Avant-Propos :

Parmi les nations progressives qui comptent actuellement, l’Italie occupe une place de choix. Cette Sélection automnale en est une nouvelle fois la preuve avec, à tout seigneur tout honneur, le grand retour de PFM. Son nouvel album, le premier depuis plusieurs années, révèle un symphonisme éclatant et apparaît chez InsideOut, ce qui peut surprendre au regard des choix habituellement plus anglo-saxons du label allemand. Cette plus large exposition, dût-elle ne durer que le temps d’un album, sera sans nul doute profitable à PFM. Quant aux acteurs plus jeunes de la scène italienne, ils entretiennent également la flamme progressive nationale avec talent, respect et parfois même l’envie de bousculer les repères. On citera ainsi Unreal City, Andrea Orlando (le batteur, entre autres, de La Coscienza Di Zeno) ou les petits nouveaux de Isproject (les protégés de Fabio Zuffanti), mais également les moins connus Basta! et Quarto Vuoto. Ces deux derniers, proposant chacun leur premier opus, sont hébergés par le label Lizard Records avec lequel nous avons noué un partenariat le temps de cette nouvelle Sélection. D’où les deux promotions, que vous trouverez ci-dessous et qui vous permettront de découvrir ces deux formations aux propos originaux et enthousiasmants.

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier Pelletant (pour Cosmos Music)


PROMOTION

NOVEMBRE 2017

Dans la limite des stocks disponibles...

2 CD à 13 € pièce !!! 

BASTA! : «Elemento Antropico»

QUARTO VUOTO : «Illusioni»


La nouvelle Sélection de Nouveautés (NOVEMBRE 2017)...

THE ADEKAEM : "Sound Coloring" 17 €

ALKOZAUR : "Fatal Error System" 17 €

ARABS IN ASPIC : "Syndenes Magi" 17 €

BASTA! : "Elemento Antropico" 13 €

CALIGULA'S HORSE : "In Contact" (digipack) 18 €

DANIEL CAVANAGH : "Monochrome" (digipack) 18 €

ISPROJECT : "The Archinauts" (papersleeve) 19 €

JOHN HACKETT BAND : "We Are Not Alone" (2CD digipack) 21 €

KAIPA : "Children Of The Sounds" (digipack) 18 €

LEPROUS : Malina" 18 €

LIFESIGNS : "Cardington" (digipack) 18 €

JOHANNES LULEY : "Qitara" (digipack) 18 €

LUNATIC SOUL : "Fractured" (digibook) 18 €

MILLENIUM : "44 Minutes" (digipack) 17 €

MOTORPSYCHO : "The Tower " (2CD digipack) 21 €

ANDREA ORLANDO : "Dalla Vita Autentica" (papersleeve) 19 €

PFM : "Emotional Tattoes" (2 CD digipack) 20 €

QUARTO VUOTO : "Illusioni" 13 €

SILHOUETTE : "The World Is Flat" (digipack) 18 €

SONS OF APOLLO : "Psychotic Symphony" 18 €

SOUP : "Remedies" (digipack) 17 €

TANGERINE DREAM : "Quantum Gate" (digipack) 18 €

TNNE : "Wonderland" (digipack) 17 €

UNREAL CITY : "Frammenti Notturni" (papersleeve) 19 €

WOBBLER : "From Silence To Somewhere" (digipack) 17 €


THE ADEKAEM : "Sound Coloring" (40:51) 17 €


Au programme du second opus des polonais de The Adekaem, 6 compositions (de 2:37 à 12:26) portant chacune le nom d’une couleur. Des couleurs mises en sons donc, comme le titre de Sound Coloring nous invite à l’imaginer. Typique du néo-progressif tel qu’il est pratiqué en Pologne, cet album est un pur bonheur pour tous ceux qui aiment les longues envolées instrumentales (les solos de guitare donnent littéralement le frisson) et les mélodies soyeuses. Dans la lignée d’un Camel mâtiné de Quidam, de Riverside ou d’Albion, The Adekaem nous emmène vers des contrées balisées mais dans des conditions de visite tellement confortables qu’on en ressort pleinement enthousiasmé. Sound Coloring est au final une oeuvre d’une grande limpidité mélodique, dont la pochette, colorée bien sûr, est le parfait reflet. Très belle surprise.


