Avant-Propos :

Pour fêter son retour après une longue maladie, et en attendant un véritable nouvel album studio, Andrew Latimer a décidé de se réapproprier (dans le sens musical, mais aussi, on s’en doute, avec des motivations plus terre-à-terre) l’œuvre la plus célébrée de Camel, mise en vedette pour la tournée de cet automne. A dire vrai, les différences avec l’original sont souvent anecdotiques, le line-up actuel (avec Guy LeBlanc, Colin Bass et Denis Clément) ayant globalement respecté le style de leurs prédécesseurs, et les arrangements sont tout aussi fidèles... Seule exception : l’ajout, ici et là, de développements inédits, plaisants quoique rarement renversants en eux-mêmes. Et pourtant, malgré cette absence de réelles surprises, l’écoute de ce “Snow Goose” revisité est, un peu à l’instar du récent Genesis Revisited 2 de Steve Hackett, un ravissement, grâce à la force de ces thèmes devenus des classiques, mais aussi au plaisir simple de retrouver un groupe dont on n’espérait plus le retour. Le CD, disponible dans un premier temps uniquement pour la tournée d’automne, devrait être diffusé plus largement début décembre. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à vous manifester rapidement et à réserver un exemplaire de cette version 2013 (d’une durée de 50 minutes) de The Snow Goose...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Nov-Dec 2013

Dans la limite des stocks disponibles...

 

3 CD à 13 € pièce !!! 

AMPLEDEED : "A Is For Ampledeed"

CHRIS : "Days Of Summer Gone"

IL GIARDINO ONIRICO : "Complesso K MMXIII"

 


Sélection de Nouveautés (Nov-Dec 2013)...

AINUR : "The Lost Tales" 17 €

AIRBAG : "The Greatest Show On Earth" (digipack) 17 €

ALSO EDEN : "[Redacted]" 17 €

AMPLEDEED : "A Is For Ampledeed" (digipack) 13 €

AYREON : "The Theory Of Everything" (Ed. Lim.) 25 €

ALESSANDRO BERTONI : "Keystone" 18 €

BIRDS & BUILDINGS : "Multipurpose Trap" 17 €

CAILLOU : "Caillou" 17 €

CHRIS : "Days Of Summer Gone" (digipack) 13 €

CRYSTAL PALACE : "The System Of Events" 17 €

ALAIN ECKERT : "Alain Eckert Quartet" 17 €

THE FLOWER KINGS : "Desolation Rose" (Ed. Lim.) 23 €

IL GIARDINO ONIRICO : "Complesso K MMXIII" 13 €

STEVE HACKETT : "Genesis Revisited : Live At Hammersmith" (3CD+2DVD) 39 €

KATATONIA : "Dethroned And Uncrowned" (Ed. Lim.) 19 €

LEAP DAY : "From The Days Of Deucalion, Chapter 1" (digipack) 17 €

JOHN LEE'S BARCLAY JAMES HARVEST : "North" (Ed. Lim.) 23 €

GUY MANNING : "The Root, The Leaf And The Bone" 17 €

ONTOFIELD : "Sleeping With Fractals" 17 €

OPIUM CARTEL : "Ardor" (digipack) 18 €

PANDORA : "Alibi Filosofico" (papersleeve) 19 €

THE PSYCHEDELIC ENSEMBLE : "The Tale Of The Golden King" 17 €

SCHIZOFRANTIK : "The Knight On The Shark" 17 €

SIIILK : "Way To Lhassa" (digipack) 18 €

SOPHYA BACCINI'S ARADIA : "Big Red Dragon (William Blake’s Visions)" 17 €

SYLVIUM : "The Gift Of Anxiety" (digipack) 17 €

THREE MONKS : "The Legend Of The Holy Circle" 17 €

TRAUMHAUS : "Das Geheimnis" (digipack) 17 €

WALFAD : "Ab Ovo" 17 €

STEVEN WILSON : "Drive Home" (EP) (DVD+CD) 18 €

 


