Avant-Propos :

En marge de cette nouvelle Sélection de Nouveautés, toujours aussi opulente, je voudrais vous parler du magazine Big Bang, édité bien sûr par Cosmos Music. Le doyen des magazines francophones fête cette année ses 25 ans. A l’occasion de cet anniversaire, nous avons en effet réalisé un numéro spécial, qui sortira dans quelques jours. Au programme, en plus du traitement habituel de l’actualité, une série d’articles évoquant certains événements ou thèmes ayant marqué le quart de siècle écoulé dans notre genre de prédilection. L’occasion idéale, si ce n’est pas déjà le cas bien sûr, de découvrir Big Bang...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


PROMOTION

Novembre 2018

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 CD à 13 € pièce !!! 

THE D PROJECT : "Find Your Sun"

RING VAN MÖBIUS : "Past The Evening Sun"

 


Sélection de Nouveautés (Novembre 2018)...

 

ANIMA MUNDI : "Insomnia" (digipack) 17 €

ASTURIAS : "Across The Ridge To Heaven" 20 €

CARPTREE : "Subimago" (digipack) 17 €

C-SIDES : "10 Days" (digipack) 17 €

THE D PROJECT : "Find Your Sun" (cardbox) 13 €

GÖSTA BERLINGS SAGA : "ET EX" (digipack) 18 €

GUNGFLY : "Friendship" (digipack) 18 €

HAKEN : "Vector" 18 €

MAGENTA : "We Are Seven" (2CD digipack) 19 €

MAGENTA : "We Are Seven" (2DVD digipack) 19 €

MOONGARDEN : "Align Myself To The Universe" (papersleeve) 19 €

NEMO : "Présages" (digipack) 17 €

NOSOUD : "Allow Yourself" (digipack) 18 €

OAK : "False Memory Archive" 17 €

OVERHEAD : "Haydenspark" (digipack) 17 €

PYMLICO : "Nightscape" 17 €

RING VAN MÖBIUS : "Past The Evening Sun" 13 €

SANGUINE HUM : "Now We Have Power" (digipack) 17 €

ROINE STOLT : "Manifesto For An Alchemist" (digipack) 18 €

SYNDONE : "Mysoginia" (digipack) 17 €

THE TANGENT : "Proxy" (digipack) 18 €

TIGER MOTH TALES : "Story Tellers Part 2" (digipack) 17 €


 

 

ANIMA MUNDI : "Insomnia" (digipack) (58:14) 17 €


Anima Mundi est un groupe singulier, puisqu’il porte haut le flambeau du rock progressif dans un pays pourtant guère accoutumé à sa pratique, Cuba. Mais au-delà de ce qui pourrait se réduire à une simple curiosité exotique, les musiciens ont su peaufiner leur art au fil des années, et livrer peu à peu un rock progressif abouti et brillant. Insomnia fait directement suite à I, Me, Myself (2014), poursuivant une (nouvelle) trilogie conceptuelle désormais prise en charge par le dynamique label allemand Progressive Promotion Records. Néanmoins, ce nouvel album fait d’entrée part d’une volonté nouvelle pour son auteur : moderniser sa musique et s’éloigner des séquences strictement symphoniques de son proche passé. Et franchement, à part un morceau un peu hors-sujet (une sorte de chanson cool-jazz), le plaisir de retrouver Anima Mundi dans son nouvel habillage musical est réel. La musique de Insomnia est ainsi puissante tout autant que subtile, relevant désormais bien plus d’un prog à la Porcupine Tree et d’une forme de post-rock atmosphérico-crimsonien que du seul héritage symphonique, et exprimant souvent une forme de mélancolie ensorcelante. Un indéniable nouveau départ auquel nous convie Anima Mundi !

