Avant-Propos :

A force de vous répéter que les temps sont durs pour l'industrie du disque, même si peu de domaines échappent finalement à la crise actuelle, l'annonce cet été de la faillite de SPV, label-distributeur propriétaire de InsideOut, a été ressenti par tout le milieu progressif comme un véritable tsunami. Très vite, un repreneur s'est fait connaître, Century Media qui, possédant son propre réseau de distribution, a "remercié" tous ses partenaires historiques (Wagram en France, avec qui nous travaillions depuis de longues années). Durant plusieurs mois, le temps que les liens se (re)nouent entre les différents acteurs concernés, certaines sorties du label allemand (Beardfish, Indukti...) n'ont pas connu de diffusion française, ce qui explique leur présence dans les pages qui suivent malgré leur sortie estivale. InsideOut a t-il gagné quelque chose dans l'histoire, nous le saurons bien sûr à moyen terme, mais pas certain néanmoins (au regards des premiers échos entendus ici et là) que les éléments les plus typiquement progressifs de son écurie résistent à la pression économique logiquement plus forte chez Century Media au regard des objectifs de rentabilité qu'une telle structure se fixent dans une telle situation. On sait bien que le rachat d'une entreprise par une autre est rarement neutre quant aux conditions de vie de celle qui est rachetée...   Quoi qu'il en soit, à notre petit niveau, les changements ne se sont pas faits naturellement, car il a fallu à nouveau montrer patte blanche et inutile de préciser que notre dossier (vu la taille de Cosmos Music) n'était pas sur le dessus de la pile...

Mais cela n'est pour l'heure qu'anecdote, et la présente Sélection, éloignée de toute considération économique, dénombre encore et toujours son lot de petites pépites progressives parmi lesquelles on notera bien sûr la présence du nouvel opus de Transatlantic... Quelle heureux hasard (!?) au final pour InsideOut de pouvoir entamer sa nouvelle existence avec la parution d'un tel album. Une chance pour lui bien sûr, mais aussi pour l'ensemble des fans de musique progressive au sens le plus large...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

NOVEMBRE 2009

Jusqu'au 10 décembre 2009 !!!!

Dans la limite des stocks disponibles...

2 CD à 13 € pièce !!! 

SYLVAN : «Force Of Gravity»

VOX NOSTRA : «Anima»

 


La dernière Sélection de Nouveautés (Novembre 2009)...

AJALON : "This Good Place" 16 €

ALAMAAILMAN VASARAT : "Huuro Kolkko" 17 €

ARS NOVA : "Seventh Hell" 17 €

BANDHADA : "Open Cage" 17 €

BEARDFISH : "Destined Solitaire" 18 €

BROTHER APE : "Turbulence" (digipack) 17 €

DANTE'S DIVINE COMEDY : "Purgatorio" (coffret 4CD) 40 €

DEAD HEROES CLUB : "Time Of Shadow" 16 €

FLAMBOROUGH HEAD : "Looking For John Maddock" 17 €

INDUKTI : "Idmen" 18 €

IT'S THE END : "It’s The End" 17 €

JEAVESTONE : "Mind The Soup" (2005) 17 €

JUPITER SOCIETY : "Terraform" 17 €

MARILLION : "Less Is More" 17 €

MONTECHIARI PROJECT : "How Was The Future ?" 17 €

STEVE MORSE BAND : "Out Standing In Their Field" 17 €

NAUTILUS : "Fathom" 17 €

SHADOW GALLERY : "Digital Ghosts" (Ed. Lim.) (digipack) 20 €

SILHOUETTE : "Moods" 17 €

SYLVAN : "Force Of Gravity" 13 €

TAIPUVA LUOTISUORA : "IV" (digipack) 17 €

STEVE THORNE : "Into The Ether" 17 €

TRANSATLANTIC : "The Whirlwind" (Limited Deluxe Edition) 26 €

VOX NOSTRA : "Anima" 13 €

 


AJALON : "This Good Place" (59:32) 16 €


Ajalon, il est sans doute utile de le rappeler, est le groupe de Randy George, le bassiste fétiche de Neal Morse pour tous ses albums en solo. Après un précédent opus sur lequel étaient invités le talentueux leader de Transatlantic ainsi que Rick Wakeman, voici donc un nouvel album qui surpasse On The Threshold Of Eternity. Les sept compositions (de 5 à 20 minutes) de This Good Place possèdent en effet un impact supérieur, et le caractère progressif symphonique de l’ensemble en ressort grandi, avec une superbe suite de vingt minutes qui permet à Ajalon d’exprimer pleinement son énorme potentiel. D’autant que quelques nouveaux invités sont de la partie : Adrian Belew, Paul Gilbert, Neal Morse à nouveau, Mike Portnoy... A découvrir d’urgence.