AINUR : "The Lost Tales" (74:18) 19 €


Il suffit d’examiner le nom que s’est choisi cette formation italienne pour comprendre sa grande admiration pour Tolkien, au point d’avoir fait de ce dernier le fil directeur de sa discographie. Ainur a en effet décidé d’illustrer musicalement l’univers heroic-fantasy de l’écrivain anglais. Ce quatrième album est en fait en partie une relecture acoustique de quelques uns des meilleurs morceaux d’Ainur, mais comporte tout de même 3 compositions inédites. S’écoutant comme une musique de film, The Lost Tales est un mélange de progressif celtique et médiéval, avec une dimension orchestrale et un travail sur les voix des plus soignés. Sorte d’opéra prog délicat et finement ciselé, The Lost Tales s’avère particulièrement original et idéal pour découvrir l’univers de son auteur.


AIRBAG : "The Greatest Show On Earth" (50:18) (digipack) 17 €


Après son magnifique All Rights Removed sorti en 2011, Airbag était attendu au tournant, sans trop de craintes cependant au regard du talent de ses membres. The Greatest Show On Earth enfonce le clou d’un progressif floydien, classieux en diable et porté par un “gros son” qui, s’il s’avère proche parfois du Marillion actuel ou du meilleur Porcupine Tree, n’en demeure pas moins personnel. Le chant mélancolique de Asle Tostrup est toujours le bref fer de lance des longues envolées de guitare de Bjørn Riis (qui possède un feeling incroyable !), toutes plus superbes les unes que les autres et soutenues par des nappes de claviers à faire frisonner de plaisir les fans du Floyd, qui vont trouver avec Airbag une incarnation moderne de leur groupe favori. Indéniablement l’un des meilleurs groupes actuels !!


ALSO EDEN : "[Redacted]" (48:01) 17 €


Nouvel album, le quatrième en moins de 10 ans d’existence, pour cette formation anglaise dont la maturité ne fait plus aucun doute. Also Eden, à la manière de Aragon (groupe australien avec lequel il partage une même philosophie musicale), aime nourrir ses compositions (8 ici, de 5 à 7 minutes) de riffs accrocheurs et de séquences ramassées, pour élaborer un néo-progressif plus moderne que véritablement symphonique. [Redacted], porté également par le chant expressif de Rich Harding, fait preuve d’un grand professionalisme qui lui confère une place de choix au sein du néo-progressif britannique actuel...


AMPLEDEED : "A Is For Ampledeed" (digipack) (55:40) 13 €


Nul ne sait si The Source est encore actif, mais son leader, Aaron Goldich (chant et claviers), a monté avec deux amis musiciens (Max Taylor et Luis Flores) cette nouvelle formation qui, si elle reprend à son compte le côté seventies du groupe californien, délivre un progressif plus ambitieux et complexe. Entre avant-prog, Canterbury, jazz-rock mélodique et symphonisme, A Is for Ampledeed (et ses 14 morceaux enchaînés) évoque tour à tour National Health, Echolyn ou King Crimson, voire Gentle Giant, notamment pour les (quelques) parties vocales. Ampledeed utilise son sens mélodique indéniable pour rendre intelligible sa musique, ce qui permettra sans nul doute au plus grand nombre de tomber sous son charme. Excellent.


AYREON : "The Theory Of Everything" (Ed. Lim.)

(45:01/44:56 + DVD de 150mn) 25 €


N’ayons pas peur des mots : The Theory Of Everything, le premier album d’Ayreon depuis 2008, est sans nul doute l’un de ses tous meilleurs, sinon même son chef d’œuvre ! Pour sa réalisation, Arjen Anthony Lucassen a décidé de solliciter uniquement de nouveaux invités, ce qui nous vaut des vocalistes venus essentiellement de la scène métal (dont Marco Hietala de Nightwish et Cristina Scabbia de Lacuna Coil), à l’exception de John Wetton. Ce dernier n’est d’ailleurs pas le seul vétéran expérimenté de prog à être présent, puisque Rick Wakeman, Keith Emerson, Steve Hackett et Troy Donockley sont également de la partie ! Mais ce casting de rêve ne serait rien sans l’œuvre enfantée par Lucassen. Et là, non seulement l’histoire est passionnante (une quête scientifique profondément humaine, qui n’est pas sans évoquer le magnifique roman de Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon), mais elle est superbement mise en musique. On retrouve en effet tout ce qu’on aime chez le prolifique batave, mélodies prenantes, atmosphères planantes, riffs coupants, avec des soli qui demeurent toujours au service du thème d’ensemble, profondément homogène et cohérent. Du grand art !