 

 


ASTURIAS : "Across The Ridge To Heaven" (digipack) (52:41) 20 €


Compte tenu du rythme de ses parutions et de la ressemblance (visuelle et formelle) entre chacune, on pourrait craindre qu’Asturias n’épuise trop vite à la fois son inspiration et son auditoire, mais ce serait sans compter sur la formidable vitalité qui anime son compositeur principal, le très talentueux Yoh Ohyama. Les deux nouvelles longues suites (26 minutes chacune) qui constituent ce nouvel album continuent de mêler instrumentations électrique et acoustique, musique rock et classisante, avec un brio d’exécution sidérant et une énergie phénoménale, mais aussi les habituelles réminiscences “oldfieldiennes” (moins évidentes toutefois que le projet Sanctuary de Robert Reed). Au final, au lieu de s’en lasser, on en redemande. Aligato Ohyama san !


CARPTREE : "Subimago" (digipack) (48:46) 17 €


Après un hiatus de sept ans entre Nymf et Emerger, sorti l’an dernier, Carptree, le duo suédois constitué par Nicklas Flinck au chant et Carl Westholm aux claviers semble vouloir combler le temps passé. Subimago sort ainsi un an seulement après Emerger, et on y retrouve la même qualité que sur ce dernier. Les compositions (8, de 3:59 à 8:50) de ce rock symphonique unique sont toujours superbement orchestrées, avec des arrangements variés (thérémine, cordes, échos folk), et des mélodies directement connectées à la moelle épinière, suscitant frémissement et émotions. Le lyrisme atteint parfois des sommets, d’autant que le chant de Nicklas Flinck est toujours merveilleusement mis en valeur par les chœurs. Carptree fait les choses avec application et humilité, confirmant une nouvelle fois son statut de talentueuse formation de notre mouvement...

 


 

C-SIDES : "10 Days" (digipack) (44:33) 17 €


C-Sides, groupe gallois dont font partie pas moins de deux musiciens issus de Magenta, n’avait pour l’instant pas réussi à percer dans un milieu prog où la surproduction guette. Les choses peuvent certainement changer avec ce nouvel opus studio. Les dix jours, ce sont ceux que la journaliste Nellie Bly a passé au début du XIXe siècle dans un asile d’aliénés de New York, ses investigations ayant une influence sur le traitement des malades mentaux. Le combo a mis en musique cette expérience radicale à travers un propos très romantique et symphonique, fort de très belles parties vocales, masculines et féminines. Mais c’est bien l’ensemble des musiciens qui participe d’un concept très harmonieux, soutenu par une basse grondante et une guitare digne des plus grands. Du bon néo-progressif au final que ce troisième album de C-Sides.


THE D PROJECT : "Find Your Sun" (cardbox) (48:12) 13 €


Nous n’avions plus eu de nouvelles du D Project du Québécois Stéphane Desbiens depuis 2014 et la sortie de l’excellent Making Sense. Pour ce cinquième opus studio, un grand soin a donc été apporté à la réalisation, et cela s’entend dans l’équilibre parfait des instruments, la basse tout particulièrement. Le mastering final a en outre été réalisé par Andy Jackson, collaborateur réputé de Pink Floyd. Sur le plan musical, les titres sont variés, n’hésitant pas à pousser le potentiomètre comme sur le titre éponyme, sorte de King Crimson survitaminé. Mais de manière générale, les séquences solistes sont nombreuses, guitare flamboyante, violon sous tension ou claviers, avec la présence de plusieurs invités de marque comme Fred Schendel (Glass Hammer), Peter Falconer (Drifting Sun) ou Romain Thorel (Lazuli) !

 

 


GLASS HAMMER : "Chronomonaut" (digipack) (70:32) 17 €


Glass Hammer est décidément une inépuisable corne d’abondance pour le rock progressif ! Le duo américain livre en effet un nouvel album, nouvelle pièce marquante d’une discographie qui n’en manque pas. Chronomonaut fait suite, par son concept, à l’album de 2000, Chronometree, racontant les aventures d’un jeune homme voyageant dans le temps. Musicalement, Glass Hammer réussit la gageure d’être à la fois fidèle à ses fondamentaux et d’innover, en intégrant des cuivres à sa musique et en lançant quelques clins d’œil à la musique des années 1980, façon John Carpenter. La dominante est plus pop, mais toujours brillante et finement arrangée, avec parmi les vocalistes un invité de marque, en la personne de Matthew Parmenter (Discipline). Un must de cette année 2018 !


