiquement latine, la beauté des mélodies, le chant envoûtant et la présence sur le morceau titre de Steve Rothery sont autant d’arguments en faveur de Deja-Vu, dont les 7 compositions (de 3:37 à 8:22) se dégustent avec gourmandise. Bad Dreams évoque un peu Marillion (logique, diront certains), Genesis ou le Pink Floyd de The Division Bell, mais ces 3 quarts d’heure de musique inspirée et haute en couleur vous laisseront au final la sensation d’avoir vécu une sacrée expérience !!!

 


 

BLACKFIELD : "V" (digipack) (44:01) 18 €


Si les récents albums du duo composé de Steven Wilson et de l’artiste israélien Aviv Geffen avaient eu tendance à laisser sur sa faim, en raison d’un propos pop trop convenu, ce cinquième opus va vous faire changer d’avis. Il s’agit en effet du meilleur disque de Blackfield, ou pas loin ! Il faut dire que l’investissement du maître britannique a été nettement plus large (il chante beaucoup plus que sur les récentes galettes de Blackfield), et la qualité s’en ressent. Les atmospheres musicales sont à la fois solaires et mélancoliques, apportant aux mélodies suaves une profondeur appréciable. La forte dimension symphonique de V, enregistré avec la complicité d’Alan Parsons, en fait un véritable parangon de pop progressive, un modèle du genre.

 

 

 


MARK BOGERT : "Painting The World" (digipack) (39:23) 17 €


Mark Bogert, pour ceux à qui ce nom n’éveillerait aucun souvenir, est le guitariste du groupe de néo-prog néerlandais Knight Area. En solo, il en est déjà à son second opus, pour lequel il s’est entouré d’un batteur et d’un bassiste (Peter Vink, musicien avec qui Arjen Anthony Lucassen a régulièrement travaillé). Vous l’aurez compris, on a affaire à un disque de guitariste, totalement instrumental, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en la matière, Mark Bogert sait marier les bons ingrédients. Ses dix compositions (de 3:02 à 5:15) sont toutes solidement construites sur des mélodies fortes, savent varier les tempos et les ambiances, tout en s’inscrivant dans la meilleure tradition des guitar heroes ayant explosé dans les années 1980, Joe Satriani et Steve Vai au premier chef. Mais l’ombre de David Gilmour plane également sur quelques titres, ce qui ne peut décemment laisser insensible les progmaniacs que nous sommes !

 


XAVIER BOSCHER : "Pentagramme" (48:21) (digipack) 13 €


Xavier Boscher est un guitariste ayant déjà largement roulé sa bosse, mais surtout connu dans le milieu du métal. Pourtant, ce nouvel album solo, à la remarquable qualité graphique, s’adresse largement aux fans de rock progressif. Seul aux commandes, jouant de tous les instruments en plus de chanter, Xavier Boscher développe une musique profondément rock, dotée d’arrangements classieux et de mélodies captivantes, capiteuses même à certains moments. Il faut dire que le concept du disque oscille entre érotisme et ésotérisme, et que les textes, en français s’il-vous-plait, sont extrêmement soignés. Evoquant tout à la fois Nemo, Ange, Steven Wilson, entre autres, Pentagramme est un album au charme obsédant.

 

 


TIM BOWNESS : "Lost In The Ghostlight" (digipack) (43:28) 18 €


Après un Stupid Things That Mean The World sorti peut-être un peu trop vite après l’excellent Abandoned Dancehall Dreams, Tim Bowness, l’ancien complice de Steven Wilson au sein de No Man, revient avec un album en tous points remarquable. Surprenant, également. Car loin de se contenter de ses ambiances planantes de prédilection, Tim Bowness accroît sa prise de risque, en signant des compositions souvent parmi les plus progressives de sa discographie. Lost In The Ghostlight, disque concept évoquant les questionnements existentiels d’un chanteur de rock (tiens ?), comprend plusieurs pointures du milieu prog, parmi lesquelles on citera seulement Kit Watkins (Happy The Man) et Ian Anderson. Les morceaux, souvent très dynamiques, évoquent fortement le progressif symphonique des années 1970, à commencer par Genesis, et contribuent à faire de Lost In The Ghostlight un album magistral.