ALESSANDRO BERTONI : "Keystone" (36:02) 18 €


Jeune claviériste américain, Alessandro Bertoni s’est payé le luxe de se faire produire par rien moins que Derek Sherinian, ex Dream Theater et Black Country Communion. Jouent également sur son album Virgil Donati, batteur de Planet X, et Brett Garsed, guitariste au lyrisme exacerbé. Nulle surprise donc à attendre du contenu musical, une fusion jazz-rock-métal de haute volée, mais l’ensemble est délivré avec un tel savoir-faire et servi par une production si éclatante que l’on ne peut que s’incliner devant le résultat. Simplement brillant !


BIRDS & BUILDINGS : "Multipurpose Trap" (63:42) 17 €


Cinq ans après le remarqué et remarquable Bantam To Behemoth, le groupe américain toujours emmené par le prolifique Dan Britton (Deluge Grander, All Over Everywhere) aux claviers signe son retour avec un second opus tout aussi explosif. Le cocktail détonnant de jazz-rock, de Zeuhl et de progressif symphonique, servi avec panache et aplomb, fait de nouveau mouche, avec même un sens de la nuance plus affirmé. L’interprétation virtuose et inspirée des 5 musiciens qui lui donnent vie (un violoniste a rejoint les rangs du groupe) laisse bouche bée, surtout qu’elle ne tombe jamais dans la démonstration stérile. Les parties de chant prêteront encore à controverse mais il faut reconnaître qu’elles sont cette fois-ci bien mieux intégrées dans le cours des 9 compositions de Multipurpose Trap (de 2 à 14 minutes). Un album volontiers complexe et touffu mais qui n’oublie jamais de rester mélodique et une réussite de plus à mettre au compteur de Dan Britton !


CAILLOU : "Caillou" (60:33) 17 €


Belle découverte du label d’Alain Lebon (dans sa déclinaison Soleil Mutant) que ce quatuor mené par le batteur Philippe Gleizes, issu de la galaxie Xaal mais connu surtout pour sa longue collaboration avec le trompettiste Médéric Collignon. A l’instar de son maître Christian Vander (qui l’a choisi récemment pour participer à la réformation d’Offering), Gleizes n’est pas qu’un batteur (à l’énergie stupéfiante, mais qui n’ignore pas la nuance), mais aussi un compositeur, et épaulé par des camarades tout aussi talentueux (son ex-acolyte de Dr Knock Matthieu Jérôme, au Rhodes et au synthé, et deux jeunes musiciens bretons), propose un prog-fusion-zeuhl instrumental décoiffant, tour à tour épique, hypnotique et tribal, cousin de son et d’esprit de One Shot mais doté d’un univers très personnel. Très belle découverte !


CHRIS : "Days Of Summer Gone" (digipack) (62:09) 13 €


Si certains prèfèrent encore les albums de Sky Architect (dont le tout nouveau sera annoncé dans notre prochaine Sélection) à ceux de son batteur, peut-être qu’ils changeront d’avis avec celui-ci. Chris, alias Christiaan Bruin, auteur jusqu’alors d’un progressif de qualité mais somme toute assez classique, a clairement changé son fusil d’épaule. Days Of Summer Gone offre une musique (logiquement) automnale, gorgée d’atmosphères mélancoliques et de passages acoustiques (on retrouve des invités au violon, à la flûte, au violoncelle, au hautbois, à la trompette et au trombone) qui évoque désormais davantage la Scandinavie que les Pays-Bas. Si le label de Chris évoque Anglagard dans ses commentaires promotionnels pour décrire les passages les plus classisants de Days Of Summer Gone, ce qui n’est pas faux, on pensera également à des formations comme White Willow ou Wobbler. Christiaan Bruin le dit lui-même : “Je voulais développer une approche musicale plus organique que par le proche passé, ériger des compositions plus ambitieuses et les nourrir d’arrangements détaillés et colorés”. Bâties comme un long poème musical, les 6 présents morceaux (14, 6, 11, 5, 12 et 12 minutes) surprennent, émeuvent et surtout démontrent combien l’art musical de Chris est opulent...