ALAMAAILMAN VASARAT : "Huuro Kolkko" (39:17) 17 €


Le cinquième album de ces finlandais originaux ne surprendra pas vraiment les adeptes de leur progressif intense et complexe, mais les confortera dans l’idée d’être fans d’un groupe à la personnalité incroyable. Huuro Kolkko, au fil de ses 9 courtes compositions instrumentales (de 3 à 6 minutes), fait se croiser bon nombre de genres et d’influences (RIO, Canterbury, folk, Hard ‘seventies’, Jazz-rock, ambiances ‘crimsoniennes’, etc.) et offre peut-être un visage plus accueillant que ses devanciers. Œuvre riche et variée, à l’instrumentation des plus copieuses (trombone, violoncelle, sax, piano, orgues, et même un theremin et un tubax - sorte de saxophone contrebasse...), Huuro Kolkko s’avère donc une convaincante nouvelle pierre que Alamaailman Vasarat (les marteaux de l’enfer, après traduction) apporte à l’édification de sa probante carrière.


ARS NOVA : "Seventh Hell" (46:38) 17 €


Depuis Biogenesis Project en 2003 et l’apparition de la guitare aux côtés des implacables claviers de Keiko Kumagai, on attendait avec une certaine impatience de voir comment la formation japonaise allait évoluer. Les 5 pièces (12, 5, 8, 4 et 17 minutes) de Seventh Hell confirment la présence de la guitare, ce qui apporte un renouvellement positif et plutôt lyrique aux compositions toujours assez torturées de la belle Keiko. La section rythmique est elle aussi impeccable de puissance et de clarté, et l’album bénéficie d’un nouveau label HQCD qui s’entend (le son de l’orgue Hammond avec sa cabine Leslie par exemple est à tomber !). La pochette et le livret sont de plus remarquables, tout cela confirme le retour en grande forme d’une des rares formations nipponnes de rock symphonique encore en activité.


BANDHADA : "Open Cage" (56:25) 17 €


On associe souvent, en matière de rock progressif, Amérique du Sud et symphonisme raffiné. Si ce rapprochement s’avère en effet le plus souvent probant, il existe néanmoins bon nombre de contre-exemples qui confirment la grande créativité de cette partie du monde. Bandhada, auteur d’un premier opus en 2004 bien qu’initialement enregistré vingt ans plus tôt, est une formation chilienne, aujourd’hui basée à Los Angeles et qui développe un progressif fusion du meilleur effet. Si Camel, première époque, est une indéniable influence pour son auteur, Open Cage évoque bien d’autres formations (Happy The Man, UK, Pat Metheny, etc.) qui conduisent les 8 présentes compositions (de 5 à 10 minutes) vers une fusion progressive mélodique et aérienne. Totalement instrumentale, à l’exception du dernier titre qui contient quelques parties chantées en espagnol, la musique de Bandhada est mise en forme par des musiciens de grand talent, sans cesse avides de repousser les limites du genre choisi... Une œuvre classieuse, indéniablement.

   

 

BEARDFISH : "Destined Solitaire" (76:51) 18 €


Le rythme de parution de cette très talentueuse formation suédoise ne faiblit pas et la qualité de ses productions non plus. Après les deux volumes réjouissants de Sleeping In Traffic, Destined Solitaire réussit l’exploit d’être encore meilleur, en poussant à bout les limites de l’inspiration du groupe. Bien sur on pense toujours autant à Gentle Giant mais le souffle épique, le dynamisme, le délire et l’ouverture d’esprit énorme de ces musiciens parviennent à transcender largement l’esprit du maître. Un pavé qu’on prend plaisir à se prendre en pleine figure. Formidable !