ALKOZAUR : "Fatal Error System" (56:37) 17 €


Alkozaur, contrairement à ce que son nom ou celui de son album pourraient laisser penser, n’est ni un dinosaure des années 1970 revenu à la vie, ni une nouvelle formation anglo-saxonne. Non, il s’agit d’un quatuor bien de chez nous, dont le premier album était sorti en 2011. Ancré sur un style fondamentalement néo-prog, le groupe a choisi de chanter en anglais, pour un résultat tout à fait honorable. Musicalement, une vraie personnalité se dégage, qui n’est pas sans évoquer les univers de Steven Wilson ou Bruce Soord. La participation d’invités au chant, masculin comme féminin, apporte davantage de richesse à un album pouvant permettre à Alkozaur de rugir à la face du public prog.


ARABS IN ASPIC : "Syndenes Magi" (42:14) 17 €


Encore une énigme que la sortie du cinquième album de Arabs In Aspic. Annoncé initialement chez Black Widow (son label depuis 7 ans), Syndenes Magi apparaît finalement chez Apollon Records, situé en Norvège, ceci expliquant peut-être cela. Quoiqu’il en soit, ce bouleversement de dernière minute ne change pas grand chose pour nous, tant le progressif de Arabs In Aspic trouve ici une probante incarnation. Constitué de 3 longues compositions (12:21, 9:34 et 20:20), Syndenes Magi offre des séquences typiques du progressif pluriel que l’on trouvait dans les années 70. Entre envolées symphoniques, heavy ou psychédéliques, le propos s’avère d’une grande richesse, certainement le plus mélodique à ce jour pour son auteur. Les claviers (mellotron, fender rhodes et orgue hammond) sont à la fête, bien secondés par des guitares ronflantes et quelques parties vocales en norvégiens. Dépaysement garanti au final, tant le voyage proposé nous fait passer par quelques sites connus (Meddle de Pink Floyd, Illusion de Renaissance, ou encore Agusa afin de citer une formation plus récente) pour très vite les quitter au profit d’un univers somme toute très personnel. Superbe réussite.


BASTA! : "Elemento Antropico" (46:51) 13 €


Annoncé depuis de longs mois, le premier véritable (un EP est sorti en 2013) album de Basta! (avec un point d’exclamation) voit enfin le jour en ce début d’automne. Rompant avec le traditionnel symphonisme italien, dont Isproject est par exemple un magnifique nouveau représentant (cf. dans ces pages), Elemento Antropico est une oeuvre à la fois moderne, fascinante et possédant clairement une dimension théâtrale. A l’écoute des 11 présentes compositions, on pense indéniablement à Not A Good Sign, pour la propension des deux formations à marier des séquences aux mélodies chatoyantes à des parties bien plus innovantes et touffues. On flirte parfois avec un certain prog baroque et fusion, mais la créativité de Basta! est telle que l’alchimie s’avère formidable au point de déboucher sur un propos d’une parfaite cohérence grâce aussi à des arrangements d’une grande pertinence. Faisons confiance au groupe quand, sûr de ses qualités et avec humour, il assène : “notre nom signifie ‘stop’, mais rien n’arrivera à nous arrêter !”...


CALIGULA'S HORSE : "In Contact" (digipack) (61:52) 18 €


Caligula’s Horse est un jeune groupe australien originaire de Brisbane, et qui a fait une entrée en fanfare dans l’univers du prog. In Contact, leur cinquième opus studio, a tout de la réussite que l’on était en droit d’attendre de leur part, et les hisse à un rang plus que méritant, porte étendard d’un hard-prog puissant et profond proche de celui des Britanniques d’Haken. Les compositions les plus denses voisinent avec des ballades et même des titres plus pop, l’ensemble culminant en apothéose par un morceau de quinze minutes. Kaléidoscope vocal, penchant du côté de Leprous sans le systématisme de ces derniers, effusions instrumentales et emphase toujours sous contrôle, maîtrise technique et paroles recherchées, orbitant autour du thème de l’inspiration : tels sont les atouts d’une formation dont on n’a pas fini d’entendre parler et qui, avec d’autres, insuffle du renouveau dans un genre trop enclin à répéter les mêmes recettes...