CRYSTAL PALACE : "The System Of Events" (70:13) 17 €


Ce groupe allemand, actif depuis près de 20 ans et auteur d’une toute petite poignée d’albums, est pour l’heure relativement mal connu du public progressif. Cela risque heureusement pour lui de changer rapidement. Non seulement parce qu’il publie aujourd’hui son album le plus abouti, mais aussi parce qu’il est désormais accueilli par le label de RPWL dont certains membres (Yogi Lang et Kalle Walner) ont apportés ici leur concours (ainsi que Colin Edwin de Porcupine Tree). The System Of Events développe un néo-progressif efficace et ambitieux (c’est possible), qui jouit d’une production haut de gamme et qui ressemble à un RPWL plus musclé ou à une version allemande de Riverside, c’est-à-dire avec une dimension plus épique. A découvrir.


 

 

ALAIN ECKERT : "Alain Eckert Quartet" (1981) (68:56) 17 €


S’il doit sa notoriété à ses débuts dans Art Zoyd, le guitariste douaisien développe, dans son unique opus solo à ce jour, un univers bien distinct, plus proche d’un jazz-fusion raffiné et original dans lequel sa vélocité et son élégance de jeu font merveille, servant des compositions éclectiques, tour à tour électriques et acoustiques, solitaires ou mettant en avant l’osmose qui le lie à ses camarades de jeu, Patricia Dallio (pianiste d’Art Zoyd), Alain Lecointe (digne émule français de Jaco Pastorius) et Serge Bringolf (jeune batteur prodige d’inspiration vanderienne). Un quatuor de grande classe que de copieux bonus live (30 minutes pour 2 longues compositions inédites !) permettent de découvrir plus longuement. Une réédition exemplaire signée Alain Lebon, complétée d’une biographie très détaillée d’Aymeric Leroy.


THE FLOWER KINGS : "Desolation Rose" (Ed. Lim) (59:42/32:30) 23 €


Enregistré live en studio comme à la grande époque, les Flower Kings sont bel et bien de retour avec ce somptueux nouvel album qui confirme le probant retour du groupe suédois avec Banks Of Eden l’an dernier. Et si Desolation Rose contient des morceaux plutôt courts (6 minutes en moyenne, excepté le premier qui en fait 13), Roine Stolt l’avoue clairement, son but était de marcher sur les traces (dans l’esprit tout au moins) d’un album comme The Lamb Lies Down On Broadway. La brièveté des 10 morceaux de Desolation Rose, album le plus politisé du groupe, montre en effet que les Flower Kings ont davantage cherché l’efficacité et la cohésion, ce qui au final donne certainement cette impression d’un tout homogène, intense et constamment passionnant. Que demander de plus !?


IL GIARDINO ONIRICO : "Complesso K MMXIII" (39:58) 13 €


Pour prolonger et amplifier les bonnes vibrations générées par son prometteur premier opus (Perigeo, sorti l’an dernier), Il Giardino Onirico a décidé de ne pas attendre trop longtemps avant d’en publier un autre. Si Complesso K MMXIII nous parvient malgré tout aussi vite, c’est avant tout car il contient le premier morceau composé par le groupe, après sa formation en 2008. Nous voici donc confrontés à une suite éponyme, divisée en 5 parties globalement instrumentales (seule l’introduction contient quelques récitations), qui montrent un groupe ne s’insérant pas dans la tradition progressive italienne mais offrant un propos moderne dominé par des claviers emphatiques et une guitare stratosphérique. Leurs dialogues, au sein de morceaux d’une belle complexité harmonique et architecturale, font constamment mouche et permettent à Il Giardino Onirico de frapper un grand coup !! Quel talent !!!