BROTHER APE : "Turbulence" (digipack) (55:55) 17 €


Si Brother Ape n’est assurément pas le groupe suédois le plus connu de notre microcosme, il se pourrait que les choses changent bientôt radicalement pour lui en terme de notoriété mais aussi de reconnaissance artistique. Evoquant dès leurs débuts très souvent la (trop) grande variété de leurs influences (Genesis, Zappa, Saga, Weather Report, le Yes des années 70 tout autant que celui de la décennie suivante, Pat Metheny, etc.), les musiciens de Brother Ape ont certainement quelque peu perdu des fans en route, ceux qui ont eu peur d’un tel catalogue. Turbulence va sans nul doute les récupérer et en ramener bien d’autres dans le giron de son auteur, tant cet opus s’avère la synthèse parfaite, donc éminemment personnelle, des ascendants inspirateurs évoqués plus haut. Les 9 présentes compositions (de 1 à 10 minutes) présentent ainsi un progressif efficace, technique et mélodique à nul autre pareil, régulièrement sertis de sublimes trouvailles sonores. Débarrassé enfin des scories du passé (une densité thématique quelque peu brouillonne et un trop plein d’idées), Turbulence est une formidable révélation qui laisse pantois, au regard du formidable équilibre dont elle fait preuve tout au long de son propos. Superbe !


DANTE'S DIVINE COMEDY : "Purgatorio" (coffret 4CD) (62/62/65/54) 40 €


Après un premier ensemble rempli à ras bord, voici déjà le second volet de l’adaptation progressive du chef d’œuvre de Dante. Quatre disques sont à nouveau de la partie, et la simple énumération de certains des groupes participants suffira à démontrer le caractère incontournable d’une telle entreprise : Nuova Era, Nemo, Mad Crayon, Simon Says, Raimundo Rodulfo, Willowglass, Nexus, Little Tragedies, Phideaux, Lady Lake, et bien d’autres ! Inutile d’en dire davantage, ce Purgatorio, même si tous les titres ne sont bien sûr pas d’égale valeur, est un puits sans fond de plaisirs auditifs !!!


DEAD HEROES CLUB : "Time Of Shadow" (53:53) 16 €


Dead Heroes Club est une jeune formation irlandaise (et ce n’est pas si courant !), dont la signature chez Progrock Records augure d’un avenir lumineux. Leur deuxième album (le premier, sorti il y a 5 ans, est passé totalement inaperçu) comprend six compositions (9, 10, 4, 11, 4 et 15 minutes), qui raviront les amateurs de Genesis et de Pink Floyd, et surtout de Marillion époque Fish, avec un chanteur une fois encore émule du bucheron écossais ou de Peter Gabriel. Mais quand l’inspiration, le sens mélodique et la puissance sont au rendez-vous, il est délicat de faire le difficile ! D’autant plus que la pochette de Time Of Shadow, élément malheureusement souvent négligé depuis l’avènement du CD, est ici superbe...


FLAMBOROUGH HEAD : "Looking For John Maddock" (52:40) 17 €


11 ans après son premier album et 4 après son quatrième, Flamborough Head, chantre du neo-progressif symphonique et festif, refait surface pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Il faut dire que la formation néerlandaise a su au fil des années fidéliser tous les amateurs d’une musique sincère et authentique qui, tout en gardant un caractère immédiat et efficace propre au genre néo-prog, s’extirpe le plus souvent des carcans de ce dernier pour offrir à ses compositions (6 ici, de 5 à 20 minutes) une dimension symphonico-seventies qui évoque beaucoup un groupe comme Camel. Ajoutez à ce constat une richesse mélodique incroyable, une flûte virevoltante, un guitariste en apesanteur et un chant féminin délicieusement subtil, et vous ferez de Looking For John Maddock un superbe opus et de Flamborough Head un digne héritier de Focus ou de Kayak...


INDUKTI : "Idmen" (63:20) 18 €


Deuxième album pour cette formation polonaise instrumentale qui fait une nouvelle fois appel à des invités pour assurer les quelques parties de chant. Celles-ci sont ici plus contrastées (exit la voix chaude de Mariusz Duda) et demandent un petit temps supplémentaire d’adaptation, mais la musique continue de dominer largement les débats tout au long de pièces souvent assez longues, à grands renforts de riffs de guitare telluriques, de rythmes lourds comme le plomb, mais heureusement allégées par les interventions plus lumineuses du violon. Vous l’aurez compris, Indukti confirme sa place de formation originale à la frontière du métal et du progressif sombre et désespéré.