   

 

DANIEL CAVANAGH : "Monochrome" (digibook) (48:08) 18 €


Quelques mois à peine après le dernier album de Anathema, l’un de ses leaders prolonge les festivités de magnifique manière. Monochrome est en effet une oeuvre intimiste, intense et profonde qui évoque indéniablement le groupe tutélaire de Daniel Cavanagh, dont le chant et ses variations n’ont jamais été aussi émouvants. Au sein de ses 7 compositions (de 2:47 à 9:13), Monochrome développe un superbe progressif atmosphérique, que son auteur a certes conçu seul mais qui voit l’apport de 2 invités de marque : Anneke van Giersbergen au chant (notamment sur le magnifique et bien nommé “This Music”) et la violoniste Anna Phoebe. Le piano dessine la toile de fond, sur laquelle de sublimes atmosphères poétiques et envoûtantes viennent s’imprimer. Sans oublier quelques séquences plus rythmées qui finissent de faire de Monochrome une oeuvre au très large pouvoir de séduction.


ISPROJECT : "The Archinauts" (papersleeve) (49:01) 19 €


Tout comme les musiciens de Cellar Noise, ceux de Isproject sont encore dans la vingtaine et, par le talent et la maturité dont ils font preuve, entretiennent l’éternelle vitalité du courant progressif. Constitué de Ivan Santovito et de Ilenia Salvemini, cette nouvelle formation italienne a également eu l’heur de croiser la route de Fabio Zuffanti et des musiciens de son Zband pour les accompagner et leur permettre d’atteindre (formellement) un résultat des plus probants. Constitué de 7 morceaux (de 3:55 à 14:12), The Archinauts est une oeuvre d’une grande richesse qui, à la manière des plus belles réussites du genre, marrient les contrastes avec une évidence incroyable et les nourrissent de longues séquences instrumentales. Emphase et parties plus intimistes (poétiques et réveuses) se découvrent au fil de ce magnifique album, symphonique et moderne mais qui se ressource constamment auprès des grands anciens de l’Italie progressive. Bravo !


JOHN HACKETT BAND : "We Are Not Alone" (2CD digipack) (47:25/88:51) 21 €


John Hackett est longtemps demeuré dans l’ombre de son prestigieux frère guitariste. Pourtant, depuis plusieurs années, il s’est lancé dans une carrière solo, produisant des albums pop-rock finement léchés. Cette fois, c’est un double qu’il propose. Le premier disque est un nouvel opus studio, fidèle aux atmosphères de prédilection du flûtiste chanteur, des titres calibrés mais délicatement arrangés, et mélodiquement captivants; l’ensemble résulte d’un travail collectif de composition, et a en outre été enregistré dans des conditions proches du live. Le second disque est justement un live qui permet de découvrir sur scène des extraits des deux précédents albums de John Hackett, Checking Out Of London et Another Life, dans des interprétations particulièrement dynamiques et enthousiasmantes. L’occasion rêvée de (re)découvrir l’univers à part entière d’un artiste méconnu.


KAIPA : "Children Of The Sounds" (digipack) (58:01) 18 €


Kaipa s’est imposé comme une valeur sûre du progressif symphonique scandinave, plus encore du fait du silence relatif des Flower Kings. Ce nouvel album, qui succède à l’excellent Sattyg en 2014, poursuit dans une veine ayant fait ses preuves. Tout au long des cinq nouvelles compositions, dont la plupart sont comprises entre dix et vingt minutes, on retrouve avec délice la complémentarité des voix masculine et féminine, des soli de guitare emplis de lyrisme, des envolées de violon charismatiques, et une musique célébrant le rock progressif classique. Sans réelle surprise peut-être, mais terriblement agréable et professionnelle !