 


CAST: "Power And Outcome" (digipack) (70:42) 17 €


Inutile de présenter ce groupe méxicain, auteur d’une vingtaine d’albums depuis ses débuts il y a près de 40 ans, même si le premier (Landing In A Serious Mind) n’est sorti qu’en 1994. Chantre d’un progressif symphonique et latin, Cast a toujours bénéficié d’une bienveillance à son égard, malgré des oeuvres pour le moins inégales. Avec Power And Outcome, premier pas sur le label allemand Progressive Promotion, on sent très vite que nous tenons là l’un des albums les plus aboutis du groupe. Servies par une production de haute tenue (ce qui n’a pas toujours été le cas), les 10 présentes compositions (de 1:57 à 11:35) bénéficient également du formidable savoir-faire de leurs auteurs pour développer un progressif abouti et coloré. Les claviers d’Alfonso Vidalès font merveille tandis que le violon, entraperçu ces dernières années dans l’arsenal instrumental du groupe, finit de nous persuader d’avoir affaire à une oeuvre de tout premier plan.

 

 


CELLAR NOISE : "Alight" (papersleeve) (50:30) 19 €


Après la belle surprise que fut en fin d’année dernière la sortie du premier album de Kyros, en voici une autre, en provenance d’Italie cette fois-ci et engendrée par des musiciens tout aussi jeunes... Cellar Noise impressionne en effet pleinement dès les premières mesures de ce premier album, introduit par un magnifique titre instrumental de 10 minutes. Alight, produit par le toujours bien avisé Fabio Zuffanti, confirme cette succulente mise en bouche, portée par quelques délicates parties chantées mais surtout par d’opulents développements instrumentaux gorgés de claviers. On pense à plusieurs formations des années 70 (Genesis en tête, mais aussi PFM, voire Eloy), mais avec une approche plus moderne et tout aussi émouvante et habitée... Les 7 morceaux (de 3:27 à 9:33) de Alight, parfaitement maîtrisés et mis en son par ces musiciens de grand talent, jouissent d’une grande fluidité thématique et mélodique, permettant à Cellar Noise de faire une entrée plus que remarquée sur la scène progressive. Un peu à la manière de Not A Good Sign il y a 4 ans, mais avec une dimension symphonique bien plus affirmée. Une révélation !

 

 


CITIZEN CAIN'S STEWART BELL : "The Antechamber Of Being (Part 2)" (64:38) 17 €


En 2014, Stewart Bell, claviériste du groupe Citizen Cain, a sorti la première partie d’une entreprise extrêmement ambitieuse : une trilogie conceptuelle, basée sur un livre qu’il a lui-même écrit (autour de l’idée d’un contrôle de ses propres rêves), et dont voici le second volet. Cet opéra rock bénéficie des prestations vocales d’une chanteuse spécialisée dans le hard-rock, Mhairi Bekah Comrie, et surtout de Simone Rossetti de The Watch et d’Arjen Anthony Lucassen, que l’on ne présente plus. Musicalement, le spectre est très large, allant d’un hard-prog tempéré et vintage à un progressif classique et romantique, combinant passages très directs et séquences plus complexes. C’est d’autant plus remarquable que sur le plan musical, Stewart Bell est seul aux commandes !

 

 

 


 

 

COLLAPSE : "The Sleep In Me" (48:45) (digipack) 13 €


Quel plaisir de vous proposer le troisième album de ce groupe français. Non seulement car Collapse est originaire de la région grenobloise (qui héberge bien sûr les locaux de Cosmos Music), mais aussi car The Sleep In Me est clairement synonyme de maturité. Toujours instrumentale, et agrémentée désormais des interventions d’un claviériste à temps plein, la musique de Collapse fait preuve en effet d’un aboutissement et montre combien ce post-rock ciselé et abouti s’affranchit de toute classification réductrice pour proposer un ensemble réellement progressif. Au sein des 7 titres (de 2 à 11 minutes) de The Sleep In Me, la guitare fait des merveilles et s’inscrit dans des crescendos imparables de force émotionnelle. Brillant !