 

 

IT'S THE END : "It’s The End" (79:19) 17 €


Ces 3 norvégiens ont en commun une forte volonté de ne se situer dans aucun genre musical précis, c’est d’ailleurs en cela que l’on peut dire qu’ils font bien du rock progressif... Dès qu’ils s’engagent dans un style, ils ne pensent qu’à une chose : en sortir le plus vite possible en le mixant à un ou plusieurs autres. Inutile par conséquent de vous dire que ce premier opus est un fourre-tout improbable mais terrriblement enthousiasmant où l’on se retrouve confronté tour à tour à des effluves de King Crimson, Gong, Zappa, ou autres Allan Holdsworth... Original et déjanté (par moments) à coup sûr, mais aussi franchement fascinant, It’s The End et ses 12 compositions (de 4 à 10 minutes) sont, comme on le dit régulièrement à propos des albums les moins facilement abordables, “à réserver aux plus curireux d’entre nous” !


JEAVESTONE : "Mind The Soup" (2005) (37:55) 17 €


Tous ceux qui ont adoré le second album de Jeavestone l’an dernier (Species And Poetry Petrol) seront ravis de découvrir la réédition du premier, sorti 3 ans plus tôt. Si Mind The Soup apparaît globalement un peu moins homogène que son successeur, il contient bon nombre de petites merveilles qui en font au final un parfait complément. Toujours (ou déjà, ça dépend dans quel ordre on découvre ces 2 opus) avide de décliner un progressif compact, mélodique et terriblement enthousiasmant, à la manière d’Echolyn par exemple (voire d’ACT), Jeavestone démontre que son talent était clairement présent dès ses premières compositions...


JUPITER SOCIETY : "Terraform" (55:15) 17 €


Après un premier album unanimement salué par la critique, la moitié cérébrale de Carptree, Carl Welsthom, revient avec un second opus à peine un an plus tard. Il y est entouré de nouveaux invités, musiciens de Royal Hunt et Tiamat principalement, et toujours des chanteurs Mats Leven et Leif Edling. Tous ceux qui avaient apprécié First Contact / Last Warning ne seront assurément pas déçus, tant on retrouve l’ancrage science-fictif mis en musique avec mélodie et emphase tout au long de sept compositions (de 4 à 10 minutes) taillées pour devenir de futures classiques. Terraform, plus abouti et ciselé que son prédécesseur, a ainsi toutes les chances de connaître beaucoup de succès, incitant peut-être son auteur à délaisser un peu Carptree. C’est bien la seule mauvaise nouvelle générée par la sortie de ce nouvel opus de Jupiter Society...


MARILLION : "Less Is More" (57:29) 17 €


Nouvel album en forme de compilation de titres revisités pour la bande d’Ailesbury. Entre deux magnum opus, Marillion s’est retrouvé en studio pour donner une nouvelle vie à d’anciennes compositions (de “The Space” pour la plus lointaine à “Wrapped Up In Time” pour la plus récente, plus un titre inédit piano-voix). La signification du titre peut se résumer ainsi : moins d’effets = plus d’émotions. A ce jeu, la voix de Steve Hogarth fait une fois de plus des étincelles, mais les autres musiciens semblent avoir pris beaucoup de plaisir à rejouer ces morceaux d’une manière souvent bien différente des versions originales. Le résultat est souvent inattendu, très réussi et permet de redécouvrir certaines pièces sous un jour nouveau. On n’est finalement peut-être pas si loin d’un nouveau magnum opus !


MONTECHIARI PROJECT : "How Was The Future ?" (47:31) 17 €


Comme son nom invite à l’imaginer, ce projet est celui d’un musicien, Raphael Montechiari, claviériste de son état et entouré ici d’une formation récurrente, ce qui permet d’entendre sur ce How Was The Future ? un “vrai” groupe et non pas les délires égocentriques d’un soliste dément. Sur les 11 titres (le douxième étant une transition de... 5 secondes) qui le constituent, ce premier opus en compte 5 totalement instrumentaux (les autres sont chantés en anglais par un excelllent vocaliste !) pour un propos qui renvoie assez souvent par exemple au dernier album de Nexus. How Was The Future ?, constitué de moments d’intenses joutes claviéristiques et de parties plus modernes (à la Sylvan), n’est pas pour autant une oeuvre schizophrène, mais au contraire la preuve que différentes époques et différentes cultures peuvent s’unir en un tout harmonieux et cohérent. Belle surprise.