LEPROUS : "Malina" (58:59) 18 €


Après deux albums pleins de folie et de créativité, les Norvégiens de Leprous avaient fait le choix de se recentrer sur un métal prog plus calibré, qui distillait la noirceur et la mélodie jusqu’à atteindre une forme de perfection. Il faut dire que le chanteur Einar Solberg est doté d’un organe d’exception, et qu’il en use afin d’explorer les différentes tonalités du spectre harmonique. C’est de nouveau le cas sur Malina, où la composante mélodique se fait parfois plus symphonique, les riffs de guitare et les claviers électro élargissant encore la palette de l’accompagnement instrumental. Mais c’est bien sûr le chant et les thèmes vocaux qui attirent le gros de l’attention, et sur ce plan, on ne peut qu’être chaviré par le talent de Leprous en la matière. Un ancrage plus proche de la pop, oui, mais à condition de concevoir cette dernière comme légèrement torturée et distendue.


LIFESIGNS : "Cardington" (digipack) (49:30) 18 €


On attendait un second album de Lifesigns depuis 2013 déjà ! Lifesigns, c’était un de ces groupes totalement inattendus qui avaient su créer la surprise avec un album éponyme classieux. Depuis, la formation s’est séparée de Nick Beggs, mais conserve toujours John Young aux claviers et au chant, son leader, et Martin Beedle à la batterie. Sont venus s’y ajouter l’excellent Jon Poole à la basse, et divers invités de marque pour les guitares. On retrouve, sur ce nouveau disque très espéré, un esprit prog proche du néo, mais enrobé de cet esprit automnal que les Britanniques maîtrisent à la perfection, avec des mélodies chaudes et suaves, et des apartés instrumentales du plus bel effet. Lifesigns confirme son identité, celle d’un rock progressif symphonique à la fois mélancolique et lumineux. Magnifique album !


JOHANNES LULEY : "Qitara" (digipack) (46:53) 18 €


Johannes Luley est un guitariste américain qui n’a pour l’instant pas eu la reconnaissance qu’il est en droit d’attendre. Il faut dire que son premier groupe, Moth Vellum, ancré dans le néo, n’a produit qu’un unique album avant d’entamer une hibernation prolongée, et que le second, Perfect Beings, qui possède tout le potentiel pour accoucher d’un chef d’œuvre, n’en est qu’à ses débuts (un nouveal album est néanmoins annoncé pour 2018 chez InsideOut !). Parallèlement, il a entamé une carrière solo, et Qitara est son second opus. Si le précédent, Tales From Sheepfather’s Grove, privilégiait des ambiances apaisées, à la Mike Oldfield, Qitara est nettement plus offensif. Les guitares sont plus rugissantes, laissant également s’exprimer saxo ou claviers solistes, pour un rendu proche de Echolyn, de UK, de King Crimson, d’une certaine fusion également ou même de Pink Floyd et de Yes sur certains passages. La guitare acoustique est largement employée, ce qui permet de diversifier d’autant les approches. L’album s’écoute en tout cas sans jamais lasser du début à la fin, traversé qu’il est d’une inspiration mélodique et d’une excellence instrumentale assez remarquables.


LUNATIC SOUL : "Fractured" (digibook) (55:33) 18 €


Voilà bientôt dix ans que Mariusz Duda, bassiste et chanteur de Riverside, a fondé son projet parallèle, Lunatic Soul. Un projet qui a largement eu le temps de mûrir, et se révèle dans une forme éblouissante sur ce nouvel album, le cinquième, aux titres compris entre quatre et douze minutes. Lunatic Soul, c’est un univers plus électro, plus post-rock que celui de Riverside, fait de mélopées répétitives et envoutantes, un peu à la manière d’un OSI. Fractured synthétise tout cela avec un cachet plus sombre qu’à l’accoutumée, lié aux décès récents connus par le musicien, et davantage d’électricité au programme, tout en demeurant accessible de bout en bout. Un disque prenant et terriblement addictif.


 

MILLENIUM : "44 Minutes" (digipack) (51:47) 17 €


Millenium a su, en quelques années, se faire sa place au sein d’un paysage progressif polonais particulièrement riche. Son précédent disque, In Search Of The Perfect Melody, s’était d’ailleurs révélé comme un excellent cru. 44 minutes est un nouveau concept, bâti autour d’une réflexion touchant à la disparition de ses parents et à l’effacement de l’enfance. Particularité supplémentaire, il s’agit du dernier disque du très bon chanteur Lukasz Gall, qui a décidé de tenter de nouvelles expériences. La moelle mélodique est en tout cas toujours bien là, adoptant de préférence un tempo modéré. La voix de Lukasz Gall est secondée par des chœurs féminins du plus bel effet, et les soli de guitare de Piotr Plonka sont d’une sensibilité accomplie. Ils partagent l’affiche avec ceux du saxophone, plus-value notable. Voilà encore un album néo en tous points remarquable.