STEVE HACKETT : "Genesis Revisited : Live At Hammersmith" (3 CD + 2 DVD) (60:34) 39 €


C’est un superbe objet qu’InsideOut nous propose, véritable apothéose du retour de Steve Hackett vers son prestigieux passé au sein de Genesis. Ce témoignage de la tournée qui suivit la sortie du double album Genesis Revisited II possède en outre la particularité d’avoir été enregistré à Londres, lors d’une soirée un peu particulière. On y retrouve en effet tous les classiques joués lors des différents live, mais avec la participation de quelques invités de luxe, John Wetton, Nik Kershaw, Steve Rothery ou Jakko Jaksyzk. Les conditions d’enregistrement sont optimales, et la plongée dans le passé est un vrai régal, nous offrant de nombreux moments d’anthologie : “The Musical Box”, “Supper’s Ready”, “Watcher Of The Skies”, “Blood On The Rooftops”, quasiment tous les titres mériteraient d’être cités ! Sans oublier le superbe “Shadow Of The Hierophant”, autre sommet du spectacle. Un second DVD propose un documentaire sur les coulisses de l’événement, tandis que trois CD sont nécessaires à sa transposition audio. Une sortie incontournable pour tout fan de prog qui se respecte !


KATATONIA : "Dethroned And Uncrowned" (Ed. Lim.) (46:10 + DVD) 19 €


Un an à peine après la sortie de Dead End Kings, son album le plus vendu à ce jour, Katatonia revient avec la version light de ce même album, serti dans un superbe digibook agrémenté d’un DVD audio 5.1... Attention, rien de négatif dans cette définition ! Effectivement, le groupe a enlevé tout élément metal et nous propose aujourd’hui une version épurée et réarrangée, plus ambient et progressive. Un vrai régal !


LEAP DAY : "From The Days Of Deucalion, Chapter 1" (digipack) (53:33) 17 €


La nébuleuse Flamborough Head/Trion/Leap Day est particulièrement productive actuellement, puisqu’en quelques mois à peine chacun de ses constituants aura publié son propre album. Une forte concentration de créativité donc pour des musiciens qui jouent quelque peu aux chaises musicales. From The Days Of Deucalion, Chapter 1, qui laisse donc entendre qu’il y aura (au moins) un deuxième chapitre, propose un néo-progressif typiquement batave, plutôt symphonique et que l’on sera tenté à certains moments d’associer à Camel ou à Silhouette. Les 8 morceaux (de 2 à 11 minutes) de ce nouvel album, le troisième de Leap Day depuis 2009, forment un ensemble cohérent qui ravira les mateurs du genre.


 

JOHN LEE'S BJH : "North" (Ed. Lim) (55:20+CD Live) (digipack) 23 €


Barclay James Harvest, ce groupe qui, à l’instar de Supertramp et The Alan Parsons Project, porta à son plus haut degré la symbiose entre pop et prog, avait connu il y a seize ans une scission, donnant naissance à deux entités distinctes portant toutes deux le nom du groupe originel. Face à Les Holroyd Barclay James Harvest, existe donc John Lee’s Barclay James Harvest, mené par le guitariste chanteur du même nom, et désormais orphelin du claviériste Wooly Wolstenholme. North est le premier opus studio de ce frère jumeau depuis quatorze ans tout de même, et le moins que l’on puisse dire est qu’il était vivement attendu ! Fort heureusement, le résultat est à la hauteur de la légende. North est en effet un disque empli de mélancolie et de beauté mélodique, brillant de mille éclats grâce à des arrangements fins et subtils, symphoniques tout en évitant toute tentation pompiériste. L’ambition formelle de plusieurs des neuf titres inédits fait de North un splendide représentant du rock progressif le plus accessible et le plus esthétisant. Chapeau bas, messieurs !