 


ETERNAL WANDERERS : "The Mystery Of The Cosmic Sorrow" (2CD digipack) (51:10/37:21) 20 €


Originaire de Moscou, Eternal Wanderers est une formation qui fête cette année ses 20 ans d’existence. The Mystery Of The Cosmic Sorrow est un double album ambitieux, véritable corne d’abondance de laquelle jaillissent 10 (de 3:50 à 23:26) magnifiques compositions. Si le premier CD met en avant un progressif plus classique, tour à tour néo et symphonique, le second s’oriente plus clairement vers un space prog parfois assez proche du meilleur Tangerine Dream et laissant la part belle aux claviers foisonnants. The Mystery Of The Cosmic Sorrow s’avère au final un melting-pot d’ambiances et de styles, dont le ciment résulte sans nul doute de la grande technique des musiciens menés par les soeurs Kanevskaya. Ajoutez à cela une inspiration largement au dessus de la moyenne, et vous découvrez en Eternal Wanderers l’incroyable maître d’une musique de haute voltige !

 


EXQUIRLA : "Para Quienes Aun Viven" (55:18) 18 €


Exquirla, c’est l’alliance andalouse de l’excellent groupe de post-rock instrumental, Toundra, et de l’étoile montante du flamenco, Niño de Elche, aka Francisco Contreras. Sous couverts de textes noirs et engagés, les Sévillans proposent une musique sombre, roide, violente et à la tension électrique moite. Ce qui ne se décrit que comme un side-project n’en propose pas moins des développements grandioses et des ambiances exacerbées. Le contraste entre les vocalises aériennes et les guitares plombées appuyées par une rythmique puissante et vrombissante. Exquirla est une entité fusionnelle rare qui démontre à l’envi que l’expression en langue anglaise n’est pas une obligation dans la musique progressive. D’emblée, leur premier album se place comme une réussite majeure de 2017.

 


 

EYE 2 EYE : "The Light Bearer" (54:36) 17 €


The Light Bearer pourrait presque être considéré comme une renaissance pour le groupe francilien. Avant tout car ce nouvel opus, le quatrième à ce jour, bénéficie du concours de Michel Cerroni, coach vocal réputé (notamment pour la comédie musicale Notre Dame De Paris). Ce chanteur de grand talent fait clairement passer Eye 2 Eye dans une autre dimension, et il est plus que probable que The Light Bearer fasse parler de lui au delà des frontières de notre courant. Musicalement, la formation menée par Didier Pègues et Philippe Benabes s’écarte désormais du cadre strictement néo-progressif de ses anciens opus pour se diriger vers un symphonisme plus prégnant, porté par le chant lyrique et profond de Cerroni. Au point que les 8 présentes compositions (de 2:41 à 10:39) évoquent parfois Anathema, Nightwish, voire Archive, et se voient servies par des arrangements soignés... Très belle surprise !

 

 


STEVE HACKETT : "The Night Siren" (57:46) 18 €


On ne présente plus Steve Hackett, et dans le même ordre d’idée, on pourrait également ne pas présenter son nouvel album studio. Il faut dire que depuis plusieurs années, le guitariste britannique a atteint un nouveau climax artistique, dont Wolflight fut assurément le parangon. The Night Siren a tout d’un album photo de voyages, tant les ambiances des différentes compositions se révèlent variées, des terres celtiques à l’Inde en passant par l’Amérique latine. Mais ce qui relie tous ces morceaux, ce sont bien sûr les formidables envolées de guitare électrique dont Steve Hackett est un maître. Si les parties chantées ne sont pas le point fort de l’album, elles n’en demeurent pas moins fort agréables, et le travail considérable réalisé sur les arrangements fait de The Night Siren un véritable film musical, un «cinema show», en somme !