MOTORPSYCHO : "The Tower" (2CD digipack) (43:41/41:19) 21 €


Motorpsycho est loin d’être un groupe de première jeunesse, puisqu’il roule sa bosse depuis un bon quart de siècle. C’est par contre la première fois qu’il se lance dans le challenge du double album : pari réussi, car The Tower est aussi riche que diversifié. Les Norvégiens y déploient toutes les facettes de leur talent, délivrant des brûlots hard rock à l’ancienne, mais également des compositions plus psychédélique, plus typés prog des seventies également, avec une flûte très présente, ou des ballades pleines de joliesse. Sans oublier des pièces encore plus ambitieuses, ainsi de «A Pacific Sonata» et le bien nommé «Ship Of Fools», quinze minutes d’apothéose musicale pour chacune, mariant le chaud et le froid. Le trio de Motorpsycho s’est brillamment emparé de l’esprit créatif du début des années 70, livrant son œuvre la plus progressive à ce jour. Une découverte incontournable !


 

ANDREA ORLANDO : "Dalla Vita Autentica" (papersleeve) (49:01) 19 €


Le nom de ce musicien ne vous dit rien ? C’est pourtant le batteur de l’un des très bons groupes italiens actuels, La Coscienza Di Zeno. Entre deux albums de sa formation, Andrea Orlando a décidé de publier le sien, jouant bien sûr de son instrumen fétiche mais aussi des claviers. Dalla Vita Autentica, qui se voit également mis en forme par bon nombre d’invités (dont plusieurs membres de Höstsonaten, Ubi Maior, Finisterre, La Maschera Di Cera...), s’avère une excellente surprise. Le morceau introductif, instrumental (un autre l’est également), nous donne immédiatement la tonalité du rock progressif que l’on va découvrir ici : soyeux, mélodique et se situant entre symphonisme et envolées plus typiquement néo. Cette ambivalence, amplifiée par le chant charismatique et en italien de Alessandro Corvaglia, permet à l’album de conserver une constante fraîcheur, pour ses auditeurs avant tout, avides de se laisser prendre aux charmes de cette musique positive et lumineuse. L’acmé de Dalla Vita Autentica s’avère la suite finale, longue de 17 minutes, lors de laquelle Andrea Orlando expose l’ensemble de son potentiel de séduction et qui se clôt par un solo de guitare des plus jouissifs. Superbe.


 

PFM : "Emotional Tattoes" (2CD digipack) (61:54/61:54) 20 €


On ne présente plus PFM, légende vivante du rock progressif italien, auteur de plusieurs pépites du genre dans les années 1970. Par la suite, on le sait, le groupe a poursuivi sa carrière, suivant les évolutions de l’air du temps. Avec Emotional Tattoes, ils cherchent à poursuivre leurs pérégrinations et explorations musicales, en étant signés pour la première fois chez InsideOut, avec deux versions du disque, anglaise et italienne. Et les amateurs du PFM le plus prog peuvent d’ores et déjà être rassurés, l’inspiration est au rendez-vous ! Les titres ont beau être relativement calibrés (beaucoup sont tout de même compris entre cinq et sept minutes), ils n’en dégagent pas moins un souffle et une beauté éclatante, une sophistication symphonique du plus bel effet, à l’image du single «Quartiere Generale», aux accents légèrement folk, évoquant en partie le néo prog le plus mélodique. Une excellente surprise de la part de ces vétérans du prog !