GUY MANNING : "The Root, The Leaf And The Bone" (66:04) 17 €


Après un Akoustic bien sympathique l’an dernier, Guy Manning, désormais libéré de son travail au sein de The Tangent, semble continuer de vouloir donner libre cours à sa propre créativité. A preuve, ce nouvel opus studio, le quatorzième de sa carrière tout de même, composé de neuf nouveaux titres, pour lequel il a réuni autour de lui pas moins de cinq musiciens. Le propos demeure fidèle à un rock progressif éminemment folk, croisant sonorités celtiques et instrumentation plus rock, et franchement, s’il faut désigner un héritier de l’esprit de Jethro Tull, c’est assurément le nom de Guy Manning qui s’impose. Inventivité, beauté des mélodies et romantisme de la musique, The Root, The Leaf And The Bone est un concentré du talent de son géniteur.


ONTOFIELD : "Sleeping With Fractals" (62:43) 17 €


Quelle belle surprise que voilà !!! Originaire de Manchester, John Graham est l’homme derrière lequel se cache ce projet, et il est bien difficile d’imaginer qu’il est seul à bord à l’écoute de ce superbe premier opus. Sleeping With Fractals est certes au cœur d’un néo-progressif typiquement anglais, mais il n’hésite pas néanmoins à élargir son champ d’action en nourrissant ses 6 compositions (5, 18, 7, 16, 11 et 5 minutes) d’éléments symphoniques et parfois space-rock. Ce sont d’ailleurs les claviers qui permettent à Ontofield de se faire remarquer. Et si la comparaison avec Pendragon, souvent évoquée, est indéniable (il faut dire que John Graham possède une voix très proche de celle de Nick Barrett), c’est bel et bien la place accordée aux claviers et leur sophistication qui font de Ontofield un “groupe” à la personnalité indéniable et attachante. Une belle surprise, c’est certain !!!


OPIUM CARTEL : "Ardor" (digipack) (51:25) 18 €


Si Night Blooms, le premier album de The Opium Cartel, side-project du leader-guitariste de White Willow Jacob-Holm-Lupo, creusait le sillon d’une folk-prog sucrée encore riche des parures acoustiques des premiers White Willow (de l’album Ex-tenebris en particulier), Ardor tend plutôt à ressusciter la pop synthétique et mélancolique emblématique de la première moitié des années 80, celle de Depeche Mode, The Blue Nile, Prefab Sprout, Ultravox ou du premier opus solo de David Sylvian. Entouré des fidèles Lars Fredrik Froislie et Ketil Einarsen (Wobbler/White Willow), Tim Bowness (No-Man), Matthias Olson (ex-White Willow, ex-Änglagård), Stephen Bennett (ex-Lahost) et des chanteurs Venke Knutson et Alexander Stenerud, Holm-Lupo se livre à un exercice de style nostalgique absolument remarquable et tout à fait jubilatoire, pour peu que l’on soit enclin, comme l’air du temps nous y incite, à célébrer une époque et un son qui constituèrent une remise en cause assez radicale des valeurs formelles du rock progressif en même temps qu’une proposition artistique plus profonde et authentique que ce que la doxa progressive a pu nous laisser croire parfois. Ardor est un album décalé mais objectivement fascinant.


PANDORA : "Alibi Filosofico" (Papersleeve) (59:39) 19 €


Troisième album pour les italiens de Pandora, dont la volonté d’honorer un progressif baroque et seventies est toujours aussi prégnante. Alibi Filosofico est certainement le plus complexe des trois, et nécessite plusieurs écoutes avant de dévoiler son grand potentiel. Le trio qui forme Pandora est ici aidé par quelques invités dont Dino Fiore (Castello di Atlante), Arjen Lucassen et surtout David Jackson (Van Der Graaf Generator) qui ne se contente pas d’apporter ici ses talents de saxophoniste mais offre à quelques compositions (parmi les 7 de l’ensemble) une touche typique de son ancien groupe. Voici donc un album d’une grande richesse, source autant de complexité que de certitude de vivre un périple progressif source de surprises et de plaisir.