GÖSTA BERLINGS SAGA : "ET EX" (digiapck) (47:26) 18 €


Le quartet suédois s’est depuis ses débuts en 2004 fait le chantre d’une musique instrumentale ambitieuse et moderne, piochant dans un large éventail de styles pour aboutir à une fusion indéniablement progressive et personnelle. Ce nouvel album, son cinquième, marque sans nul doute un tournant dans sa carrière car outre une signature chez InsideOut et l’arrivée un nouveau guitariste, il y propose une recette sensiblement chamboulée. Le groupe a ainsi choisi de privilégier ses facettes post-rock et électroniques, laissant notamment de côté au passage ses influences RIO/Zeuhl. Passé la surprise initiale, cette nouvelle direction ne tarde pourtant pas à séduire : ET EX propose une musique beaucoup plus atmosphérique mais très soignée et réussit dans le genre, avec un gros travail sur les textures synthétiques et/ou analogiques, ainsi que sur les riches arrangements de claviers. Bien que plus minimaliste que par le passé, la performance instrumentale des quatre musiciens est toujours de haute volée, la production demeure irréprochable et la cohérence esthétique de l’album indéniable. On le savait déjà mais Gösta Berlings Saga n’est pas le genre de formation à se reposer sur ses acquis, et ce nouveau jalon de sa passionnante discographie le prouve brillamment. Une des sorties marquantes de cette rentrée 2018 sans nul doute !

 

 


GUNGFLY : "Frienship" (digipack) (70:11) 18 €


Le moins que l’on puisse dire, c’est que Rikard Sjöblom a brillamment réussi sa reconversion : après la période Beardfish, formation qui avait suscité tous les éloges, il a non seulement intégré Big Big Train, mais produit en parallèle, sous le nom de Gungfly, des disques plus personnels. Succédant à On Her Journey To The Sun, voici donc Friendship, un opus tout aussi solaire, superbe déclaration d’amour à ce rock progressif symphonique que les Flower Kings avaient su par le passé hisser à des sommets. La richesse dont témoigne l’ensemble des compositions, comprises entre cinq et treize minutes, demeure toujours digeste, caressant l’auditeur dans le sens du poil tout en lui ménageant des surprises. Ajoutez à cela une interprétation exceptionnelle, et vous aurez compris que Friendship, qui évoque les histoires d’amitié ayant marqué la vie de Rikard Sjöblom, vous est aussi nécessaire que votre groupe d’amis le plus proches !


HAKEN : "Vector" (44:43) 18 €


Les Britanniques d’Haken avaient marqué leur monde il y a deux ans avec l’album Affinity, excellent disque tournant son inspiration vers les années 1980. On pourrait considérer Vector comme sa suite directe. On y retrouve en effet des mélodies puissantes, un hard-prog redoutable mais jamais démonstratif, et des arrangements fortement teintés d’électro. Les compositions privilégient une certaine concision, concentrant d’autant la force intrinsèque de chacune d’entre-elles tout en demeurant fidèle à leur ambition instrumentale. Avec ce cinquième studio, Haken est susceptible d’élargir encore davantage son public, et contribue pleinement à faire évoluer le métal-prog.

 

 


MAGENTA : "We Are Seven" (2CD digipack) 19 €

MAGENTA : "We Are Seven" (2DVD digipack) 19 €


Ce nouvel enregistrement live de Magenta est à marquer d’une pierre blanche. Le groupe s’y fend en effet d’une interprétation intégrale de deux de ses meilleurs albums : le récent We Are Legends, et le désormais classique Seven. Les conditions d’enregistrement de ce concert d’avril dernier sont parfaitement optimales, et l’interprétation des musiciens, en particulier Robert Reed aux claviers et Christina Booth, à la voix plus affirmée que jamais, se révèle sans faille. Ils sont épaulés par deux invitées, à la flûte et au hautbois. L’ensemble comprend pas moins de deux CD ou de deux DVD, et s’avère un témoignage précieux de la richesse du prog défendu par Magenta.