 

STEVE MORSE BAND : "Out Standing In Their Field" (55:07) 17 €


On ne présente plus le guitariste Steve Morse, ancien de Kansas et des Dixie Dregs et titulaire du poste chez Deep Purple depuis une quinzaine d’années maintenant. L’homme poursuit son petit bonhomme de chemin en solo avec son groupe (Dave LaRue à la basse et Van Romaine à la batterie), et ce nouvel opus est déjà le douzième sous ce nom. Bien sûr, pas de prog symphonique au menu, mais des instrumentaux (11, de 3 à 9 minutes) à la fois techniques et mélodiques, couvrant une large variété de styles, et susceptibles donc de réjouir les amateurs d’un progressif multiforme et efficace.


 

NAUTILUS : "Fathom" (42:40) 17 €


Ces britanniques, adeptes d’un progressif instrumental, non sans une certaine dose de noirceur, avaient attiré notre attention avec un premier disque, What Colours The Sky In Your World ?, en 2006. Ils reviennent avec une nouvelle réalisation tout aussi soignée, où les guitares dominent à nouveau les débats tandis que les claviers (essentiellement l’orgue) usent de leurs teintes les plus chaleureuses pour adoucir les paysages musicaux ténébreux. La particularité de Fathom est d’accueillir du chant sur quelques uns de ses 8 titres (de 3 à 11 minutes), dans un style ‘early’ seventies qui finit de faire de Nautilus l’héritier de King Crimson, de Pink Floyd et de certains groupes psyché et/ou hard-rock de cette époque bénie...


SHADOW GALLERY : "Digital Ghosts" (Ed. Lim.) (digipack) (74:13) 20 €


Après la disparition tragique de son chanteur Mike Baker il y a tout juste un an, on est presque surpris de retrouver si rapidement Shadow Gallery pour un nouvel album studio. Pourtant le noyau dur du groupe n’a pas changé et la musique qu’ils proposent non plus : un hard-prog symphonique de haute tenue, musicalement très contrasté entre grandes envolées symphoniques et furieux emballements électriques, le tout porté par des harmonies vocales inimitables et un nouveau chanteur (Brian Ashland) à la voix plus typiquement hard-rock et aigue que son prédécesseur. Passée cette “nouveauté” qui rend la découverte de Digital Ghosts un peu surprenante, on est ravi que le groupe ait continué sur sa lancée et soit parvenu à surmonter cette dramatique épreuve. Le temps nous dira si ce sixième opus aura marqué un tournant profond pour le groupe...

PS : cette édition limitée comporte 4 titres bonus (5, 6, 3 et 5 minutes) par rapport à la version ‘nomale’, dont 2 chantés par feu Mike Baker...


SILHOUETTE : "Moods" (78:18) 17 €


Ce groupe néerlandais avait précédemment attiré notre attention à travers un premier album, A-Maze, en 2007, jolie démonstration de néo prog fortement teinté du meilleur patrimoine symphonique, celui de Yes et de Genesis. Avec ce second opus, la barre est placée nettement plus haut, puisque Moods affiche 12 titres (de 4 à 11 minutes) au compteur et qu’il décline un concept autobiographique. Il a en outre été enregistré par le même ingénieur que Knight Area. Soli lyriques de guitare, chansons interprétées par trois vocalistes, claviers analogiques enrobant généreusement l’ensemble, les raisons de se réjouir ne manquent pas. Le parallèle avec le dernier Mangrove n’est pas trop osé, étant donné qu’il s’agit dans les deux cas de très beaux disques de genre. A ne pas rater !


SYLVAN : "Force Of Gravity" (69:35) 13 €


Les Allemands de Sylvan sont désormais bien installés dans le paysage progressif, ayant réussi à transcender une étiquette néo prog réductrice. Trois ans se sont écoulés depuis leur magnum opus, Posthumous Silence, et ce nouveau disque intronise également l’arrivée d’un nouveau musicien, le guitariste Jan Petersen. Tout le talent de Sylvan éclate à nouveau tout au long des onze morceaux (de 4 à 14 minutes) de Force Of Gravity, avec une patte un peu plus musclée, mais toujours un incroyable concentré d’émotions que vient conclure avec brio la magnifique suite de près d’un quart d’heure. Un album aussi pur qu’un cristal, et une nouvelle pierre apportée à l’opulente carrière de ce groupe au potentiel insondable...