THE PSYCHEDELIC ENSEMBLE : "The Tale..." (72:11) 17 €


The Tale Of The Golden King est déjà le quatrième album de ce groupe anonyme américain qu’est The Psychedelic Ensemble. Les dix morceaux au menu, s’étirant de quatre à onze minutes, sont une nouvelle démonstration du savoir-faire insolent de cet (ou ces ?) inconnu(s). Le concept choisi permet de lâcher totalement prise à un rock progressif symphonique et orchestral qui renoue avec les fastes du grand Yes, d’une manière pas si éloignée que cela de Glass Hammer, d’autant que les claviers analogiques sont particulièrement à la fête. La température est toutefois encore plus élevée chez The Psychedelic Ensemble, qui confirme une nette progression dans le niveau qualitatif, rendant ce nouvel opus tout simplement incontournable.


SCHIZOFRANTIK : "The Knight..." (49:02) 17 €


Cette formation allemande, qui existe depuis une vingtaine d’années, publie ici son nouvel album qui a le mérite de ne pas cacher son orientation musicale. Nous voici en effet plongés au cœur d’une musique intense et puissante, jouée par un trio guitare-basse-batterie et qui mêle avec avidité et efficacité progressif, hard-rock et fusion. Nous voilà donc enclins à entendre ici et là des allusions à Rush, King Crimon, Dream Theater ou Frank Zappa, entre autres bien sûr. La technique des musiciens ne fait ici aucun doute, mais elle n’a pas oublié de se trouver un allié de choix : une volonté de ne perdre personne en cours de route. Car en ce qui concerne la pochette, moche -osons le dire-, elle ne rend pas justice à The Knight On The Shark, dont la musique, parfaitement en place, mérite assurément que l’on s’y intéresse..


SIIILK : "Way To Lhassa" (digipack) (47:25) 18 €


Derrière ce patronyme énigmatique et un titre qui fleure bon les quêtes spirituelles des années 60 et 70, on trouve cinq artistes bien français, dont deux sont loin d’être des inconnus pour les amateurs confirmés de rock progressif : Jacques Roman et Gilbert Gandil sont en effet membres du légendaire Pulsar, et avec trois autres musiciens, ils ont décidé de donner le jour à une musique tout à fait différente de celle du vétéran progressif. Way To Lhassa est en effet un disque apaisant, à l’instrumentation riche et aux mélodies attachantes, évoquant certes les horizons de l’orient, mais également la musique planante à la Pink Floyd. Un voyage limpide et chatoyant.


SOPHYA BACCINI'S ARADIA : "Big Red Dragon" (73:04) 17 €


On avait connu Sophya Baccini pour 6 albums au sein du groupe italien Presence et plus ponctuellement de Osanna et Delirium, la voici désormais engagée dans une carrière solo plus que prometteuse, dont Big Red Dragon (William Blake’s Visions) est le deuxième opus. Aradia, datant de 2009, était le premier et a donné son nom au projet mené dorénavant par la chanteuse/claviériste aux larges possibilités vocales. Ce projet, aux allures de groupe finalement, est constitué uniquement de femmes (en dehors du guitariste Chicco Acetta) et s’est vu adjoindre ici le concours de plusieurs invités de renom dont Christian Décamps (pour un titre chanté en français par ses soins bien sûr), Sonja Kristina (de Curved Air) ou Elisa Montaldo de Il Tempio Delle Clessidre. Du progressif italien, il est bien sûr question au sein de ce magnifique Big Red Dragon (inspiré donc de l’écrivain anglais William Blake), mais beaucoup d’éléments (néo-classique, électro ou dark progressif) viennent l’enrichir pour un résultat des plus probants. Le travail sur le chant évoque celui du Kate Bush de ses deux derniers opus, entre expérimentations et théâtralités, mais avec un souci mélodique constant. Superbe !