 

 

MOONGARDEN : "Align Myself To The Universe" (papersleeve) (46:12) 19 €


Moongarden : une formation majeure du rock progressif italien contemporain, et dont le nom ne résonne pourtant pas encore aussi familièrement à nos oreilles que, dans des genres différents, Haken, Lifesigns ou Carptree. Ce nouvel opus studio devrait permettre à Moongarden de conquérir le surcroît de réputation qui lui manque encore pour apparaître réellement incontournable. Superbement illustré par Ed Unitsky, cet album déploie, au long de huit nouvelles compositions, un prog symphonique de toute beauté, dépassant largement l’étiquette réductrice de néo-prog souvent accolée aux Italiens. La palette instrumentale utilise toujours à bon escient les ressources de ses instruments traditionnels, dont le violon, et le chant s’appuie sur une épaisse profondeur mélodique. Un disque qui va faire parler de lui dans le landerneau prog !

 

 


NEMO : "Présages" (digipack) (76:10) 17 €


Nemo, on le sait, a été mis en sommeil temporaire par son leader, Jean-Pierre Louveton, très occupé par sa carrière solo. Pour autant, le groupe est loin d’être dans le coma, puisque sort en cette fin d’année une nouvelle version de l’album Présages, initialement paru en 2003. L’ensemble des titres a été totalement réenregistrés, et les progrès de la production ou du chant sont particulièrement sensibles, rendant cette version incontestablement supérieure à l’originale. Et comme si cela ne suffisait pas, Nemo y a en plus ajouté un titre inédit, «Le Pire Est Avenir», long de... treize minutes ! Ajoutons-y un livret de seize pages, et vous aurez compris que ce disque, jalon dans l’histoire du rock progressif à la française, est tout simplement indispensable !


NOSOUND : "Allow Yourself" (digipack) (38:43) 18 €


Avec Allow Yourself, son sixième album, Nosound poursuit le virage entamé tout en douceur avec Scintilla en 2016. D’un post-rock évaporé et atmosphérique, on vire légèrement vers une musique toujours aérienne où les ambiances électroniques, les claviers, les cordes et le travail de studio deviennent prépondérants. Sans être révolutionnaire, volontairement introspectif, Allow Yourself se veut plus électro tout en conservant néanmoins sa verve post-rock. L’album surprend par moments, comme sur le très électro “Ego Drip” où l’on croirait entendre le Trevor Horn des Buggles, le palpitant “This Night” ou le fantastique “Growing In Me” sur lequel la voix de Giancarlo Erra se veut tout à tout criante ou suppliante. “Defy” conclut l’album comme une bravade de plus, ouvrant à Nosound des chemins escarpés que suivront sans coup férir celles et ceux qui voudront bien risquer la chute dans des abîmes voluptueux, évanescents et aux contrastes lissés.

 

 


 

 

OAK : "False Memory Archive" (54:50) 17 €


Après Lighthouse en 2013, année de sa création, Oak arrive chez Karisma et propose avec False Memory Archive un deuxième album plus sombre aux influences et styles multiples. Les Norvégiens s’appuient notamment sur les qualités de leur chanteur Simen Valldal Johannessen, mais aussi de belles compositions, des arrangements subtils et une superbe production pour distiller une musique plutôt atmosphérique et crossover à la manière des autres Gazpacho, Airbag ou The Pineapple Thief. On appréciera notamment le titre “Lost Causes”avec la présence discrète mais diablement efficace de Bjørn Riis et les magistrales interventions du saxophone de Steinar Refsdal. Un album mélancolique de toute beauté qui ravira les audiophiles impénitent et les amoureux de musique nordique.