 

 


HIDDEN LANDS : "Halcyon" (digipack) (56:24) 17 €


Projet d’anciens musiciens de Violet Silence (le claviériste/guitariste Hannes Ljunghall et le chanteur Bruno Edling, auxquels s’ajoute une excellente section rythmique), Hidden Lands affine son progressif au fil d’une discographie, entamée en 2012 et désormais riche de 3 albums. Au départ, cette formation suédoise oeuvrait au sein d’un progressif strictement symphonique, qu’il a enrichi au fil du temps pour développer aujourd’hui un propos plus personnel et d’une probante intensité ! Les claviers, omniprésents par le passé, sont certes toujours au coeur du dispositif instrumental de Hidden Lands, mais ils laissent désormais la guitare exister par elle-même et orienter les 8 présentes compositions (de 3:24 à 10:09) vers un progressif tout à la fois plus riche et plus abouti. Halcyon expose toujours une mélancolie ostensible et impressionniste (marque de fabrique du groupe), mais prend une envergure qui le conduit à revendiquer clairement le statut de meilleur album de Hidden Lands à ce jour !!

 

 


MICHAEL HOLMES : "Subterranea - OMPS" (68:57) 17 €


Tous les amateurs de rock progressif connaissent Subterranea, le double album d’IQ réalisé dans la seconde moitié des années 1990, marquant un point culminant dans leur carrière. Mais avez-vous vu le film qui s’en est inspiré, réalisé par Mathew Miller en 2015 ? De ce long métrage, au succès plus que confidentiel visiblement, c’est Michael Holmes qui a composé la musique. Cela nous vaut un disque long de soixante-dix minutes, entièrement inédit, puisque le guitariste d’IQ s’est inspiré des thèmes de l’album studio originel pour concevoir une musique instrumentale adaptée au film, c’est-à-dire souvent ambient et orchestrale. Seul le dernier titre, «In This Wilderness» (6:04), est une excellente chanson interprété par le groupe au grand complet, et qui n’aurait pas déparé The Road Of Bones. Voilà en tout cas, avec ce Subterranea - Original Motion Picture Soundtrack, une BO qui vous permettra de découvrir une autre facette de l’œuvre phare du groupe britannique.

 

 


 

MAXOPHONE : "La Fabbrica Delle Nuvole" (papersleeve) (45:14) 19 €


Attention, plongée dans le passé ! Maxophone est une formation italienne dont le premier et précédent album date de... 1975 ! Il s’agit donc d’un nouveau revenant, sur une scène prog décidément toujours habitée de spectres. Leur positionnement originel les plaçait entre Yes et Gentle Giant. Et ce qui est étonnant, c’est qu’à l’écoute de ce nouvel album, quarante ans après, leur musique sonne avec une grande fraîcheur, un propos musical soyeux et mélodique, au rendu sonore éclatant de brillance, majoritairement symphonique, qui sait réserver quelques surprises au fil de ses neuf nouveaux morceaux. Un retour tout à fait honorable, qui renoue avec un passé que l’on croyait définitivement révolu...

 


 

THE MUTE GODS : "Tardigrades Will Inherit The Earth" (52:05) 18 €


Un an seulement après leur premier album, The Mute Gods, trio formé par Nick Beggs, Roger King et Marco Minnemann livre un second opus studio. On a là comme les deux faces d’une même médaille, tant la parenté stylistique est forte entre les deux galettes. Le disque déploie donc un progressif fondamentalement accessible sur le plan mélodique, mais qui sait se faire plus élaboré quant aux arrangements et à la dimension symphonique. Le propos est même parfois sombre, l’album étant consacré au péril écologique et à la menace d’extinction pesant sur notre espèce et les autres. Les influences sont toujours multiples, Steven Wilson, Deep Purple ou King Crimson, mais chaque morceau se révèle attachant, et on ne voit jamais le temps passer au fil de l’écoute. De ballade en titre plus rock, d’instrumental orchestral en morceau labyrinthique, voilà un balayage d’horizon particulièrement gouleyant.