TAIPUVA LUOTISUORA : "IV" (digipack) (47:01) 17 €


A la manière de Alamaailman Vasarat, Taipuva Luotisuora démontre que les finlandais ont une manière toute personnelle de choisir leur patronyme. Si ce dernier n’est assurément pas le meilleur moyen de se faire connaître en dehors de ses frontières, ce groupe scandinave a bien d’autres arguments à faire valoir. IV, quatrième (!) album de Taipuva Luotisuora, est en effet une petite merveille de space-rock progressif instrumental, qui explose les frontières du genre, tant par la diversité des ambiances que des nombreuses incursions sur les terres d’un folk-prog classisant de toute beauté. Aucunement linéaire donc, mais avide d’offrir des structures alambiquées et des arrangements soignés, IV propose ainsi une version plus “typiquement” progressive (en terme d’instrumentation et de par ses fortes velléités symphoniques) qu’un Hidria Spacefolk, autre groupe finlandais avec lequel on a souvent comparé Taipuva Luotisuora par le passé. Magnifique, tout simplement !!!


STEVE THORNE : "Into The Ether" (50:29) 17 €


Deux ans après le second volume de ses Emotional Creatures, Steve Thorne passe de chez GEP (label d’IQ) à F2 Records à l’occasion de la parution de Into The Ether. Ce dernier, constitué de 10 courtes compositions (5 minutes en moyenne), offre un néo-progressif aux petits oignons, certes des plus classiques mais porté par un art consommé de la mélodie tout à la fois sublime, accrocheuse et typiquement anglaise. Le talent de compositueur de Thorne est certainement l’élément central de cette probante réussite, mais la participation de bon nombre d’invités à la mise en son de Into The Ether ne peut également y être étrangère... Qu’ils s’agissent de Pete Trewavas, de Gavin Harrison, de Tony Levin, de Gary Chandler ou encore de Nick D’virgilio (parmi bien d’autres), ces musiciens ont visiblement beaucoup d’affection et de respect pour leur ami, car ils apposent, chacun à leur manière, leur griffe sur cette musique accessible, superbement produite et indéniablement progressive (les arrangements sont classieux). Une musique aux couleurs de l’automne, ça tombe bien !


TRANSATLANTIC : "The Whirlwind"

(Limited Deluxe Edition) (77:56/56:30+DVD) 26


Et un grand retour de plus, un ! Cette fois il ne s’agit pas d’un ancêtre des glorieuses années 70 mais du plus super des groupes internationaux, laissé en sommeil 7 bonnes années. Et tant qu’à faire dans les clichés prog, le quatuor s’en donne à cœur joie : une suite de 77 minutes d’une part, et 8 titres supplémentaires sur une seconde galette, mi-nouvelles compositions mi-reprises (dont le “Return of the Giant Hogweed” de Genesis et “A Salty Dog” de Procol Harum). Musicalement et vocalement, rien ou presque n’a changé : pléthores de thèmes, signatures individuelles à gogo, c’est tour à tour jouissif, outrageusement pompeux, beau, lyrique et enfiévré. En bref, du Transatlantic pur jus. Qu’attendions-nous d’autre ?!


VOX NOSTRA : "Anima" (62:11) 13 €


Rencontre du rock progressif et d’un chœur à quatre voix, Vox Nostra apparaît très vite comme un véritable ovni dans les cieux plus orthodoxes de notre genre musical préféré. “Ovni” ne doit pas être entendu ici comme l’évocation d’un “monstre à 2 têtes” ou d’un “hideux alien”, mais bel et bien comme celle d’une musique néo-classique d’une élégance extrême. Ce polyphonisme vocal, utilisant le latin (!), renvoie dès les premières écoutes à Magma, mais Anima ne se résume pas à cette parenté. La personnalité artistique de Vox Anima (et de son mentor Pierre Minvielle) est telle que les 11 présentes compositions se dégustent sans que l’on se pose de réelles questions quant à leur source inspiratrice. L’impressionnisme musical de Anima inspire autant qu’il est inspiré et les envolées instrumentales (évoquant à plusieurs reprises une formation comme Happy The Man) qui la parsèment régulièrement confirme le grand talent qui a présidé à la création de cette œuvre superbe !