OVERHEAD : "Haydenspark" (digipack) (51:43) 17 €


Un peu oublié aujourd’hui, le groupe finlandais Overhead a l’excellente idée de se rappeler à nos bons souvenirs avec la parution de son cinquième album (le précédent date d’il y a 6 ans). Toujours animée d’une énergie rock mâtinée de sonorités métal (pour les guitares essentiellement), la musique du groupe (avec l’originalité d’avoir un chanteur-flutiste ) se veut d’inspirations diverses qui lui confèrent un attrait de tous les instants. Chacun des 9 morceaux est ainsi une pièce unique qui puise au rock symphonique, au hard-rock sombre, à la folk et on en passe, avec toujours à l’esprit des mélodies attachantes et des arrangements foisonnants. Un retour en grande forme et une très bonne surprise à l’arrivée.

 

 


PYMLICO : "Nightscape" (41:28) 17 €


Pymlico est une formation norvégienne ayant déjà publié quatre albums studio. Avec Nightscape, ils signent un disque particulièrement exubérant et charismatique. Il faut dire que le groupe comprend pas moins de sept membres, sans compter les musiciens invités. De quoi produire des titres riches en guitares diverses, claviers, flûte, saxophone et j’en passe. L’ensemble des sept compositions est totalement instrumental, évocateur de la verve d’un Genesis (de la fin des années 70), d’un Camel ou d’un Tribute, jamais gratuit, tant les thèmes et les développements sont énergiques et irrésistibles, joyeux et positifs. Un disque qui vous donnera la pêche et le sourire !


RING VAN MÖBIUS : "Past The Evening Sun" (39:27) 13 €


Vous aimeriez effectuer des voyages temporels ? Oui, mais ce n’est pas possible. Pas grave, Ring Van Möbius (trio claviers-basse-batterie) a pensé à vous en publiant son superbe premier album, que l’on croirait tout droit sorti des années 70. A la manière d’un Wobbler, mais en poussant le curseur encore plus loin, cette formation norvégienne se fend d’une sorte d’exercice de style que certains trouveront peut-être stérile mais que la plupart jugeront purement jouissif. Sur ses 3 longues compositions (21:39, 5:53 et 11:55), Past The Evening Sun s’appuie sur une esthétique typiquement seventies, grâce notamment à un arsenal claviéristique impressionnant. La présence d’un saxophoniste en invité et d’une section rythmique volubile ne manqueront pas de faciliter les rapprochements avec Vdgg et King Crimson. Proximités stylistiques qui s’avèrent tout à fait fondées, même si ELP (et aussi à quelques reprises Genesis) n’est pas à oublier dans les influences de Ring Van Möbius. Retro en diable cette musique, mais avant tout organique, intense et profonde. Oui, tout cela à la fois. Vous voilà prévenus, vous savez à quelle sorte de fête vous êtes conviés. Superbe !

 


 

SANGUINE HUM : "Now We Have Power" (62:12) (digipack) 17 €


Après le double Now We Have Light en 2015, les Britanniques de Sanguine Hum sont de retour avec un simple, mais quel simple ! On y retrouve tout ce qui fait la force du trio, Joff Winks au chant et aux guitares, Matt Baber aux claviers et Brad Waissman à la basse, enrichis pour l’occasion de l’excellent Paul Mallyon à la batterie : un chant nuageux et très attachant, une musique délicate, forte de son accointances avec Pineapple Thief , mais qui se révèle puissamment progressive dans ses séquences purement instrumentales. Si l’on peut aussi évoquer The Tangent ou des groupes de l’école de Canterbury, Sanguine Hum parvient toujours à sonner comme aucun autre, confirmant avec ce nouveau disque sa forte personnalité. Peut-être leur disque le plus abouti à ce jour.