QUARTO VUOTO : "Illusioni" (49:07) 13 €


Tous comme les membres de Isproject, les musiciens constituant cette formation de Trevise n’ont pas encore 30 ans. Auteur d’un EP en 2014, Quarto Vuoto offre enfin son véritable premier album qui épate d’entrée par sa maturité. Illusioni, constitué de 6 compositions instrumentales (de 5 à 11 minutes), développe en effet un progressif ambitieux et aérien des plus aboutis, qui flirte très souvent avec le post-rock et qui fourmille surtout d’une multitude d’idées et d’arrangements. S’engageant parfois dans des envolées psychélico-fusion-space-rock, cet envoutânt Illusioni bénéficie d’un grand soin mélodique et d’atmosphères lumineuses et introspectives. Une grande frâicheur se dégage même de cet album, dont l’équilibre entre séquences rock et atmosphériques s’avère vraiment probant. Et comme les musiciens de Quarto Vuoto jouent en parfaite osmose, nulle raison de se refuser à ce séduisant Illusioni.


SILHOUETTE : "The World Is Flat" (digipack) (50:14) 18 €


Silhouette est désormais une valeur reconnue du néo-prog dans sa déclinaison néerlandaise, ayant signé avec son précédent album, Beyond The Seventh Wave, également disponible en version live sur DVD, un chef d’œuvre du genre. Puisant son inspiration dans l’état de notre monde, en particulier le vaste panel des théories complotistes et conspirationnistes qui ont connu une véritable explosion sur Internet, les musiciens ont élaboré six nouvelles compositions, dont une de près de vingt minutes, marquées une nouvelle fois par une qualité simple et universelle : la beauté. Les mélodies vocales de The World Is Flat And Other Alternative Facts sont superbes, et les envolées instrumentales lyriques à souhait. Le groupe a également élargi sa palette musicale, laissant libre cours à des arrangements encore plus orchestraux et symphoniques (violon, hautbois, flûte, etc...). Silhouette, ou le groupe capable de faire aimer le néo-prog aux plus réticents !


 

 

SONS OF APOLLO : "Psychotic Symphony" (57:35) 18 €


Attention, super-groupe en approche ! Sons Of Apollo, c’est le nouveau projet des deux ex Dream Theater, Derek Sherinian et Mike Portnoy. Ils se sont associés avec le guitariste virtuose Ron Thal, le bassiste expert Billy Sheehan et le chanteur Jeff Scott Soto (qui avait débuté sur les premiers albums d’Yngwie Malmsteen), et livrent une première offrande qui a tout du disque incontournable. Les cinq comparses réinventent en effet le hard-rock à la sauce prog, juxtaposant des compositions sévèrement musclées, dignes du meilleur Deep Purple, mélodies insolentes et soli gourmands à l’appui, avec trois pièces plus ambitieuses. Fortes chacune d’une dizaine de minutes, ce sont à leur manière trois chefs d’œuvre : «God Of The Sun», un titre grandiose où Derek Sherinian se fend d’une des plus belles envolées de sa carrière; «Labyrinth», morceau profondément progressif dans sa structure et ses variations d’ambiances; «Opus Maximus», enfin, qui conclut les festivités par une cathédrale instrumentale sombre et puissante. Une des grandes surprises de l’année, assurément, qui mérite de toute évidence moult prosternations !


SOUP : "Remedies" (digipack) (42:10) 17 €


Après n’avoir été proposé qu’au seul format vinyl durant de longs mois, le nouvel album de Soup (après le magnifique The Beauty Of Our Youth, sorti en 2015) est enfin disponible en CD. Fort heureusement pour sa plus large diffusion, tant Remedies délivre un magnifique prog symphonique, naturaliste en diable, qui évoque Gazpacho, Anathema ou Pineapple Thief. Le tout enrichi de délicieuses atmosphères post-rock, psychés et même pop, qui offrent une dimension romantique aux 5 présents morceaux (8, 11, 2, 13 et 7 minutes). Les arrangements sont également foisonants, tandis que l’équilibre entre les séquences électriques et acoustiques finissent de nous convaincre d’être bel et bien confronté à une oeuvre qui compte. Soup possède une personnalité indéniablement charismatique, lui permettant d’utiliser le clair obscur musical avec le plus beau des talents