 


 

OFFWORLD : "Some Circles Are Square" (digipack) (63:39) 17 €


Constitué notamment du guitariste de Quantum Fantay (on retrouve également son fameux claviériste en invité, Pieter Van Den Broeck), Offworld fait une entrée remarquée sur la scène space-progressive. Ce premier album, constitué de 12 morceaux (de 2:41 à 8:17), ne se contente pas de reproduire quelque recette que ce soit, mais offre au contraire une musique ambitieuse et mouvante qui ne s’apprivoise qu’au fil des écoutes. Totalement instrumental, Some Circles Are Square est un album aux multiples facettes (psyché, prog, space-rock, métal, etc.) qui ravira les fans de Quantum Fantay bien sûr, mais aussi ceux de Airbag et Ozric Tentacles...

 


ALAN REED : "Honey On The Razor’s Edge" (digipack) (42:04) 17 €


Depuis son éviction de Pallas en 2011, Alan Reed a entamé une carrière solo, dont le premier jalon avait été le plaisant First In A Field Of One un an plus tard. Le chanteur écossais, entouré une nouvelle fois de nombreux et prestigieux invités (Christina Booth, Jeff Green, Steve Hackett, Claude Leonetti et bien d’autres), nous propose une suite, qui s’avère assez vite dans l’esprit de son ancien groupe. Les 8 compositions (de 3:46 à 8:52) de Honey On The Razor’s Edge, développent en effet un néo-progressif plus rock et énergique que sur First In A Field Of One, qui mettait davantage en avant les aptitudes vocales de Alan Reed. Ce dernier trouve ici un bel équilibre entre une ambition progressive et une accessibilité mélodique plus proche d’une pop sophistiquée. Sans oublier quelques petites décorations celtiques, et bien sûr l’apport substantielle des invités, qui font de Honey On The Razor’s Edge une oeuvre achevée.

 

 


 

RETROSPECTIVE : "Re:Search" (digipack) (46:38) 17 €


Quatre ans après son deuxième album (Lost In Perception), Retrospective fait un retour en force ! Une force qui se traduit immédiatement dans l’énergie déployée tout au 9 compositions (de 4:19 à 7:33) de Re:Search, et qui évoque immanquablement le Riverside le plus épicé. On pourra y ajouter quelques délicieuses allusions à Porcupine Tree ou Muse, pour ne citer que 2 groupes qui illustrent la volonté de Retrospective de faire preuve d’une redoutable modernité formelle. Néanmoins, une atmosphère typiquement polonaise enveloppe cet album, ce qui lui offre une indéniable originalité, servie de plus par un chant (à la fois masculin et féminin) de très haut niveau. Typé certes, mais d’une redoutable efficacité !

 

 


SILHOUETTE : "Staging The Seventh Wave" (CD+DVD digipack) (79:01/115:45) 20 €


Silhouette, groupe néerlandais de néo-prog, avait signé en 2014 avec Beyond The Seventh Wave un petit bijou d’album concept. Il est donc extrêmement agréable d’en découvrir le pendant scénique, sous la forme d’un ensemble CD / DVD. La qualité sonore et visuelle est impeccable, la prestation du groupe étant rehaussée par l’utilisation d’écrans géants. L’album studio, joué ici dans son intégralité, n’en acquiert que davantage de force, sa splendeur mélodique et sa rutilance instrumentale s’imposant avec brio. De quoi faire de Silhouette un successeur crédible à ses compatriotes de Knight Area...

 


UNIVERSAL TOTEM ORCHESTRA : "Mathematical Mother" (52:56) 17€


Universal Totem Orchestra est un patronyme aussi connu dans le microcosme progressif que rare dans ses productions studio (un opus par décennie, en moyenne). Mathematical Mother est ainsi le troisième album de la formation transalpine, et assurément un des plus réussis. Six compositions (de 5:21 à 14:06) articulent l’œuvre, déclinant une zeuhl toute personnelle, empreinte d’ambiances orientalisantes, d’un lyrisme et même d’un symphonisme très imprégnés de musique classique. Le dépaysement est assuré, d’autant que les différents morceaux sont d’une richesse et d’une variété ébouriffantes. Le chant d’Ana Torres Fraile privilégie un registre opératique fort agréable, tandis que les musiciens s’en donnent à cœur joie, bassiste, claviériste ou saxophoniste, sans surcharger l’ensemble. Un album aussi équilibré que brillant.