 

ROINE STOLT : "Manifesto For An Alchemist" (digipack) (69:21) 18 €


Attention, piège ! De prime abord, ce nouveau disque peut vous apparaître comme la nouvelle création des Flower Kings, désormais plus rares sur nos écrans radars, et dont le dernier opus, Desolation Rose, remonte tout de même à 2013. En réalité, Roine Stolt est le maître d’œuvre absolu de l’entreprise, et il a conçu ce disque comme la suite de son album solo de 1994, de ce qui allait par la suite devenir le groupe des Flower Kings. Pas de Tomas Bodin ici donc (ceci explique peut-être cela), mais une pléiade de musiciens réputés : Marco Minnemann, Rob Townsend, Nad Sylvan, sans oublier Jonas Reingold ou Hasse Froberg. Pas de surprise au rendez-vous non plus, mais une célébration festive d’un rock progressif, moins symphonique et flamboyant qu’espéré, mais offert avec sincérité et professionnalisme tout au long de dix nouvelles compositions allant de une à douze minutes.

 


 

SYNDONE : "Mysoginia" (digipack) (43:57) 17 €


Avec leur septième album, Mysoginia, les Italiens de Syndone proposent neuf titres savamment équilibrés et réalisés avec brio. Si la musique y est technique et élaborée, elle transpire l’émotivité, la puissance et la finesse, en particulier grâce à la voix de Riccardo Ruggeri, tour à tour tendre, haut perchée ou théâtrale. Comme toujours chez Syndone, les claviers sont omniprésents et doivent beaucoup à Keith Emerson, l’album se rapprochant d’un ELP plus éclectique qu’emphatique, allant d’un très progressif “12 Minuti” au catchy “Red Shoes” en passant par le grandiloquent “Caterina”. Au final, on écoute et on réécoute ce Mysoginia avec perpétuelle délectation, tant sa richesse et sa subtilité sont indéniables. L’album, sans doute l’un des meilleurs de Syndone, est là pour rappeler que le rock progressif italien a une actualité très riche dont le groupe de Milan est l’un des phares.


THE TANGENT : "Proxy" (digipack) (57:11) 18 €


Alors qu’on pourrait croire la recette épuisée, Andy Tillison parvient au fil des albums à surprendre son monde et à livrer des disques aussi réjouissants que surprenants. Proxy, qui reconduit l’essentiel du line-up du précédent opus, marque toutefois l’incorporation au groupe de Steve Roberts, batteur de Magenta. Une excellente idée, tant son association avec Jonas Reingold donne une des meilleures assises rythmiques de The Tangent toutes époques confondues. Musicalement, Andy Tillison est allé puiser son inspiration du côté du jazz-rock et du funk. Place donc à des compositions très dynamiques, ressuscitant les ombres de Return To Forever, Weather Report ou singeant même avec bonheur Ozric Tentacles ! Proxy, un album enthousiasmant et jubilatoire.

 


TIGER MOTH TALES : "Story Tellers Part 2" (digipack) (47:28) 17 €


Tiger Moth Tales, rappelons-le, est le patronyme choisi par Peter Jones, multi-instrumentiste aveugle, pour signer ses réalisations solistes. Il avait livré l’an dernier The Depths Of Winter, le voici donnant une suite à son album de 2015, Story Tellers Part 1, alors qu’il a largement tourné dans le même temps avec Camel. L’idée est de mettre en musique des contes de son enfance, comme La petite fille aux allumettes ou Les trois petits cochons. Un disque fort plaisant, fort de dix nouvelles compositions, sur lesquelles plane l’ombre du Genesis le plus romantique et le plus mélodique. Le chant est d’une grande pureté, seul ou en duo avec Emma Friend, et le soin apporté aux arrangements remarquable. Les titres alternent entre ballades touchantes et morceaux plus dynamiques, mettant à profit l’héritage d’un prog symphonique somme toute assez classique mais à l’ambition instrumentale limitée. Une réussite au final, surtout qu’elle résulte du travail d’un seul homme...