TANGERINE DREAM : "Quantum Gate" (digipack) (73:21) 18 €


Edgar Froese est bien mort en 2015, et aucun membre historique de Tangerine Dream (Peter Baumann, Johannes Schmoelling, Chris Franke ou même Jerome Froese) n’est venu ranimer la flamme. Pourtant, Tangerine Dream vit toujours, sous la houlette de Thorsten Quaeschning, collaborateur de Froese depuis une quinzaine d’années. C’est pour rendre hommage au groupe légendaire qu’il a eu l’honneur de rejoindre qu’il a décidé de mener au bout un projet envisagé du vivant d’Edgar Froese, sortir un nouvel album studio pour fêter les cinquante ans de Remedies. L’objectif de Quantum Gate est clair : proposer une musique contemporaine bénéficiant de l’héritage et des apports de la formation allemande. On retrouve donc ces fameuses séquences, dans un environnement sonore très actuel, mais qui n’oublie jamais la composante mélodique. Il y a, à plusieurs moments de ce disque fort de neuf compositions, des échos de diverses périodes de la discographie du géant électronique, et l’apport de la musicienne Hoshiko Yamane au violon et au violoncelle apporte une teinte inédite à une musique qui parvient à transcender les générations.


TNNE : "Wonderland" (digipack) (59:28) 17 €



TNNE, alias The No Name Experience, est un projet qui fait suite au groupe No Name, actif dans les années 1990 et 2000 (il fit même la première partie de la tournée de Fish, Return To Childhood). Originaires du Luxembourg, le chanteur et le claviériste ont donc lancé cette nouvelle mouture, qui demeure fidèle à l’orientation initiale, celle d’un néo-prog assumé, où l’importance et la fièvre de la guitare autorisent le rapprochement avec Arena. Le chant est assuré avec beaucoup de conviction, et n’éclipse jamais l’instrumentation, à la fête sur de nombreuses séquences inspirées. Bonus conséquent, Wonderland bénéficie pour toutes les guitares de la prestation du guitariste de Cast, Claudio Cordero, excusez du peu !

 


UNREAL CITY : "Frammenti Notturni" (papersleeve) (47:37) 19 €


Tout doucement, au fil des albums, Unreal City est en train de se bâtir une belle réputation. Frammenti Notturni, le troisième de ses auteurs, confirme tout le bien que l’on pense de ces derniers, dont l’ambition fait une nouvelle fois mouche. Encore et toujours, la personnalité italienne de Unreal City imprègne chacune des 5 compositions (13, 11, 6, 10 et 8 minutes) de ce Frammenti Notturni, qui démarre sur les chapeaux de roue, avec emphase et compléxité comme pour crier son intégrité artistique. Toujours mené par le brillant claviériste/chanteur Emanuele Tarasconi et le non moins talentueux guitariste Francesca Zanetta, Unreal City s’impose définitivement comme la plus authentique incarnation du progressif italien intemporel. Pas complétement baroque, pas complétement symphonique, simplement parfait...


WOBBLER : "From Silence To Somewhere" (digipack) (47:33) 17 €


Wobbler est devenu en un peu plus d’une décennie une figure majeure en matière de progressif symphonique avec son approche ouvertement passéiste, faite de pièces épiques à rebondissement gorgées de claviers analogiques. Ce nouvel et quatrième album voit le groupe franchir une nouvelle étape de taille dans sa carrière, car tout en restant totalement ancré dans son esthétique seventies, From Silence To Somewhere le voit s’affranchir enfin des références parfois trop marquées à Anglagard ou Yes qui avaient pu prêter le flanc aux critiques. Au programme, trois longs morceaux (plus un court interlude), tous aussi réussis les uns que les autres, avec en point d’orgue la suite titre de 22 minutes, absolument magistrale, et qui se place en candidat sérieux au titre de sommet de la carrière des Norvégiens à ce jour. Tour à tour tourmentée, pastorale, lumineuse, épique, la musique de Wobbler séduit par sa richesse formelle et la constance de son inspiration d’autant plus que la flamboyance des parties instrumentales se voit parfaitement complétée par les interventions passionnées du chanteur A.W.S.Prestmo (qui confirme tout le bien que l’on avait pu penser de lui sur Rites At Dawn). La bande de Lars Fredrick Froislie signe avec cette célébration décomplexée du passé tout simplement son meilleur album, autant dire un des immanquables de cette fin d’année 2017...