SYLVIUM : "The Gift Of Anxiety" (digipack) (41:35) 17 €


Après un EP en guise de prise de contact avec l’industrie musicale, cette formation néerlandaise publie aujourd’hui son premier album, au titre en forme d’oxymore. Si le EP de l’an dernier était entièrement instrumental, The Gift Of Anxiety contient quelques parties vocales, très réussies qui plus est, qui permettent aux nombreuses séquences instrumentales de prendre leur envol. Mené par le guitariste Ben van Gastel, secondé par plusieurs musiciens dont le bassiste Gijs Koopman que l’on a vu par le passé chez Cliffhanger et Knight Area, Sylvium offre un progressif floydien, un peu à la manière d’Airbag ou de Riverside, avec une modernité indéniable et quelques envolées plus heavy ou ambiant. The Gift Of Anxiety s’avère au final une œuvre de grande qualité qui expose un progressif bien dans son époque, et porté par quelques solos de guitare grandioses. Très belle découverte.


THREE MONKS : "The Legend Of The Holy Circle" (53:21) 17 €


Pour les amateurs d’orgue d’église, Three Monks est une formation inespérée. The Legend Of The Holy Circle, second opus de cette jeune formation italienne, est en effet un rêve à l’état pur pour tous ceux qui imagineraient une musique égarée dans le torrent des siècles, un progressif des cathédrales, élégant et grandiloquent, emmené par le talent de Paolo Lazzeri et secondé par une section rythmique efficace. Oeuvre néo-gothique inspirée par l’Histoire moyenâgeuse et les compositeurs baroques, The Legend Of The Holy Circle est un véritable voyage dans le temps, très typé certes, mais empreint d’une grâce et d’un souffle historique qui ne laisse pas insensible..


TRAUMHAUS : "Das Geheimnis" (digipack) (56:28) 17 €


Troisième album en douze ans pour cette formation allemande, qui possède la particularité de proposer du chant dans sa langue maternelle. Le lien avec Anyone’s Daughter (qui honora également en son temps la langue de Goethe) pourra ainsi s’effectuer assez rapidement, d’autant plus que les deux groupes ont d’autres points communs, celui notamment de placer les claviers au coeur de leur idiome musical. Traumhaus, époque oblige, s’avère néanmoins plus moderne dans son propos que son célèbre devancier, mais son néo-progressif symphonique, serti dans 5 morceaux (4, 27, 6, 5 et 13 minutes), s’avère dans la grande tradition progressive allemande, celle dont le souffle spatial emporte toute sur son passage. Quant au chant en allemand, s’il refroidira certains d‘entre vous, il apportera aux autres un “exotisme” tout à fait savoureux...


WALFAD : "Ab Ovo" (48:01) 17 €


Chantre d’un alt-rock typiquement polonais, Walfad (acronyme pour “We Are Looking For A Drummer”) délivre donc une musique d’essence progressive mais portée par une évidence pop-rock symbolisée par le chant (dans sa langue natale) émouvant de Wojciech Ciuraj. On pense ainsi bien sûr parfois à Millenium, Archangelica ou State Urge. Sans faire de bruit, la Pologne est en train de générer toute une rimbanbelle de formations adeptes, à la manière de Like Wendy (en un autre lieu et à une autre époque) d’un progressif romantique... Quant à Walfad, constitué de très jeunes musiciens (une vingtaine d’année à peine), il s’inscrit dans cette mouvance avec talent et réussite.


STEVEN WILSON : "Drive Home" (EP) (CD + DVD) (50:42) 18 €


Après un troisième album paru début 2013, considéré par beaucoup comme l’album de l’année, Steven Wilson nous revient avec le EP Drive Home. Il est constitué du morceau “Drive Home” en version edit, un morceau inédit plus une version orchestrale de “The Raven...” ainsi que 4 morceaux en live enregistré à Francfort. Le DVD ou le Blu-Ray (selon votre convenance) contient ces 4 morceaux en live vidéo (stéréo/5.1 surround) et les 2 magnifiques clips dirigés par Jess Cope. L’achat de ce EP est finalement un très bon complément à The Raven... !